‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 170 sur 263 · BUTLER · texte numérisé non relu

BUTLER

ves et de préparation : telle l'enfance par rapport à la jeunesse, la jeunesse par rapport à l'âge mûr; il n'y a donc rien d'incroyable, rien que de conforme à la nature des choses à ce qu'il en soit de môme de l'ensemble de notre vie terrestre par rapport à notre existence future. Ainsi encore, dans le système de la religion révélée, la doctrine centrale est celle de l'existence d'un médiateur entre Dieu et riiomme venant réparer les fautes de ce dernier et le soustraire aux conséquences de sa chute ; pour justifier cette doctrine, Butler en signale les analogies avec ce qui se passe dans la vie ordinaire, où si souvent l'homme est auprès de son semblable l'instrument des miséricordes divines. Telle est l'argumentation de tout l'ouvrage. Sa conclusion est toute pratique : puisque la religion est probable, puisqu'à tout le moins il est possible qu'elle soit vraie, il est de la prudence la plus élémentaire d'en remplir fidèlement toutes les obligations. Cette apologie, unique en son genre, a porté coup parce qu'elle était en rapport intime avec les besoins des esprits à l'époque où elle parut. On sait dans quel discrédit, dans quel mépris était tombée la religion, en Angleterre, au commencement du dix-huitième siècle. Butler la représenta comme respectable et ses preuves comme dignes de considération. Aux déistes inconséquents et frivoles de l'école de Bolingbroke, il montra que la croyance au Dieu de la nature est solidaire et inséparable de la croyance au Dieu de la conscience, et que celle-ci à son tour conduit à la croyance au Dieu de l'Evangile. Il justifia comme prudente et raisonnable la conduite de l'homme religieux. Par rapport à son temps et a ce but tout pratique qu'il se proposait, il réussit pleinement. — Œuvres de Joseph Butler, éditées par Samuel Halifax, évêque de Gloucester, Oxford, 1849 ; traduction française de VA nalogie, Paris, 1821 (très-mauvaise). Voyez Jouffroy, Cours de droit naturel, vol. II; Diction, des se. philos, de Frank, art. Butler. J. de Visme.

BUTLEPi (Alban), né à Appletre dans le comté de Northampton, en 1710, fut envoyé à l'âge de huit ans au collège anglais de Douai. Il y devint successivement professeur de philosophie et de théologie. L'ouvrage qui a établi sa réputation est intitulé : Lives of the Fathers, Martyrs and other principal Saints (5 vol. in-4°). Pendant un séjour qu'il fit en Angleterre, il devint chapelain du duc de Norfolk et précepteur de son lils qu'il accompagna dans an voyage en Flandre et à Paris. Plus tard il fut nommé principal du collège anglais de Saint-Omer, et mourut dans cette ville, le 15 mai 1773. On a aussi de lui : Letters on the History of the Popes, published by M. Archibald Bower. C'est un essai de réfutation cle Y Histoire des Papes d'Archibald Bower, qui avait écrit cet ouvrage après être sorti du catholicisme.

BUTLER (Charles), neveu d' Alban Butler, né à Londres en 1750, mort en 1832, fut élevé au collège cle Douai. A son retour en Angleterre, il se voua au barreau et fut le premier avocat catholique qui profita des dispositions libérales de Georges III en 1791. La plupart des ouvrages qu'il a écrits concernent des sujets religieux. Ainsi il continua la Vie des Saints de son oncle, et publia des Horx biblicx où il s'attache à comparer avec la Bible les traditions religieuses des diffé-

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