‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 210 sur 263 · CAPPEL · texte numérisé non relu

CAPPEL

tin gué, mais il fut surtout un eontroversiste. Il faut citer, dans le domaine de la controverse, Les livres de Babel ou Histoire du siège romain (Sedan, 1616) contre Ferrier, après son apostasie; Apologie pour les Eglises réformées (1611) et Instruction chrétienne (1619), contre le P. Cotton ; Catéchisme confirmant par l'Ecriture la confession de foy, etc. (1622). Comme antiquaire, on cite le remarquable ouvrage De mensuris lib. III (1607). Ses écrits d'exégèse sont imprimés dans la grande édition, déjà citée, de son neveu ; ils roulent sur toutes les parties de la Bible : la plupart se trouvent aussi imprimés dans les Critict sacri d'Angleterre (Lond., 1660). Comme historien, il faut citer de Jacques Cappel : Historia sacra et exotica ab Adamo usque ad Augustum (Sedan, 1613) ; une Compendiosa in apostolicam historiam chronologica tabula; et en manuscrit, signalées par son neveu, une Histoire juive, une Histoire romaine, une Histoire du Christ et de ses Apôtres. Enfin, comme dogmatiste, on trouve dans le Thésaurus theologix Sedunensis plusieurs thèses dogmatiques de Jacques Cappel, en particulier De prœdestinatione, D? libero arbitrio, etc. A- Viguié.

CAPPEL (Louis), pasteur et professeur à Saumur, le fondateur de la critique biblique, né le 15 octobre 1585 et mort le 18 juin 1658. C'est au milieu des fureurs de la Ligue qu'il vit le jour. La famille persécutée fuyait vers Sedan, quand, à Saint-Elier, village à cinq lieues de Sedan, la mère mit au monde Louis Cappel. Le pauvre enfant, dès sa naissance, faillit périr sous les coups d'une bande de ligueurs : il ne fut sauvé que par la commisération d'un des hommes de la troupe. Il perdit son père en 1586. Ce fut le frère aîné qui veilla sur lui avec une paternelle sollicitude, la mère, comme on sait, ayant eu la faiblesse de retourner au catholicisme pour recouvrer les biens de ses enfants et étant bientôt après morte de repentir et de chagrin. Louis Cappel lit son éducation complète sous la direction de son frère Jacques, et jusqu'à vingt ans il étudia à Sedan, ville qu'il n'avait pas quittée, sauf un court séjour au Tilloy. Le duc de Bouillon lui confia à vingt ans l'éducation de sa fille. A vingt-quatre ans, à la recommandation de Caméron, il entra au service de l'Eglise de Bordeaux. Cette Eglise lui fournit les moyens de compléter ses connaissances théologiques en visitant pendant quatre ans les principales universités étrangères. Il demeura deux ans à Oxford, où il se livra avec ardeur à l'étude de la langue arabe, et des langues sémitiques en général. Il employa les deux autres années à visiter les universités de l'Allemagne et de la Hollande. De retour à Bordeaux, il fut appelé à Saumur comme professeur. L'Eglise de Bordeaux comprit qu'elle ne devait pas le retenir. Il prit possession de sa chaire de professeur en 1614 : pendant un certain temps il essaya de remplir aussi à Sedan les fonctions de pasteur. De 1614 à 1633 il garda la chaire d'hébreu, de 1633 à 1658 celle de théologie. Longue et belle carrière de professeur. Sa vie ne fut pas toutefois sans tourments : il eut fort à souffrir des attaques de ses adversaires et une grande douleur lui fut réservée dans sa famille, celle de voir son fils aine Jean retourner au catholicisme. — Cappel est un savant de premier ordre, aussi remarquable par la profondeur de ses recherches que par l'indé-

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