‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 191 sur 263 · CALLISTE · texte numérisé non relu

CALLISTE

Avant su obtenir sa grâce, Calliste fut de nouveau exilé par l'évêque Victor; mais sous Zéphyrin, nous le retrouvons dans une haute position. L'évêque, nous est-il dit, a Le préposa au cimetière », c'est-àdire qu'il le lit diacre et syndic des iidèles, qui, comme corporation, avaient le droit, d'après les lois, de posséder un cimetière collégial : en effet, le plus beau cimetière de la Home souterraine (voy. Catacombes) a conservé son nom. Après Zéphyrin, Calliste est élu pape, et on lui reproche toutes les hérésies. Obligé de condamner Sabellius dont il partage les erreurs, il mêle à la doctrine de cet hérétique celle de Théodote; il dit « qu'il peut remettre à tous leurs péchés». Il décida «que si un évoque péchait, même mortellement, il ne devait pas être déposé » ; de son temps, on commença à voir des évêques bigames et trigames; il permit aux femmes d'avoir un amant. L'école des callistiens subsista et garda le nom de son chef. « Ces hommes, s'écrie l'accusateur, tentèrent de s'appeler l'Eglise catholique » (Refut.omn. H;vr., éd. Duncker, II, 11 s.) Ces accusations capitales contre l'honneur et l'orthodoxie d'un des plus vénérés parmi les évêques de Rome, oubliées pendant de longs siècles, avaient pourtant laissé quelque trace : dans le premier texte du Livre des Papes, en 530, nous trouvons le nom de Calliste parmi ceux des hérétiques condamnés par Silvestre; une fausse décrétai e lui attribue l'opinion mentionnée plus haut sur la déposition des prêtres ; Théodoret cite un certain Calliste parmi les sabelliens et Tertullien parait faire allusion à son faux martyre. Il est vrai que l'on a retrouvé la source apocryphe où le Liber Pontificalis a puisé ses accusations contre Calliste. M. de Bunsen (Hippol. u seine Zeit, Leipz., 1852; 2e édit. angl., Londres, 1854), et après lui Wordsworth (1853), Baur (Jahrb., 1853 s.), Volkmar (1855), M. de Pressensé (Rev. chrét., 1856) ont abondé dans le sens de l'accusation. D'autre part Dcellinger (Hipp. u. KalL, Ratisb., 1853), l'abbé Cruice (El. sur les Philosophoumena, Paris, 1853), l'abbé Le Hir (Et. reliy. des PP. Jésuites, 1865) et Armellini (De Prisca Refut. ffœr., Rome, 1862) ont embrassé la défense de l'évêque de Rome dans des travaux d'une grande érudition, auxquels M. de Rossi, dans une étude digne de ce maitre (Bulletino di Archeologia cristiana, IV, 1866, in-4°, Rome), a mis le couronnement. Les auteurs catholiques ont soutenu que la haute estime où fut tenu Calliste ne permettait pas d'admettre les accusations passionnées qu'un rival a portées contre ses mœurs; le concubinat qu'il permit aux femmes nobles, ont-ils dit, n'était que la bénédiction, par l'Eglise, du mariage des femmes de qualité avec des affranchis, union qui n'était pas reconnue par la loi ; quant à la rémission des péchés, c'est le montanisme seul qui l'a contestée, et lorsque l'adversaire de Calliste parle de prêtres bigames, il ne peut parler que des mariages conclus avant les ordres reçus. On reproche à L'évêque de Rome d'avoir penché vers le sabellianisme, mais son jugement sur la Monarchie divine est devenu, de par le concile de Nicée, la foi de l'Eglise. Telle est l'apologie ; elle a été fournie, sur certains [joints, avec autorité ; et néanmoins elle laisse bien des doutes dans l'esprit. M. de Rossi n'a pu soutenir sa thèse qu'au moyen

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