CALICE — CALIXTE II
Sermon vom hoéhwvrd. Sahrament des Leichnams Chrisii, 1519, etConf. August, pars II, 1). Son exemple fut suivi par les autres Eglises de la Réforme. Zwingle prescrivit le retour aux calices en bois, usage qui s'est conservé dans la plupart des Eglises de la Suisse. D'après le rite réformé, infiniment plus rationnel, le calice passe de main en main, tandis que, dans les communautés luthériennes, c'est le pasteur officiant qui le présente à chaque fidèle. Dans l'Eglise grecque le pain est trempé dans le vin et offert sur une cuiller aux communiants. Cet usage, pratiqué en Occident pour les communions de malades, ne s'y est pas maintenu (voy. Dongthœus, De calicibus eucharisticis veter. christianorum, Brém., 1694 ; Spittler, Gesch. des Kelchs im Abendm., Lemgo, 1780). — Dans la Bible, le mot de calice est souvent employé dans un sens métaphorique pour désigner la destinée bonne ou mauvaise (cette dernière plus fréquemment) réservée aux hommes : les bienfaits de Dieu sont comparés à un breuvage doux et agréable et pour lequel on le bénit (coupe de bénédiction, d'actions de grâce, de satiété, etc.), et ses châtiments à un breuvage amer qu'il faut avaler (Ps. X, 7; XV, 5; LXIV, 9; CXV, 13; Jérém. XVI, 7; XXV, 15; Matth. XX, 22; XXVI, 39; Luc XI, 39; 1 Cor. X, 16; XI, 25).
CALIXTE Ier. pape. Voyez Calliste.
CALIXTE II (1119-1124). Gélase II étant mort à Cluny, les cardinaux présents en ce lieu élurent l'archevêque de Vienne, Guy de Bourgogne, adversaire déclaré de l'empereur dont il était parent éloigné ; acclamé par les Romains, l'élu fut reconnu par les évoques allemands réunis à Tribur. Aussitôt le pape se préoccupa de mettre fin à la querelle des investitures ; il convoqua un concile à Reims pour le mois d'octobre, il envoya des ambassadeurs à Henri V, et se disposa à aller au devant de lui. L'évêque de Châlons et l'abbé de Cluny rencontrèrent l'empereur à Strasbourg. « Si vous voulez avoir la paix, sire roi, lui dit l'évêque, il vous faut renoncer absolument à l'investiture des évêchés «t des abbayes. Mais sachez que votre autorité n'en sera point diminuée, car pour moi, qui suis évêque au royaume de France, je n'ai reçu aucune investiture de la main du roi, et pourtant je lui rends les devoirs d'un fidèle vassal. » « Eh! s'écria l'empereur, c'est tout ce que je demande. » Henri V était sur le point d'accepter la paix sur ces bases, il avait même promis d'abandonner l'investiture, mais au dernier moment les négociations furent rompues, et le concile, renouvelant les anciens décrets contre ce qu'on appelait la simonie, interdit absolument « toute investiture des évêchés et des abbayes par la main laïque », et excommunia solennellement Henri V et l'antipape Bordinho (Grégoire VIII), qui occupait encore Rome. Cependant, quittant la France, Calixte s'en va chasser l'antipape; Burdinus est saisi et traîné ignominieusement sur un chameau à travers les rues de Rome ; puis on l'envoya mourir (1125) en prison. Le pape, vainqueur, humilia la noblesse romaine, et fit raser les tours menaçantes du seigneur Cencius. Mais la nation allemande était lasse de la lutte, et à la diète de Wurtzbourg les Etats demandèrent à l'empereur de se soumettre. Henri V obéit. Le concordat de Worms, signé le 23 septembre 1122, mit fin à la querelle.