‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 2 sur 263 · BABYLAS — BABYLONE · texte numérisé non relu

BABYLAS — BABYLONE

BABYLAS (Saint), évoque d'Antioche, mourut en prison vers 250, d'après Eusèbe (VI, 29). Ghrysostôme au contraire raconte son martyre dans un livre plein de déclamations (II, 536, Monfaucon), et le place sous l'empereur Philippe. Les actes de saint Babylas (AA. SS. 24 Jan . II) le font mourir en 284, sous Numérien. « Il faut avouer, dit ïillemont (vol. III), que l'histoire de ce saint évêque est embarrassée de plusieurs difficultés qui sont insurmontables à notre faiblesse. »

BABYLONE. Le nom de Babylone est rattaché, dans la Bible, aux plus antiques souvenirs de l'humanité post-diluvienne. C'est là que les restes peuples, issus de Noé, s'assemblèrent avec l'intention de bâtir une tour, signe de ralliement pour ne pas être dispersés. Mais, selon la légende biblique, le Seigneur descendit, frappa les peuples assemblés de confusion, et les dispersa dans tous les [pays. C'est pour cela que la place dans le pays de Sennaar, où cette confusion (Tjyyysiç) eut lieu, fut nommée Babel, du mot Balai, qui veut dire « confondre » (Gen. XI, i-9). Babel, ainsi au premier plan dans l'époque primordiale de [l'humanité, disparaît de la scène biblique, pour ne plus paraître qu'au temps d'Ezéchias (vers 712), et à partir de là, Babel joue un rôle prépondérant dans toute l'histoire judaïque, soit comme puissance politique de premier ordre ou comme puissance vaincue, soit comme exemple de grandeur et de déchéance dans la bouche des prophètes. Le nom de Babel vit jusque dansl'épître de saint Pierre (I, 5, 12) et dans l'Apocalypse (XVIII, 1), et c'est surtout ce rôle biblique de Babel qui lui a valu sa grande popularité parmi toutes les cités de l'antiquité. — Le nom de Babel, en grec BaSuXwv, se dit, dans la langue assyrienne, Babilon. La tradition juive et chrétienne a été connue dans l'antiquité païenne. L'historien chaldéen Bérose, qui vivait du temps de Ptolémée Philadelphe, et qui écrivit en grec trois livres d'histoire babylonienne, l'avait consignée dans ses écrits, et les fragments d'Abydène, d'Alexandre Polyhistor, d'Eupolème, attestent suffisamment que les Grecs connaissaient cette légende de la confusion des langues. L'évêque de Césarée, Eusèbe, se servit de ces témoignages classiques pour prouver, dans sa Préparation évangélique, l'authenticité des récits de la Bible. Les nouvelles découvertes, dues en partie à M. Smith, effectuées dans le domaine de l'assyriologie, ont fait connaître les récits babyloniens euxmêmes. Nous reviendrons sur ce point. Le nom de Babylone comporte dans les textes originaux deux dérivations distinctes. Selon le mythe babylonien, Babylone avait été fondée par Bel, et exista lors de l'époque du premier roi Alorus, qui fut môme un Babylonien, 432,000 ans avant le déluge. La langue sumérienne ou langue des inventeurs de l'écriture cunéiforme nomme la ville Ka-dingirra, «porte des dieux. » Plus tard, les Sémites traduisirent ce mot en Bab-ilu, porte du dieu, et probablement la porte de El, c'est-à-dire de la planète Saturne. L'étymologie que nous venons de citer se retrouve dans la manière même d'écrire ordinairement le nom de Babylone, en cunéiformes. Cette dérivation a prévalu et a formé le nom grec, ainsi que le nom perse de Babirus, et le Babilu des Mèdes, dans les inscriptions médiques des Achéménides. Mais il serait erroné de croire que l'étymologie biblique n'ait pas été connue

à Babylone, et qu'elle soit le résultat d'un calembour hébraïque. Au contraire, la dérivation du mot hébreu balai, est toute assyrienne, et le mot babil veut dire « confusion » en assyrien et non pas en hébreu, où la formation ne serait pas babil comme là, mais bilbul. D'autre part, il existe d'autres manières de désigner Babylone symboliquement ou par des idéogrammes. Ces manières d'écrire ont trait au sens, et non pas à la prononciation. L'une d'elles nomme Babylone « la ville des hordes survivantes » (Din-tir-ki), et cette manière graphique se trouve avant tout dans les textes de Béhistun, là où l'original perse donne Babirus. Dans ce même texte, et surtout dans les documents commerciaux du temps des Perses, Babylone est rendu par les deux lettres b-ki qui signifiaient « ville du langage ». Un autre idéogramme, assez obscur au point de vue du sens, peut se traduire par « ville de la main du ciel », ou « ville du jugement d'Anou » (su-an-na-ki). Tous ces textes prouvent que le nom sémitique de Babel était interprété de différentes manières, dont l'une se trouve consignée dans la Genèse. I. Histoire. Le nom de Babylone, comme nous l'avons dit, se perd dans la nuit des époques mythiques. Babylone était la patrie du premier roi, Alorus, qui fut suivi par dix autres rois, très-mythiques, et qui régnèrent pendant 432,000 ans, ou 120 sares, époques de 3,600 ans chacune. Voici les noms de ces rois :

Alorus 10 sares ou 30,000 ans

-IIU1 LIS ....

Alaparus . . .

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