IU SU.J
Amelon . . .
Ammenon . .
Amelagarus . .
Daonus . . .
Enedorachus .
Amempsinus .
Otiartes . . .
Xisuthrus . .
Total. . . 120 sares ou 432,000 ans
Les quatre derniers règnes furent illustrés par l'apparition de plusieurs dieux puissants, nommés (Jaunes, Odacon, Annedotus, qui pendant la nuit se retiraient dans la mer Erythrée, pour enseigner pendant le jour aux humains les éléments des sciences. Jusqu'ici, à ce que nous sachions, les noms des deux derniers rois, le père et le fils, nous sont seuls connus par les textes. Le père (écrit en caractères idéogrammes Ubara-an-tu-tu), signifie « loi du dieu générateur » [flpsu) : sa prononciation n'est pas encore connue. Le fils, exprimé par un idéogramme-épithète, Uf-zi, c'est-à-dire « éternellement vivant », se nommé Adrahasts; les deux éléments retournés en Hàsisuadra ont formé le grec Xisuthrus. Ce dernier est le Noé babylonien, le héros de la légende du déluge. Le récit, connu depuis longtemps par les fragments de Bérose, a été restitué par les textes assyriens qui traitent de ce cataclysme; la légende est conservée dans une sorte d'épopée, écrite sur douze tablettes, ei donl le récitdu déluge forme la
onzième. Le héros delà légende se fait raconter par Adrahasis l'histoire de cette grande catastrophe : le héros lui-même est un être mythique divin, le dieu Istubur, dont le vrai nom est encore une énigme. Les signes qui composent ce nom signifient peut-être « le Dieu à la grosse lèvre inférieure », et il paraît être un génie du feu. (Pour le récit du déluge, voy. Déluge.) Le cataclysme eut lieu , selon les listes de Bérose, aujourd'hui vérifiées avec une certitude mathématique, en 41,697 avant Jésus-Christ. Selon les fragments du même historien, 86 rois se succédèrent pendant 39,180 ans; cette période mythique se décompose en douze époques dites sothiaques de 1,460 ans, et de 12 époques lunaires de 1,805 ans (22,325 lunaisons) ; en effet,
12 époques à 1,460 = 17,520 ans 12 époques à 1,805 = 21,660
39,180 ans
Les premiers rois postdiluviens de Bérose s'appellent Evechoos et Choraasfiélus; ils régnèrent ensemble 5,100 ans; ils n'ont pas encore été assimilés à des rois cités dans les textes cunéiformes. Les autres monarques, dont la durée de règne est évaluée à 9 sares (à 3,600 ans) 2 nères à 600 ans) et 8 sosses (à 60 ans), donnent un ensemble de 34,080 ans. Si fabuleuse que soit cette période, il est parfaitement certain que, vers la fin de cette époque, il régna des monarques historiques dont on possède des textes. Le seul événement certain qui également appartient à la dernière période, où la nuit devient déjà l'aube du jour, est'transmis parla Genèse, et se rapporte à la domination d'un peuple issu de Chus, et portant le nom de Nimrod. Ce peuple, dont le nom ne désigne pas plus une individualité que les 73 autres noms de la table des nations, fut un peuple conquérant et chasseur, et établit, dans des époques trèséloignées, sa domination sur « Babel, Erech (Orchoê), Accad et Cha- Ianné,aupays du Sennaar. » Ce nom de Nimrod, qui ne paraît plus que dans le prophète Miellée (et là comme' nom purement géographique opposé à r Assyrie), était le nom d'un peuple qui habitait le bassin du Las Euphrate et l'Elyniaïdc. Voilà tout ce qu'on sait de Nimrod; une légende apocryphe a rempli de fables son existence dans la bouche des juifs et des musulmans. Dans ces derniers temps, on a voulu prêter à Nimrod, contrairement à la grammaire, l'édification des cités assyriennes, Ninive, Resen et Calach, que le texte hébreu ainsi que toutes les traductions attribuent à Assur, c'est-à-dire à la personnification de l'Assyrie. Le nombre des rois donné dans les listes bérosiennes, transmises par la traduction arménienne d'Eusèbe, peut n'être pas toujours exact, mais le nombre d'années est vérifié, ainsi qu'il est évident, par des notes marginales apposées. Une dynastie médique, de 8 rois, commençant avec Zoroastre, régna depuis 2517 à 2283, pendant 224 ans, à Babylone. Elle était évidemment aryenne, et fut supplantée par une autre dynastie, nommée aussi médique, cette foissusienne, et se servant d'une langue étroitement liée à la branche vraiment médique. Cette dynastie, inaugurée par la prise de Babylone \>dx Kudur-Nankhundi, 1,635 ans avant la prise de Suse par Assurbanhabal, dura pendant 234 ans^
Elle comprend un nombre plus ou moins grand de princes élamites, qui se servirent des deux langues sumérienne et assyrienne dans leurs décrets. L'un d'eux semble être le fameux Hammurabi,fils d'Ummubanit. Les listes de Bérose donnent encore une dynastie de 49 rois clialdéens pendant 458 ans; 9 princes arabes leur succédèrent durant ï\o ans. Alors l'Assyrie conquit la Babylonie, Sémiramis régna sur toute la Mésopotamie (pendant 42 ans, selon tous les auteurs), puis une dynastie assyrienne nommée le grand empire d'Assyrie pendant 526 ans. Une dynastie chaldéenne succéda à Babylone, comme à Ninive, et c'est là que s'arrête la liste actuelle de Bérose, qu'on peut aujourd'hui restituer ainsi, à cause d'une période donnée contenue dans les textes de Sargon, et qui constate qu'une des époques lunaires (de 185 ans) finissait en 712 avant Jésus-Christ. Ce chiffre est dans une merveilleuse coïncidence avec la date de 139 de l'ère chrétienne, donnée par Censorin : ces calculs, qui n'admettent pas la variation d'une seule année, ont été expliqués ailleurs.
10 rois antédiluviens 86 rois clialdéens pe
pendant ndant 39.
. 180 ans
432,000 ans.
8 rois mèdes
11 rois élamites
49 rois clialdéens
9 rois arabes
Sémiramis
45 rois assyriens
8 rois babyloniens
Sargon etles Sargonides »
6 rois babyloniens »
Dynastie perse »
Alexandre »
Mil
D'après Diodore, en parfaite conformité avec les autres données, il s'était écoulé plus de 473,000 ans depuis les temps les plus anciens jusqu'à Alexandre. Le nombre exact de cette chronologie fabuleuse est de 473,367 ans. Cette liste ne se rapporte qu'à l'histoire de Babylone seule, et non pas à l'Assyrie. Les textes nous ont laissé une très-grande quantité de noms royaux, qui sont, avec très-peu d'exceptions, difficiles à classer dans un ordre chronologique ; nous disons difficiles, pour ne pas dire impossibles. Un roi très-ancien et son fils, dont les noms sont inconnus et résistent encore à la lecture (Orcham, Urukh, Urbagas, etc., pour le père; Dangi, Sulgi, Edilkin pour le fils), ont régné à Ur, d'où sortit Abraham, et y ont élevé de nombreux édifices. Mais ces monarques appartiennent-ils à la fin de la période mythique (avant 2517), ou au commencement de l'empire chaldéen? C'est ce qu'il est impossible, à l'heure qu'il est, de dire. Les données sures ne se rapportent qu'à la prise de Babylone par Kudurnankhundi, à l'âge d'un roi assyrien Ismidagon, peut-être pas même roi de Babylone, et puis à Hammurabi, qui, à cause d'un chiffre millésime illisible, ne peut être mis qu'en 1200 ou en 2200; mais 1200 étant improbable, < 'es!
2200 qu'il faut le placer, il nous semble inutile de donner toute la nomenclature de ces monarques antiques dont on ignore Tordre et la succession; nous ne connaissons d'ailleurs d'eux presque aucune action, si ce n'est l'édification de temples, à Ur, Orclioé, Larsa, Larrak (Larancha), Sippara, Nipur, Agadè (la ville du feu éternel). Quelques-uns portent des noms élamites, tels que Sagaraktiyas, le constructeur du temple de Sippara, Purnapuriyas, et son fils Kurigalzu. Une filiation peut être établie entre Simtisi-Silhak, son fils Kudur-Mabug, qui s'établit en Phénicie, et son petit-fils, Eriaku, l'Arioch (homonyme ou identique) de la Genèse XIV, 1. Nous ne savons rien sur la dynastie dite arabe, suivie par Sémiramis qui paraît être la vraie Sémiramis historique, et celle dont parle Hérodote (I, 184). Rien non plus n'est connu d'elle; il se peut qu'une union avec un prince assyrien rendit les Ninivites maîtres de Babylone (1314). Cette domination de 526 ans selon Bérose, de 520 selon Hérodote, inaugura le grand empire d'Assyrie qui dura jusqu'à la défection des Mèdes et la prise de Ninive par les Babyloniens. Cette dynastie, composée d'une ou de plusieurs races assyriennes, ne se put pas toujours maintenir dans la possession de la ville sacrée des Chaldéens ; nous connaissons diverses révoltes, dont l'une fomentée par Merodach-idin-akhe, réussit même à prendre- Ninive, dans une guerre heureuse contre Téglathphalasar (1100). Souvent des rois indépendants pouvaient occuper le trône malgré la volonté des rois d'Assyrie, et souvent avec leur permission expresse; mais en général Ninive eut le dessus jusqu'au règne d'Assurnirar (788), où une nouvelle dynastie remplaça les Assyriens, menacés même par des révoltes dans leur propre pays. Voici, du reste, les noms des rois connus, qui furent également monarques ou suzerains incontestés de Babylone :
Bennirar III 959 — 936
Téglath-Sandan ," 936—930
Assurnasirhabal 930 — 905
Salmanassar III 905 — 870
Samas-Ben 870 — 857
Bennirar IV 857 — 828
Salmanassar IV 828 — 818
Assuredil-el 818 — 800
Assurnirar 800—792
Prise de Ninive 788
Le roi fainéant Assurnirar, d'où proviennent les fables sur le Sardanapale lâche et amolli, marque la lin de cette prépondérance de Ninive. Babylone se constitua sous des rois indigènes, et pendant 437 ans, Ninive fut réunie à la Chaldée jusqu'au règne de Téglathphalasar II (745). Jusqu'à cette époque, avaient régné en Mésopotamie Belesis {Balasi) et Phul (Pûlu), qui le premier de tous se montre dans la Bible comme ennemi menaçant de Ménachem Ir, roi d'Israël. Phul, satisfait par les présents du roi juif, ne pénètre pas dans ses pays, et retourne en Assyrie. Immédiatement après Phul, nous avons un guide dans la liste du canon de Ptolémée, puisé d'après les documents
originaux consultés à Alexandrie par des astronomes plus anciens, surtout par Hipparque. Le canon commence avec l'ère de Nabonassar (26 février 747), mais chaque quatre ans la date recule d'un jour. puisque les années sont de 365 jours seulement. Voici la dynastie indépendante maîtresse de l'Assyrie jusqu'en 747 :
Belesis depuis 788
Phul vers 770
Nabonassar (Nabo-nasir) . . . 747 — 733
Nadius (Nadir) 733 — 731
Kinzirus et Porus 731 — 726
Elulœus (Ululaï) 726 — 72J
Merodachbaladan 721 — 709
Cette période de 79 ans fut signalée en 745 par la sécession de l'Assyrie sous Téglathphalasar, qui rétablit l'indépendance de Ninive, sans réussir à détruire celle de Babylone. Le roi assyrien lit des tentatives infructueuses à cet effet. Les exploits des rois sont inconnus, sauf ceux de Merodachbaladan, que ses adversaires mêmes ont illustré. Ce prince fut un monarque doué d'un grand sens politique, il noua des relations surtout avecJes ennemis des Assyriens, par exemple avec le Juif Ezéchias. Attaqué par Sargon, il perdit Babylone en 709, mais il se retira en combattant dans la basse Chaldée, où il continua la lutte inégale, pendant assez longtemps. Et même après la victoire du puissant Sargon et son entrée à Babylone (printemps 709), il ne resta pas inactif en inaugurant les luttes patriotiques contre Ninive, perpétuées presque jusqu'à la chute de Ninive. Mais pendant quatre-vingt-quatre ans, l'Assyrie resta maîtresse,' malgré quelques interrègnes passagers et quelques princes éphémères. Voici, d'après Bérose, les canons de Ptolémée et les textes assyriens, la liste des princes pendant la période des Sargonides :
Sargon 709 — 704
Interrègne d'Hagisès j 7Q4 7Q2
Merodachbaladan ( ' '
Bélibus, institué par Sennachérib . . 702 — 699
Asurnadin, fils de Sennachérib . . . 699 — 693
[rigebél 693 — -
Mesesi-Màrduk 692 — 688
Interrègne, pendant lequel s'empara
du pouvoir Suzub, fils de Gatul . . 688 — 680
Assarhaddon, roi d'Assyrie .... 680 — 667 Samul-mukin (Saosduchin - Sam -
taughes), fils d' Assarhaddon . . . 667 — 647 Issurbanhaba] (Sardanapale V), roi
d'Assyrie, frère du précédent. . . (\M — 625
Rhegebelus ou [rigibelus. et Mesisimordacus (Mesesi-Marduk) de Ptolémée nous sont inconnus; mais nous avons, par les textes de Sennachérib, des données précises sur l'anarchie qui leur succéda. Déjà.
en 688, les Babyloniens, aidés par les Elamites, avaient porté au pouvoir Suzub, fils de Gatul ; mais Sennachérib l'avait fait prisonnier et l'avait amené à Ninive. Suzub s'échappe (685), et secondé par Umman-Ménan, le roi d'Elam, il s'empare du trône, et il est de nouveau battu. Il revient une troisième fois (683), mais alors Sennachérib saccage Babylone, et y institue ses satrapes. L'anarchie finit avec l'avènement d'Assarhaddon, après l'assassinat de Sennachérib par ses propres fils. Assarhaddon se conduisit en roi de Babylone, et laissa, à son abdication (667), Ninive à son fils aîné Assurbanhabal (Sardanapale V), Babylone à son fils cadet Samulmukin, Sammughes de Bérose. Mais le roi de Babylone s'allia contre son frère avec les Elamites, il fut vaincu, et finit sa vie dans un incendie allumé par ses propres sujets (647). C'est alors qu'Assurbanhabal(leChiniladaldePtoiémée) réunit pour la dernière fois Ninive et Babylone sous son sceptre, jusqu'à l'avènement du Babylonien indépendant Nabopollasar (625). Cet événement, sur lequel nous ne possédons aucun texte original, commence l'époque de la splendeur de Babylone. La dynastie, issue du pays, dure pendant 87 ans et se compose des rois suivants :
Nabopollasar. .- 625 — 605
Nabucliodonosor . .' 605 — 561
Evilmérodach. ........ 561 — 559
Nériglissor {Nirgal-sar-usur). . . . 559 — 555 Labosordachus (nom mutilé), 9 mois . — 555
Nabonid (Nabu-Nahid, fils de Nabu-
Balatsu-Jqôi, Labynetus d'Hérodote). 555 — 538 Prise de Babylone par Cyrus. ... — 538
Sous le règne de Nabopollasar, la puissance de Ninive décroît ; après la mort d'Assurbanhabal, ses successeurs Assur-edilili et Assur- ZikïY-Iskun (l'Assaracus des Grecs, et peut-être le Konosconcoborus estropié), finirent par céder à la puissance unie des Babyloniens et du Mède Cyaxarès. Après la chute de Ninive (606), l'Egyptien Néchao voulut empêcher l'agrandissement de la domination inquiétante de la Chaldée; mais Nabucliodonosor, devenu roi, le défitàCarchemis(604). Le roi vainqueur se tourna vers la Judée, et après avoir imposé et détrôné Joachim, Jéchonia et Sédécia, il attaqua Jérusalem, prit la ville et brûla le temple de Salomon (août 587). Nabucliodonosor passa, dans l'antiquité, pour l'un des plus grands conquérants. D'après une donnée, il aurait même subjugué la Libye et l'Espagne; en tout cas, il imposa sa volonté en Asie. Malheureusement, nous ne possédons que des textes historiques concernant la ville des Chaldéens ; les documents très-détaillés ne parlent que des édifices qu'il fit élever dans sa capitale et dans les autres villes de son empire. Il fît de Babylone la plus grande cité du monde, et les Jardins, suspendus, les murs de Babylone qu'il acheva, étaient classés par les Grecs dans les sept merveilles de l'univers. Le livre de Daniel parle de sa folie passagère, qui a pu être réelle, et pendant cette aberration, se place peut-être le règne de Bel-Zikir- Iskun, roi de Babylone, que l'on ne peut placer ailleurs. Il laissa le
trône à son fils E vil mérodach, dont le seul fait connu est d'avoir donné la liberté au roi Jéchonia, prisonnier depuis 27 ans. Nériglissor, son livre, fils de ce Bel-Zikir-Iskun, l'assassina; mais nous ne pouvons, non plus, signaler aucun fait de son règne, sinon que, mort après quatre ans de règne, son fils ne sut se maintenir que pendant neuf mois, pour faire place à un homme noble, mais non issu de sang royal, Nabonid. Ce roi signala son règne par de grandes constructions, telles que les quais de TEuphrate et la restauration des temples dans toute la Chaldée. Cyrus, après avoir dominé les Lydiens et les Ioniens, n'avait trouvé debout qu'Elam et Babylone; il devait les soumettre toutes les deux. Mais la puissance chaldéenne était trop bien établie pour la détruire d'un coup. Nabonid avait institué son fils aîné Belsazzar (Balthasar), en assyrien Bel-sar-usur, sur quelques parties de son royaume ; il en parle lui-même dans ses textes. Les Perses, avant de prendre Babylone, firent détruire le siège de la royauté de Balthasar par un certain Darius, dit le Mède, connu seulement par Daniel. Nulle part, il n'a été dit que ce satrape (voir Daniel IX, 1) a tué Balthasar dans Babylone même; il semble même certain, d'après les textes perses, que Balthasar n'existait plus lors de la chute de Nabonid. Ce roi fut renvoyé en Caramanie, où il finit ses jours, après la prise de Babylone par Cyrus (538). Les Perses respec-
nt les usages et les lois de la ville conquise et ne prirent jamais que le titre de rois du pays ou de rois de Babylone, jamais celui de rois de l'erse. Néanmoins, dix-sept ans déjà après la prise de la ville, elle se
oha contre Darius Ier, qui venait d'arriver au trône. Nidintabel (c'est le roi perse qui le raconte dans le document célèbre de Béhistun), qui prétendait être Nabuchodonosor (second), fils de Nabonid, attendit les Perses au Tigre et à l'Euphrate, et Darius ne réussit à approcher de Babylone qu'après deuxbatailles livrées à six jours de distance (déc.521). il ressort des dates du texte perse que la donnée d'Hérodote relative aux vingt mois de siège est exacte ; ce n'est qu'en 519 que le roi perse put punir les Babyloniens de leur révolte. Mais bientôt après un autre faux Nabuchodonosor surgit dans la personne d'un Arménien, Arakha (516), et fut bientôt vaincu par les armées perses. Depuis ce temps, Babylone resta sous la domination perse ; quelques rois même en Tirent leur demeure; Darius II y mourut en 40i. Tous les rois, néanmoins, n'avaient pas été animés d'un pareil respect pour la grande ville ; Xerxès, à son retour de Grèce, pilla la ville et détruisit quelques temples : le luxe et la splendeur de la ville n'étaient pas anéantis, et Alexandre put encore les trouver dans tout leur développement. Le grand .Macédonien avait l'intention de faire de Babylone la capitale de son vaste empire, elle ne devint que son sépulcre (juin 323). Séleucus Nicator obtint Babylone à L'assemblée de Triparadisus, mais il ne put en chasser Antigonus et son fils Démétrius Poliorcètes qu'en 312. et c'est de cette prise de Babylone que date l'ère des Séleucides (octobre 312 . Le vainqueur lui encore lacausede sa ruine; il bâtit à quelque distance d« li Séleucû . sur leTigre, et Babylone fut démolie pour servir de carrière à briques aux villes adjacentes. Les Par thés arrachèrent, en 13:), Baby-
lone aux Séleucides ; ils la gardèrent malgré les tentatives de Trajan (114), de Lucius Verus (164) et de Septime Sévère (199) ; Julien (363;, fut impuissant à l'enlever aux Sassanides. Les victoires du khalife Omar à Kadesia et à Nehavend sur Jesdasgard III, soumirent Babylone à Tlslam ; les khalifes fondèrent, non loin de Babylone, leur capitale Bagdad (762) ; mais elle resta habitée jusque vers le milieu du onzième siècle. Après bien des péripéties, les Turcs, sous Mourad IV, l'arrachèrent (1648) à la Perse, et depuis ce temps Babylone fait partie de la province d'Iraq, dont le chef-lieu est Bagdad. — Langue et écriture. Sur l'écriture voyez : Ecriture cunéiforme. Diverses langues furent parlées à Babylone : d'abord le sumérien ou la langue antique des Ghaldéens, puis Yaccadien ou Yassyrien, idiome sémitique qui devint la langue dominante. Simultanément s'introduisit, aux époques plus modernes, Yaraméen, qui était déjà en usage du temps des Perses, quoique les plus récents documents assyriens descendent jusqu'à l'empire romain. — Sciences et arts. La science principale des Babyloniens fut, pendant des siècles, la connaissance des astres, unie à celle de prophétiser l'avenir. En dehors des nombreuses données qui nous sont parvenues par le canal de l'antiquité classique, nous possédons de nombreux fragments de textes astrologiques, oniromantiques et d'autres de 3a même classe. Leur science était enseignée dans diverses écoles, telles que celles de Babylone, de Borsippa, d'Orchoéet de Sippara. Leurs savants s'occupèrent de mathématiques, etStrabon nomme Cidena, Naburianus et Sudinus. Ils ont inventé la division du cercle en 360 degrés et la sous-division sexagésimale. Hérodote leur attribue le gnomon et les douze heures de la journée. Ils ont institué la plus ancienne coutume du monde, la semaine de sept jours et les noms des jours de la semaine. Ils savaient que 6,585 1/3 jours équivalent à 223 mois synodiques, 242 mois draconitiques et 239 mois anomalistiques. Cette période, qui fait revenir pendant à peu près mille ans les éclipses dans le même ordre, portait même le nom de saros ou période chaldéenne. La triple saros de 19,756 jours leur est attribuée par Geminus; elle équivaut à 669 mois synodiques et 717 mois anomalistiques, comme période des périgées de la lune; on les nommait évolutions exéligmes. Simplicius mentionne, d'après Porphyrius, ses observations remontant à 31,000 avant Alexandre (il faut probablement lire 41,000 ans, l'époque du déluge selon eux). H existe encore des tables lunaires; puis, en mathématiques, des tables des carrés et des cubes de 1 à 60. Leurs idées philosophiques sont peu connues ; ils admettaient l'éternité de la matière et la création du monde du néant ou de l'abîme vide (apsu), l'apason de Damascius. Leur longue civilisation est attestée par le fait qu'ils connaissaient une longue période de 1,805 ans, 22,325 mois synodiques, qui fait revenir les éclipses, et qu'ils ne pouvaient pas avoir trouvée par le calcul, mais dont la connaissance ne pouvait se baser que sur la comparaison des éclipses périodiquement réitérées. En fait de sciences politiques, ils avaient une idée assez précise sur l'Etat, l'autorité, les sujets, les castes, et des notions très-détaillées de droit civil, ainsi que le prouvent bien des textes. Leur médecine était toute empi-
rique, mêlée de pratiques superstitieuses. Parmi les textes cunéiformes se trouvent des exorcismes contre une grande quantité de maladies. Hérodote raconte qu'on portait les malades sur la rue, et que tous les passants donnaient leur avis. Vart des Babyloniens était très-rapproché de l'art assyrien. L'architecture remplaçait les pierres dures de Xinive par la brique cuite, avec une habileté extraordinaire ils reliaient ces briques par du bitume, fortifié par le mélange de roseaux. Ils utilisaient beaucoup de matières précieuses, de l'or, de l'argent, du verre, de Tivoire et des essences de bois précieux. Ils excellaient surtout dans les représentations sur briques vernissées, qui avaient des couleurs d'une grande richesse, surtout pour le jaune et le bleu; le rouge ne paraît pas autant dans les débris de Babylone. Mais surtout ils cultivaient la pierre fine, qu'ils savaient travailler avec un grand art. D'innombrables cachets en forme de cylindres démontrent l'étendue de cette fabrication artistique. Ils fondaient beaucoup d'objets en métaux, et Hérodote parle de leurs casques en cuivre faits d'une manière barbare difficile à raconter. Leurs toiles étaient célèbres ; une grande fabrique existait à Borsippa ; ils en avaient môme une espèce très-dure pour en faire des cuirasses. Les tapis de Babylone étaient connus dans tout l'Occident, et pendant plusieurs siècles Babylone faisait l'intermédiaire commercial entre l'Europe d'une part et l'Inde et la Perse de l'autre. — Mythologie (voir Chaldée).
lî. Topographie. Babylone était originairement astreinte à des limites relativement très-étroites, en comparaison avec l'étendue énorme que la ville sacrée des Ghaldéens occupait dans les derniers temps de son existence. Du temps de la domination du peuple, Nimrod, la ville, faisait partie de la tétrapole Babel, Erech (ass. Uruk, Orchoé), Accad et Chalanné (Nipur) ; mais même plus tard nous trouvons à côté d'elle, comme capitale de la Chaldée, Ur (Mugheïr d'aujourd'hui), Larsa (Senkerch), Larrah (Larancha des Grecs) et les deux Sippara (hébreu Sepharaîm, au duel), c'est-à-dire la \ille du Soleil (Héliopolis) et la ville de la Lune. Déjà, dans les textes de Hammurabi (peut-être vingtdeuxième siècle), de Purnapuryas (même époque) et d'autres, nous rencontrons le titre de « roi de Babylone » à côté de celui de « roi des quatre régions », qui sont Accad (sud), Fiant (est), Hubur (nord) et Aharru (ouest). Pendant longtemps Babylone était restreinte à la partie qui plus tard s'appelait V Acropole, la Cité royale. Cette cité rappelle les étroites limites des anciennes Cités de Paris et de Londres ; elle ne renfermait que 530 hectares, et comprenait quelques-uns des principaux monuments sacrés. Lu roi, Ben-haOal-idin, dont l'époque est inconnue, fonda le mur qui existe encore. C'est dans ces étroites limites que Babel vit naître sa suprématie, que Mérodachbaladan la défendit. Le premier roi qui semble avoir étendu les limites de la capitale fut un assyrien Assarhaddon,qui fonda les deux grandes enceintes continuées par Nabopollasar et achevées plus tard par Nabuchodonosor. C'est de ht Babylone de Nabnchodonosor (pie nous parlons; elle comprenait plusieurs villes, Babylone, Borsippe et Cutha, autrefois indépendantes I une de l'autre, et rendues plus tard à leur isolement primitif par la
destruction, ordonnée par Darius, d'un mur extérieur qui les renfermait toutes. — 1. -Mars de Babylone. Nabuchodonosor, ainsi que Josèphe, Abydène l'attestent, confirmés par les inscriptions, entoura la ville d'un simple système d'enceinte, comprenant six circonvallations. Deux murs concentriques entouraient toute l'étendue ; trois autres entouraient la Cité royale, Babel par excellence ; le dernier entourait Borsippa, la Tour des Langues. Le mur extérieur le plus puissant de tous, s'appelait Imgur-Bel (Bel bénit) ; il avait en tout 490 stades de longueur, y compris les détours occasionnés par les portes; en ligne droite, d'un angle à l'autre, il mesurait 4 fois 120 stades (4 fois 22k. 680 == 90 k. 720). Le carré régulier formé par cette enceinte couvrait donc une superficie de 513 kilomètres, plus grande que le département de la Seine, et sept fois plus grande que l'enceinte fortifiée de Paris. D'après la topographie actuelle, elle s'étend au nord le long du canal musulman, nommé Nil, est bornée au nord-est par la ruine de VOheynir (Cutta), descend de là vers le sud-sud-ouest, sur un espace de 23 kilomètres englobe par son côté sud toute la ville de Borsippa, et est bordée dans son parcours occidental par les marais de Hadiych, en passant par les ruines de Tell-Harkeh et de Tell-Ghazaïeh. L'Euphrate partageait cette surface en diagonale, en deux parties presque triangulaires. L'étendue n'est pas exagérée, car Aristote (Polit., III, 8) cite Babylone comme formant plutôt un pays qu'une ville ; les rues ne formaient pas, selon lui, l'idée d'une ville, car alors on n'aurait eu qu'à entourer le Péloponèse d'une enceinte. Cette immense circonvallation avait une hauteur de 90 coudées (47 mètres 25) sur 50 coudées (26 mètres 25) de largeur, et quelques tours s'élevaient à 200 coudées (105 mètres). Cent portes donnaient accès à la ville, et pour y parvenir, il fallait franchir un fossé extérieur et intérieur. Ce double fossé a contribué à effacer presque toute trace de ce mur ; dépouillée de son revêtement de briques, la terre du noyau lavée par les inondations retombait dans les fossés dont elle avait été extraite. Darius commença à le démolir. En deçà de ce mur extérieur, nommé par Hérodote une cuirasse (ôwpvjÇ), courait le mur intérieur (salhû en assyrien, en opposition au dur qui désigne le mur extérieur). Son nom était Nivit-Bel, « demeure de Bel. » Ce grand mur avait 360 stades (68kilom.)de pourtour; il était encore d'une force considérable et renfermait une superficie de 290 kilom. carrés. 11 comprenait toute la Babylone proprement dite, mais il laissait en dehors et Cutha et Borsippa. Les compagnons d'Alexandre ne virent plus que Nivit- Bel, le mur de 360 stades de pourtour, et ainsi s'explique à merveille la divergence entre eux et Hérodote, qui a encore dû voir les traces de l'ancien lmgur-Bel. Cette vaste superficie était en grande partie occupée par des champs cultivés qui garantissaient ce carré imprenable des dangers de la famine. En effet, 160 kilom., la moitié sud-est du carré intérieur, est absolument dénuée de traces de ruines étendues. Nous passons maintenant aux différents groupes d'habitations. — 2. La ville babylonienne, xo asti), située des deux côtés de l'Euphrate. La surface centrale de la ville s'étendait en diagonale de 10 kilomètres au moins. Aujourd'hui s'élève dans la partie nord, en étendue assez restreinte,
La ville de Hillah, fondée au onzième siècle par Seif-ud Dauleth. Les rues de cette urbs étaient coupées à angle droit et étaient bordées de maisons de trois à quatre étages ; les unes allaient parallèlement à l'Euphrate, les autres y aboutissaient et y donnaient accès par des ruelles fermées par des portes en bronze. Par toute la ville, un quai bâti par Nabomd encaissa le fleuve, et probablement ce quai s'étendit-il au delà des limites de la cité des Babyloniens jusqu'au point où Cyrus entra dans la ville, au nord-ouest delà circonvallation. Un système de canaux souterrains mettait la ville à l'abri d'une inondation ; ces canaux pouvaient être fermés par des portes. Hérodote nous dit que si les Babyloniens, surpris par Cyrus, avaient fermé ces sortes d'écluses, ils auraient pu prendre les Perses comme dans un filet. Selon Hérodote, la reine Nitorris, à laquelle l'historien semble attribuer les constructions de Nabuehodonosor, construisit un pont en piles de pierre, reliées par du fer et du plomb. Les poutres qui formaient le tablier du pont étaient enlevées le soir, pour que ce passage ne devint pas le théâtre de brigandages nocturnes. L'emplacement de ce pont, qui était au milieu de la ville, doit coïncider avec la ville actuelle de Hillah, où, en effet, a dû se trouver la porte centrale si fréquentée de Babylone. Cette cité des Babyloniens s'était formée, comme c'est le cas presque partout ailleurs, par la destination exclusivement politique qu'on donnait à l'emplacement primitif. La cité royale ne renfermant plus que des temples et des palais, la population bourgeoise se trouvait jetée au midi de celle-ci. Néanmoins, un grand nombre d'édifices et de temples s'élèvent dans lie proprement dite. Les temples de Mérodach, le dieu spécial de Babylone, de Bel, de Sin, de Nebo se voyaient très-probablement où des mosquées musulmanes remplacent, dans la ville de Hillah, les églises primitivement chrétiennes. Le temple du Soleil, sur la rive droite, se perpétue aujourd'hui dans le nom impie de « Mosquée du Soleil », et l'emplacement du temple de Mylitta, ou de la Vénus céleste, se trouve sûrement à 20 minutes au nord des portes de Hillah. Le temple de Mérodach était probablement là où aujourd'hui s'élève le grand Minareth. C'est de lui que parle Arrien. On a confondu les différents documents que citent les auteurs classiques, en les identifiant mal à propos, et de manière à ne plus comprendre aucune description antique. Tous les auteurs parlent de la grande variété de monuments ; les textes cunéiformes leur donnent raison ; et il a fallu l'étude des ruines pour se convaincre très-aisément que des données :ansmises par Hérodote, Diodore, Strabon, Arrien, Josèphe, Quintei •(', Philostrate et autres se rapportent à des monuments tout (lifts. — 3. Cité royale. A. Murs. La vieille ville s'étendait, en grande partie, sur la rive droite de l'Euphrate : une partie minime était sur la rive arabe, vis-à-vis de la portion méridionale. Le plus grand côté était bordé par l'Euphrate, la grande partie ressemblait à un triai Ses deux portions étaient entourées ensemble par un mur très-fort de 60 stades (11 kilomètres) de longueur, et renfermant 530 hectares
• dece mur existent encore dans presque toute leur longueur: Parthes le restaurèrent, en faisant de tout cet enclos un parc <ie
chasse. A la pointe nord de ce mur se trouvait la Pyramide ou le tombeau de Bélus. En deçà de cette circonvallation, sur une longueur de 40 stades (7 kilomètres), une seconde était construite, plus haute que la première Gtésias, dans Diodore, estime sa hauteur à 50 brasses, et dit qu'elle était ornée de représentations. Le troisième mur était plus remarquable encore, et il était embelli par des représentations en briques émaillées, dont l'expédition française a recueilli de nombreux fragments. Ge mur interne n'avait que 20 stades (près de 4 kilomètres de pourtour). B. La Pyramide. A la pointe nord de la circonvallation se trouve la Pyramide, le monument sacré de Babylone par excellence. L'imposante ruine qui en existe aujourd'hui, résume dans le nom de Babil le souvenir môme de Babylone, comme c'est à elle que se rattache aussi le plus antique souvenir de la cité. L'aspect désolé qu'offre la plaine fait mieux ressortir encore la grandeur écrasante de cette masse énorme de décombres, haute encore de 40 mètres et longue de 180, sur chacun des quatre [côtés. La ruine Babil, située du môme côté que le grand Palais et les Jardins suspendus, ne saurait être la tour à étages d'Hérodote, sise sur la rive droite ; mais c'est bien la Pyramide, le tombeau de Bélus, dont parlent surtout Strabon et Amen. C'était le E-saggata ou Haram, le sanctuaire de Babylone, la demeure du dieu Mérodach reposant. Xerxèsla détruisit; Alexandre, qui voulut la restaurer, employa dix mille ouvriers, pendant deux mois, à en déblayer les décombres. Mais la mort du conquérant interrompit, dit Strabon, pour toujours le rétablissement de la Pyramide. Ctésias, et d'après lui Elien, parlent également de la profanation par Xerxès du tombeau de Bélus. Diodore mentionne ce monument, en en attribuant la construction à Sémiramis. Les descriptions de Nabuchodonosor et de Nériglissor nous donnent des détails circonstanciés sur l'ornementation de cet édifice. Diodore entre dans les détails sur les trésors qui y étaient renfermés jadis, avant que les Perses ne l'eussent pillé et détruit, et dit qu'il était d'une hauteur démesurée et employé à observer les astres, justement à cause de sa grande élévation. G. Le grand Palais, situé au sud de Babil, à 2 kilomètres de distance, longeant l'Euphrate. La ruine informe du A'asr (aussi nommée Mudjelibeh) représente les restes du palais de Nabuchodonosor élevé par lui en quinze jours, selon Josèphe et les inscriptions ; 13 hectares forment la surface de cet édifice magnifique. Le centre en formait le palais principal de ce groupe. Hérodote et Diodore parlent du palais; c'est là qu'expira Alexandre ; pris du mal dans le petit palais de la rive droite, il fut transporté ensuite aux Jardins suspendus, et finalement ici, où il mourut. A un kilomètre au midi, sur le fleuve, se trouvaient les fameux Jardins suspendus, aujourd'hui nommés le Tell- Amran-ibn- Ali. Les Jardins suspendus, qu'on appellerait plus justement jardins aériens, étaient composés de terrasses superposées dans les voûtes desquelles on pouvait circuler. Le tout était planté d'arbres et donnait à la construction l'air d'une montagne artificielle. Des turbines y montaient l'eau. Nabuchodonosor les construisit pour donner à son épouse, originaire de Médie, l'image d'une montagne artificielle. La ruine
des Jardins suspendus l'orme aujourd'hui un trapèze de 5*00 et de 300 mètres de longueur, et a une surface de 15 hectares. K. Entre le A \sr et V Amran-iôn- Lisse trouvent une foule de collines, qui formaient les communs royaux, et probablement aujourd'hui les bains dont parle Àrrien. F. D'autres temples couvraient encore la rive gauche de la cité ; il y avait aussi le grand parc. 8. Sur la partie de la rive droite se trouvait le vieux palais, ou le petit palais dont parle Diodore. C'est là qu'habitait Alexandre et qu'il tomba malade. Le palais avait été restauré par Nériglissor; l'enceinte de la rive droite pouvait renfermer 60 hectares. — i. Ville du Nord-Est ou Cutha, se trouve à 14 kilomètres au nord-est de Hillah. C'est là que le monticule de l'Oheynir marque l'emplacement du sanctuaire de Nergal, ou de la planète de Mars. Cutha, située au coin nord-est, était sans doute unie à l'Euphrate par un canal ; une construction particulière porte les noms de Tell-Bender, l'emporium. D'autres collines témoignent de l'ancienne magnificence de l'endroit. — 5. Ville du. Sud-Ouest ou Borsippa, ville de la tour de Babel. C'est à Borsif et non à Babel, dit le Talmud Babylonien, qu'eut lieu la confusion des langues; il prétend même que Borsif est pour Bulsif, de Balai « confondre », et Saphah « lèvre ». Une inscription trouvée par l'expédition française a prouvé l'exactitude d'une opinion émise depuis longtemps, que le Birs-Nimroud recelait les restes de l'antique Borsippa. L'assemblage très-étendu des ruines de Borsippa se trouve à 12 kilomètres de Hillah, vers sud-sud-ouest, 26 kilomètres de l'Ohyonie; les ruines les plus gigantesques sont le Birs-Nimroud et VIbrakim-el-Hahl, où. selon les Arabes, Abraham, le premier musulman, fut jeté par Xiinrod dans la fournaise ardente. Le Birs-Nimroud est la ruine de la Tour à étages d'Hérodote. Le monument, surtout édifié par Nabuchodonosor, s'éleva là où la légende plaçait la dispersion des langues. Les huit tours superposées que mentionne le père de l'histoire se composent d'un soubassement et de sept tours étagées. Chaque étage était consacré à une planète, et colorié de la couleur attribuée à cet astre. Dans le soubassement, se trouve le temple de Sin, le dieu de la lune. Il y eut les dispositions suivantes, et le classement ne peut avoir eu lieu que selon l'ordre des jours de la semaine :
Planète Couleur Larg. Haut, (en pieds).
1er étage. Soubassement 600 75
2 Saturne. Noir. 180 75
3e — Vénus. Blanc. 156 75
V ' — Jupiter. Orange. 132 75
— Mercure. Bleu. 108 75
r>' — Mars. Ecarlate. 84 75
— Lune. Argent. ()0 75
8» — Soleil. Or. 3G 75
Du montait par des rampes extérieures ménagées dans le corps même des tours ainsi superposées. Dans la dernière tour se trouvait le sanctuaire «lu dieu Nébo, l'inspecteur des légions célestes. C'esl là pr< bablement qu'une femme désignée par le dieu devait seul»' passer la ii. 2
nuit. Le père de l'histoire avait surtout été frappé par l'existence des deux grands centres d'habitations et de merveilles architectoniques, situées sur les deux rives opposées de l'Euphrate (Hér. I, 68). L'un était la cité royale comprenant la pyramide, dont Hérodote ne parle pas, puisqu'elle était détruite, l'autre, Borsippa avec la Tour existant encore de son temps (etç s;jA tcjtï» ïv. cv), comme il le dit expressément. Hérodote décrit d'une plume de maître la Tour à étages, et le sanctuaire qui se trouvait en bas. Ces deux parties de la ville se reconnaissent aux textes des rois, surtout de Nabuchodonosor qui lit imprimer sur toutes les briques la légende suivante : « Nabuchodo1 nosor, roi de Babylone, restaurateur de la pyramide et de la Tour, iils aîné de Nabopollasar, roi de Babylone, moi ! » Le sanctuaire de Borsippa , le E-Zoida, « la maison de la droite »' peut-être la maison éternelle, contenait aussi le temple des sept sphères. Strabon ne parle pas de la Toux à étages, comme étant située à Babylone, mais comme Nabuchodonosor lui-môme, il la place à Borsippa, en mentionnant un sanctuaire consacré à Apollon et à Arténus, c'est-à-dire au soleil et à la lune. Il y avait à Borsippa encore les temples de Ben, le dieu des orages, et le triple sanctuaire de la grande déesse, le temple de la Vie, le temple de l'Ame et le temple de V Ame vivante, puis un autre consacré à Ninip, l'Hercule babylonien. Borsippa était fortifiée; Sargon avait agrandi ses circonvallations avant que Nabuchodonosor ne la renfermât dans le grand carré babylonien. Démétrius défendit contre Séleucus les deux forts, la cité royale et Borsippa. Aujourd'hui la tour de Babel est encore représentée par la ruine de Birs-Nimroud, dont l'aspect puissant a frappé tous les voyageurs. Un pan de mur énorme s'élève encore à 11 mètres de hauteur sur la colline qui est vue à huit lieues d'étendue. Rien n'égale le spectacle qu'offre la ruine, quand, cachée par les brouillards du matin, elle surgit soudain par la disparition de ce rideau de nuages déchiré. La légende de la Tour de Babel est babylonienne; elle se retrouvera un jour parmi les restes de la littérature chaldéenne ; un fragment la mentionne peut-être, mais cela est encore douteux. La légende elle-même s'est perpétuée dans l'écriture sumérienne : Borsippa est désignée par un idéogramme qui l'intitule la ville de la Tour ruinée, et le souvenir atteste, par lui seul, la persistance de l'antique tradition transmise par la Genèse. J. Oppeilt.
BACCHIDES, général des troupes de Démétrius Soter, roi de Syrie, dont il avait toute la confiance. Il était en même temps gouverneur de la Mésopotamie (sv tw luépaw tcu 7uoTa[i.ou, c'est-à-dire au-delà de l'Euphrate, IMach.YII, 8). Bacchides, appuyé sur le parti syrien de Jérusalem, livra plusieurs batailles à Judas Machabée et à Jonathan, qui s'étaient mis à la tête du parti des patriotes ; il occupa même pendant quelque temps la capitale qu'il avait fait fortifier. Mais ayant été battu à son tour, il dut conclure la paix et reconnaître le pouvoir des Machabées, sous l'autorité des princes syriens (1 Mach. VII, 10 ss., 28 ss.; IX, 18, .50, 60 ss.).
BACH (Jean-Sébastien). La famille des Bach a été la famille la plus féconde eu musiciens que l'on connaisse. Le don musical, héréditaire