CAJETAN — CALAS
Luthers Briefe, vol. I, p. 148). Luther à son tour éleva la voix et oublia les égards qu'il devait à un prince de l'Eglise {etegoclamarecœpi... satis irreverenter fervens erupi... Ibid.). Cajetan lui dit : « Frère, frère, hier tu étais convenable; aujourd'hui c'est tout le contraire ! » et il le congédia en s'écriant : « Va, rétracte-toi, ou ne reparais plus sous mes yeux. » Le cardinal, rapporte Myconius, dit alors à Staupitz : « Je ne veux plus parler à cette bête allemande, car elle a dans la tête des yeux profonds et des spéculations surprenantes. » Cajetan eût été prêt à faire des concessions sur « la nécessité de la foi dans les sacrements,» mais il fut inflexible sur un second point : « le trésor des indulgences, » ce qui fit' dire à Staupitz : « On voit bien qu'à Rome on tient plus à l'argent qu'à la foi. » Voir sur cette affaire ; Acta Augustana, 1518, dans H. Schmidt, Lûtheri Opéra latzna, vol. II, p. 340 ss. « Le cardinal Cajetan, dit Sarpi (Eût. Conc. Tria1., 1. I, p. 13), n'était pas riiomme propre à instruire la cause de Luther. C'était un scolastique et un zélé défenseur de Thomas d'Aquin, et ses connaissances n'allaient pas jusqu'aux Ecritures. En outre il était dominicain, et cet ordre tout entier se trouvait blessé par l'affaire de Tetzel. Plus tard on se repentit à Rome de l'avoir employé. On lui reprocha d'avoir traité Luther avec trop de dureté et d'insultes, et de ne l'avoir pas adouci par la promesse d'un évêché ou d'un chapeau de cardinal. » Cependant sa dispute avec Luther parait avoir exercé une certaine influence sur Cajetan. Ayant reconnu la supériorité du réformateur dans la connaissance de l'Ecriture, il se mit à étudier les livres saints, s'aidant, pour l'Ancien Testament, d'interprètes juifs, et d'Erasme pour le Nouveau. Il voulut améliorer la Vulgate par une traduction strictement littérale. D'un autre côté il s'affranchit de la tradition de l'Eglise, pensant qu'on pouvait interpréter les Ecritures sans s'asservir aux Pères (Contra torrentem SS. Patrum). Ses œuvres complètes ont été publiées à Lyon en 1639; maison a atténué les passages qui pouvaient donner ombrage à Rome. On. Pfender.
CALAS (Jean), marchand d'indiennes à Toulouse, naquit à la Cabarède, près de Castres, en 1698. 11 épousa en 1731 Anne-Rose Cabibel, Anglaise de naissance, mais qui descendait de Français réfugiés. Leur famille se composait de six enfants : Marc- Antoine, Jean-Pierre, Donat- Louis, Anne-Rose, Anne (Nanette)et Jean-Louis Donat, etd'une servante bonne catholique, Jeanne Viguier, que ni menaces ni promesses ne purent jamais décider à accuser ses maîtres. Marc-Antoine, qui avait quelque talent oratoire, voulut se faire avocat; mais, pour cela, il lui fallait un certificat de catholicité. Il essaya, mais en vain, de l'obtenir par ruse et, plus scrupuleux que son frère Louis, ne voulut point l'acheter au prix d'une hypocrite abjuration. Toutes les autres professions pour lesquelles il se sentait du goût lui étaient fermées par quelque Déclaration du roi. Il voulut alors devenir l'associé de son père qui n'y consentit point, craignant de donner des pouvoirs trop étendus à un fils chez qui des goûts dangereux de jeu et d'oisiveté se déclaraient toujours davantage. Ainsi le jour de sa mort il le passa presque entièrement au billard et au jeu de paume et, au moment de sa mort,