‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 221 sur 263 · CARMES — CARNIOLE · texte numérisé non relu

CARMES — CARNIOLE

tandis que les classes plus élevées le remplacent par l' affiliation aux jésuites. La popularité dont ont joui les carmes, surtout au dix-septième siècle, et leur ambition d'offrir le type idéal de la vie monastique, leur ont valu des attaques passionnées de la part des autres ordres jaloux -de leur influence, en particulier de celui des jésuites. Le docteur de Launoy, dans une Dissertatio de Sim. Stochiïviso(PdiY., 1653), a soutenu que la vision de Stock était une imposture, que les bulles des papes citées en sa laveur sont des bulles supposées, et que les carmes n'ont commencé à porter le scapulaire que longtemps après la date de la vision prétendue. De son côté, le bollandiste Papebroch (A A. SS., 8 avril, t. I, p. 775 ss.) a fait justice de la prétendue filiation que les carmes établissent entre leur ordre et le prophète Elie ou même les premiers anachorètes chrétiens. Le P,Rardouin (f 1729), renchérissant encore sur cette thèse, dépensa beaucoup d'érudition pour montrer que les carmes n'avaient pas d'autre Carmel pour berceau que la montagne Sainte-Geneviève à Paris. Pour mettre lin à ces disputes, le pape Innocent XII dut imposer silence aux deux partis (1698).— Voyez : Hélyot, Hist. des ord?*es relig., I, p. 347 ss. ; J.-B. de Lézana, Annal, sacri, prophetici et Eliani Ord. B. V. Mariœ de monte Carmeli, Rome, 1645-56, 4 vol. in- fol. ; le P. Philippe, Histor. Carmel. compendium, Lyon, 1656, in-8°; Theologia Carmel., Rome, 1665, in-fol. ; Baronius, Annal. ann. 1181; H. de Sponde, Annal. Baron, continuât., ann. 1205.

CARMES DÉCHAUSSÉS {Carmelitœ excalceati ou discaïceati), ainsi nommés parce que leur règle leur imposait de marcher nu-pieds. Leur congrégation a été fondée en Espagne, en 1562, par sainte Thérèse et par Jean de la Croix, d'après les principes d'un mysticisme ardent et d'un sombre ascétisme, que l'on retrouve dans les écrits de ces deux fanatiques espagnols (voy. leurs noms). Cet ordre, approuvé par Pie V et confirmé par Grégoire XIII, se répandit avec une telle rapidité et lit de si nombreux prosélytes qu'en 1600 on dut le diviser en deux congrégations avec deux généraux, celle d'Espagne et celle d'Italie ou de Saint-Elie, qui comprend toutes les provinces en dehors de l'Espagne, Les carmes déchaussés s'établirent en France sous le règne de Louis XIII, et y conquirent promptement une popularité très-grande. C'est d'eux que, de nos jours, sortit le P. Hyacinthe Loyson, l'illustre prédicateur de Notre-Dame, qui déposa le froc en 1872. — Voyez : H. de Sponde, Annal., ann. 1568 et 1580; le P.Isidore de Saint- Joseph, Hist. des Carmes déchaux; le P. Jérôme de Saint-Joseph, Hist. de la réforme des Carmes.

CARNAVAL (étymologie incertaine : carnelevamen, caro vale, etc.), temps de réjouissance qui précède le carême, commence le 6 janvier, jour de l'Epiphanie, et finit le mardi, veille du mercredi des cendres. Cet usage est un reste des fêtes populaires des anciens païens et de celles de nos pères, telles que les Bacchanales, les Lupercales, les Saturnales, la fête des Fous, de l'Ane, etc. Depuis Chrysostôme jusqu'à, nos jours, les prédicateurs se sont plaint des abus qui en résultent.

CARNIOLE, province autrichienne, 466,334 habitants (1869): 465,472 catholiques, 278 grecs unis, 294 grecs non unis, 250 protes-

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