BARBEYRAC
ciste. Né à Béziers le 15 mars 1(574, il avait à peine commencé ses premières études à Montagnac, lorsque la révocation de Fédit de Nantes le sépara violemment de ses parents, qui se réfugièrent à Lausanne, on il les eut bientôt rejoints (1686). 11 y étudia jusqu'en 1093, et, après un court séjour à Genève, il alla à l'université de Francfort-sur-1'Oder, alors en réputation ; puis il devint, en 1697, professeur au collège des Réfugiés, à Berlin. Son penchant le portait vers la jurisprudence; il s'y adonna avec succès et publia, en 1706, une traduction du fameux Traité latin de Puftendorf, du Droit de la Nature et des Gens, en l'accompagnant d'une préface, de notes et développements remarquables, qui méritèrent d'être traduits eux-mêmes en latin, pour faire désormais corps avec l'auteur. Cette publication, qui vulgarisa l'important ouvrage de Puftendorf, ayant acquis à Barbeyrac un renom européen, il reçut, en 1710, l'offre, qu'il accepta, d'une chaire de droit et d'histoire à l'Académie de Lausanne. Il y fut nommé recteur en 1714. Cette dignité lui fut conférée trois années de suite ; mais il y renonça par un honorable scrupule de conscience, ne voulant pas signer la Formula consensus, que les calvinistes purs opposaient à l'invasion des doctrines soutenues par Amyraut et par les autres théologiens de Saumur. 11 accepta la chaire de droit public et particulier à l'université de Groningue, où il fut honoré trois fois de la charge de secrétaire de l'Académie et trois fois aussi de celle de recteur. La Société royale des Sciences de Berlin se l'était associé dès 1713. Douloureusement éprouvé, en 1729, par la perte de sa femme, Hélène Chauvin, et, en 1743, par celle de sa fille unique, qui avait épousé P. -A. de Rochebrune, officier réfugié au service de la Hollande, il ne fit plus que languir jusqu'au jour de sa mort, qui arriva le 3 mars 1744. Outre le grand ouvrage susmentionné et plusieurs articles et dissertations insérés dans les Nouvelles de la Rép. des Lettres, dans la Bibliothèque Britannique, la Nouvelle Bibliothèque et la Bibliothèque raisonnée, Barbeyrac a publié une traduction du Traité des Devoirs de V Homme et du Citogen,de Puffendorf (1707), et du Traité du Pouvoir des souverains et de la Liberté de consciencp, de Noodt (1707); des Sermons de Tillotson (1706-1716); un Traité du Jeu au point de vue du droit naturel et de la morale (1709); une bonne traduction du traité de Grotius : De jure belh et pacis (1724), qui fit oublier celle de Courtin ; enfin un Traité de la Morale des Père$ de /' Eglise (1728), où cette morale est battue en brèche avec un peu d'emportement peut-être, mais avec une science incontestable. 11 a fait paraître aussi, en 1739, une Histoire des anciens Traités depuis les temps les plus reculés jusqu'à Charlemague, grand répertoire diplomatique, bien rédigé et supérieur en certains points à celui de Dumont, qu'il complète. Nous laissons encore de côté divers travaux de moindre intérêt. — Voir Oralio fanebris in obiturn J. Barbeyrac, par Gardes, son collègue (Groning., 1744, in-fol.) et Notice biogr. sur B., par G. Laissac, couronnée par la Soc. archéolog. de Béziers (Montpellier, 1838). — Il existe des lettres inédites de Barbeyrac à Desmaizeaux au British Muséum de Londres, Bibliotheca Birchiana, nos 4281-4289. Elles sont écrites de Berlin en 1706 et 1707. Charles Read.