‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 209 sur 263 · CAPPADOCE — CAPPEL · texte numérisé non relu

CAPPADOCE — CAPPEL

Galatie, à l'est par l'Arménie. Pays de prairies, bien arrosé, adonné à l'élève du bétail et des chevaux, laCappadoce c'était pas d'une grande fertilité. Ses habitants, de race aryenne, ne jouissaient pas d'une bonne réputation. Leur lâcheté et leur mauvaise foi étaient devenues proverbiales (xannuo&oxÉÇew) comme leur prononciation défectueuse. Tibère lit assassiner Archélaûs, le dernier roi de Cappadoce, que Pompée avait placé sur le trône, et réduisit le pays en province romaine (Pline, 37, 11: Strabon. 12. 534; Josèphe, Antiq., XVI, 3, 2; Tacite, Annales, 2, 12). Des Juifs s'étaient établis dans la Cappadoce sous la domination svrienne; par eux le christianisme s'y introduisit de bonne heure (Actes 11. 9; I Pierre I, 1).

CAPPEL (Jacques), pasteur et professeur à Sedan. La famille des Cappel est une famille illustre dans les annales du protestantisme français: elle a donné aux Eglises et à la théologie réformées des pasteurs dévoués et surtout des savants célèbres. On trouvera l'histoire très-dramatique de cette famille dans Y écrit DeCappellorum gente, inséré dans le grand ouvrage Annotata et CommentariïinV. T. (Amst., 1689, in-fol.), édité par Jacques Cappel, fils du grand Louis Cappel et neveu de Jacques Cappel dont il est ici question. MM. Haag {Finance protestante) ont donné avec une grande clarté le résumé du De Cappellorum gente dans leur notice biographique sur les Cappel. Le père de Jacques Cappel et de Louis Cappel, Jacques Cappel, embrassa la Réforme : savant jurisconsulte, il fut pendant cinq ans, de 1505 à 1570, conseiller au parlement de Rennes. Dépossédé de son emploi à cause de ses convictions religieuses, il se retira dans son domaine du Tilloy, en Brie, puis se réfugia à Sedan. Il était désigné pour faire partie de la chambre mi-partie, établie près le parlement de Paris (édit de 1566). Non seulement il ne put pas être mis en possession de cet office, mais il eut à subir de cruelles persécutions et ne trouva de nouveau un refuge qu'à Sedan, où il mourut en 1586. Sa veuve, pleine d'anxiété pour ses enfants, eut la faiblesse, pour leur conserver leurs biens, de retourner à l'Eglise catholique : elle eut un tel remords et un tel chagrin de cet acte qu'elle en mourut. L'existence des enfants fut singulièrement agitée et douloureuse. Jacques Cappel, l'aîné, né à Rennes en 1570, fut le protecteur de ses frères et de ses sœurs, surtout de son frère Louis, il se lit recevoir ministre à Sedan, puis il fut le pasteur de l'Eglise qu'il put établir, d'après les édits, dans son iief du Tilloy. En 1599 il fut appelé comme pasteur et professeur à Sedan. Il exerça cette charge jusqu'à sa mort (septembre 1621). L'indication de ses nombreux écrits, imprimés et manuscrits, se trouve à la fin du De Cappellontm gente ; voir aussi la notice bibliographique de la France protestante, Sedan eut, parmi les académies protestantes, une physionomie spéciale. Cette école, comme celle de Bfontauban, s'attacha àconserver rigoureusement le dogme orthodoxe et à combattre avec zèle l'Eglise catholique. Sedan fut avant tout l'école de la controverse, et tous ses théologiens éminents nous ont laissé des traités nombreux contre l'Eglise romaine. Jacques Cappel lut sans doute un philosophe, un antiquaire, un historien, un exégète et même un dogmatiste dis-

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