‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 207 sur 263 · CAPITULAIRES · texte numérisé non relu

CAPITULAIRES

portée juridique. Guizot a essayé de Le faire {Histoire de la civilisation en France^ t. 11. llh en répartissant les capitulaires de chaque règne carlovingien, article par article, entre huit catégories de dispositions, et esi arrive ainsi à des résultats d'une exactitude en apparence mathématique, établissant par exemple que, sur 1,151 articles émanés de Charlemagne, il yen a 87 de législation morale, 273 de législation politique, 130 de législation pénale. 110 de législation civile, 85 de législation religieuse, 305 de législation canonique, 73 de législation domestique, 'ri de législation de circonstance; mais, sans compter que ses chiffres ne concordent pas toujours entre eux (l'exemple même que nous venons de citer en est la preuve), ils ont été obtenus au moyen d'appréciations souvent fort arbitraires, et peuvent servir tout au plus à donner une idée approchante de l'importance relative des différents éléments dont se composent les monuments législatifs de chaque prince. Mieux vaut par conséquent s'en tenir à un jugement plus général, insister tout d'abord sur l'inanité de l'opinion vulgaire qui voit dans la* capitulaires, dans ceux de Charlemagne principalement, une législation complète, constater que le droit privé, civil et criminel, n'y est guère représenté que par les additions aux leges, tandis que la majorité des chapitres est relative soit aux affaires ecclésiastiques, soit à l'administration et à la police, et ajouter, comme indice des mœurs du temps, qu'une foule desimpies conseils ou préceptes moraux s'y rencontrent à côté des prescriptions législatives ou réglementaires proprement dites. Les capitulaires qui, sans être jamais officiellement recueillis, ont gardé de l'autorité en Allemagne jusqu'au treizième siècle, en France jusqu'au quatorzième, en Italie plus longtemps encore, nous sont parvenus soit isolément, soit avec les canons d'Eglise ou les codes de lois où on les avait insérés, soit enfin clans une collection d'origine privée datant de la première moitié du neuvième siècle. Entreprise en 827 par Anségise, abbé de Fontenelle ou Saint-Wandrille, qui réunit méthodiquement en quatre livres les capitulaires parvenus à sa connaissance de Charlemagne et des premières années de Louis le Débonnaire (jusqu'à la fin de l'année 826), elle fut augmentée vers 842 d'un cinquième, d'un sixième et d'un septième livre par le diacre de Mayence, Benoit Lévite, celui-là même dans lequel on a voulu voir l'auteur ou le compilateur des fausses décrétâtes, et comprend en outre quatre appendices sans nom d'éditeur. Le recueil d'Ânségise était regardé dès 829 comme ayant la valeur d'une collection officielle, et il mérite en effet toute confiance; dans la continuation de Benoit au contraire les capitulaires authentiques sont noyés dans une foule d'actes étrangers aux carlovingiens (extraits de la Bible, du Code théodosien, des lois barbares, des œuvres d'Ambroise, Augustin, Prosper, Grégoire, Isidore, des histoires ecclésiastiques de Butin. Cassiodore, Bède, de la collection des canons de Denys, des épîtres de Boniface, des livres de Théodulfe et de Jouas d'I Irléans, des conciles carlovingiens, etc.); néanmoins on la trouve également invoquée comme code officiel, en Gaule du moins, sous le règne de Charles le Chauve. Les premiers recueils de capitulaires turent publiés parAmerpach(15'*5),du Tillet (1548) ,Herold (1557), Pithou (1588), Lin-

Page 1