CAIUS — CAJETAN
tation du P. de Smedt sur Gains, dans ses Disserl. selectœ, 187G.
CAIUS (Saint) [TaToç], fut évêque de Home de 283 à 296, et lut enterré au cimetière de Calliste. Les documents de son histoire sont incertains. Le Livre des papes nous dit qu'il mourut martyr, et toute sa légende paraît se rattacher aux Actes fabuleux de sainte Suzanne (.1.1. .s\s'., 1\ avril), que Ton donne comme la nièce de Caius. Mais tous les anciens monuments le nomment confesseur et non martyr. La tradition monumentale de Rome établit d'ailleurs entre Suzanne et Caius une relation manifeste: le titulus Suzanne, à Rome, portait aussi le nom d'église de Caius, tifulus Gaii. — Voyez : Lipsius, CàronoL, 1869, p. 240; de Rossi, Jhdletino, 1870, p. 96; Duchesne, Et. sur le Liber Pont if., 1877, p. 1(5; Irico, Mem. degli otti di S. Cojo papa, Casale, 1768, in-8°. M. de Rossi vient de retrouver l'épitaphe de Caius {Bull., 1876, p. 87); elle ne donne pas à cet évêque le titre de martyr; elle place sa déposition au 10 des calendes de mai. Elle va paraître dans le troisième volume de la Roma Sotterranea. S. Bergek.
CAJETAN (Jacques de Yio, et plus tard Thomas, en l'honneur de saint Thomas) naquit en 1469 à Gaëte, d'où lui vint par corruption le nom de Cajetan. A seize ans il entra dans l'ordre des dominicains, contre la volonté de ses parents. 11 était doué d'une intelligence claire, d'une mémoire excellente et de grandes dispositions à l'éloquence. A vingt-six ans il acquit à Padoue le grade de docteur en théologie, et fut bientôt après professeur de métaphysique. En 1494 il fut envoyé à Ferrare pour des affaires de son ordre, et là il disputa publiquement avec Pic de la Mirandole, et avec tant de succès qu'il fut tenu pour un des premiers théologiens de son temps. Sa piété, son dévouement au saint-siége, l'austérité de sa vie et de son caractère le firent nommer procureur de son ordre à Rome; en 1508 il devint général des dominicains, et en 1517 Léon X l'éleva au cardinalat et lui donna l'archevêché de Palerme. Il fut le plus zélé champion du pouvoir suprême et absolu, nous pourrions dire de l'infaillibilité du pape. Lorsqu'en 1511 Louis XII convoqua le concile de Pise auquel Jules. II opposa (1512) le synode de Latran, Cajetan prit la défense du pontife et lit, entre autres, cette déclaration significative que « l'Eglise est la servante née du pape ». Sur Tordre de la Sorbonne, il fut réfuté par Jacques Almain, qui défendit les droits del'épiscopat. Cajetan prit une part active à l'élection de l'empereur Charles-Quint et plus tard à celle du pape Adrien VI; il mourut en 1534, honoré de la confiance de Clément VIL — C'est surtout à sa rencontre avec Luther, à Augsbourg (octobre 15i8), que Cajetan doit sa célébrité. Il avait été envoyé à la diète assemblée dans cette ville, comme légat a latere, avec la mission, entre autres, d'obtenir de gré ou de force la rétractation du réformateur. Luther l'aborda avec une humilité excessive, lui prodiguant les plus grandes marques de respect; le cardinal, de son côté, se montra paternel « t bienveillant. Mais comme le moine de Wittemberg refusa de se rétracter s'il n'était convaincu par des textes de l'Ecriture, le cardinal devint violent, impérieux et pérora à perdre haleine (Decies fere cœpi ut loquerer, toties rursus tonabat et solus reynabat. De Wette,