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mettre à mort (523-524). Plus tard, son frère, l'arien Godemar, qui dans l'intervalle avait tenté une restauration de l'arianisme, fut pris par Glotaire et Childebert et enfermé dans une tour, où il mourut (532-534). La Bourgogne désormais fit partie du domaine des Francs; l'arianisme ne tarda pas à en disparaître. — Voyez : Revillout, De Varianisme des 'peuples germaniques, Paris, 1850. A. Jundt.
BURIDAN (Jean), né à Béthune, disciple d'Occam, fut recteur de l'université de Paris en 1327 et mourut après 1358. 11 est un des représentants de ce nominal isme qui, tout en restant soumis à l'autorité de l'Eglise, tendait à isoler la philosophie de la théologie et qui, tout en honorant Aristote comme le maître par excellence, tenait compte des autres systèmes et penchait vers le scepticisme. Buridan s'interdit les questions théologiques; c'est par ses recherches sur la liberté de l'âme qu'il est devenu célèbre. Il examine si la volonté, dans des circonstances identiques, peut se porter tantôt vers une résolution et tantôt vers une autre ; il démontre que la raison ne pourrait expliquer une telle diversité ; mais il préfère suivre l'avis des philosophes et des saints qui croient à la liberté : Anima est libertas et habet eam sicut et suam essentiam ab ipso Deo {In Eth., X, q. 4). Mais s'il rejette le déterminisme, il ne se range pas complètement à l'indifférentisme de Duns Scot ; il reconnaît que l'intelligence et la liberté se pénètrent réciproquement; l'intelligence fournit des motifs plus ou moins justes et sûrs, mais la décision appartient à la volonté. C'est la première partie de sa démonstration qui a suggéré la fable de l'âne mourant de faim entre deux boisseaux d'avoine qui le sollicitent également, et Tennemann, d'après des citations incomplètes de Tiedemann, a présenté notre philosophe comme un déterministe. Toutefois, Buridan admet, avec Aristote, que l'activité suprême de l'âme, c'est la connaissance de Dieu, et par là il donne à l'intellect la prééminence sur la volonté. Cet exemple suffit pour montrer ce qu'il y a d'indécis au fond de sa pensée. — OEuvres publiées par J. Dullard, Paris, 1516.
BURMANN (François) [1632-1679], fils d'un pasteur réformé du Palatinat, réfugié pour cause de religion à Leyde, en Hollande, exerça à Utrecht les fonctions de professeur et de pasteur. Il a laissé un certain nombre de commentaires bibliques, de traités de controverse (entre autres une dissertation De moralitate sabbathi hebdomadalis), et un ouvrage plus important, Synopsis theoloyiœet speciatim œconomiœ fœderum Dei (2 vol. in-4°), dans lequel il s'élève contre le système de la prédestination absolue et établit que la chute d'Adam a été complètement volontaire et spontanée, Dieu lui ayant donné les forces nécessaires pour le maintenir dans l'obéissance. En démontrant que le péché a sa source non dans l'intelligence, mais dans la volonté, Burmann a nettement rompu avec les théories scolastiques de son temps et préparé la voie à une conception plus biblique de l'économie du salut.
BURNET (Gilbert), célèbre évêque de Salisbury, naquit à Edimbourg, le 13 septembre 1643. « Son père, dit M. Guizot dans sa Notice •m,r Burnet, était un royaliste modéré ; sa mère, zélée presbytérienne ; le lord Wartoun, son oncle, l'un des plus ardents adversaires de
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Charles IMlapprit ainsi, dès son enfance, à entendre tous les langages, peut-être même à sympathiser tour à tour avec les desseins et les sentiments les plus divers. » Le jeune Burnet, après avoir suivi un cours de droit à l'université d'Aherdeen, se destina à l'état ecclésiastique. II étudia avec une grande ardeur les diverses branches de la théologie, visita suc<essi\einent l'Angleterre, la France et la Hollande, et, de réunir dans son pays, fut nommé sutïragant de la cure de Salton (Ecosse). En 1660, il lut appelé à Glasgow pour y occuper une chaire de théologie et publia, cette même année, des Dialogues entre un conformiste et •m n<m-emformùte, dans lesquels il s'élevait contre le luxe qui régnait en Ecosse. Cet opuscule souleva bien des contradictions et contribua peut-être, avec la conduite ecclésiastique tenue par Burnet, à rendre à celui-ci le séjour de Glasgow bien difficile. Burnet, en effet, avait réussi à mécontenter à la fois les presbytériens par son zèle pour le système épiscopal, et les épiscopaux par sa tolérance pour les presbytériens. En 1072, il se démit de sa chaire de Glasgow et se fixa à Londres où il se fit une grande réputation par ses sermons. A Tavénement de Jacques II, en 1085, Burnet dut quitter l'Angleterre; il parcourut la France et l'Italie et s'arrêta quelque temps en Hollande où il devint le chapelain du prince d'Orange. Il mit toute son activité et toute son iniîuence au service du stathouder qui, devenu Guillaume III d'Angleterre, le nomma évoque de Salisbury (1089). Les dernières années le Burnet furent très-calmes ; il mourut d'une fluxion de poitrine le' 17 mars 171o. C'était un homme d'un vaste savoir, mais d'un caractère iif a paru manquer parfois de consistance. Ses ouvrages sont trèsiiombreux. On peut citer parmi les principaux : un Recueil de Saumons 1*578-1700, 3 vol. in-8°) ; une Histoire de la Réformation de V Eglise '(' Angleterre faite en collaboration des docteurs Loyal et Tillotson (Londres, 1079, 1(581 , 1715, 3 vol. in-fol.) ; Histoire de mon temps 17^i-173i, 2 vol. in-fol.); un certain nombre d'écrits de controverse contre les catholiques, ainsi : Examen des méthodes du clergé de France pour la conversion des helvétiques (1082), divers écrits de morale, de politique et de littérature. — Voyez : Moréri, Dictionnaire universel, t. II, p. 38o; Chaufepié, Nouveau Dictionnaire, t. II; Bibltotheca britannica, t. 111, p. 173. A. Gary.
BURNIEE, (Louis) est né à Lutry (Vaud), le 27 janvier 179o. Il n'avait <pie six ou sept ans, lorsque, sur une demande pressante de sa mère, il songea à se consacrer au ministère évangélique. « Dès lors, dit-il, je nai jamais eu la pensée que je pusse être autre chose que ministre. » Après avoir fait à Lausanne de très-bonnes études, il fut consacré en 1817 «•! exerça la charge pastorale dans diverses localités du canton de Vaud. Les premières années de son ministère coïncidèrent avec l'apparition de la dissidence. Quoiqu'il demeurât bon national, il tendit lient la main d'association à ses frères séparés, et travailla avec eux a la traduction du Nouveau Testament et à direrses oeuvres tission ci d'évangélisatioffc. Dès 1831 cependant, Burnier se con- . i le défenseur de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. 11 fonda .^si veinent la fiecie britannique religieuse (1829-1830), et la I)is-
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cussion publique su?' la liberté religieuse et le gouvernement de V Eglise (1830), et dans ces deux journaux plaida non-seulement la liberté, mais encore l'égalité des cultes. Nommé membre de la commission chargée par le Conseil d'Etat de la révision des ordonnances ecclésiastiques, il demanda, sans succès, une nouvelle organisation de l'Eglise sur la base de la participation des laïques à son gouvernement. Le 14 décembre 1839, le grand Conseil abolit la confession helvétique, et la remplaça par un jury de doctrine, sorte de tribunal chargé de juger de la doctrine des pasteurs. Comme Burnier ne pouvait accepter cette loi, et qu'il lui répugnait de toucher un salaire de l'Etat et de le combattre, il donna en 1841 sa démission de pasteur officiel, tout en déclarant demeurer membre de l'Eglise nationale opprimée. En 1845, il salua avec joie la grande démission des pasteurs vaudois, et fut l'un des fondateurs de l'Eglise libre. Burnier est mort le 14 janvier 1873. — La fertilité de Burnier comme écrivain a été grande. Outre ses Etudes élémentaires et progressives de la Parole de Dieu en quatre volumes in-8° (2e édition, Paris, 1862), ses Instructions et Exhortations pastorales (1 vol. in-8°, Lausanne, 1843), ses Esquisses évangéliques (1 vol. in-12, 1858), il a publié en trois volumes (Histoire littéraire de l'éducation, 2 vol. in-8°, 1864; Cours élémentaire de pédagogie, 1865) les excellentes leçons sur l'éducation qu'il donna pendant plusieurs années dans l'école supérieure de Morges, à l'organisation de laquelle il concourut. 11 faudrait citer encore des notices biographiques, des traductions et de nombreuses brochures ou articles de journaux qui témoignent de l'incessante activité de son esprit (voy. le catalogue de ses écrits, Chrétien évangélique, 1873, p. 315, 316). Mais l'œuvre à laquelle il a donné le meilleur de sa vie, c'est la traduction du Nouveau Testament, dite version suisse, dont il se constitua aussi le défenseur (La version du JV. T. dite de Lausanne, son histoire et ses critiques, 1866 ; Les mots du N. T. dans les vers. comp. d'Osterv. et de Laus., 1871). Burnier ne fut pas un prédicateur brillant, mais ses sermons étaient solides. Il a toujours professé un grand attachement à la Bible entière. 11 croyait fermement à son inspiration verbale. Très-hostile à l'antinomisme, il insistait avec non moins de force sur la gratuité du salut. La dernière parole qu'il prononça, et qui exprime bien la pensée de toute sa vie, est celle-ci : Il faut être saint (voy. Chrét. év., 1873, p. 313-323, 563-565). Louis Ruffet.
BURNOUF (Eugène), né à Paris le 8 avril 1801, mort le 28 mai 1852, 3st un des hommes qui ont fait faire les plus grands progrès à la connaissance des religions anciennes dans la première moitié de ce siècle. Dans son Essai sur le pâli ou langue sacrée de la presqu'île au delà du Gange, publié de concert avec Chr. Lassen en 1826, il démontra d'une manière complète et définitive que cet idiome, employé comme langue sacrée et savante pour la religion de Bouddha à Ceylan, au Birman, à Siam, etc., est un dérivé du sanscrit, et restitua par là une des principales sources de l'étude de cette grande évolution. Mais son principal titre de gloire est la découverte de la langue zende {Commentaire sur le Yaçna, 1833), dont les textes étaient restés jusqu'alors indéchiffrables.
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Grâce à sa connaissance approfondie du sanscrit et s'aidant de traductions sanscrite et pehlvie, il reconstitua d'une façon absolument scientifique la langue sacrée du zoroastrisme. Cette découverte, menée à bout avec une sûreté de méthode rare et une persévérance infatigable, est digne d'être mise à côté du déchiffrement des hiéroglyphes d'Egypte el des inscriptions cunéiformes de la Mésopotamie; Burnouf toucha du reste avec succès à l'un des côtés de cette dernière question en interprétant des inscriptions cunéiformes du système persépolitain écrites dans un dialecte appartenant à la même souche que le zend. Le second travail capital de Burnouf, celui qui doit être placé à côté du Commentaire sur le Yaçna, est Y Introduction à l'Histoire du Bouddhisme indien (1844), fruit du dépouillement de quatre-vingt-huit ouvrages bouddhiques en sanscrit procurés par M. Hodgson, qui permettaient de saisir dans sa forme originale une des principales religions du monde. Ces travaux ont livré au monde moderne le secret de deux des principaux événements de l'histoire de l'humanité qui n'étaient parvenus jusqu'à nous que sous une forme absolument défectueuse. — Voyez la Notice sur les travaux de M. Eugène Burnouf, par M. Barthélémy Saint-Hilaire, mise en tête de la réédition de son Introduction au Bouddhisme (Paris, 1870). Maurice Vernes.
BURY (Arthur;, théologien anglais, connu surtout par le rôle qu'il joua dans la tentative faite par Guillaume III pour réunir en une seule Kulise les différentes sectes de l'Angleterre. 11 composa, à cet effet, pendant qu'il était principal du collège d'Excester, à Oxford, un livre fameux intitulé : The niked Gospel (1691). Il y soutenait que l'Evangile ayant été considérablement altéré par des additions postérieures, il fallait le rétablir dans son intégrité primitive et n'y admettre que les préceptes absolument nécessaires au salut, c'est-à-dire ceux qui nous sont enseignés d'autre part par la loi naturelle. La divinité de Jésus-Christ n'est pas de ceux-là et on peut la négliger sans inconvénient. Ce malencontreux essai de conciliation souleva un cri de réprobation. Le livre fut condamné au feu, le 19 mai 1(390, et l'auteur chassé de l'université. Accusé de socinianisme par Jurieu dans sa Religion du Latitudinaire, Bury répondit par le Latitudinarius ortl/odoxus ou Vindicix liber tatis christianx Ecclesix anglicanx contra ineptias et calumnias P. Jurieu (Londres, 1699). Jurieu était traité de odiorum professor, malignitatù diabolicx prof essor . Bury trouva pourtant un certain nombre de partisans chez les latitudinaires de Hollande.
BUS (César de), né à Cavaillon en loii, mort à Avignon en 1607, après une jeunesse fort dissipée, entra dans l'état ecclésiastique et fut chanoine de Cavaillon. Il fonda la congrégation des prêtres de la Doctrine chrétienne, nommés Doctrinaires, et celle des Ursulines, destinée comme la première, à l'enseignement (voy. ces articles). 11 reste de César de Bus des Instructions familières, Paris, 1665, in-12 (voy. J. de Beau vais, Il Ut. de la Vie de César de /Jus).
BUSCH (Jean) [1399-1479], originaire de Zwoll, en/Hollande, s'acquit
une grande renommée par le zèle infatigable, la fermeté et 1<- tact avec
esquels il s'occupa de la réforme des couvents dont les seigneurs de