‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 222 sur 263 · CARNIOLE — CARPIN 64<J · texte numérisé non relu

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tants. La population est en grande majorité d'origine slave; il n'y a guère que 32,000 Allemands. D'après la légende, le christianisme fut prêché en Carniole, dès le commencement du second siècle, par Fortunatus, diacre de révoque d'Àquilée, Hermagoras. Quoi qu'il en soit, le paganisme avait déjà disparu de la Carniole au temps de Charlemagne. Réunie à la Garinthie en 1232, elle en partagea dès lors les destinées politiques. Le luthéranisme y fut prêché, dès 1531, par Primus Truber, chanoine de Laybach, et rencontra bientôt de nombreux adhérents. Expulsé du pays, Truber se retira en Wurtemberg, où il publia les premières Bibles slaves. A la fin du seizième siècle, le pays pouvait être considéré comme protestant; la ville de Laybach avait, en 1597, neuf pasteurs luthériens. Les violences de la contre-réformation vinrent durement frapper la Carniole. L'édit de 1001 (voy. Carinthie) força les habitants à une émigration en masse. A Laybach, six pères de famille seulement rentrèrent dans F Eglise catholique. Les autres préférèrent l'exil à l'infidélité et se retirèrent en Bohême, en Allemagne et en Hongrie. Une révolte des paysans restés protestants fut durement réprimée en 1637, et, depuis lors, le protestantisme en a disparu. Cependant une nouvelle église protestante a été construite à Laybach en 1852 par les soins de l'Association de Gustave-Adolphe. Le prince-évêque de Laybach gouverne le diocèse de la Carniole. Le chapitre de la cathédrale se compose d'un prieur, d'un doyen et de neuf chanoines. Le consistoire se compose des membres du chapitre et de treize conseillers. Il y a à Laybach une école diocésaine de théologie, avec six professeurs et deux séminaires; à Rudolplizell, un chapitre avec un prieur et quatre chanoines. Les paroisses sont réparties dans vingt décanats. Les couvents d'hommes sont au nombre de cinq; les maisons de religieuses au nombre de trois. E. Vaucher.

CAR0LINS (Livres). Voyez Livres carolim.

CARPENTRAS [Carpentoracte] (Vaucluse), évêché suffragant d'Arles, puis, à partir de 1475, d'Avignon, supprimé en 1801. Ses évêques demeuraient à Venasque (Vindasca), petit bourg qui parait avoir eu des évêques avant Carpentras. L'histoire religieuse de ces deux villes avant la lin du cinauième siècle est fort incertaine ; vers 536, saint Siffroy, moine de Lérins, était évêque de Venasque : on lui attribue la fondation de l'église de Saint-Antoine à Carpentras. Jacques Sadolet occupa le siège de Carpentras de 1517 à 1540 (Gallia christ iana, I; Courtet, Dict. de Vaucluse, 1877).

CARPIN (Jean du Plan), religieux italien du treizième siècle, des frères mineurs de l'ordre de Saint-François, voyagea de 1246 à 1247 *'ii Tartarie, où Innocent IV l'avait envoyé en qualité de légat. La naïve crédulité avec laquelle il consigna dans sa relation tout ce qu'il avait vud'étrange pour un moine latin ne contribua pas peu aux tables qui eurenl < mus durant le moyen âge sur ces lointaines régions. La fameuse légende du prêtre Jean, chef religieux ci politique d'une communauté chrétienne opprimée par les infidèles cl attendant toujours de l'Occident sa délivrance, remonte jusqu'à lui. Sa mission terminée, Carpin se consacra a L'évangélisation du Nord, et prêcha, dit-on, jus-

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qu'en Danemark et en Norwége. Sa relation fut imprimée pour la première fois à Venise, en 1537. On en a fait en 1634 un abrégé réimprimé à La Haye, en 1729 et 1735, dans la Collection des voyages en Asie de Benjamin de Tudèle, Carpin, Rubruquis, etc. C'était, jusqu'à ces derniers temps, le seul extrait qui en eût été donné en français. En 1839, M. Davezac a publié, pour la collection des mémoires de la Société géographique, la première édition complète de la Relation des Mongols ou Tar tares, par le frère Jean du Flan de Carpin, etc., d'après les manuscrits de Leyde, de Paris et de Londres (Paris, in-4°). CARPOCRATE, célèbre gnostique, vivait à Alexandrie, au milieu du deuxième siècle, sous le règne d'Adrien. 11 revêtit les idées platoniciennes de formes empruntées au christianisme et enseigna un antinomisme qui aboutit aux plus dangereux égarements. Les âmes, d'après lui, ont existé de toute éternité dans la périphérie de la Monade divine, qui, dans les cercles toujours plus vastes qu'elle a tracés autour d'elle, a rencontré la matière à laquelle se sont unis les àyysXs'. jwxjpoicoioc, déchus de leur pureté primitive. Le royaume du monde, qui n'a point conservé le souvenir de sa divine origine, s'est constitué dans l'isolement et dans l'indépendance du principe divin, parquant les hommes et les divisant au moyen des barrières factices qu'élèvent entre eux la propriété, le mariage, les institutions politiques et religieuses avec leur caractère essentiellement national, c'est-à-dire particulariste. Par une fausse interprétation de Rom. VII, 7, Carpocrate oppose aux lois des hommes qui ont provoqué le péché, la nature, qui représente ce qui subsiste de leur condition primitive. Pour atteindre à la -pwsiç [j.Gvao'ayj, il faut vivre y.atà çuaiv, sans souci des traditions et des conventions sociales. Dans sa réaction aveugle contre le légalisme, Carpocrate va jusqu'à accuser Moïse, qui a réprimé dans le Décalogue la convoitise du bien du prochain, d'être l'auteur du vol et de l'adultère. Les philosophes païens, Pythagore, Platon, Aristote, ont réagi contre cette tendance. A leur famille appartient aussi le juif Jésus, fils de Joseph. Il est un homme comme nous, mais son âme plus pure s'est souvenue de ce qu'elle avait vu auprès de Dieu dans l'existence antérieure. C'est pour cela que la Monade céleste l'aima et lui envoya, lors clu baptême, la force d'échapper aux démiurges et d'offrir au monde le salut, qui consiste à suivre son exemple en s' unissant comme lui à Dieu, en brisant le joug de la loi et en combattant la souffrance par la vertu de guérir les maladies et de triompher de la puissance de la matière que nous pouvons obtenir à un degré encore plus grand que lui. Celui qui reste esclave des puissances inférieures est condamné, par la loi de la métempsychose, à traîner une existence misérable de corps en corps, de planète en planète; mais celui qui s'unit à la Monade, retourne à elle au sein de la félicité glorieuse de la périphérie divine. Le système de Carpocrate a été développé par son fils Epiphane, qui mourut à l'âge de dix-sept ans, après avoir dissipé les plus beaux dons dans la débauche. Ses adhérents, lui élevèrent un temple dans l'ile de Céphalénie et lui accordèrent les honneurs divins. Les carpocratiens se répandirent dans toutes les contrées méditerranéennes. Ils se livraient,

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dans leurs agapes, aux débauches imputées par les païens à tous les chrétiens, pratiquaient les arts magiques, fcélébraieni des rites tout païens auxquels ils avaient adapté la terminologie chrétienne, associant à l'image «lu Christ, dont ils se disaient redevables à Pilate, les bustes des dieux et des sages de la Grèce. — hviice (Adv. A»res.,I,2&)ct Clément d'Alexandrie {Strom.>l[\, p. 521 ss.) ont fourniles renseignements les plus complets que nous possédions sur cette secte. Clément a inséré dans ses Stromates des fragments d'un traité de morale d'Epipliane. -iz\ z-./.T.zzJrr,;. Voyez aussi Hippolyte, Yj,v;yzz. VII, 32; Epiplianc Hares., 27 ; Théodoret, Hivres. fabui, 1, 5; Tertullien, De Script,, 18; Eusèbe, IV, 8; Fuldner, De Carpocratianis, dans Ilgeris Histor. iheuL Adkandl., Leipz., 1824, p. 180 ss.; Gesenius, De inscriptione j)/t<i'nicio-(/?';i'ca in Cyrenaica nuper reperta ad Carpocratianorwn hivresi/t pertinente, Hahe, 1825, dans lequel opuscule le savant orientaliste analyse deux inscriptions trouvées dans la Cyrénaïque qui établissent que les tendances carpocratiennes y étaient encore vivaces au sixième siècle; Neander, Kirchengesch., I, p. 509 ss., etc.

CARPZOV, famille originaire du Brandebourg, qui occupe une place importante dans le mouvement intellectuel de l'Allemagne par la science et l'orthodoxie luthérienne des quinze savants plus ou moins marquants qu'elle a fournis à la jurisprudence et à la théologie dans le dix-septième et le dix-huitième siècle (voy. sur la famille dans son. ensemble : Dreyhaupt, Beschreibung desSaalkreises, Halle, 1749-51, t. Il ; Menés Gelehrtes Europa, t. XIV, p. 290; (Conversations- Lexicon de Brockhaus, 12 éd., t. IV: les principaux savants qui en sont sortis ont chacun leur article dans Y Encyclopédie de Ersch et Gruber, et dans YAllgemeine Deutsche Biographie, t. IV; les théologiens, dans l'Encyclopédie de Herzog). — Nous mentionnerons les suivants : 1. Benoit Cabpzoy (1593-1666), jurisconsulte célèbre et professeur de droit ecclésiastique, dont la Jurisprudentia ecclesiastica (Leipz., 1649) a développé scientifiquement le système épiscopal luthérien, d'après lequel les droits et prérogatives des anciens évoques sont considérés comme dévolus au prince temporel. —2. Jean-Benoit I, son frère, né en 1607 et mort le 22 octobre 1657, pasteur et professeur de théologie à Leipzig, a publié entre autres, sous le titre de Ilodegeticum (Leipz., 1656, in-8°), un traité d'homilétique estimé de son temps, et peut être considéré comme le créateur de la symbolique par son ouvrage posthume : Isagogc inlibrosEcclesiarum lutkerûnarum $t/mèùlicos (Lips., 1665, in-4°). — 3. Jean- Benoit II, fils du précédent, né à Leipzig le 21 avril 1639, professeur de morale dans cette ville en 1665, d'hébreu en 1668, de théologie en 1684, y mourut le 23 mars 1699; il fut un adversaire déclaré du piétisme, e qui l'entraîna à de très-vives polémiques; élève de Buxtorf, il counaissai! bien l'hébreu et publia dans ce domaine, outre quelques travaux originaux de peu d'étendue (ses dissertations ont été réunies: Disputatwnes academicœ, etc., Lips.. 1699. in-4°), de nouvelles éditions daJtu regium Hebrseorum de Schickard (1674), des Horx hebr. et talmud. m l\ Evangel. de Lightfoot (167"> et 1684, in-4°), du Pugio fidei adv. Mawos et Judxoi de Raimond Martin (Lips., 1687, in-foL), du

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Comment arius in minores prophetas de Tarnov (1688, in-4°). Voyez sur lui : Pipping, Sacer decadum Septenarius (Lips., 1705, p. 703-784). — 4. Jean-Benoit III (1670-1733), fils du précédent, pasteur à Leipzig et professeur extraordinaire de langue hébraïque, publia quelques dissertations, et le Collegium rabbinico-biblicum in lib. Ruth (Lips. , 1703, in-4°), de son père. — 5. Jean-Benoit IV, fils du précédent, né le 20 mai 1720 à Leipzig, fut dès 1748 professeur de grec et de théologie à Helmstœdt, où il mourut le 28 avril 1803, après y avoir représenté le luthéranisme strict, au nom duquel il combattit le rationalisme de son collègue W.-A. Tellerparson Liber doctrinalis theologiœ purioris ut Ma in Acad. Helmst. docetur (Brunswick, 1768). Ses travaux exégétiques sur les épitres {Romains, 1756; Epîtres cathol., 1790; Galates, 1794 ; Hébreux, 1795) sont estimés surtoutpour les connaissances philologiques de l'auteur, connaissances quibrillent tout spécialement dans ses Sacras Exercitationes in epistolam ad Hebrœos ex Philone (Helmst., 1750, in-8°) et dans de nombreux ouvrages théologiques et philologiques. Voyez sur lui : Saxius, Onomasticon (t. VIII, p. 55); Neues Gel. Europa (t. XIV, p. 290) ; Meusel, Gelehrtes Teutschland (t. I). — 6. Samuel-Benoit, fils de Jean-Benoît I (1647-1707), pasteur à Dresde, devint par l'influence de son frère, Jean -Benoît II, un adversaire du piétisme, quoiqu'il eût d'abord été un ami de Spener; il laissa après lui beaucoup de sermons imprimés, une réputation de prédicateur de talent, et un fils qui doit nous arrêter davantage. — 7. Jean-Gottlob Carpzov, né à Dresde le 26 septembre 1679, étudia à Wittenberg, Leipzig et Altdorf, voyagea en Angleterre et en Hollande, exerça le ministère évangélique dès 1704 à Dresde, et dès 1708 à Leipzig, où ilfut en même temps (1713) professeur extraordinaire de théologie, puis (1719) professeur ordinaire de langues orientales; appelé en 1730 comme premier pasteur et surintendant à Lubeck, il s'y montra d'un luthéranisme violent et persécuteur contre les réformés et les frères moraves,et y mourut le 7 avril 1767. Carpzov occupe dans l'histoire de la critique biblique, par ses deux ouvrages principaux, une place importante, soit comme représentant principal de l'orthodoxie luthérienne en ces matières, soit comme résumant avec une grande érudition tous les travaux publiés jusqu'alors sur l'Ancien Testament dont il rend fidèlement compte, soit enfin pour avoir embrassé plus complètement que ses prédécesseurs l'ensemble des recherches qui constituent de nos jours Y Introduction à l'Ancien Testament. Avec un dogmatisme très-arrêté il soutint l'inspiration littérale, le canon divin et l'incorruptibilité du texte de l'Ancien Testament, et fut au dix-huitième siècle le principal adversaire de la tendance critique d'un Louis Cappel et d'un Richard Simon, auxquels il ne laisse rien passer et dont il réussit à arrêter pendant plus d'un clemi-siècle l'influence sur la théologie protestante ; il faut cependant lui reconnaître le mérite d'avoir obligé la critique biblique à plus de circonspection et à une étude plus minutieuse pour arriver à se former une idée de l'origine des livres de l'Ancien Testament. Nous citerons de lui son Introductio ad libros canonicos Bibliorum Vet. Testamenti omnes (Leipz., 1714-21, 3 vol. in-4°; 2e édit, 1731 ; 3eédit., 1741 ; ces deux dern. édit. sans changements),

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dans laquelle il étudie les uns après les autres chacun des livres historiques, poétiques et prophétiques de r Ancien Testament, examinant leur titre, leur auteur, leur contenu, leur but, le temps de leur composition, etc., et appuyant en tous points les opinions traditionnelles par la réfutation des novateurs, le tout terminé par une ample indication des commentaires publiés sur chaque livre ; dans la préface du troisième volume l'auteur répond aux critiques que les Mémoires de Trévoux avaient faites du premier volume. Dans sa Critica sac?*a Vet. Testament/ (Lips., 1748, in-'t" ; 2e édit. revue et augm., 1748, in-4°) Carpzov complète l'ouvrage précédent en exposant dans une première partie tout ce qui concerne le texte de l'Ancien Testament dans sonensembleet les travaux dont il a été l'objet, et en examinant dans la seconde les versions; la troisième partie devaitêtre consacrée aux livres apocryphes et pseudépigraphes, mais l'auteur l'a remplacée par une réfutation d'un ouvrage de l'anglais G. Whiston, qui soutenait que le texte hébreu avait été corrompu par les Juifs; cette partie fut traduite en anglais (Lond., 1749, in-8). Carpzov avait eu l'intention de faire pour le Nouveau Testament un travail semblable à celui qu'il avait publié sur l'Ancien dans ces deux ouvrages; il y renonça d'autant plus facilement qu'il avait trouvé en J.-W. Rumpseus un disciple fidèle qui chercha à s'inspirer de ses sentiments, sinon de son érudition, dans sa Commentatio critica in libros J\ovi Testament i in génère, cum prœfatione J. 67. Carpzovii (Lips., 1730, in-4"), mais qui mourut avant d'achever l'introduction spéciale à chaque livre qu'il avait promise. Sous le titre d'Appara tus historico-criticus Antiquitatum sacri codicis et l gentis hebrœx (Lips., 1748, in-4°) Carpzov donna un commentaire érudit de l'archéologie hébraïque que Thomas Godwin avait publiée en anglais sous le titre de Muses and Aaron (Lond., 1614, in-4°). — Sources : Moser, Lexîcon d. jetztleb. Theologen, p. 144 et 792; Gœtten, Gelehrtes Europa, t. I, p. 101 et 843; Meusel, Lexicon d.verstorb. teutschen, Schriftsteller , t. II; Adelung, Supplem. zu Jœchers Lexicon, t. II; Siegfried, dans Allgem. Deutsche Biographie, i. IV ; Meyer, Gesch. d, Schrifterklxrung, t. IV; Rosenmùller, ffandbuch, t. I. a. Bernus.

CARRANZA (Bartolomeo), l'illustre et infortuné archevêque de Tolède, naquit en 1503, à Miranda, ville du royaume de Navarre. Dominicain et inquisiteur, il travailla avec un zèle passionné à la répression de toutes les tendances hostiles à l'autorité du saintsiège, qu'il plaçait sans hésitation au-dessus de celle des conciles (voy. les Quatre controverses, en tête de la lre édition du livre: /Somme de tous les Conciles, et l'édition de 1081). Il professa avec éclat la théologie dans le collège de Saint- Grégoire à Valladolid et joua un rôle important au concile de Trente. L'ardeur avec laquelle il travailla, sous les auspices de Philippe II ei de Marie Tudor, à la restauration du catholicisme en Angleterre, lui gagna les sympathies du pape et du roi. En 1558 il monta sur le siège de l'archevêché de Tolède et obtint la haute dignité de primat des Espagnes. Ce fut le commencement de ses malheurs. Désigné à l'attention du grand-inquisiteur D. Ferdinand de Vahles, archevêque de Séville, par les aveux de personnes suspectes

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d'hérésie et par son attitude étrange au lit de mort de l'empereur Charles V, il fut arrêté et jeté dans les prisons de l'inquisition. Son procès, évoqué à Rome par le pape Pie V en 1567, dura jusqu'à 1576. Le 16 mars, Grégoire XIII prononça la sentence. Carranza, déclaré tièssuspect (en gran mariera sospechoso) d'hérésie, devait abjurer seize propositions scandaleuses, se soumettre à diverses pénitences, et être suspendu pour cinq ans et au-delà de ses fonctions. Bientôt après, le 2 mai, l'infortuné prélat expirait au couvent de la Minerve, non sans protester de son innocence. La plupart des historiens admettent que le procès n'eut d'autre causeque la jalousie des adversaires de Carranza. Didier de Castejon, dans son histoire de Y Eglise de Tolède, Salazar de Mendoza, auteur d'une Vie de Carranza, Llorente, dans son Histoire critique de V Inquisition d'Espagne, et l'auteur de [a Notice sur le procès de Carranza, dans la Collection de documents inédits pour V histoire d'Espagne (t. V, p. 389), sont d'accord sur ce point. Mais Ad. de Castro, dans son Histoire des protestants d'Espagne (1851), a prouvé que les propositions condamnées se trouvent dans les écrits de Carranza, et un examen plus approfondi montre qu'elles font partie d'un système qui, sans être conforme aux doctrines de Luther, s'écarte en plus d'un point des enseignements de l'Eglise catholique. C'est que Carranza avait obtenu en 1539, lors d'une réunion du chapitre général de son ordre, Je droit de lire les écrits des hérétiques. Il s'était à son insu pénétré de leurs idées. Si Melchior Cano, son rival et son adversaire, fut un partisan zélé de la scolastique et un ennemi déclaré de toute innovation, Carranza approuvait les vues d'Erasme de Rotterdam et prêchait la nécessité d'une réforme dans son traité sur la Résidence des évêques (Venise, 1547 et 1562) et dans son célèbre discours tenu au concile de Trente, le premier dimanche du carême de 1546, sur le texte : « Seigneur, est-ce qu'en ce temps tu restitueras le royaume d'Israël? » Les Commentaires sur le Catéchisme, publiés en 1558 et dédiés à Philippe II, furent écrits dans le but avoué de combattre l'ignorance des masses et l' influence pernicieuse des hérésies par une instruction solide et variée, puisée à la source de l'Eglise et des saintes Ecritures. Dans ce livre que Réginald Pôle et d'autres prélats illustres ont loué, et auquel la congrégation de Y Index du concile de Trente n'a pas refusé son approbation en 1563, l'auteur enseigne que le chrétien est justifié par la foi en la mort de Jésus-Christ ; foi capable de vaincre les terreurs du sépulcre et de l'enfer. Ce fut cette doctrine qu'il apporta au grand empereur comme suprême consolation. Même dans son livre le plus répandu : La Somme de tous les Conciles, publié pour la première fois eu 1546, revu et corrigé par François Sylvius en 1639, par François Jansens Elinge en 1668 et 1681, et dans les premières années du dixneuvième siècle par le bénédictin Schramm, Carranza ne se borne pas à donner un résumé des décisions des assemblées chrétiennes, mais il s'applique à réveiller la conscience de la misère des temps présents par le souvenir de la gloire passée. En un mot Carranza se rattache à ce groupe d'hommes éminents qui, au seizième siècle, ont pensé réformer l'Eglise par un retour aux lois du passé, et la théologie par un

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retour aux saintes Ecritures, sans se séparer de l'unité catholique H

tout en restant soumis au v décisions du saint-siège, comme à la su- ' préme autorité en matière de dogme, eug. Stern.

CARRON Ç6ui-Toassaint4ulien), prêtre philanthrope, né à Rennes en I7t)0. Kiev»' par sa mère en vue du sacerdoce et ordonné prêtre avant l'âge, il manifesta, dès ses premières fonctions de vicaire dans une paroisse de Hennés, le zèle ardent et les qualités spéciales qui tirent de lui un véritable apôtre de bienfaisance. La Révolution l'enleva aux œuvres charitables qu'il avait déjà organisées dans sa patrie. Emprisonne comme réfraetaire, puis exilé, il se réfugia à Jersey, où sa charité ingénieuse trouvâtes ressources nécessaires aux secours temporels et spirituels des émigrés et à l'instruction de leurs enfants. Cette sorte de colonie de réfugiés ayant dû passer à Londres, l'abbé Carron y transporta ses écoles et ses institutions bienfaisantes, qu'il augmenta d'hospices et d'un séminaire. Il ne quitta ce champ d'activité qu'à la Restauration pour prendre, à la demande de Louis XVIII, la direction de Y Institut royal de Marie-Thérèse, maison entretenue par la liste civile en faveur de jeunes personnes dont les familles avaient été ruinées par suite de leur fidélité à la cause du roi. L'abbé Carron montra à Paris comme à Londres un dévouement infatigable à toutes les misères et mourut en 1821, entouré de la vénération universelle. Lamennais, qui vécut assez longtemps dans la même maison et qui lui vouait une admiration profonde, s'était proposé d'écrire sa vie, dessein que les luttes qui l'absorbèrent dans la suite l'empêchèrent sans doute de réa- ! ser. Malgré ses travaux incessants, l'abbé Carron ne composa pas moins de trente ouvrages, dont quelques-uns ont plusieurs volumes, sur des sujets d'édification et de morale. Trois sont restés en manuscrit. Rédigés avec un style quelque peu négligé, mais dans un esprit de piété pratique absolument étranger aux exagérations de la faction ultramontaine, ils furent accueillis avec faveur par les contemporains. Citons les Réflexions chrétiennes pour tous les jours de l'année (Winchester, 1790, in-12), souvent réimprimées à Paris et à Londres sous le titre de Pensées chrétiennes ; les Pensées ecclésiastiques, et les Confesseurs de la foi en France à, la fin du dix-huitième siènln (Paris, 1820, 4 vol. :n-S"); c'est le plus remarquable de s* --■.. L'abbé CLrrOfi a

lossi écrit Le Modèle des prêttec oi »r:dres, 1803,

in-12). i\ Uouffet.

CARTÉSIANISME. René Desca „■??, .,e en Touraine l'an 1596, fut élevé an collège des jésuitesà la Flèche; après avoir servi dans l'armée de Maurice de. Nassau, puis dans celle de Tilly, il parcourut une grande parti»' de L'Allemagne et se retira (1629) en Hollande pour s'y vouer j»|ii< libreim ut a la méditation. En 1037 il publia Je Discours êe I" méthode, que complétèrent les Principes (lOVi) et les Méditations métaphysiques (1647). Sur l'invitation de la reine Christine de Suède, il -r rendit en 1649 à Stockholm, où il mourut le 11 lévrier KSJO, Descartes commence par énumérer tous les motifs que nous avons pour doutei- de la vérité de nos connaissances, et il semble adopter la maxime de Sanchez (Quoi nihil scitur, UJ81) : Quo magis coyito, magn

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dubito. Toutefois il a eu soin de distinguer entre la philosophie et la théologie. En matière religieuse, il est un ferme croyant; il accomplit le pèlerinage de Lorette pour un vœu fait à la Vierge ; il supprime soie Traité delà lumière, quand il apprend la condamnation de Galilée, non qu'il ait renoncé au système de Copernic, car il constate que la décision des inquisiteurs n'est confirmée ni par le pape ni par un concile; mais par prudence, il s'enveloppe désormais d'obscurité quand il traite du système du monde ; etBossuetdit de lui : « Descartes a toujours craint d'être noté par l'Eglise, et il prenait pour cela des précautions qui allaient jusqu'à l'excès.» En philosophie ce doute méthodique rencontre une vérité inébranlable, obtenue sans raisonnement, par une simple •inspection de l 'esprit : si je doute, je pense, c'est-à-dire je suis ; ce qui chez saint Augustin n'était qu'une réflexion entre plusieurs, se trouve constituer le fondement de la philosophie. Cette première notion ayant pour caractère d'être évidente, l'évidence est le critère de la vérité* substitué au principe d'autorité accepté par la philosophie scolastique; ce que je conçois clairement et distinctement est vrai, et la raison seule est juge de l'évidence des choses. Or nous discernons clairement dans notre esprit l'idée d'un être parfait, existant par lui-même, substance indépendante ; idée qui n'est pas notre œuvre personnelle ; elle est donc imprimée à notre esprit par l'être infini, c'est-à-dire par Dieu, créateur universel. Du reste, Descartes ne s'arrête pas à approfondir l'idée de Dieu; il l'accepte de la tradition chrétienne; comme pour les jésuites, ses maîtres, la liberté divine est pour lui une liberté d'indifférence : Dieu aurait pu rendre possibles les choses qu'il a voulu rendre impossibles; mais il ne développe pas les conséquences de cette notion. Du moins il tire de l'existence de Dieu un second critère : 1» véracité de l'être parfait, qui ne veut pas nous tromper, Dès lors les notions que nos sens nous suggèrent ne sont pas des illusions, elles correspondent à une réalité objective, le monde, dont l'existence est une création incessante de Dieu, qui est la vraie cause comme i! est la vraie substance, les êtres créés n'agissant que par son action continue. La philosophie n'a pas à s'enquérir des causes finales, la capacité de notre esprit étant trop médiocre pour les discerner ; elle cherche surtout l'explication mécanique et mathématique des phénomènes de la nature. Dans le monde nous distinguons deux sortes de substances opposées : les corps, dont l'attribut intelligible et essentiel est l'étendue, tous les mouvements matériels, tant physiques que physiologiques, n'étant que l'étendue modifiée diversement, et les esprits, dont l'attribut essentiel est la pensée, la continuité des phénomènes de conscience. Dans l'homme, le corps exerce une action sur l'âme et réciproquement, mais l'assistance divine est nécessaire pour ces communications. Nos idées sont les unes innées ou nécessaires, les autres acquises. Nos erreurs viennent de ce que la volonté intervient dansla formation de nos jugements; l'entendement ne détermine la volonté qu'avec le consentement de la volonté qui est absolument libre. On a reproché à ce système que les différents termes n'en sont pas assez justifiés ni coordonnés ; que la psychologie en est faible.

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et les éléments éthiques presque absents : l'évidence est mal définie, et les Idées innées indiquées vaguement ; on passe trop brusquement d'un simple phénomène de conscience à la notion ontologique de' la substance pensante, et de l'idée de l'être existant par lui-même au Dieu des chrétiens; ainsi cette doctrine se présente avec l'apparence d'une hypothèse ou d'un emprunt l'ait à la tradition; enfin l'élément rationaliste y prédomine, préparant les voies à l'idéalisme panthéistique. Mais il faut reconnaître (piécette philosophie, dans sa claire et géométrique ordonnance, répondait aux aspirations de cette période du dix-septième siècle et qu'elle a exercé une action qui peut être comparée à celte de Richelieu dans l'ordre politique; Descartes ne veut pas seulement rompre avec le moyen âge, mais avec le mouvement impétueux de la pensée au seizième siècle; il surmonte le scepticisme; il résiste au « flot d'épicuriens », et oppose au Dieu-nature des matérialistes le Dieu-pensée; il complète la méthode de Bacon, toute consacrée à l'étude des phénomènes sensibles; il marque fortement le lien intime qui unit l'âme à Dieu ; et par-dessus tout il ramène la philosophie à son vrai foyer, la science de l'esprit. Cette doctrine excita dès l'abord un vif intérêt. En France, elle rencontra de nombreuses adhésions; le duc de Luynes traduisit en français les méditations; Rohaut institua des conférences qui furent suivies par l'élite de la société parisienne; l'influence que cette philosophie exerça sur la littérature fut considérable. Plusieurs ordres religieux l'adoptèrent, notamment l'Oratoire (Bérulle, Malebranche, le P. Poisson) et Port-Royal (Arnauld, Nicole) ; dans les autres congrégations elle compta des disciples éminents (le P, Mersenne, le P. Bossu, etc.). Mais les jésuites lui firent opposition ; la doctrine de la transsubstantiation était en péril; à leur sollicitation, le saint-siége défendit l'impression et la lecture des écrits de Descartes (1663). La Sorbonne demanda un arrêt de prohibition au parlement, et comme ce corps hésitait, par suite d'un arrêt burlesque imaginé par Boileau, ce fut le conseil du roi qui proscrivit en France l'enseignement de cette philosophie (1671) ; l'archevêque de Harlay fit fermer le cours de Sylvain Régis ; dom Lamy fut interdit de l'enseignement et de la prédication ; le P. André, jésuite mais cartésien, fut mis à la Bastille ; l'Oratoire fut obligé de soumettre son enseignement à une révision. Il est vrai que plusieurs cartésiens s'étaient avancés dans une voie qui aboutissait au panthéisme : le médecin Delaforge enseignait que les rapports de l'àme et du corps sont indépendants de notre volonté et causés par Dieu seul (Traité de l'nme et deson unir») arec le corps d'après 1rs principes de Desc., 1666) ; Régis soutenait qu'il faut rapportera Dieu les actes que par illusion nous rapportons à nous-mêmes; Malebranche voyait tout en Dieu et constatait que Dieu fait tout en nous. Toutefois un cartésianisme mitigé, représenté surtout par deux hommes supérieur-. Bossuel et l'énelon, lit tomber en désuétude les arrêts de proscription, et les j.'siiitcs eux-mêmes finirent par l'adopter. Mais au dix-huitième siècle, cette philosophie tomba dans un discrédit complet; ce qui amena sa chute, ce ne furent pas les critiques de Huet (Censvra philosopha cart., 1081) ; Traité de la faiblesse de l esprit humain, ii. 4-2

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1723), mais d'une part le dogmatisme immobiliste des cartésiens, pour qui la parole du maître était devenue une nouvelle autorité, et d'autre part Terreur de l'hypothèse des tourbillons, qui dut faire place à la théorie de l'attraction découverte par Newton. Quelques voix au sein du clergé (Gerdil) protestèrent contre cet oubli « du père de la nouvelle philosophie». En Hollande, un professeur de théologie à Leyde, Heida- .nus, avait été un des premiers disciples de Descartes; des professeurs de philosophie, de Rary, Herbrot, Geulinx, le théologien Christ. Wittich (Theologia pacifica, 1671) suivirent la même voie. A l'université d'Utrecht, le philosophe Rhegius, le théologien F. Burmann professèrent aussi le cartésianisme ; mais le recteur G. Voet accusa Descartes d'athéisme, et celui-ci dut recourir à l'ambassadeur de France pour obtenir que la procédure fût arrêtée ; la cause du cartésianisme fut confondue avec celle de la doctrine de Cocceius ; toutes deux furent condamnées par l'université. Les Etats et le synode intervinrent (1656) ; les cartésiens étaient suspects au parti orangiste, et en 1676 l'enseignement de la philosophie cartésienne fut interdit. On incriminait : le doute posé comme point de départ pour la recherche de la vérité, l'affirmation que la certitude philosophique égale, en son domaine, celle de la révélation, que la liberté de l'homme est assez complète pour qu'il puisse de lui-même dompter ses passions ; puis l'occasionalisme enseigné par Geulinx, qui, après avoir professé pendant douze ans à Louvain, était devenu protestant et semblait dépasser les limites du théisme chrétien en affirmant que Dieu produit dans notre corps les actes correspondant aux pensées de l'esprit et réciproquement ; et la hardiesse avec laquelle B. Bekker contestait, au nom de la philosophie, la puissance des démons et introduisait dans F exégèse le procédé de l'accommodation ; enfin la doctrine de Spinoza, qui apparaissait comme le continuateur légitime de Descartes. Mais ces rigueurs n'empêchèrent pas le cartésianisme d'acquérir des adhérents et d'exercer une influence sur la théologie ; par exemple, chez Van Til (Compend. theoL, 1704). H. -A. Rœll, cartésien, un des précurseurs du rationalisme, put conserver sa chaire de théologie à Utrecht jusqu'à sa mort (1718). Les théologiens se préoccupèrent toujours davantage de la clarté, de la simplicité en matière de dogme. En Angleterre, Hobbes avait combattu la doctrine des idées innées; les professeurs de Cambridge, Henri Morus et Samuel Parker, censurèrent la Physique, dont Ant. Legrand prenait la défense (Apologia pro Cart., 1672). Locke rejeta pareillement les idées innées, mais il suivit pour l'étude de l'esprit humain la voie ouverte par Descartes. En Allemagne, l'université réformée de Duisburg accueillit la philosophie nouvelle; Clauberg, professeur de théologie. y enseignait que nous sommes à l'égard de Dieu ce que nos pensées sont à l'égard de notre esprit; H. Hulsius voulait que notre foi reposât sur une démonstration rationnelle et non sur un témoignage du Saint- Esprit. Mais dans les universités luthériennes, le cartésianisme fut combattu; il n'y exerça pas d'action notable; c'était à la philosophie de Leibnitz et de Wolf que ce rôle était réservé. De nos jours M. Cousin a relevé la gloire de Descartes avec un chaleureux patriotisme. — Voyez

CAUTMACE— OARTULAIRi: 6Ô9

Dainuoii. La philosophie en France au dix-septième siècle, ^ vol., 1846; Fr. Houillier. Histoire de la révolution cartésienne, :>• éd., 1868.

A. Mat ri: r.

CARTHAGE (Kar/r.^ov. Cartkago), colonie phénicienne l'ondée par la princesse tyrienne Elissar ou Klissa, sur remplacement de l'ancienne ville sidonienne de Kamhé. La nouvelle colonie reçut le nom de KirùUk-Hadeshât (ville nouvelle), que Ton prononce ordinairement Kartk-Hadshàt. Après avoir été réduite en cendres, à la suite des guerres puniques, Carthage avait été rebâtie, conformément au projet de F empereur Auguste, et était devenue la capitale de l'Afrique proconsulaire. Au moment où le christianisme y pénétra, c'était un àêé centres les plus considérables de l'empire romain; on y comptait environ 400.000 habitants. Il n'est pas étonnant que l'Eglise d'Afrique (voir cet article) en ait fait sa métropole et y ait tenu plusieurs conciles importants où se discutèrent toutes les questions dogmatiques et ecclésiastiques qui agitèrent la chrétienté des premiers siècles. En 251 on s'y occupe des lapsi et Ton décide qu'on ne refuserait pas la réconcilation à ceux qui auraient fait preuve d'un véritable repentir. En 255 il s'agit de la validité du baptême donné par les hérétiques; un concile composé de trente-deux évêques de l'Afrique proconsulaire décide qu'on ne peut être légitimement baptisé hors de l'Eglise. Le pape Etienne se refusant à admettre cette décision, nouveau concile en 2o6auquel assistent quatre-vingt-cinq évêques et qui est connu sous le nom de grand concile de Carthage ; mais le siège de Rome n'en persiste pas moins dans son opinion. En 348, concile très-important qu'on appelle communément le premier de Carthage et qui s'occupe du schisme des dénotâtes (voir cet article). En 398, autre concile où assistèrent deux cent quatorze évêques et où furent rédigés cent quatre canons célèbres qui portent le nom de Statuts anciens de l'Eglise. En 410, concile qui met lin à l'hérésie des donatistes. En 412, il6, 417, 418, conciles successifs qui s'occupent de l'hérésie de Pelage et de Célestius. Neuf canons du concile de 418 prononcent l'anathème contre ceux qui disent qu'Adam a été' créé mortel; contre ceux qui nient la nécessité du baptême pour les enfants nouveau-nés et contre ceux qui prétendent que la grâce de Dieu, qui nous justifie par Jésus-Christ, ne sert que pour la rémission des péchés déjà commis et non pour nous aider à n "en plus commettre. D'autres conciles moins importants se réunirent ;i Carthage, même sous la domination des Vandales, et la ville déclina rapidement jusqu'au moment où les Arabes s'en emparèrent et la drtriii>iivnt de tond en comble. Aujourd'hui il ne reste de Carthage que quelques débris informes. A. Gary.

CARTULAIRE {cartuloriinn. chartularitm). On donne ce nom : 1° aux volumes dans lesquels sont recueillis ou transcrits les contrats de vente, d'achat, d'échange, les privilèges, immunités et autres chartes ou titres des églises, des monastères et des chapitres; le plus ancien cartulaire que l'on connaisse est celui de l'abbaye de Saint-Bertin, rédigé au dixième siècle par le moine Folquin; 2° aux officiers du clergé chargés de garder les chartes,* les codicilles, les livres de compte, les

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