‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 160 sur 263 · BULGARIE · texte numérisé non relu

BULGARIE

sans doute avec le temps été mélangés avec des éléments slaves ; mais ils ont reçu au moins autant de sang grec; ils ont été slavisés, mais leur origine est toute différente. On varie beaucoup sur le chiffre de la population. Le consul Engelhardt évalue le nombre des Bulgares à 4,500,000, dont 3,500,000 dans la Bulgarie propre ; le reste répandu dans les autres provinces européennes de l'empire. Sax réduit le chiffre total à 1,500,000 et compte de plus en Bulgarie 500,000 Turcs, 80 à 100,000 Tartares, 70 à 90,000 Tcherkesses, 60 à 70,000 Albanais, 35 à 40,000 Roumains, 20 à 25,000 Zigeunes, 10,000 Juifs, 10,000 Arméniens non unis, 10,000 Russes, 8,000 Grecs, 5,000 Serbes et 1,000 Allemands. Les autres appréciations, assez nombreuses, mais toutes assez vagues, flottent entre les chiffres de Sax et ceux d'Engelhardt. Il y a lieu, du reste, de se méfier de toutes les évaluations, les préoccupations politiques portant les uns à grossir, les autres à diminuer l'importance de l'élément bulgare. — Les Bulgares, venus de l'Asie, furent longtemps la terreur de l'empire byzantin. Les incursions de leurs hordes barbares portaient la désolation jusque sous les murs de Constantinople, et tous les efforts des empereurs ne réussissaient pas à les refouler. Longtemps ils se montrèrent réfractaires à l'influence du christianisme. Le prêtre grec Methodius réussit cependant à les convertir vers le milieu du neuvième siècle. Ils se rattachèrent alors ecclésiastiquement au siège patriarcal de Constantinople. Mais dès 866 ils s'en séparèrent pour se rapprocher du pape Jean VIII et de l'Eglise de Rome. Cette union avec l'Occident ne dura que quelques années. Les Bulgares rentrèrent dans la dépendance spirituelle de Byzance et pendant dix siècles, à travers toutes les vicissitudes politiques, dans le temps de l'empire bulgare, comme pendant la domination des Grecs puis des Turcs, ils demeurèrent indissolublement attachés à leur métropole religieuse. Et cependant ils n'avaient pas à s'en louer outre mesure. Trop souvent, dit-on, le patriarche a considéré la Bulgarie comme terre conquise et ses évêchés comme de grands fiefs, qu'il distribuait à ses créatures, ou même, si l'on en croit certains rapports, qu'il vendait au plus offrant. Sans vouloir décider ce qu'il avait de fondé dans ses accusations, nous devons bien reconnaître que l'état religieux et moral de l'Eglise bulgare laissait beaucoup à désirer. Son clergé, dont tous les chefs et beaucoup de membres étaient grecs, montrait une grande indifférence pour les intérêts spirituels du pays et paraissait surtout préoccupé de jouir des avantages matériels de sa situation. Aussi lorsque l'agitation slave commença à travailler le pays, de nombreuses protestations s'élevèrent contre cet état de choses. L'Eglise romaine parut d'abord devoir en tirer avantage. On fit grand bruit vers 1860 de l'entrée des Bulgares dans l'Eglise occidentale ; en 1861, un prêtre bulgare, Joseph Sokolski, fut consacré patriarche des Bulgares unis ; mais ce mouvement, dont on se promettait de grandes choses, avorta misérablement. Les populations, sincèrement attachées à l'Eglise orthodoxe, malgré tous ses abus, refusèrent de suivre les agitateurs, et au bout de quelque temps Sokolski lui-même renonça à sa tentative et rentra dans le clergé grec. Les tendances à

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