‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 186 sur 263 · CALENDES — CALENDRIER · texte numérisé non relu

CALENDES — CALENDRIER

CALENDES (calenche, du verbe grec xaXetf, appeler) ou premier jour du mois, se dit des conférences que les curés et les prêtres faisaient sur leurs devoirs au commencement de chaque mois, usage qui parait remonter au neuvième siècle. Au treizième siècle, des congrégations se formèrent en Allemagne (au couvent d'Ottberg, en 1220), en Hongrie et en France, sous le nom de f?'atrescalendarii, dont les membres se réunissaient le premier de chaque mois, dans le but de fixer les fêtes et les exercices religieux (bonnes œuvres, jeûnes, aumônes) qui devaient être observés pendant le courant du mois. C'étaient des sociétés de secours mutuels, composées de laïques et de clercs, sous la surveillance de .l'évoque du diocèse: leur intérêt se concentrait particulièrement sur les obsèques et les messes des morts à instituer en faveur de leurs membres. Chacune de ces réunions mensuelles se terminait par un joyeux banquet, dont les frais étaient couverts par les fonds demeurés sans emploi. A mesure que les associations s'enrichirent, les calendes dégénérèrent en véritables orgies et fournirent une ample matière à la satire populaire. La déformation mit fin à ces abus, mais certaines sociétés portant ce nom se sont conservées jusqu'à nos jours dans le diocèse, de Cologne et dans le duché de Brunswick. — Voyez Feller, Oratio de fratribus calendariis, Francof., 1692.

CALENDRIER CHRÉTIEN. L'étude mathématique de l'établissement du calendrier pourra être abordée avec plus de profit à l'article Chronologie chrétienne; nous nous bornerons à traiter ici la partie religieuse de notre sujet, et nous rechercherons les traces que la piété et la superstition ont laissées dans ce document de la vie de l'Eglise qui est le calendrier. — I. Origine. Les Romains appelaient fastes ce que nous désignons aujourd'hui du nom de calendrier. Le calendarium était chez eux le livre de comptes dans lequel, aux calendes de chaque mois, le père de famille faisait le calcul de ses revenus. Le plus ancien calendrier où l'on observe l'influence du christianisme est contenu dans le manuel des habitants de Rome auquel on a donné le nom de Chronographe de 354. 11 a été en dernier lieu l'objet d'une remarquable étude de M. Mommsen (ûb. d. Chronogr. v. 354, 1850, in-4°, extrait des Abhandl. de l'Académie de Leipzig, vol. I, p. 549), et il est imprimé dans le Corpus des inscriptions latines (Berlin, 1863, vol. I, p. 332). Ce célèbre monument, qui est signé du calligraphe Philocalus, n'est autre chose que « le calendrier civil officiel de l'empire romain tel qu'il était après que le paganisme eut cessé d'être la religion de l'Etat et avant que le christianisme eût pris cette place. » Les jours attribués autrefois au culte des dieux ne figurent plus que comme jours fériés, et sans caractère religieux ; les jeux ont gardé leur place ; à côté de la semaine romaine de huit jours, est marquée la semaine chrétienne de sept jours. Au même moment, l'Eglise de Rome possédait déjà son feriale, le tableau de ses fêtes, c'est la depositio episcoporum et martyrum, sorte de martyrologe où l'on trouve, à côté des dates de l'inhumation des saints romains (trois noms seulement appartiennent à l'Eglise d'Afrique) , la fête de Noël, la translation de saint Pierre et de saint Paul, et le natale Pétri de catedra, au même jour

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{±2 févr.) où Rome célébrait encore la cara aognaéio, les caràtm, fête païenne dont les cérémonies se sont confondues pendant des siècles avec la célébration de la Chaire de saint Pierre (voy. Fêtes chrétienne*)* Ce vénérable document, dont la composition première remonte à l'an 336, est insère dans le Chronographe et publié, entre autres auteurs, par Hommsen dans le mémoire cité. L'Eglise de Carthage nous a légué un document semblable, remontant au quatrième on au cinquième siècle (Mabillon, Analecta, 172:>, p. i().*>). W. Wright a publié en 1865 un Ancient Syriccn Martyrology , qui date de Tan 412 et est traduit du grec. Mais le monument le plus important de l'ancienne histoire du calendrier est le taterculus de Polémée Silvius, dédié à l'évêque saint EucherdeLyon et qui date de Tan 448. Mommsen l'a imprimé dans son Corpus en regard de l'ouvrage de Philocalus. L'auteur a eu évidemment sous les yeux un calendrier fort semblable à celui de Tan 354 ; il en a effacé avec le plus grand soin tout ce qui rappelait la religion païenne. Nous trouvons ici, à côté des natales des empereurs et au milieu de quelques restes des fêtes romaines, les anniversaires de saint Vincent, de saint Laurent, de saint Hippolyte,de saint Etienne et de saint Tite,la déposition de saint Pierre et de saint Paul (22 févr.), la passion de Jésus- Christ et sa résurrection (25 et 27 mars), et le natalis Domini corporali* (25 déo. au même jour où le calendrier de 354 marquait encore la victoire du soleil sur l'hiver : natalis invîcti (voy. Noël). Il n'entre point dans notre dessein d'énumérer ici tous les anciens calendriers qui ont été conservés. Nous devons néanmoins faire remarquer que l'un des plus anciens monuments de ce genre qui soient exclusivement chrétiens est le fragment de calendrier gothique que A. Mai a publié dans sa Bibliot liera nova (V, p. 66). L'un des plus célèbres parmi ces vieux documents de la liturgie est le calendrier romain publié par le P. Fronton (Paris, 1<J52, in-8°), et qui est plutôt un capitulare evangeliorum marquant les stations et les évangiles pour les fêtes romaines, et remontant au commencement du huitième siècle. De volumineux commentaires ont été consacrés, en 1744, par d'Anfora, Mazzochi et Sabbatini, au vieux calendrier napolitain, antérieur à Tan 850, écrit en grec sur une table de marbre. — IL Moyen Age. Celui cjui voudrait étudier l'histoire du calendrier devrait se souvenir avant tout que ces anciens monuments de la Liturgie portent la trace des coutumes propres à chaque Eglise; il devrait donc, dans l'Eglise latine elle-même, distinguer avec soin les calendriers de l'Eglise romaine, de l'Eglise franque, de l'Eglise anglo-saxonne, etc. Gomme dit le savant Père de Buck, « il faudrait mettre à part tous les calendriers dont le fond n'est pas le calendrier romain, quoique bien peu aient échappé à son influence. Tels sont les calendriers du rite ambrosien de Milan, du rite de Verceil, du rite nio/arab" d'Espagne, les anciens calendriers des Eglises des Gaules. huiv certain-, * alendriers d'origine romaine, et surtout dans les livres liturgiques proprement dits, la distribution des dimanches de l'année

iiivcii! tn— dillëivnte dans les divers manuscrits. Cette différence,

.qui t£t très-caraeléristiqiie. |K)iirrait servir comme premier terme de

parâi&on et <\r clas>ilicalion. L<-^ ftfeg des papes, ajoutées par saint

Grégoire VII, seraient un autre signe de distinction. Les fêtes de saint Bernard, de saint François, de saint Dominique et de saint Louis en fourniraient une troisième. Puis viendraient les saints locaux, qui prouvent souvent qu'un calendrier a passé d'Angleterre en France, de France en Allemagne, etc. Pour déterminer l'antiquité des calendriers, on a donné un grand nombre de règles. Qu'il nous suffise de rappeler que la brièveté du texte, l'absence ouïe petit nombre de simples commémoraisons de fêtes durant le carême, de vigiles et d'octaves, le mot natalis réservé aux l'êtes des martyrs, et celui de depositio aux fêtes des confesseurs, enlin l'omission des mots sanctusetbeatus, sont autant désignes d'une antiquité plus ou moins reculée. » On trouve des calendriers en tête des missels, des bréviaires et de presque tous les livres liturgiques du moyen âge. M. Piper (Karls des Grossen Kalendarium u. Ostertafel, Berlin, 1858, in-8°) a publié le beau calendrier qui se voit dans l'Evangéliaire de Gharlemagne ; il a décrit en même temps les plus anciens monuments analogues de l'Eglise franque. Le même auteur a réuni dans une autre publication les calendriers anglo-saxons et le remarquable calendrier figuré qui se trouvait dans le manuscrit, aujourd'hui brûlé, du Hortus Deliciarum de l'abbesse Herrade {Die Kal. d. Angelsachsen, das Martyr ologium der Herradv. Landsperg, Berl., 1862, in-8°). On trouverait encore, dans nos dépôts, de vénérables documents de la vieille liturgie gallicane qui ont échappé aux recherches de cet auteur. M. Hampson, dans un ouvrage fort utile, mais écrit avec trop de précipitation, a imprimé avec un commentaire fort ample un certain nombre d'anciens calendriers anglais (Medii œvi Kalendarium , Londres, s. d„ in-8°). En dernier lieu, le savant évêqueForbes (f 1875) a publié l'ouvrage intitulé : Kalendars of Scottish saints, 1872. Les calendriers du moyen âge sont toujours des calendriers perpétuels ; ils donnent, à côté des jours des calendes, le nombre d'or, parfois aussi le jour du mois indiqué par un alphabet complet, le nombre d'or accompagné quelquefois de l'heure de la nouvelle lune (voy. l'explication de tous ces termes à l'article Chronologie chrétienne), les saints, qui varient avec les Eglises et qui sont d'ordinaire d'autant plus rares que le calendrier est plus ancien, et les fêtes fixes, ainsi que diverses notions astronomiques. Ils sont ordinairement suivis d'un comput pascal (voy. Pâques). Gomme spécimen. d'un splendide ouvrage de ce genre, nous pouvons citer les belles Heures d'Anne de Bretagne, imprimées en fac-similé par Gurmer (2 vol. in-4°, 1861). Les calendriers anciens en langue vulgaire sont peu nombreux ; les livres d'Heures du quinzième siècle en montrent un grand nombre, mais on n'en connaît point d'allemands qui soient antérieurs au quatorzième siècle ; ceux du treizième siècle, en français, sont rares ; nous en indiquerons ici quelques-uns : Arsenal, B. L. F. , 283, de l'an 1268; Bibl. nat., fr. 786 et 1802 (treizième siècle). Comparez la publication insuffisante de M. Moland {Revue archéoL, nouv. série, V, p. 89). M. P. Meyer a publié dans la Romania (janvier 1877) un calendrier bourguignon du commencement du quatorzième siècle; on en voit unjxanco-angiais dans Hampson. On doit faire mention ici des Computs ou traités du calendrier; on trouve à la Bibliothèque natio-

nale (fr. U2) un beau comput en vers français, de Tan 1285. Au bas des pages du calendrier, nous lisons souvent certains vers mnémoniques, qui étaient tort utiles pour retenir les dates des saints; le nombre des syllabes y marque la date du jour : on les appelle cisiojanus. Ils varient à l'infini. On a même imprimé, en 1550, un eisiojanus protestant. Le cisiojanus du calendrier de Paris commence ainsi : Cisi. ge. janus epi. sibi guil. dat et hyl. fe. mau. mar.jul.;Prisca fab. ag. vincenti paulus iulique bal. On reconnaît ici la Circoncision, la sainte Geneviève, l'Epiphanie, etc. Voici le cisiojanus français : « En janvier que les roys venus sont, Glaume dit, Fremin morfont; Anthoine, seb., ag., Vincent boit, Fol doit plus qu'on ne lui doit. A Chandeleur Agathe vient, à Paris y m'en souvient, et Julien de Poissy, Pierre, Mathias aussi... » — III. Eléments superstitieux. Dès l'an 354, on rencontre dans le Chro?iographe un calendrier astrologique où nous trouvons, avec les influences des planètes, l'origine des noms des jours de la semaine. A chaque heure est attaché le nom d'un astre; les jours portent le nom de la planète qui préside à leur première heure, en comptant à partir du samedi, au lever du soleil ; Mars et Saturne sont nuisibles, Jupiter et Vénus sont bons, Mercure, le soleil et la lune sont communs. Ce système est égyptien, mais dans le grand calendrier de 354, nous trouvons déjà, notés avec soin, ces jours égyptiens qui se perpétuent à travers les calendriers du moyen âge, où ils sont marqués par un D, et parfois accompagnés de l'heure périlleuse. On a pu dire qu'ils sont « la trace du combat que la superstition a longtemps livré à la foi ». On trouve dans beaucoup de calendriers les jours égyptiens marqués dans des vers assez barbares que l'on a attribués à Bède :

Si tenebree segyptus graio serraone vocantur...

ou encore :

Prima dies mensis et septima truncat ut ensis...

Cette superstition n'a rien d'égyptien, son origine est toute romaine et ne remonte qu'au temps des empereurs(Mommsen, Corpus, I, p. 374 ; voy. aussi les travaux imparfaits de Court de Gébelin, Le Monde Primitif, 1773 ss., vol. III, et de M. Loi seleu r, Soc. des Antiquaires, 1872, p. 198). Les jours périlleux ou maleurés, auxquels s'attachait l'ignorance populaire, ont varié cent fois. M. Meyer en a publié plusieurs listes {Jahrb. f. roman, te. engl. Liter., Leipzig, 18G0, p. 47; voy. aussi M. Bonnardot, Soc. des Anciens Textes, 1876, p. 73 ss.). Voyez aussi les curieux pronostics contenus dans un almanach du dixième siècle (Hou chérie, Rev. des langues rom., 1872, p. 133). Dans quelques manuscrits, nous trouvons la recommandation du vendredi : « Au jour du vendredi occit Gain Abel son frère... » A cet égard, le calendrier nous montre le tableau de la vie populaire mêlée à la vie de l'Eglise. — IV. Almanachs. On peut dire que le plus ancien calendrier a été imprimé à Mayence en 1456; ce sont les Conjunctiones dont la Bibliothèque nationale possède un fragment. Mais les vrais almanachs n'apparaissent qu'en 1477 avec la Pronoiticatio de Jean Laet, et avec la Prono&ticatio

de Termite alsacien Jean de Lichtenberg (1492, Mayence), à laquelle Luther n'a pas dédaigné d'écrire une préface (1527). En 1475, le célèbre astronome Jean de Kœnigsberg, dit Regiomontanus, avait publié son savant Calendarium. Ce n'est toutefois qu'après le milieu du seizième siècle qu'on trouve des calendriers établis pour une année déterminée, avec les fêtes mobiles et les jours de la semaine. Le véritable modèle de tous les almanachs - est le Compost et Kalendrier des bergiers (Paris, 1493), cent fois imprimé et imité. La Bibliothèque nationale en possède un admirable exemplaire sur vélin. On y trouve l'hygiène, l'astronomie, la morale, et jusqu'au « combat de deux hommes d'armes et d'une femme contre un limaçon. » On peut voir aussi le [Calendrier des bergères, pour les dames. Le médecin provençal Michel de Nostredame, dans les prédictions duquel on a cru voir la Saint-Barthélémy annoncée (Lyon, 1555, etc.), Mathieu Lansbert, personnage fort mystérieux (Liège, 1636), n'ont fait qu'imiter le Calendrier des bergers, duquel découle toute cette misérable litttér attire qui ne fait que commenter le vieil adage :

Ungues Mercurio, barbam Jove, Cypride crines.

(voy. Warzée, Rech. sur les Almanachs belges, 1852, extrait du Bibliophile Belge; Ch. Nisard, Les Livres populaires, 2e édit., I ; Brunet, Manuel du Libraire, 5e édit., etc.). — V. Les Calendriers protestants. Dès ses premiers jours, la Réforme s'est appliquée à détourner l'attention du peuple de la superstition vers la piété. L' Almanach spirituel et perpétuel, nécessaire à tout homme sensuel et temporel, que l'on peut croire imprimé chez P. de Wingle vers 1533, ne contient pas de calendrier, mais il renferme des préceptes et des versets de la Bible (in-32, 16 ff.). En 1550, un théologien de Wittemberg, Paul Eber, publie dans cette ville le Calendarium lus toricum, savant ouvrage où l'on trouve des éphémérides bien choisies, mais où un certain nombre de saints ont conservé leur place. Le Calendrier historial, que nous trouvons, par exemple, en tète du Psautier (Genève, 1566, in-32, caract. civilité), et, un peu différent, à la suite de la Bible (F. Estienne, 1567, in-8°), en est une imitation. M. Fick a réimprimé, en 1866, un curieux almanach de Genève pour l'an 1573 ; c'est encore un calendrier perpétuel, mais déjà il est disposé pour l'année indiquée ; à côté des jours de cène à Genève, il donne encore seize fêtes de la Vierge et des saints, et les Quatre-Temps. On voit par là combien a été persistante, même dans l'Eglise calviniste, la commémoration des saints, dont plusieurs sont encore célébrés dans les Etats protestants de l'Allemagne. Depuis la Réforme, les calendriers allemands ont tous conservé la liste des saints, retouchée arbitrairement et variant sans règle ni raison. Un professeur de Berlin, M. Piper, a essayé d'introduire un ordre et une pensée dans ce que l'on a appelé le Calendrier Evangélique ; il a publié, de 1850 à 1869, une série d'almanachs (Evang. Kalender), où des dissertations sur la liturgie se joignent à la biographie des personnages dont les noms ont été conservés. Cette tentative n'a pas été encouragée par le sentiment populaire. Une semblable entreprise a été tentée par deux

almanachs moraux et religieux publiés en Alsace, le Guter Bote (1852) etYAlmanach des Familles (depuis 1852; aujourd'hui à Nancy). Nous ne manquerons pas de nommer ici YAlmanaek des Bons Conseilt (depuis 1826), qui mente sou nom. Dans l'Eglise anglicane, la liste des saints du calendrier a été révisée en 1662; les plus récents éditeurs du Prayer-Book ont pris sur eux d'effacer les noms de tous les saints qui ne se trouvent pas dans la Bible, mais la grande édition de ce livre liturgique, laite en 1819 par les soins de YEcclesiastical History Society, a rétabli le calendrier officiel de l'Eglise d'Angleterre. — VI. Calendriers orientaux. Ne pouvant entrer ici dans leur étude, nous nous bornons à renvoyer le lecteur aux dissertations d'Assemani dans ses Kaiendaria Ecclesùe umversas (Home, 175o, 0 vol. in-'±°; voir notre Enct/cl., I, p. 648), du P. Martinov {AA. SS., oct., XI), et du P. de Huek, dans la Bibl. de la Comp. de Jésus de deBacker, 2eédit., III, 1876, p. 383, ainsi qu'à Y Iatroductio ad Hisl. Eccl. du P. de Smedt, Gand,

1876, p. 195. — Sources : Il n'existe aucun traité complet du calendrier : au reste aucun livre ne pourrait remplacer à cet égard l'étude des manuscrits. On consultera avec avantage le Glossaire des Dates, publié dans l'Introduction de Y Art de vérifier les Dates et dans la Paléographie de M. deWailly (Paris, 1838, in-4°, I), et celui que donne Grotefend (Handb. d. ChronoL, Hanovre, 1872, in-4°) ; voy. surtout de Buck, Rech. sur les Calendriers ecclésiastiques, dans les Précis historiques des Pères jésuites,

1877, janvier-mars; Piper, Kirchenrechnung, 1841, in-4° ; le même, art. Kalender dans Herzog, vol. VII. S. Berger.

CALICE (xor^piGVj calix), en terme de liturgie, est un vase sacré qui sert lors de la célébration delà sainte cène. A l'origine ces vases étaient t lès-grands, en verre, en bois ou en métal, garnis de deux anses par lesquelles les diacres les retenaient en les passant aux fidèles. Decrainte d'en répandre le contenu j l'usage s'introduisit, vers la lin du huitième siècle, de munir le calice d'un tuyau ou chalumeau {calamus, arundo, fistula eucharistie, canna), par le moyen duquel les fidèles buvaient le sang précieux de l'eucharistie. Les conciles de Londres (1175) et de Rouen (1189) défendirent l'emploi de calices autres que ceux en argent ou en or. Leur poids variait. On en trouve dans les trésors et les sacristies de plusieurs églises qui sont d'un volume si considérable que l'on n'a jamais dû s'en servir : ce sont des dons faits par des princes pour servir d'ornement. L'évêque seul a le droit de consacrer les calices. Le sang de Jésus-Christ étant déjà contenu dans son corps, offert aux fidèles dans l'hostie, l'Eglise jugea utile de restreindre aux seuls prêtres, comme les successeurs des apôtres, l'invitation de Jésus-Christ : \V.i~i ï'z zj-.zj r.xr.zz iMaltli. XXVI, 27). Ce n'est qu'au commencement du treizième siècle que lut consommé le rapt du calice (voyez l'article Cène)t contre lequel protestèrent les hussites et que confirmèrent les conciles de Constance et de Trente, ad vitanda pericula et scandala (sess, 2i, can, ï), bien que celui de Baie, pour désarmer les calixtins, enl décrété que le calice pouvait être accordé am laïque*, tuaderitibui causa rationalibus. Luther rétablit la communion sous ics deux espèces lors de la referme du culte à Wittemberg en 1523 (voy*

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