‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 214 sur 263 · G32 CARACCIOLI — CARACTERE · texte numérisé non relu

G32 CARACCIOLI — CARACTERE

réunit en sa personne les deux titres d'évêque et de ministre du saint Evangile. Cet état de choses devait fort alarmer les évoques catholiques, qu'il avait scandalisés en se mariant (dit la Biographie Feller), et qui finirent par obtenir sa destitution ; mais on lui accorda un dédommagement pécuniaire. Après la bataille de Dreux, du sort de laquelle Catherine de Médicis avait fait dépendre celui de la religion, l'attitude du prince de Melphe parut très-équivoque. Il tint à être chargé de négocier, afin d'aviser à ses propres intérêts, en conjurant les représailles dont il était menacé et en se faisant autoriser à gagner sa retraite de Chàteauneuf-sur-Loire. Il s'engagea sous main à pratiquer selon les vues de la cour certains chefs du parti protestant, tels que Clermont d'Amboise et Grammont. Retiré à Chàteauneuf, il y mourut à la fin de 1569. Etait-il rentré dans le giron de l'Eglise catholique? Quelques-uns Font affirmé, mais sans fondement. Le fait de son inhumation dans l'église paroissiale ne prouve rien. Il y a plus d'une tache dans l'oraison funèbre qu'on put faire de Caraccioli. Ses mœurs furent en contradiction avec ses talents, ses errements avec ses lumières. Si cependant il s'était rencontré un plus grand nombre d'évêques comme lui, une Réforme gallicane, Réforme mitigée et analogue à celle d'Angleterre, aurait peut-être eu plus de chance de s'établir en France que le radicalisme calviniste de Genève. La Saint- Barthélémy, la Ligue et l'abjuration de Henri IV, la révocation de l'édit de Nantes enfin, ces pages néfastes de notre histoire, en eussent peut-être été effacées à l'avance. Et, qui sait? les causes et les effets mêmes de notre Révolution française (laquelle procéda plus qu'on ne pense des antécédents religieux de la nation), s'en fussent peut-être trouvés singulièrement atténués, pour le bien de notre pauvre humanité. Sed aliter visum est! Ch. Read.

CARACCIOLI (Louis-Antoine), né et mort à Paris (1721-1803). Il descendait d'une branche de l'illustre maison napolitaine de ce nom, établie depuis longtemps en France et ruinée par la catastrophe de Law. Après des études distinguées, il entra en 1739 dans la congrégation de l'Oratoire, et visita l'Italie, où son nom et ses talents le firent bien accueillir, surtout des souverains pontifes. Il passa ensuite quelques années comme précepteur en Pologne et revint en France où il composa pour vivre une foule de biographies et de traités de morale assez médiocres, malgré leur succès. Il écrivit, entre autres, la vie des deux premiers généraux de l'Oratoire, le cardinal de Bérulle et le P. de Gondren. Celui de ses ouvrages qui fit le plus de bruit est le recueil des Lettres de Clément XIV (Paris, 1775, 2 vol. ; 1776, 3 vol. in-12). On l'accusa de les avoir composées lui-même, et malgré la publication de l'original italien qu'il se hâta de produire, on les lui attribua longtemps. Privé par la révolution des diverses pensions qui le soutenaient, il reçut, en 1795, de la Convention, un secours annuel de 2,000 livres, et mourut huit ans après dans un état voisin du dénuement.

CARACTÈRE. Chaque homme apporte en naissant un tempérament physique, des facultés et des prédispositions intellectuelles ou morales,

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