BARNABAS
lénistes, dispersés après la mort d'Etienne, fondent à Antioche une communauté bientôt florissante, les Douze envoient de Jérusalem Barnabas qui en prend la direction et maintient la bonne entente avec la métropole. Un peu plus tard il se rend à Tarse pour enlever Paul à la retraite et l'associer à ses travaux (Actes XI, 22, 25). C'est sous son patronage immédiat et médiatement sous celui des Douze que l'apôtre des gentils entreprend son premier voyage missionnaire; aussitôt après ils partent ensemble pour Jérusalem afin d'attester leur subordination vis-à-vis des chefs de l'Eglise. Dans le deuxième voyage qu'ils font en commun, Barnabas continue à jouer le premier rôle (Actes XII, XIII) ; Paul n'est jamais nommé que le second; cependant il prend toujours la parole pour exposer l'Evangile devant les païens et dans les synagogues, ce qui permet de supposer entre eux des rapports réels tout autres que ceux décrits dans un but de conciliation par l'auteur des Actes. Depuis le chapitre XIII leurs rôles sont intervertis, sauf dans les trois passages suivants : Actes XIV, 14 (Barnabas reçoit le titre d'apôtre auquel il n'a aucun droit afin d'en faciliter l'octroi à Paul et d'apaiser les scrupules des judéo-chrétiens) ; XV, 12 (Barnabas et Paul racontent à l'Eglise de Jérusalem les miracles que Dieu a opérés par leur moyen au milieu des gentils) ; Actes XV, 25 (Barnabas est nommé le premier dans le décret apostolique comme celui qui entretient les relations les plus intimes avec la métropole). Tout le rôle de Barnabas, d'après les Actes, nous paraît subordonné à la pensée maîtresse de l'auteur : celle de rapporter aux Douze l'honneur de la mission païenne et de réduire Paul au rang de leur chargé de pouvoirs, du continuateur docile de leur œuvre. Lorsque nous parcourons les épîtres pauliniennes, les rapports entre les deux missionnaires nous apparaissent sous un jour différent. L'apôtre des gentils possède le sentiment trèsnet d'avoir reçu son Evangile de Dieu directement, sans aucun intermédiaire humain : dans les années qui suivirent sa conversion, il aurait évité aussi soigneusement tout commerce avec les Douze que, d'après les Actes, il aurait, grâce aux bons offices de Barnabas, promptement obtenu leur concours. Dans le récit de son voyage à Jérusalem (Gai. I, 1, 9) il s'attribue à lui-même le premier rôle et ramène Barnabas aux proportions d'un simple auxiliaire. Il n'y a rien d'invraisemblable à ce que Barnabas se soit rencontré à Jérusalem trois années après la conversion de Paul et qu'il lui ait ménagé une entrevue avec le chef des Douze. Il peut également l'avoir précédé à Antioche, l'avoir même engagé à y transporter son séjour sur le bruit des conversions que l'apôtre aurait opérées dans plusieurs villes de la Syrie et de la Cilicie au milieu des Gentils. En fait ce ne fut que depuis l'arrivée de Paul qu' Antioche devint en Orient la métropole des ethnico-chrétiens. Par malheur nous ne possédons que des renseignements très-incomplets sur ses origines, sa situation intérieure. Paul et Barnabas semblent avoir présidé d'un commun accord à ses destinées et professé les mêmes vues sur la Bonne Nouvelle apportée par Jésus, sa diffusion dans des cercles toujours plus vastes : ils rayonnèrent de la capitale de la Syrie comme d'un centre pour annoncer dans de nombreux voyages