‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 211 sur 263 · APPEL G · texte numérisé non relu

APPEL G

pendance de sa pensée. Sa science immense est aujourd'hui reconnue et louée de tous : pendant sa vie il fut loué surtout des catholiques, qui ne craignaient pas de l'entendre émettre des thèses hardies sur l'Ecriture sainte : parmi les siens, les plus grands savants peuvent être cités comme ses admirateurs : Casauhon, Vossius, Grotius, Bochart, etc. Mais il fut violemment attaqué par certains protestants dont il choquait les Opinions el les préjugés. Son indépendance d'esprit est complète, il n'est arrêté par aucune crainte humaine, il est vraiment de sa famille, cette famille qui avait tout bravé pour demeurer fidèle à ses convictions : lui aussi, dans le domaine de l'activité théologique, il ne connaîtra ni peur ni honte, et dira simplement et noblement les résultats de ses profondes recherches. Louis Cappel, avec ses collègues et amis Moyse Amyraut et Josué de La Place, contribua grandement à l'éclat de l'école de Saumur. La tendance libérale acquit une puissance extraordinaire de ces trois illustres professeurs, de l'accord de leurs vues, de l'amitié qui les unissait, de la gloire de chacun d'eux dans son domaine spécial. — Louis Cappel s'est distingué dans toutes les branches de la théologie, mais il faut avant toutes choses mettre en relief la science, dont il est le père et le maître, et qu'il a fondée par les deux grands ouvrages dont il va être parlé. Le premier de ces ouvrages parut sous ce titre : Arcanum punctationis revelatum, sive de punctorum vocaliiiïïi et accentuant apud Hebrœos vera et genuina antiquitate (Lug- ; duni Batav. , 1624, in-4°; se trouve aussi dans la réimpression générale des œuvres de Louis Cappel par son fils Jacques : Comment, et notx crtticx m Vet. 7'., Amstelod., lb'87, in-fol.). Dansce traité il y a deux parties, une partie positive et une partie négative. Dans la partie positive Cappel établit que les points-voyelles, les accents et les autres signes diacritiques, qui accompagnent le texte hébreu de l'Ancien Testament, ne font pas partie essentielle du texte et ont été ajoutés plus tard par les masorèthes, environ cinq siècles après Jésus-Christ. Il fonde sa thèse sur les faits suivants : que les rabbins admettent la nouveauté des points- voyelles, que le texte de la Loi employé dans les synagogues ne porte point ces signes diacritiques, que le Talmud n'en fait point mention , que les citations de l'Ancien Testament dans Philon, dans Josèphe et les Pères, ainsi que des passages de vieilles traductions grecques et de paraphrases chaldaïques montrent que les textes en usage n'étaient pas ponctués, que certaines étrangetés de ponctuation indiquent que ces signes sont d'une époque OÙ la langue hébraïque n'était point parlée, etc., etc. Dans la seconde partie, négative, de son ouvrage, Cappel réfute les arguments de ceux qui revendiquent l'antiquité et la divinité des points-voyelles. Cappel avait envoyé son ouvrage manuscrit à Buxtori pouravoir son sentiment et son ap] robation. Buxtorf, dominé par le préjugé dogmatique, ren- \o\;i le livre en reconnaissant la valeur des arguments et le sérieux des recherches, mais en signalant le danger de pareilles doctrines, qui devaient «''branler la foi en l'autorité littérale de la Bible. Cappel, il est vrai, pour dissiper les préoccupations dogmatiques, protestait, au commencement et à la fin de son livre, de son respect pour rKcriture, m. 40

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