‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 188 sur 263 · CALIXTE II — CALIXTE III · texte numérisé non relu

CALIXTE II — CALIXTE III

Le pape y accordait à l'empereur l'investiture des iiefs royaux « par le sceptre », et l'empereur « abandonnait à Dieu, aux saints apôtres Pierre et Paul et à la sainte Eglise catholique toute investiture par la crosse et l'anneau, et il permettait que dans toutes les Eglises de son empire l'élection se fit canoniquement et que l'élu fût consacré librement ». Telle fut la fin de la querelle des investitures. — On lira dans Watterich la vie de Calixte par Pandulphe d'Alatri et par Boson, et le récit du concile de Reims rédigé par un témoin oculaire, Hesson l'écolàtre. — Voyez : Baluze, MiscelL, I, 137, éd. Mansi; Papencordt, p. 244; Gregorovius, IV; Raumer, Hohenst., I, 195, 3e éd.; Robert, /;'/. sur les actes de Cal. 11, P., 1874, in-8°. s- Berger.

CALIXTE III, antipape. Voyez Alexandre III.

CALIXTE III. Alfonse Borgia, cardinal-évôque de Valence, élu pape à 1 âge de soixante-dix-liuit ans, le 8 avril 1455, couronné le 20, déploie tout d'abord un grand zèle pour la croisade, envoie des prédicateurs par toute l'Europe pour réveiller l'ardeur religieuse et guerrière des chrétiens; la victoire de Belgrade suivie de la retraite de Mahomet II ne donne pas les heureux résultats qu'on avait espérés. Le grand Hunyad et Jean Capistrano meurent en 1456, la flotte pontificale envoyée dans les mers de Grèce reste inactive et le pape lui-même, délaissant les intérêts de la chrétienté, consacre tous ses soins à la grandeur de sa famille. Rome assiste sous Calixte III à tous les scandales du népotisme : deux des neveux de Calixte (Rodrigue Lenzuoli, le futur Alexandre VI, était du nombre) sont créés cardinaux et pourvus des charges les plus lucratives; un troisième, Pierre, est nommé duc de Spolète, général des troupes du saint-siége, gouverneur de Saint-Ange et préfet de Rome ; s'il n'eût dépendu que de lui, Calixte lui eût donné la couronne de Naples. En effet, à la mort d'Alfonse, sans tenir compte des bulles pontificales qui assuraient la succession aux enfants mâles de ce prince et qu'Eugène IV avait publiées sur les instances de Borgia lui-même, celui-ci déclare le royaume dévolu au saint-siége et invite les prétendants à se pourvoir devant les tribunaux ecclésiastiques ; en même temps il essaie de gagner Sforza qui refuse de trahir la maison d'Aragon et d'en partager les dépouilles avec le neveu du pape. Calixte tint bon néanmoins et se disposait à faire la guerre à Ferdinand lorsque la mort le surprit, le 6 août 1458. Calixte, indifférent sinon hostile aux lettres et aux arts, vendit ou donna la plus grande partie de la bibliothèque fondée par Nicolas V (on achetait pour des carlins des livres qui avaient coûté des florins d'on, découragea les savants et les artistes, abandonna les travaux commencés sous son prédécesseur. Son pontificat n'est marqué que par la restauration de Santa-Prisca sur l'Aventin et la réparation du mur d'enceinte. L'acte le plus honorable auquel Calixte III ait attaché son nom, ce fut le procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc. Dès après son entrée à Rouen, Charles VII avait ordonné une enquête sur le procès «moyennant lequel les Anglais avaient fait mourir Jeanne iniquement et trèscruellement (1449) » : d'Kstouteville, légat et archevêque de Rouen, qui était chargé au nom du pape de réconcilier la France et l'Angleterre,

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