‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 178 sur 263 · CABALE — CADÈS · texte numérisé non relu

CABALE — CADÈS

festes avec elle) et la théosophie judéo-alexandrine eurent certainement une même origine; < * 1 1 * -^ sortirent, l'une aussi bien que L'autre, d travail religieux et moral qui s'accomplit parmi les juifs dans les deux siècles au t ('rieurs à l'avènement «lu christianisme, avec cette différent toutefois que la connaissance plus approfondie que les théosophei judéo-alexandrins eurent [de la philosophie grecque leur permit de rattacher leurs spéculations à des systèmes bien connus, ce qui nous en rend l'intelligence plus facile, taudis <jue les cabalistes ne purent exposer leurs doctrines que sous la forme lyrique et métaphorique, propre à leur langue et à leur race et fort éloignée de nos habitudes dYsprit. de sorte tpie l'étrangeté du fond s'augmente encore deTétrangeté du langage. Toutes les théosophies donnent dans la théurgie et la magie. Ce travers est dans la nature même des choses. Quiconque, en effet, se flatte de posséder la connaissance parfaite des secrets de Dieu est invinciblement enclin à s'attribuer une puissance réelle sur ses œuvres. La Cabale n'a pas fait exception à cette règle générale. Mais il n'y a pas lieu d'insister ici sur ces superstitions. Il suffit de faire remarquer que plusieurs de ses doctrines y conduisaient inévitablement. C'est ainsi que, en considérant l'homme comme un abrégé de l'univers (microcosme), elle admettait qu'il y a des rapports directs entre les différentes parties du corps humain et les différents corps célestes, et que par là se trouvait légitimée la croyance à l'astrologie judiciaire. Quant aux procédés artiiiciels, désignés par les noms de thémoura, guématria et notaricon, procédés dont les cabalistes juifs se sont servis parfois, sinon pour chercher dans l'Ecriture sainte des sens cachés différents du sens littéral, du moins pour justifier et faire valoir ceux qu'ils s'imaginaient y avoir découverts, ce n'est qu'un détail sans importance réelle dans le système et l'histoire de la Cabale; l'emploi de ces procédés bizarres n'a pas été exclusivement propre aux adeptes de cette théosophie; on peut d'ailleurs s'en faire une idée exacte par ce qui en est dit dans l'a Palestine, par Munk, p. 520 et 521, et dans Y Encyclopédie de Herzog, t. VII, p. 204 et 205. — Sur les principaux adhérents de cette théosophie parmi les juifs, on peut consulter Y Encyclopédie de Herzog, t. VII, p. 203, et parmi les chrétiens, ibid., t. VII, p. 205 et 206. La Bibliotheca judaica de J. Fùrst, t. 1, p. 16, 27- 29 et 93, et t. III, p. 160 et 329-335, donne une liste complète des diverses éditions du Séphêt Jetzira et du Zohar, et l'indication d'un grand nombre d'ouvrages sur la Cabale. M. Nicolas.

CABANIS. Voyez Sensualisme.

CADÈS [Qèdèch, \\y.zr,:, Kiîzzzz], résidence royale sous les Cananéens i.Jos. XII, 22), ville lévitique, fortifiée et investie du droit d'asile (Jos. XX. 7; XXI. 32; 2 Rois XV, 2!) ; 1 Ckron. VI, 61), était située dans la tribu de Nephtali (Jos. XIX, 37: Jug. IV. 6), près defrontières de Tyr. et lit partie plus tard de la Galilée il Sffach. Xi. 63;

Josèphe. \ntnp. V. I, 1S; XIII, 5, « : B. J., II, 18. Il C'est sans dbllte

la même localité que le Kfàcç -q Ne?8iXi de Tobie I. 2. -- Il y arail en

Palestine deux autres villes dé Ce nom : Tune au sud de la tribu d, Juda (Jos. XV. 23 . l'autre dans la tribu d'hsaehar '1 Chron. VI. :i7 .

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CAEN. La Réforme avait déjà jeté de profondes racines dans celte ville en 1558, cai% au mois de décembre de la môme année, on y signale la présence du pasteur Paumier, et, au mois de mai de Tannée suivante, celle du pasteur Jean Voisinet, tous les deux envoyés de Genève. Deux ans après, les réformés s'assemblent publiquement au tripot de la halle au blé (aujourd'hui cour de F Ancienne-Halle), puis aux grandes écoles, dans le quartier Saint-Sauveur, et enfin dans un local du quartier Saint-Jean. Sous redit de Nantes, l'Eglise de Caen devint le chef-lieu de F un des six colloques de la province synodale de Normandie et reçut une illustration particulière de deux de ses pasteurs : Bochart et du Bosc. Le premier jouissait d'une réputation européenne comme orientaliste; le second, au dire de Louis XIV, était l'homme le plus éloquent de son royaume. Sur la fin de l'année 1684, on fit un procès à l'Eglise de Caen, qui était accusée d'avoir admis des relaps à la sainte cène. Ses trois pasteurs, du Bosc, Morin et Guillebert, furent arrêtés et traduits devant le parlement de Rouen, qui les condamna, le 6 juin 1685, à 400 livres d'amende, à l'interdiction du ministère et au bannissement. Le temple de Caen dut être démoli, et, comme il avait été fermé dès l'arrestation des ministres, les protestants de l'Eglise se réunirent jusqu'au moment de la révocation de Ledit de Nantes à Vendes, paroisse de Saint- Waast, située entre Caen et Bayeux. Durant la période du Désert , les protestants de Caen furent visités par le prédicant Israël Lecourt (1693) et le pasteur Gautier (1749). Ce dernier lit tous ses efforts, en 1752, pour reconstituer l'Eglise, mais sans pouvoir y parvenir, le terrain n'étant pas suffisamment prêt. Ce ne fut qu'en 1777 qu'un consistoire y fut établi. Après la loi de germinal an X, Caen devint le chef-lieu d'un consistoire pour les protestants des trois départements du Calvados, de l'Orne et de la Manche. Cette ville en comptait 500 en 1870. — Voyez : France protestante, IX, 379; Bullet. de la Soc. de Vhist. du prot. franc., 1855, p. 473; 1862, p. 1; 1864, p. 339; F. Waddington, Le Protest, en Normandie dep. la révoc. de Védit de Nantes. E- Aknaud.

CAGLI0STR0 (Alexandre, comte de), ou plutôt Joseph Balsamo, aventurier d'origine italienne, exploita dans une; large mesure la crédulité d'une société sans convictions. Son existence se termina en 1795, à Rome, dans une prison de l'inquisition. Il pratiquait le mesmérisme, opérait des cures merveilleuses, faisait de l'or, composait un élixir vital, évoquait les esprits, découvrait l'avenir, tout cela en recourant à ce qu'il appelait l'agent universel. Sa doctrine, mélange incohérent de rêveries théurgïques, était confiée aux initiés de la loge égyptienne, une branche nouvelle de franc-maçonnerie qu'il avait fondée. En 1791 parut une biographie (Compendio délia vita) de Balsamo, qui paraît avoir été rédigée d'après les documents de son procès. Elle fut traduite en français la même année.

CAHORS (Divona Cadurcorurn,Cadurcum, Cadurx, Caurs), évêché.On en attribue la fondation à saint Genou {Genulfus : AA . SS., 17 janv.), qu fut envoyé en Gaule par le pape saint Sixte II, vers 257, et qui a donné son nom à une abbaye du diocèse de Bourges; mais cet évêque est aussi

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douteux que ceux qui le suivent. On ne trouve d'évêques de Gahors qu'à la fin du quatrième siècle (saint Florent, vers 370). Cahors s'enorgueillit de posséder le saint suaire que Charlemagne a donné à son église. La cathédrale de Saint-Etienne (onzième siècle) est bâtie dans le même style byzantin ([ne Saint-Front. Jean XX11 était originaire du diocèse de Cahors; ce pape, bienfaiteur du Ouercy et qui a multiplié les évêehés dans sa patrie, fonda en 1331 l'université de Cahors, qui subsista jusqu'en 1751. — Voyez : de la Croix, Séries epist. Cadurc, in-4°, 1617 4 Vidal, Ilisi. desév, de Cahors, 1664,in-8°; Galiia,\.

CAIGNONCLE (Michelle de), jeune femme, victime des atroces persécutions religieuses exercées, en 1551, dans le Hainaut, et qui demeura jusqu'à sa dernière heure l'un des types les plus purs de la piété el de la charité chrétiennes. « Cette damoiselle de bonne maison a Valenciennes, rapporte Crespin (ffist. des mart., in-f°, éd. de 1608, f° 192), estant condamnée à la mort, assavoir d'estre bruslée toute vive, avec d'autres pour une mesme cause, ainsi qu'on la menoit au supplice, exhortoit les autres à estre constans, et monstrant au doigt les juges qui les avoient condamnez et qui estoient aux fenestres pour regarder leur supplice : Voyez-vous ceux-là, dit-elle, ils ont bien d'autres tourmens que nous, car ils ont un bourreau en leur conscience; mais nous, en souffrant pour Jésus-Christ, nous avons repos ei certitude de nostre salut. Estant au lieu du supplice, plusieurs povres, qui avoient reçu soulagement de ceste bonne créature, lamentoient sa mort; mais elle les consoloit autant qu'il lui estoit permis. Entre autres il y eut une povre femme laquelle s'écriant dit : Hélas! madamoiselle, vous ne nous donnerez plus l'aumosne. Elle luy dit : Si, feray ; tenez, voilà mes pantoufles, je n'en ay plus que faire. Ceste constance estonna tous les spectateurs et effraya \es ennemis, car Dieu la luy garda entière jusques au dernier soupir. »

CAIN (Qain, LXX, Kair, c'est-à-dire celui qui est acquis, de Qounfl acquérir) est le premier-né d'Adam. En lui donnant ce nom, sa mère espérait que le salut était proche. Les traditions juives sur Caïn, surtout celle qui le fait descendre de Sammaël (Satan), par une fausse interprétation de 1 Jean III, 12, n'ont aucune valeur scientifique. D'après Gen. IV, Caïn tua par jalousie son frère (H)abel, s'enfuit dans le pays de Xod (pays de la fuite), y propagea l'agriculture et jeta les fondements de la première ville, qu'il nomma Hanoch (consécration), d'après son fils aine. La préférence accordée par Jéhova au sacrifice d'Abel s'explique par la supériorité attribuée aux sacrifices sanglants, comme exprimant mieux la corrélation entre les idées dépêché et de punition. Exilé de sa famille et de sa patrie, Caïn fut condamné à une vie orrante, et Dieu, pour le protéger contro la loi du talion, lui imprima un signe (ôth) visible, niais non corporel, dont on ne saurait plus aujourd'hui préciser la nature.

CAINITES. 1° Descendants de Caïn et dont la Genèse donne la généalogie jusqu'à la sixième génération (IV, 17-24). Ces noms, dont L'étymologie est incertaine, se retrouvent en partie dans la généalogie des Séthites (Lamech, Hénoch). L'auteur de la Genèse montre quec^

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hommes marchèrent dignement sur les traces de leur ancêtre. Lamech introduisit la polygamie, en prenant deux femmes, et célébra par un chant sanguinaire la vengeance de Caïn et la sienne. Ce chant, le morceau poétique le plus ancien de la Bible (IV, 23-24), présente déjà tous les caractères de la poésie postérieure: le rhythme, l'assonance, le parallélisme, la construction strophique (trois dystiques), et remploi d'expressions plus relevées. Il est provoqué par l'orgueil excité par les inventions des fils de Caïn. Jabal, en effet, régularisa la vie nomade. Jubal inventa les instruments à cordes (kînor) et à vent (ougâb), et Thubal-Caïn travailla les instruments tranchants (lâtach, marteler pour aiguiser) en airain et en fer. — 2° Gnostiques antinomistes du deuxième siècle. Caïn est pour eux le représentant du principe spirituel le plus élevé. Dans leur haine contre l'Ancien Testament, ils déifient ceux que ce dernier condamne, et en font des représentants de la Sophia. Les apôtres sont des êtres inférieurs, mais Judas Iscarioth possède la véritable gnose, parce qu'il a amené lamortde Jésus-Christ. Pour détruire l'œuvre du Démiurge, ils se livraient à toutes sortes de turpitudes et les plaçaient sous l'invocation des anges. Leurs doctrines étaient renfermées dans Y Evangile de Judas et dans Y Ascension de saint Paul (voy. Iren., lib. 3, c. 31; Epiph., flœres., c. 38; Tertullien, de Prœscnpt., c. 33-37). E. Scherdlin.

CAIPHE. Voyez Anne.

CAIUS (Faîoç). Ce nom, d'origine latine, se trouve quatre fois dans le Nouveau Testament, trois fois dans le cercle des amis de Paul, une fois dans celui des amis de Jean. Dans quel rapport ont été les personnes qui l'ont porté? Y en a-t-il eu quatre, trois ou seulement deux? C'est ce que le manque de renseignements ne permet pas de décider. Nous rencontrons d'abord un Caius macédonien dans la compagnie de Paul à Ephèse (Act. XIX, 29). Quelques mois plus tard, parmi les amis de l'apôtre qui le suivent de Macédoine en Asie, se trouve un autre Caius désigné comme originaire de Derbe (XX, 4), à moins qu'il n'y ait ici une erreur dans le texte et que l'épithète Derbien ne doive se joindre à Timothée, auquel cas ce second Caius pourrait être identifié avec le précédent. La première épître aux Corinthiens (I, 15) et l'épître aux Romains (XVI, 23) mentionnent un autre chrétien du même nom qui fut à Corinthe l'hôte de saint Paul et réunissait une assemblée chrétienne dans sa maison. Enfin la troisième épitre attribuée à saint Jean est adressée à un quatrième Caius qui vivait probablement dans l'Asie-Mineure. Ce nom était très- répandu.

CAIUS (Pos'îoq), « homme d'église, » ainsi que l'appelle Eusèbe (II, 25), vivait à Rome au temps de Zéphyrin (198-217), et dans son ouvrage contre Proclus, chef des montanistes, il fit le premier mention des « trophées » des apôtres, au Vatican et sur la voie d'Ostie (voy. aussi Eus., III, 28). Photius (cod. 48) croit savoir que le livre cité par Eusèbe (V, 28), qui est dirigé contre les artémoniens et que Théodoret appelle le Petit Labyrinthe, est du presbytre romain Caius, et M. de Rossi (Bull.. IV, p. 81) se rattache à cet avis. Raur a soupçonné Caius d'être l'auteur des Philosophoumena. Lisez la disser-

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