‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 189 sur 263 · CALIXTE III — CALIXTE · texte numérisé non relu

CALIXTE III — CALIXTE

ouvrit d'office l'instruction ; mais pour commencer le procès il fallait obtenir l'autorisation de la cour de Rome, et pour décider celle-ci il fallait lui permettre de faire justice sans qu'elle parût prendre parti contre les Anglais; Charles VII s'efface, met en avant Ja famille de Jeanne dont la requête est accueillie par Galixte III; celui-ci, par un rescrit apostolique daté du 11 juin 1455, ordonne la révision du procès et en confie le soin à l'archevêque de Rouen, aux évêques de Paris et de Coutances assistés d'un inquisiteur. Dès après la mort deCalixte des désordres éclatent à Rome : ses favoris sont arrêtés ou mis à mort, son neveu Pierre, obligé de s'enfuir à Civita-Vecchia ; le soir de l'élection de Pie II, toute la ville illumina, tant elle était heureuse d'être débarrassée des Catalans. Malheureusement, Calixte III laissa son immense fortune à son neveu Rodrigue. — Voyez : Platina ap. Muratori, B. 1. Scriptores, XXV, 961-966; Filelfo, Epist. XIII, 1, et Vespasiano fiorentino.

CALIXTE (George) [1586-1656], un des théologiens les plus distingués de l'Allemagne au dix-septième siècle, continua dans l'Eglise luthérienne les traditions de Mélanchthon et prépara la réforme de Spener. Originaire du Schleswig, élevé par son père, qui avait suivi les leçons du prxceptor Germanise, dans la haine d'un confessionalisme étroit, nourri au gymnase de Flensbourg et à l'université de Helmsta3dt d'études philologiques et philosophiques solides, grâce aux leçons de l'humaniste Jean Gaselius et de CornéliusMartini, l'aristotélicien, Calixte compléta son éducation scientifique par des voyages en Angleterre, en Hollande, en Italie et en France, visitant les savants et les bibliothèques et élargissant l'horizon de sa pensée dans le commerce avec des hommes éminents appartenant à toutes les communions. De retour à Helmstaedt, il fut appelé en 1614 à y enseigner la théologie. Rien qu'attaché de cœur au luthéranisme, il avait acquis la conviction que les doctrines fondamentales du christianisme étaient professées dans toutes les Eglises chrétiennes, et que dès lors rien ne devait s'opposer au rapprochement mutuel de leurs membres. C'est surtout à partir de 1629 que Calixte développa cette tendance irénique, en exhortant les diverses communions à reconnaître que les vérités nécessaires au salut étaient contenues dans le symbole apostolique et dans les écrits des docteurs et des Pères des cinq premiers siècles, et en les sollicitant à se confédérer en vue d'une fusion future de toutes les Eglises particulières (voy. entre autres le Proœmium au traité de saint Augustin De doctrina christiana et au C ommonitorium de Vincens de Lérins, Helm., 1629, la Disputaliode auctoriiate antîquitatis ecclesiasticœ, 1639, et le Desiderium et \studium concordiœ ecclesiasticœ, 1650). Cet appel à la concorde, au milieu d'un siècle où l'étroitesse et l'intolérance dogmatiques régnaient encore en souveraines, devait rencontrer une vive opposition. La part que prit Calixte au colloque de Thorn (1645), où, repoussé par les luthériens, il se joignit aux réformés, fut le signal d'une attaque générale de sa doctrine et de celle de ses disciples, flétrie sous le nom déjà odieux aux luthériens de syncrétisme (voy. cet article). Ses principaux adversaires étaient le prédicateur Statius Rucher de Hanovre, qui accusa Calixte de

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crypto-papisme [Crypto-Papismus novae theologix Helmsfadiensis, llamb., 1640), Hoc de Hoënegg et Jacob Weller, de Dresde, Dannhauer, de Strasbourg, et Abraham Calov, depuis 1650 professeur et surintendant général à Wittemberg ; mais ils ne surent point donner à leurs attaques le caractère d'une lutte de principes, se bornant à des escarmouches stériles, comme par exemple de reprocher à Calixte de n'avoir pas mi découvrir la doctrine de la Trinité dans l'Ancien Testament, d'avoir négligé en parlant des fruits de la foi les termes consacrés, et d'appuyer inconsidérément les doctrines chrétiennes par des arguments tirés de la philosophie et des autres religions, ce qui constitue essentiellement à leurs yeux le crime de syncrétisme. C'està tort aussi qu'ils accusaient Calixte de se complaire dans le vague et dans l'indifférence en matière de dogme. Si, dans sa carrière, il a principalement poursuivi un but irénique, il n'a pas cessé néanmoins d'entretenir une polémique vigoureuse contre les erreurs des Eglises particulières qui lui semblaient un obstacle à l'union qu'il rêvait. C'est ainsi qu'il démasque avec une franchise impitoyable les hérésies de l'Eglise catholique (voy. surtout De ponttfictô missœ sacrificio, 1614 ; De religiow adoratione dispui., 1023; De conjugio clericorum, 1631; De visibili ecclesiastica monarc/n'a, 1643; De primatu Rom. Pont., 1650, etc.). 11 combat de même la doctrine de la prédestination des réformés, celle de l'ubiquité et du péché originel des luthériens stricts. Les controverses dans lesquelles Calixte fut engagé, et qui constituent le côté principal de son activité littéraire, n'absorbèrent pas cependant tout son temps. Parmi les autres écrits, qui dénotent mieux peut-être encore que ses traités de polémique la pénétration de son esprit et la largeur féconde de ses vues, nous citerons son Apparatits théologiens (1628), dans lequel il énumère les connaissances que doit posséder celui qui aspire au titre de théologien , et la méthode qu'il doit suivre clans ses études; sa Theologia mora/z^ (1634), où, tout en traitant d'une manière séparée les matières qui constituent la morale chrétienne, il montre son lien intime avec la dogmatique, et en particulier avec la sotériologie d'où elle découle; ses commentaires sur l'Ancien et sur le Nouveau Testament (Lucubrationes ad quorundam V. T. librorwn intelligentiam facientes, édit. par son fils, Helmst., 1665 ; Expositiones literaies, Concordai evangeliorum, etc.), ainsi que ses monographies sur les principaux articles de la dogmatique qui dénotent, dans la partie historique, des connaissances et une intuition du développement organique du dogme très-rare à cette époque. Le côté faible de la théologie de Calixte, c'est, d'une part, sa théodicée, et le rapport peu heureux qu'il établit entre les manifestations naturelles et la révélation surnaturelle de Dieu, entre les lumières de la raison et celles que nous recevons par la loi (voy. surtout Epitome theqlogiœ, L619), et, d'autre part, L'autorité qu il attribue, à côté de la Bible, au symbole des apôtres età la tradition de l'Eglise qui n est le commentaire, mais qu'il limite d'une manière arbitraire aux cinq premiers siècles (Z)e auctoritate Scrtp» taré .s., 1654). — Sources : Frédéric-Ulrich Calixte (1622-1701) a préparé une édition complète des œuvres de son père qu'il n'a pas

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