BAN DE LA KOCHE — BANGOR
nier, Notice sur Daniel Legrand, Paris, 1859). Le Ban de la Roche eut la bonne fortune de voir se perpétuer les traditions d'Oberlin dans une série de dignes pasteurs et d'industriels éminents, parmi lesquels il suffira de nommer M. Gustave Steinheil, si connu par ses publications religieuses, où^la sève chrétienne la plus féconde se mêle à une pensée vigoureuse et souvent originale, par sa participation à l'œuvre des Amis de la Paix et de la solution évangéliquede la question sociale, par les paroles vaillantes et généreuses qu'il a fait entendre, au lendemain de nos désastres, à l'Assemblée nationale de Versailles ; M. Louis Fallot, si zélé pour tout ce qui touche à l'œuvre des écoles, de l'évangélisation et de la mission; Christophe Dieterlen enfin (1818-1875), apôtre encore plus que fabricant, chrétien simple, sobre et vrai, ennemi des formes et des phrases, de l'ostentation et du bruit, auteur des meilleurs traités populaires de langue française (voyez le recueil : V Ami chrétien des familles, 2 vol. ; la Religion pure et sans tache, etc.), visiteur infatigable et discret des chaumières des pauvres, qui définissait Jésus-Christ « un homme qui a eu pitié », et qui aimait les malheureux avec une respectueuse sollicitude, comme le Sauveur les avait aimés. Exilé volontaire du Ban de la Roche par suite de la conquête allemande, après avoir élevé une noble et chrétienne protestation dans une lettre adressée à son ami et admirateur, M. Bethmann-Hollweg, mais le cœur brisé par cet arrachement, Dieterlen vint se dévouer à l'œuvre de l'évangélisation des ouvriers de Paris et parler avec cette sobre puissance qui le caractérisait dans les réunions d'appel des faubourgs. Il ne résista pas longtemps aux fatigues de cette vie dévorante, et suivant le sévère exemple d'Oberlin, il rendit le dernier soupir en prononçant ces mots : « Point dé raffinements. » Grâce à ces hommes de Dieu, dont la semence n'est pas épuisée, le Ban de la Roche mérite d'occuper une place importante dans l'histoire de la vie religieuse contemporaine. Administrativement, il forme depuis 1852 un consistoire spécial rattaché à l'Eglise de la confession d'Augsbourg d'Alsace-Lorraine, et dont le siège est à Rothau. En 1845 une cure officielle a été créée à Neuvillers, en 1861 à Fouday, en 1875 à Wildersbach. La consistoriale comptait, en 1868, 4 pasteurs, 7 temples, 23 écoles et 4,557 habitants. — Pour la bibliographie, voir l'article Oberlin.
F. LlCHTENBERGEE.
BANAIAS [Benaiàh, Benaja], fils de Joïada et capitaine des gardes de David (2 Sam. VIII, 18). Il tua deux célèbres guerriers (Luther traduit, d'après la Vulgate, deux lions) de Moab, un géant égyptien armé de pied en cap et un lion tombé dans une citerne (2 Sam. XXIII, 20 ss.).
BANGOR, ancien couvent près de Chester, en Angleterre, célèbre par le grand nombre de moines qu'il abritait. On fait remonter sa fondation à une époque antérieure à l'arrivée de Germain d'Auxerre en Bretagne, vers 429. A la fin du onzième siècle, ce couvent fut érigé en archevêché. Il ne faut pas le confondre avec un autre couvent du même nom, fondé vers 550 par saint Comogell dans la province d'Ulster, en Irlande, d'où sortirent Colomban , Luan et d'autres moines à