CAMÉRON — CAMISARDS
fesser la théologie à L'Académie de Montauban, qui ne se montra pas
effrayée de ses doctrines. Il y arrivait dans un moment où l'état de guerre partageai! les esprits: ayant pris rang avec les prudents et les modérés, il l'ut en butte à la violence des exaltés qui te forcèrent* -
retirer à Moissae. Quand la tranquillité se fut rétablie, quelques mois après, il revint à .Montauban et ne tarda pas à succomber aux ('motions et aux fatigues, à Page de quarante ans.Claméron fut un théologien émi-
nent. et singulièrement avancé pour la période où il a vécu ; on enpeut juger par l'opinion qu'il soutenait, que la «Réforme avait besoin d'ut reforme nouvelle »; et par cette autre, « qu'il est possible de se sauver dans l'Eglise romaine. » Le synode national de Castres accorda à ses enfants et à sa veuve une petite pension « en tesmoignage d'honneur a sa mémoire ». — Sa bibliographie comprend douze articles, parmi lesquels il faut citer ses Thèses de gratta et libero arbitvio disputâtes (Saumur, 1618, in-8°) ; Thèses XLII theologicx de necessitate satisfaction Christi pro peccatis (Saumur, 1620, in-fol.) ; Arnica collatio de gratiir ! voluntalis humanœ concursu in vocatione, etc. (Rouen, 1622, in-8") ; Sept sermons, sur Jean YI (Saumur, 1624, in-8°) ; Prœlectiones théologien (Saumur, 1626-28, publ. par L. Cappel en 3 vol.). On a aussi de lui, comme ouvrages posthumes : Of the sovereign judge of confr •■>versies in matters of religion (Oxford, 1628, in-8°) ; et Myrotheticùnn, evangelicum, etc. (Saumur, 1677, in-4°), recueil de savantes et judicieuses remarques sur le Nouveau Testament, que Richard Simon qualifie de « doctes éclaircissements ». Oh. Read.
CAMISARDS. Les atrocités commises par l'intendant Baville conî les protestants du Languedoc donnèrent naissance à la guerre dite des camisards, terme qui vient vraisemblablement de l'ancien mot cavmsade, attaque de nuit. L'un des plus cruels agents de Baville, François de Langlade du Ghaila, archiprétre des Cévennes, prieur de Laval et ancien missionnaire à Siam, nommé, sur sa recommandation, inspecteur des missions du Gévaudan, avait fait de son presbytère du Ponîde-Montvert une véritable prison où il torturait à plaisir ses victimes. « Tantôt, dit le véridique Antoine Court, il leur arrachait avec des pinces le poil de la barbe ou des sourcils, tantôt il leur mettait des charbons ardents dans les rnains, qu'il fermait et pressait ensuite avec violence jusqu'à ce que les charbons fussent éteints; souvent il leur revêtait tous les doigts des deux mains avec du coton imbibé d'huile ou de graisse, qu'il allumait ensuite et faisait brûler jusqu'à ce que les doigts fussent ouverts ou rougis par les flammes jusqu'aux os. » Ayant fait arrêter, au mois de juillet de l'année 1702, une troupe de protestants fugitifs qui se rendaient à Genève, il les enferma dan ï des ceps comme des animaux et requiteontre eux la sévère application des édits. Désireux de les arracher à une condamnation certaine, une bande de quarante ou cinquante protestants de leurs parents ou de leurs amis, conduits par le petit prophète Séguier, envahissent !;i maison de l'abbé qui. ripostant par une décharge demousqueterie, tue un de-. assaillants. Ceux-ci, ne mettant dès lors plus de bornes à leur fureur, percent de mille coups du Chaila (2i juillet 1702). Ainsi commença la