‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 220 sur 263 · CARLSTADT — CARMEL · texte numérisé non relu

CARLSTADT — CARMEL

se faire appeler à Bâle (1534) comme prédicateur et comme professeur de théologie. Le fougueux iconoclaste, le nouveau, laïc d'autrefois, devint un paisible partisan de la doctrine de Zwingle, jusqu'à ce que la peste l'enlevât en 1541. Il ne lit plus imprimer que quelques propositions qu'il dut soutenir pour entrer en possession de sa chaire à Bâle. On compte quatre-vingt-sept écrits sortis de sa plume féconde, jusqu'en 1525. — Il existe une littérature assez riche sur la vie et la doctrine de Carlstadt, mais il n'a pas souvent trouvé un jugement équitable. Voici quelques-unes des publications les plus importantes sur son compte : Alberus, Wider die verfîuchte Lehre der Carlstœdter, Neubrandenb., 1565; Gerdesii, Scrinium antiq., P. I; Kœhler, Lebensbeschr. deutscher Gelehrten, I; Fûsslin, A. Bodensteins sonst Carlst. Lebensgesch., 1776; Erbkam, Gesch. der prol. Sekten, 1848, p. 174; M. Gœbel, A. Bodenst. v. Carlst. nach s. Charakter, Theol. Stud. u. Krit.y 1841, p, 100; Dieckhofî, Die evang. Abendmahhlehre im Reform. Zeitaït., I, 299; Jseger, Andr. Bodenst. v. Carlst., Stuttgard, 1856. Une énumération de ses écrits se trouve dans : Rotermund, Erneuertes AndenJc. der Mœnner der Ref.,l, p. 62, et Riederer, Abhandl. aus d. Kirch. Bûcher u. Gelehrt. gesch., p. 473. Ed. Cunitz,

CARMEL[Karmêl,Kapji,Y]Xoç, Kàpp^Xiov cpoq, Josèphe, Antiq., XIII, 15, 4; Carmelus, Tacite, Hist., II, 78], chaîne de montagnes qui se rattache aux collines galiléennes et par elles au Liban. Elle s'étend du sud-est au nord-ouest vers l'embouchure du Kischon, formant au côté sud de la baie de Ptolémaïs (Ay.y.o), à trois lieues de cette ville, un promontoire élevé de 1,200 pieds qui se jette par une pente rapide dans la mer. La chaîne du Carmel sépare la plaine de Jesréel de celle du littoral méridional. Elle formait au temps de Josué (XII, 22; XIX, 26) la frontière entre les tribus d'Asser et d'Issachar, et plus tard celle entre la Galilée et le pays de Tyr (Josèphe, B. </., III, 3, 1). De pierre calcaire très-dure, bien arrosée, riante, très-fertile, elle était renommée par ses bois magnifiques (Antiq., VII, 6,; Es. XXXV, 2; Jérém. XL VI, 18; Amos I, 9; Mich. V, 14), ses prés savoureux (Jérém. L, 1; Es. XXXIII, 9; Nah. I, 4) et même ses vignes (2 Ghron. XXVI, 10). Une autre particularité du Carmel, c'étaient ses grottes. On en compte près de 2,000, surtout du côté de la mer. Elles ont servi, de tout temps, d'asile aux ermites et aux proscrits (Amos IX, 3; 1 Rois XVIII, 19 ss.; 2 Rois II, 25; IV, 25). On montre encore aujourd'hui celle qu'Elie doit avoir habitée. Un couvent a été élevé sur son emplacement à une altitude de 582 pieds au-dessus du niveau de la mer. Fondé vers 1180 par des moines déchaux, qui reçurent le nom de Carmes, il était tout entier, creusé dans le roc. Un second couvent a été érigé sur le mont Carmel au commencement du quatorzième siècle, transformé en un hôpital pour les pestiférés en 1799, détruit par les Turcs, et reconstruit en 1827 au moyen de souscriptions recueillies par le moine Jean-Baptiste, le dernier des survivants de l'ancien monastère. — Voyez: Reland, Palœstina, p. 327-330; Schubert, Reise in s Morgenland, II, 209-221; Ritter, Erdkununde, XVI, 1, p. 705-722; Arnold, Palœstina, p. 21 ss.; etc. —Le nom de Carmel est aussi porté

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par une ville de la tribu do Juda (Jos, XV, 55; 1 Sam. XV, 12; XXV, 5; XXVII, 3), située, d'après Eusèbe, à dix lieues de llébron et dont il reste de nombreuses ruines tant de L'époque des Romains que de celle des Sarrasins.

CARMÉLITES, congrégation de religieuses qui suivent la règle des carmes. Introduite en France au milieu du quinzième siècle, elle n'acquit une importance véritable que depuis la réforme ae sainte Thérèse en 1562, et l'adoption de cette réforme par le cardinal de Bérulle (voy. ee nom). Un certain nombre de dames du grand monde, et parmi elles mademoiselle de La Vallière, entrèrent dans cet ordre, qui possédait à Paris un couvent célèbre, situé rue Saint-Jacques.

CARMES, ordre religieux qui tire son nom et son origine du mont Garmel, en Palestine. Un prêtre calabrais, Berthold, fonda, vers 1180, sur cette montagne un refuge pour les prêtres pèlerins qui erraient sans abri. Sous son successeur, Brocard, le patriarche de Jérusalem, Albert, petit-lils de Pierre l'Ermite, donna en 1209 à cette congrégation de religieux une règle en seize articles, qui leur imposait T isolement de la vie cellulaire avec un oratoire commun, des exercices spirituels sévères, la pauvreté, le travail manuel, les jeûnes, le silence. Elle reçut en 1224 la sanction du pape Honorius III. Lorsqu'après l'insuccès des croisades la Palestine retomba sous le joug des musulmans, les carmes se répandirent dans diverses contrées de l'Europe, dans Tile de Chypre (1238), en Sicile, en Angleterre (1240), dans le* Midi de la France (1244), à Paris, sous saint Louis, leur fervent protecteur (1254). En même temps leur règle fut, au concile de Lyon (1245), considérablement mitigée et appropriée aux besoins de l'Occident. L'ordre des carmes devint très-populaire à cause de son origine qu'il faisait remonter, ainsi que sa règle, jusqu'au prophète Elie, et du zèle fanatique de ses membres pour les missions dans les campagnes; il devança les moines mendiants qu'il prétendait surpasser en austérité, et ne contribua pas peu à répandre la dévotion à la Vierge dont les carmes se disaient les serviteurs préférés. Simon Stock, carme anglais et général de son ordre (f 1265), déclara avoir reçu de la Vierge, dans une vision, le scapulaire, comme une marque de sa protection envers tous ceux qui le porteraient et qui garderaient la virginité, la continence ou la chasteté conjugale, selon leur état. Le scapulaire consiste dans deux petits morceaux d'étoile bénite, avec l'image de la Vierge, portés sous le vêtement et joints ensemble au moyen d'un cordon passé autour du cou. La Vierge s'engage à délivrer du purgatoire tous ceux qui le p< .itéraient. L'habit descarmes subit plusieurs modifications, comme aussi leur règle. Ils portaient une robe brune ou noire avec une chape ou un manteau blanc, traversé par des barres de couleur brune, en souvenir du char de feu qui avait emporté Elie. Comme les franciscains et les dominicains, ils eurent leur tiers-ordre, autorisé par une bulle de Sixte 1\ en 1476. La règle de ce tiers-ordre, modifiée plusieurs lois par les généraux des carmes, s'est étendue de façon à englober les laïques qui entrent ei religion san^ changer leur costume, pourvu qu'il soit de couleur sombre. Le tiers-ordre se recrute principalement dans les campagnes,

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