‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 171 sur 263 · BUTLER — BUXTORF · texte numérisé non relu

BUTLER — BUXTORF

fente peuples. 11 se plaça à la tête du parti catholique modéré et essaya de l'aire prévaloir des Idées de conciliation dans son célèbre Appel aux protestants de la Grande-Bretagne et d'Irlande. Sa conduite lui attira la considération générale. ■

BUTTLAR (Eve>, jeune et belle Hessoise, née en 1670, mariée à dixsept ans à un réfugié français, de Vésias, précepteur et maître de danse à la cour d'Eisenach, mena pendant dix. ans une vie de plaisirs et de dissipation mondaine. Réveillée en 1097 par l'influence du piétisme, elle quitta son mari et se mit à tenir des réunions religieuses où, sous le masque d'une sainteté supérieure, ne tardèrent pas à se commettre les désordres de mœurs les plus révoltants. L'aimable et séduisante inspirée fonda en 1702 la Société chrétienne et philadelphique, dans laquelle elle se faisait aduler sous les noms de « Porte du Paradis, Nouvelle Jérusalem, Sagesse venue du ciel, seconde Eve, Saint-Esprit, » et, dans l'attente de l'avènement prochain du règne millénaire, prêcha l'abolition du mariage, la communauté des biens, la déchéance de l'Eglise, l'obéissance passive aux ordres de la nouvelle prophétesse. Traquée par l'autorité civile, qui ne pouvait tolérer de pareils scandales, la secte, après avoir trouvé un asile éphémère dans le comté de Wittgenstein et à Lude, près de Pyrmont, dut se dissoudre en 1706. Eve de Buttlar alla s'établir à Altona avec un de ses nombreux amants spirituels, rentra dans l'Eglise luthérienne, et mourut vers 1717.

BUXTORF, célèbre famille de savants. — I. Buxtorf (Jean) , né le 25 décembre 1564, à Camen, en Westphalie, étudia à Marbourg, Herborn, où Piscator l'instruisit dans la langue hébraïque, Heidelberg, Bàle, Zurich et Genève, et devint en 1591 professeur de langue hébraïque à Bàle, où son mariage avec une petite-fille deCcelio Secundo Curione le iixa définitivement, et où il mourut de la peste le 13 septembre 1629. Il fut père d'une nombreuse famille d'où sont sorties plusieurs générations d'hébraïsants distingués, qui ont occupé pendant près d'un siècle et demi la chaire d'hébreu de l'université de Bàle. Buxtorf s'était voué avec passion à l'étude de l'hébreu, rassemblant de toutes parts des livres en cette langue (sa belle bibliothèque, augmentée par ses descendants, fut acquise en 1705 par la ville de Bàle), entretenant une vaste correspondance avec des savants de tout pays et avec plusieurs rabbins (8 vol. in-fol. et 1 vol. in-4° de lettrés originales adressées aux Buxtorf, principalement à J. Buxtorf fils, sont dans la bibliothèque de Bàle) , logeant même chez lui des juifs instruits; aussi devint-il le premier hébraïsant de son temps, l'initiateur dans la connaissance de la littérature rabbinique, et le maître de qui releva pendant le dix-septième siècle la théologie protestante pour tout ce qui concerne l'Ancien Testament. Nous citerons ses principaux ouvrages, tous imprimés originairement à Baie : ses lectures rabbiniques lui fournirent la matière d'un traité d'archéologie religieuse des Juifs, intitulé: Synagoga judaica (en allrin., 1603, souvent réimprimé jusqu'en 1729; traduit en lat. et en holl.i, et de son traité De abbreviaturis hebraieis (suivi d'une étude sur

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