‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 169 sur 263 · BUTLER · texte numérisé non relu

BUTLER

l'âge de vingt-et-un ans à l'Elise anglicane, devint successivement pasteur de campagne, chapelain de cour, prébendaire de Rochester, évoque de Bristol el doyen de Saint-Paul de Londres et mourut en 17ôv2, deux ans après avoir été promu à L'évéché de Durham, le plus riche de tous Les siégea épiscopaux de l'Eglise anglicane. Accusé dans certains écrits anonymes d'être mort dans la communion de F Eglise de Home, il tut aisément vengé de cette absurde imputation par la réfutation aussi énergique que loyale qu'en lit l'archevêque Secker, l'un de ses plus anciens et de ses plus intimes amis. Butler était un penseur profond et un dialecticien consommé. Encore étudiant à l'académie libre de Newkesbury, il avait eu avec le Dr Samuel Clarke, auteur d'un traité célèbre sur Y Existence de Dieu, une correspondance au sujet de quelques-uns des arguments à priori employés par Clarke pour démontrer les attributs divins, et cette correspondance fut trouvée si intéressante qu'elle a depuis figuré en appendice dans toutes les rééditions de ce traité. Butler a publié des Sermons (1726) sur diverses questions de morale et un ouvrage étendu intitulé : Analogie de la religion naturelle et révélée avec la constitution et le cours de la nature (1736). Gomme moraliste, Butler appartient à la même école queShaftesbury,Hutcheson et Smith, c'est-à-dire à celle qui cherche dans les instincts de la nature humaine le principe de détermination de nos devoirs. 11 occupe pourtant dans cette école une place à part, par le soin qu'il met à constater chez nous, à côté des tendances qui sont ou personnelles ou sociales, l'existence d'une faculté morale à laquelle appartiennent le discernement du bien et du mal et le gouvernement de notre vie entière. L'apologétique de Butler est dans un rapport étroit avec sa morale : comme il a montré, dans ses Sermons, que la vertu consiste à suivre la nature, il établit dans son livre de V Analogie que l'homme religieux, le chrétien, qui vit en vue de la vie à venir, suit les plus sûres indications qu'on peut tirer de l'expérience de la vie présente. Ce livre est un essai d'application de la méthode baconienne (l'expérience interprétée par la raison) à la preuve de la religion. Notre auteur distingue la religion naturelle et la religion révélée : la première affirme Dieu comme l'auteur et le conservateur de l'ordre moral ; la seconde le présente, dans les personnes du Fils et du Saint-Esprit, comme le réparateur de ce même ordre moral compromis par la chute de l'humanité. Des devoirs positifs découlent de l'une comme de l'autre, et ce que veut Butler, c'est, non pas démontrer spéculativement les dogmes de la religion soit naturelle, soit révélée, mais les élever à ce degré de probabilité qui, dans les questions pratiques, suffit pour déterminer la conduite d'un homme raisonnable. Pour cela il considère les affirmations religieuses (vie à venir, rétributions futures, révélation, rédemption) comme autant d'affirmations de faits susceptibles d'être prouvées par ('argument analogique. Cet argument consiste à conclure de faits positifs immédiatement connus à d'autres faits que l'expérience n'atteint pas et qui ont avec les premiers quelque ressemblance, quelq ne analogie évidente. Ainsi il est certain que chaque période de notre vie terrestre, envisagée par rapport à celles qui la suivent, est une période d'épreu-

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