‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 20 sur 263 · BARBIER — BARCLAY · texte numérisé non relu

BARBIER — BARCLAY

BARBIER .losué). né à Die vers 1578. Fils de pasteur, il fut pasteur lui-même, de 1603 à 1615, à Quint, à Saint-Marcellin et à Livron. Grconvemi par Tévéque de Valence, il abjura et reçut une pension de 600 livres. Il se fit recevoir avocat consistorial à Grenoble et devint un plat courtisan, comme le montre le pamphlet publié par lui à Lyon, en 1618, contre ceux qu'il venait de quitter : La Ministrographie huguenote, et comme le démontre encore un petit volume qu'il fit paraître à Paris la même année : Les miraculeuse effets de la sacrée main des /lot/s de Franco très-chresttens pour la guérisnn des malades et conversion des hérétiques. Après les flagorneries qui fleurissent une dédicace au Roi, il exhorte ses anciens coreligionnaires à subordonner leur liberté de conscience à l'obéissance due au Monarque : « Ceste liberté étant, dit-il, « une mauvaise beste, laquelle a sa peau de diverses couleurs comme « le léopard et change comme le caméléon; ressemblant , quant au « reste, au rvnocéros, excepté en ceci : c'est que le rynocéros est pris « au chant d'une vierge pieuse près de laquelle il «s'endort, comme <( dit Bercorius, tandis que ceste beste (la liberté de conscience) ne « peut estre prinse qu'au chant d'une femme adultère , desbauchée

d'avec son mari, près de laquelle elle se vient rendre, lui présente

« son dos à monter, et, estant dessus, la porte furieusement partout,

squ'à ce qu'elle la précipite et la dévore. » L'Eglise réformée

avait-elle perdu beaucoup par la défection d'un controversiste de cette

force 1 Chaeles Read.

BARCKHAUSEN (Conrad-Henri), théologien berlinois du commencement du dix-huitième siècle, défendit dans une série d'ouvrages le me réformé de la prédestination absolue contre les partisans de liiniversalisme. Son principal ouvrage, Arnica collatio doctrinœ de fjratia, quàm vera reformata confitetur Ecdesia, publié en 1714, sous le pseudonyme de Pacificus Verinits, est dirigé contre les Thèses théologie» de Yolckmann, auquel il reproche d'invoquer l'autorité des principaux théologiens et symboles réformés pour justifier ses vues hérétiques. D'après Barckhausen, le décret éternel du salut comme aussi la vertu du sacrifice expiatoire du Christ doivent être restreints aux seuls élus. La querelle menaçait de s'envenimer, lorsque le roi de Prusse, Frédéric Ir, lit publier en 1719 un édit qui imposait silence aux deux camps 'Walch, Itelig. Streùùjk., III, p. 74() ; Revzog, Real-EncueL, XIX, p. 163 ss.).

BARCLAY (Robert), célèbre théologien de la secte des quakers, naquit en 1648, à Edimbourg, d'une ancienne famille écossaise. Son grandavait été gentilhomme de la cour de Charles 1er, et son père ni une brillante carrière militaire. Envoyé à Paris pour y poursuivre ses études, Robert Barclay s'y convertit au catholicisme. De retour en Ecosse, il trouva son père converti lui-même aux idées de j e Fox, 1«' fondateur du quakérisme. Ce ne fut qu'après de longues résistances que le fils se décida à suivre son père dans cette évolution. 11 apporta au service de sa nouvelle foi les ressources d'un esprit dialectique fortifié par de solides études. Il devint le théologien de i te dont Fox ''tait l'apôtre. Dans son Apologie de la vraie théologie

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chrétienne, il systématisa le spiritualisme mystique de ce dernier, eu le ramenant dans les bornes de l'orthodoxie protestante, au moins quant aux dogmes essentiels de la foi. La voix intérieure du Saint-Esprit qui parle en chaque homme ne saurait, selon lui, jamais contredire l'Ecriture, dont il accepte pleinement l'autorité. Il croit que « le germe du péché est transmis à tous les hommes par Adam, mais qu'il n'est imputé à aucun jusqu'à ce qu'en péchant il se fasse un avec Adam. » 11 rejette la prédestination et admet pour l'homme la possibilité d'atteindre à un état de sainteté dans lequel il ne pécherait plus. L'Apologie, publiée en latin en 1676, fut traduite en anglais en 1678, en allemand en 1684 et en français en 1702. Elle valut à Barclay plusieurs réponses, auxquelles il répliqua. Il avait, dès 1673, publié un catéchisme. Une collection complète de ses œuvres parut deux ans après sa mort, en 1692, par les soins de William Penn (voir l'article Quakers).

Matth. Lelièvre.

BARC0CHÉBAS,*ou Bar-Kokeba (fils de l'Etoile), surnom sous lequel est connu Bar-Koziba, chef de la révolte des Juifs de Palestine sous l'empereur Adrien (132-135 ap. J.-C). La Judée avait gardé le calme pendant la grande insurrection des Juifs de la Cyrénaïque sous Trajan ; les dispositions bienveillantes qu'Adrien paraît leur avoir d'abord témoignées ayant toutefois fait place à des mesures vexatoires et à une véritable persécution, une rébellion se prépara. L'empereur, renouvelant un décret de Trajan, défendit aux Juifs de pratiquer la circoncision et résolut de rebâtir Jérusalem pour en faire une ville absolument païenne ; ces mesures déterminèrent des troubles qui prirent une grande importance sous la direction d'un certain Bar-Koziba. Ce personnage, dont l'origine est restée fort obscure, semble avoir dû la plus grande part de son succès à l'appui du célèbre R. Akiba (voyez ce mot), lequel lui donna le titre de Messie, et à cet effet l'appellation messianique tirée des Nombres XXIV, 17, sous laquelle on le désigne d'habitude. Il aurait groupé autour de lui des troupes nombreuses et se serait emparé sans grand'peine de Jérusalem et d'un grand nombre de places de moindre importance. Julius Severus, chargé de le battre, lui enleva successivement un certain nombre de villes, dont Jérusalem, et finit par l'assiéger dans la ville de Bethar, dont l' identification n'a pu être faite avec certitude. Après un siège long et pénible, les Romains s'emparèrent de cette citadelle et marquèrent leur victoire par d'affreux massacres. Bar-Koziba périt dans la lutte, et l'insurrection fut terminée avec lui. ,0n trouvera ces événements relatés avec beaucoup de soin dans la Palestine de Munk, p. 605-606, d'après les sources éecclsiastiques, païennes et rabbiniques. Toutefois, si la gravité de la révolte, l'importance du rôle joué par Bar-Kokeba et l'épisode capital de la lutte autour de Bétharsont hors de doute, il n'en est pas de même de beaucoup de faits rattachés à ce mouvement. La tradition juive s'est montrée très-sévère envers Bar-Koziba, dans le nom duquel elle a cherché un sens injurieux (fils du Mensonge) qui ne se justifie pas ; elle le représente sous l'aspect d'un vulgaire thaumaturge exploitant la crédulité populaire par un grossier charlatanisme ; ces traits s'accordent mal

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avec le patronage d'un homme tel que R. Akiba. Il est également plus que douteux que le nom de Simon, que Ton lit sur les monnaies frappées pondant l'insurrection, ait été le sien, et qu'il ait pris par là des prérogatives royales. M. Renan, dans un très-remarquable travail intitulé : Jérusalem a-t-clle été assiégée et détruite nue b'oisième fois sous Adrien ? (Revue historique, 1876, t. II, p. 112-120), conteste que Jérusalem ait joué dans cette lutte un rôle sensible, et rejette comme dépourvue de fondement historique ridée, presque universellement reproduite, que la capitale juive ait été assiégée par le lieutenant de l'empereur, réduite en ruines de nouveau et rasée de façon à laisser le terrain net pour la construction d'JUia-Capitolina. Les travaux d'établissement d'.Elia remonteraient à Tan 122 et n'auraient point été mis en question par l'insurrection, qui ne parait point avoir occupé Jérusalem d'une manière durable, si toutefois elle y a mis jamais le pied. M. Renan établit surtout une distinction capitale entre les sources de cette histoire et retient comme solides les renseignements dus à Dion Cassius et à Ariston de Pella (connu par Eusèbe), tandis que la tradition juive et chrétienne a été de bonne heure dominée par une assimilation instinctive entre les circonstances de la guerre de Titus et de celle d'Adrien. 11 résulte de l'étude de M« Renan que l'on ne saurait accueillir avec trop de précautions la manière dont est généralement présentée l'histoire des Juifs sous les empereurs depuis la prise de Jérusalem par Titus. Maurice Vernes.

BARGOS (Martin de) [1600-1678], disciple de Jansénius dont il avait suivi les cours à Louvain. Il fut chargé de l'éducation du fils d'Arnauld d'Andilly, et en 1664 il succéda à Jean Duvergier de Hauranne, son oncle, dans- l'abbaye de Saint-Cyran. Louis XIV, informé de ses tendances, lui envoya un ordre qui l'exilait à Boulogne; Barcos se tint caché pendant un certain temps, puis il revint à son abbaye, où il mourut. Il a composé un certain nombre d'ouvrages de controverse dont le plus connu est son Exposition de la foi de l'Eglise romaine touchant la grâce et la prédestination, qui fut condamnée par le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, et par la congrégation de Y Index (voyez Jansénùme).

BARDESANE, gnostique valentinien, vivait à Edesse (vers Tan 172) sous le prince Abgar-Manu. Eusèbe nous a conservé un fragment de son livre Ilept -J.\).y.o\).vrrh Sur la fatalité (Eusèbe, Prxparat. evangeL, M, 10). Il avait aussi composé 110 des hymnes hérétiques contre lesquelles Kphrem composa ses Cantiques orthodoxes . Le système de Baril-- ine n'étant qu'une variété de l'école de Valentinien, il ne peut être compris qu'en étant rattaché à celui de son maitre (voir les articles Gnoëticisme et Valentinien).

BARI (Concile de). Cette assemblée, de 183 évéques, fut convoquée et présidée pur (Jrbain II, le Ier octobre 1098. L'interminable querelle des grecs et des latins sur le /iliaque en était l'objet apparent. Les actes de ce concile sont perdus, mais Anselme de Cantorbéry, qui BOUtint seul Le poids de la discussion, expose dans son Traité sur la Procession du Saint-Esprit les idées qu'il y développa. La partie poli-

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tique de ce concile nous est mieux connue, grâce au récit de Guillaume de Malmesbury. Anselme, après ses démêlés de primat d'Angleterre avec Guilîaume-le-Roux, venait de se réfugier près du pape. Urbain profita du concile pour le combler de marques de distinction : on alla jusqu'à l'appeler « alterius orbis papam ». 11 y fut longuement question de l'impiété de Guillaume, et ce ne fut qu'à l'intercession charitable d'Anselme que le pape différa de formuler en excommunication positive les malédictions dont il chargea le roi normand (V. Duodecima centuria eccles., Basilea?, 1569; Bail, Summa conciL, Paris, 1672).

BARJÉSUS (Bar-Jeschuah, fils de Jésus), nom d'un magicien juif attaché à la personne de Sergius Paulus, proconsul dans l'île de Chypre, que les Actes des Apôtres ont présenté comme un faux prophète et qui se donnait à lui-même le titre d'Flim, sage (d'où Elymas, mot d'origine arabe; pluriel, ouléma). Craignant de perdre auprès du proconsul son influence et son crédit, il voulut s'opposer à Barnabas et à Paul qui devaient lui apparaître comme des concurrents dangereux ; il en fut puni, d'après les Actes, sur une parole de Paul-, par une cécité temporaire (Act. XIII, 6-12).

BARLAAM, moine, né à Seminara, dans la Calabre intérieure, fut élevé dans la religion latine (Cantakuzène, Eût., lib. II, ch. xxxix). Il était intelligent et instruit, mais d'un caractère inconstant. Ayant quitté la religion latine, il vint à Byzance sous Andronique le Jeune et accepta les dogmes de l'Eglise orientale. En 1339 il fut envoyé par Andronique au pape Benoît XII, à Avignon, avec la mission d'opérer la réunion des Eglises et de demander des secours contre les mahométans. Il retourna sans réussir à Constantinople où il eut de vives controverses avec Palamas, moine du mont Athos et chef des quiétistes (voy. ce mot). Il écrivit contre ces derniers; c'est pourquoi il fut condamné par un synode assemblé dans l'église de Sainte-Sophie au mois de juillet de l'an 1341. Quelques jours après sa condamnation il partit en Italie, et devint évêque de Gieraci en 1342. Il mourut en 1348. Il écrivit contre les latins : 1° un discours sur la primauté du pape, publié d'abord en grec à Oxford, en 1592, in-4°, puis à Hanovre en 1608 ; 2° Vingt discours sur la procession du Saint-Esprit, dont les manuscrits se trouvent dans les bibliothèques de Paris, Vienne, etc.; 3° un dialogue entre un orthodoxe et un latin sur les azymes et sur la procession du Saint-Esprit; le manuscrit de cet ouvrage se trouve dans la bibliothèque du Vatican. Il écrivit aussi les Orationes sur la réunion des deux Eglises (dans les Annales de Brovins, année 1359, § 25); Aoy^v.y^q, sive arithmeticœ algebraicœ lib. VI, avec le texte et la traduction latine, Strasbourg, 1572, in-8°, et Paris, 1606 ; Ethicse secundum sto'icos lib. Il, dans Canisius, éd. d'Anvers, t. IV. Barlaam n'est pas l'auteur d'un écrit sur le purgatoire, qui fut publié en 1645 avec son écrit sur la primauté du pape. Ign. Moshakis.

BARLETTA (Gabriel), fameux prédicateur dominicain du quinzième siècle. Le soin qu'il eut de conformer son éloquence au goût de son temps lui valut une popularité incomparable, mais produisit sur la

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