‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 226 sur 263 · CASIMIR · texte numérisé non relu

CASIMIR

petit corps de troupes, pour y secourir le prince de Coudé et les autres chefs protestants. Le r janvier 1568 ( Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 15544) • il écrivait au maréchal de Vieilleville : « Pour préserver la couronne de France d'une extrême et totale ruyne, je me" suis armé contre ceulx <] ii i empeschent par leurs mauvais conseils et practiques que le roy ne puisse déclarer sa clémence naturelle et affection de père envers ses pauvres subjeetz et qui le contrainent par leurs autoritez d'obéir plus à leurs affections débordées qu'à la volonté de son Dieu. » Frédéric III, de son côté, disait, quelques jours plus tard (lettre au duc de Wurtemberg du 13 février 1568, Bibl. nat., -mss. f. fr., vol. 15544, f°292) : (( Mon iilzle duc J. -Casimir n'a eu congé de moy pour faire ce voyage, en aultre intention que pour le bien de la dignité royalle et des fidèles subjeetz, aussi pour obvier et empeseber, de son possible, à toutes sortes de mauvais conseils qui, à mon regret, s'effectuent journellement, scaichant bien qu'il est bien délibéré de se laisser ■esmouvoir ny employer à aultre eftect ; parquoy je ne luy ay peu reffuser la license comme à ung jeune prince ebrestien sur une telle intention chrestienne » (voir, dans le même sens, la déclaration adressée, le C décembre 15()7, à l'empereur par Frédéric III et Casimir, Bibl. nat., mss. f. fr., vol. 6619, fos 189 à 198). Le véridique de Lanoue nous fait connaître (Disc, polit, et mt7#.,Basle, 1587, p. 745 à 748) les circonstances dans lesquelles le duc Casimir, qu'il qualifie de « prince doué de vertus ebrestiennes, et auquel ceulx de la religion sont fort obligés », opéra en Lorraine sa jonction avec l'armée protestante, et il retrace en ternies saisissants le désintéressement et l'esprit de sacrifice dont les chefs et les soldats de cette armée firent preuve envers les Allemands, auxquels il s'agissait de fournir une solde. « Tant M. le prince de Coudé, dit-il, que M. l'admirai déployèrent tout leur art, crédit et éloquence, pour persuader un chacun de départir des moyens qu'il avait pour ceste contribution si nécessaire. Eux-mesmes monstrèrent exemple les premiers, donnant leur propre vaisselle d'argent. Les ministres en leurs prédications exhortèrent à cest office, et les plus affectionnez capitaines y préparèrent aussi leurs gens. On vidune disposition très-grande en plusieurs delà noblesse de s'en acquitter loyaument. Mais quand il fut question de presser les disciples de la picorée qui ont ceste propriété de sçavoir vaillamment prendre et laschement donner, là fut l'effort du combat : toutesfois, moitié par amour, moitié par crainte, ils s'en acquittèrent beaucoup mieux qu'on ne cuidoit. Et ceste libéralité fut si générale que, jusques aux goujats des soldats, chacun bailla : de manière qu'à la fin on réputoit à déshonneur d'avoir peu contribué... Somme, le tout ramassé on trouva, tant en ce qui estolt monnoyéqu'en vaisselle et chaînes d'or, plus de quatrevingts mille livres.; qui vindrent si à poinct que sans cela difficilement eût-on appaisé les reitres... N'est-ce pas là un acte digne d'esbahissement, de voir une année point payée et despourvue de moyens, qui

estimoil comme un prodige de se dessaisir des petites c noditez

quelle avoil pour subvenir à ses nécessitez, ne les espargner pour en accommoder d'autres qui par avanture ne leur en scavoient guère de

M6 CASIMIR — OASSANDRE

gré ?» A la conclusion de la paix, le duc Casimir quitta la France. ♦Il y rentra avec ses troupes, en 1575, en exécution d'un traité passé avec les chefs protestants, et n'en sortit qu'en 1576. Cette fois son attitude vis-à-vis du protestantisme français fut moins franche qu'auparavant ; plus tard il sembla même incliner plutôt à le desservir quà sympathiser avec lui. Sa conduite, en dernier lieu, a pu autoriser un écrivain à dire (Le Laboureur, Addit. aux mém. de Castelnau, t. II, p. 539) : que le duc Casimir « partit de France gorgé de biens et de butin, et par conséquent avec un grand fonds de réputation pour l'Allemagne, parce que les armes et la milice y sont plus mercenaires que justes, et que la guerre s'y fait avec plus de passion, par l'intérêt du gain que par celuy d'aucun prétexte. » — Vovez : 1° Lettres du duc Casimir (Bibl. nat., mss. tir., vol. 3196, 3218/6619, 15544 ; 2° Brantôme, édit. Lud. Lai., t. I,p. 323 à 326; 3° de Thou, Hist. univ., in-4°, t. IV, 5, 6, 7, 8; 4° Mém. de Castelnau et Addit. de Le Laboureur, in-f°, t. II, p. 538 à 546 ; 5° Mém. de Claude Haton ; 6° pmsim, Kluckhohn, Briefe Friedrich des Frommen, 1868. j. Delaborde.

CASLUIM [Kaslouhim, Gen. X, 14 ; 1 Chron. 1, 12 ; X«opiuv«% XcffXwvisijjJ, colonie égyptienne dont la situation topographique est difficile à déterminer. La plupart des savants se rattachent à l'opinion de Bochart {PhaL, 4, 31), qui la place en Colchide, les habitants de ce pays étant, d'après Hérodote, Diodore de Sicile, Ammien Marcellin, etc., d'origine égyptienne.

CASSANDRE (Georges), de Bruges (1515-1566). Aussi savant que modeste et désintéressé, jamais théologien ne travailla avec autant de bonne volonté et si peu de succès à réconcilier l'Eglise romaine et la Réforme. Au lieu de rapprocher les adversaires, sa controverse, qui soutenait que chacun avait tort en partie et en partie raison, ne réussissait, à force d'impartialité, qu'à envenimer le différend ; ilindisposait l'un sans plaire à l'autre et fournissait, sans le vouloir, des armes à tous deux. En prouvant que l'on s'en prenait avec justice à la puissance exorbitante du pape, aux scandale? des indulgences, aux superstitions du culte des saints et des reliques, il blessait l'Eglise romaine; tandis qu'en reprochant aux réformateurs de ne pas borner leurs attaques aux excès les plus criants, il témoignait que le fond même de leur rénovation, le salut par la foi et l'affranchissement de la conscience, était pour lui lettre close. Les dissidents n'admettaient pas qu'il réclamât uniquement quelques réformes, alors qu'il s'agissait de la réforme du système entier ; et les catholiques, en haine de cette réforme radicale, ne consentaient même pas à lui accorder la suppression des abus. Ainsi, dès son premier ouvrage, De offtcio piiveri in hoc dissidio religionis (Bàle, 1561, in-8°), il fut vivement attaqué d'un côté par Calvin et de Bèze, et de l'autre par Hessels, docteur de Louvain, et Robert Cenalis, évêque d'Avranches. 11 composa, sur la demande de l'empereur Ferdinand, sa fameuse Consultatif) de articulis fidei inter papistas et protestantes controversis, examen des articles de la confession d'Augsbourg, où il désigne ceux sur lesquels les deux communions sont en contradiction absolue et ceux sur lesquels un accommo-

Page 1