BUZENVAL — BYBLOS
politiques, mais aussi l'élévation de sentiments qui présidait à leurs intimes relations. Un intérêt saisissant s'attache à la lecture de la plupart de leurs lettres. Duplessis-Mornay s'y montre, comme ailleurs, sous les principaux aspects de son noble caractère. Moins généralement connu «pie ce grand homme, de Buzenval s'y révèle comme un négociateur expérimenté, plein de déférence pour les conseils de son illustre ami. et surtout comme un homme de cœur et de dévouement; témoin, entre tant d'autres, ce passage d'une lettre adressée par lui, vers la lin de sa carrière, à madame de Mornay : « Je ne puis rien offrir à M. Duplessis, car tout ce qui est en moi est sien ; mais si, par adventure, il a voit oublié la puissance qu'il a sur moi ou que sa discrétion ne lui permit d'en user aussi librement qu'il peut, faictes-moi cet honneur, madame, de le lui ramentevoir et de me commander en quoi il se voudra servir de moi; » témoin encore la lettre, si profondément sympathique, du 1er novembre 1605, que reçut de lui Duplessis-Mornay, alors qu'un immense deuil de famille déchirait son cœur et celui de sa digne compagne. On peut peindre d'un trait de Buzenval, en disant de lui : que si sa vie publique fut celle d'un homme d'Etat distingué, sa vie privée fut celle d'un homme doué de ces grandes qualités du cœur, que rehausse et féconde, dans leur expansion, le sentiment religieux. — Voir : 1° Lettres de M. de Buzenval, ambassadeur en Hollande, 2 vol. in-f°, Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 7112. 7143; 2° Négociât, du président Jeannin; lettres des 3, 11, 2i septembre 1607 de Jeannin et de Russy au roi, sur la mort et les obsèques de Buzenval ; 3° Rec.des lettres de Henri IV, 7 vol. in-4°; 4° Mémoires et correspondance de Duplessis- Mornay, in-8° ; 5° de Thou, Hist. univ., t. VIII, p. 783 ss.; t. IX, p. 199 ; t. X, p. 214 ; 6° M. Yreede, Lettres et négociât, de Paul Choart, sT de Buzenval, etc., Leyde, 1846, in-8° ; 7° Haag, Fr. prot., v° Choart. J- Delaborde,
BYBLOS, anciennement Gebal (Guba-lu des inscriptions cunéiformes). Byblos est une altération de l'époque grecque, mais l'ancien nom a persisté jusqu'aujourd'hui sous la forme Gebeil. Byblos était célèbre par son temple de Baaltis et par le souvenir d'Adonis. C'était une sorte de ville sainte, un lieu de pèlerinage où l'on se rendait de très-loin. M. Movers a même soutenu (pie les Giblites n'étaient pas des Phéniciens purs, mais bien un mélange de populations où l'élément hébreu prédominait. L'inscription dont il sera question plus loin semble confirmer, dans une certaine mesure, cette théorie; le style se rapproche plus de l'hébreu que celui des inscriptions phéniciennes ordinaires. La Bible mentionne les Giblites comme d'habiles constructeurs (1 Bois Y, 32; Ezech. XX Vil, 9). Salomon les employa. M. Renan, lors de sa mission en Phénicie, a mis au jour une partie de l'ancien temple de Baaltis, ainsi (pie des bas-reliefs (h; style égyptien, qu'accompagnai! un fragment d'inscription hiéroglyphique f \fiss. de Phénicie, p. 153-180). Plus récemment encore, et à quelques mètres de là, on a déterré une inscription phénicienne de la plus haute importance qui a été publiée depuis par .M. de Vogué (Stèlede Yehawmelek, Paris. LÔapr. Nat, 1875). C'est la stèle dédicatoire du temple de Byblos, par Yehaw-
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melek, roi de Byblos, fils de Yahdibaal, petit-fils d'Urimelek (?),roi de Byblos, à la Baalat de Byblos. Ce temple est certainement celui qui est ligure sur deux monnaies frappées sous Macrin, et qui est attribué par Fauteur du De Dea Syria à Vénus et Adonis, et par Plutarque à Isis et Osiris. La Baalat Gebal, « la dame de Byblos, » n'est autre que la déesse Baaltis des auteurs grecs. L'inscription est surmontée d'un basrelief de style égyptien qui la représente sous les traits d' lsis ou d'Athor. Byblos a été la patrie de Philon de Byblos, qui nous a conservé les fragments de la mythologie phénicienne de San-Choniaton. U après ce dernier, Byblos était la ville la plus ancienne du monde et avait été fondée par Baalkronos. Tous ces renseignements nous permettent d'apprécier le caractère antique et sacré de Byblos, mais laissent encore planer bien des doutes sur son histoire. Ph. Beegee.
BYNiEUS (Antoine), théologien hollandais, né à Utrecht le 0 août 1654, étudia sous la direction du philologue J.-G. Graevius et de l'hébraïsant Leusden ; après avoir été pasteur quelques années, il devint en 1694 professeur de théologie et de langues orientales à Deventer, où il mourut le 8 novembre 1698. 11 s'occupa principalement de questions d'archéologie sacrée, et publia entre autres trois ouvrages dont on vante l'érudition : 1° De calceis Hebrœorum (Dordrecht, 1682, in-12; nouv. éd. augm., ib., 1695, in-4p), savant traité sur la chaussure des Hébreux, reproduit dans Ugolini Thésaurus, t. XXIX; 2° De natali Jesu Christi, Amst., 1689, in-4°, dans lequel il étudie toutes les circonstances de la naissance et de la circoncision cle Jésus ; 3° De morte Jesu Christi, Amst., 1691-98, 3 vol. in-4°; recherches érudites sur l'histoire de la passion, qui avaient paru d'abord en hollandais. — Sources: Nicéron, Jimoz'm, t. VII; Paquot, Mémoires pour Fhist, littér. des Pays-Bas, éd. in-fol., I, p. 369. A. Bernus.
BYRON (Georges Gordon, lord) fut dans la littérature anglaise, au commencement de notre siècle, le plus grand de ces écrivains et de ces poètes qu'on avait désignés d'abord sous le nom de mélancoliques et qui finirent par devenir les désespérés. Vers 1792, à la suite d'une réaction contre la littérature classique, apparaissait l'école moderne anglaise. En même temps que les écrivains en prose, s'inspirant avec Walter Scott du moyen âge et s 'engageant dans une voie nouvelle, se faisaient romantiques, la poésie subissait une transformation semblable, et l'école des lacs (LaJce school) depuis Cowper et Burns jusqu'aux plus récents restaurateurs de ballades, Coleridge, "Wordsworth, Thomas Moore, Beattie, parcourait la série entière des rêveries et des idées mélancoliques. Byron, qui les a imités à ses débuts, ne tarda pas à sortir du cadre un peu étroit dans lequel ils s'enfermaient et à puiser une nouvelle inspiration dans les littératures étrangères. 11 eut au plus haut degré ce qu'on a appelé la maladie du siècle, Y ennui, et le dégoût de la vie sociale. Chateaubriand fait remarquer que le public connaissait son René avant Childe-Harold. Mais si Manfred , Childe-Harold, sont, comme Obermann, des frères de René, ils font surtout partie d'une famille qui remonte, en passant par Ossian et Werther, jusqu'à Bernardin de Saint-Pierre et à J,-J. Bousseau, c'est-à-dire jusqu'aux