BARLETTA — BARNABAS
postérité une impression bien différente. On a tenté de le disculper de la bouffonnerie parfois indécente de ses serinons en attribuant ses traits à la malignité de copistes infidèles. Léandre Albert i, son contemporain, prétend avoir connu te faussaire qui a emprunté le nom du P. Gabriel, mais il ne le nomme pas. Henri Estienne a donné dans son Apologie d'Hérodote quelques spécimens de ce burlesque grossier. Bayle les prétend extraits du Barletta authentique, non sans vraisemblance, car les dominicains se sont évertués à en atténuer le ridicule avec Une gravité aussi plaisante que les facéties deTauteur. La premièredes nombreuses éditions de Barletta est de Brescia, 1498, in-8°. Celle de Venise, 1571 et 1577, in-8°, renfermant dans le tome premier le Carême et dans le second le reste de l'année ecclésiastique, est réputée la meilleure. François de la Serre a publié à Paris les Sermons de Barletta en 1531 (Altamura, Biblioth, Onlinis Prwdicat.; Possevin, Appar. Sacri, t. I).
BARMEN, ville moderne de 50,000 habitants, située près d'Elberfeld, dans la vallée de la Wupper (Prusse rhénane), au centre d'une industrie considérable de coton, de toile, de velours, de quincaillerie. Un réveil religieux s'étant manifesté vers 1825 dans ce populeux district manufacturier, de nombreux établissements de bienfaisance et de propagande évangélique ne tardèrent pas à surgir, parmi lesquels se place au premier rang la Société des missions de Barmen (voyez Missions).
BARNABAS ou saint Barnabe, comme rappellent les hagiographes catholiques et M. Renan dans son Histoire des o?,igines du c/wistianisme il et III), se nommait en réalité José ou Joseph. Le surnom de Uaruahas. qui signifie enaraméen « fils de l'exhortation », lui fut donné par 1rs apôtres (Actes IV, 36), vraisemblablement à cause des nombreuses conversions qu'il aurait opérées par son éloquence au milieu des païens. Une tradition postérieure, adoptée par Clément d'Alexandrie et Eusèbe de Césarée (Strom., II, 20; Ilist. eccL, I, 12), lui assigne une place parmi les soixante-douze disciples que Jésus avait envoyés pour annoncer la Bonne Nouvelle, mais elle ne s'appuie sur aucun témoignage positif. Quel que soit son degré de crédibilité, il est certain que Barnabas était un Juif Helléniste, Cypriote de naissance, et qu'il appartenait à la tribu de Lévi. Les Homélies Clémentines, qui en font également un disciple immédiat de Jésus, le prétendent originaire d'Alexandrie d, 9). Au moment où les Actes le mentionnent pour la première fois, Barnabas fait partie de l'Eglise de Jérusalem où il se distingue par sa générosité ; lorsque les membres de cette Eglise, par une inspiration spontané.', établissent entre eux la communauté des biens, il vend un ebamp qu'il possède dans le voisinage et en dépose le prix aux pieds des apôtres. Barnabas se consacra de bonne heure à l'évangélisaiion des païens. La place qu'il y occupa, les pensées qui le dirigèrent, ses rapports avec Paul, nous apparaissent sous un jour difïérent, suivant que nous consultons les épitres pauliniennes ou les Actes des apôtres. D'après ce dernier document, il aurait, aux débuts de la mission païenne, joué un rôle de premier ordre. Il introduit après les événements de Damas Paul dans le cercle des Douze et dissipe leurs préventions contre le nouveau converti (Actes IX, 27). Lorsque les Hel-