CASSANDRE — CASSIEN
dément ne sérail pas impossible. Les œuvres de Cassandre ont été recueillies pour la première l'ois par Descordes en un volume in-folio (Paris, 1616). On y trouve, outre 117 lettres, nombre d'études théologiques ou littéraires, un savant ouvrage sur la Liturg ie où il attribue une origine relativement récente à L'institution des messes privées, et enfin un traite sur la Cène dont le titre seul décèle la tournure d'esprit de son auteur : « De sacra commtmione Christian» pojmli in utraque ; sit »<• èjus restitwtio ùatkelicis hommibus optanda etiamsi jure éivino non simpliciter necm&ria habeatwr : De la sainte communion du peuple chrétien sous Tune et l'autre espèce ; les catholiques doivent- 11s en désirer le rétablissement, quoique de droit divin elle ne soit pas tenue comme absolument nécessaire? » Incapable d'attribuer à la bonne foi timide de Cassandre sa réserve et sa circonspection, le fougueux Hessels l'accusa de viser à former, entre les protestants et les catholiques, un tiers parti dont il serait le chef. Cassandre s'en défendit avec autant de force qu'en comportait son humeur pacifique et il tomba à la fin, comme nous voyons tomber ses descendants les catholiques libéraux, du côté de Rome où il avait toujours penché.
CASSEL (le Colloque de). Ce colloque fut organisé par le landgrave Guillaume de Hesse (1er — 9 juin 1661) entre les théologiens réformés de Marbourg et les théologiens luthériens de Rinteln. Les luthériens étaient Pierre Musaeus et Jean Henichen, qui appartenaient à la tendance modérée de Calixte; les réformés, Sébastien Curtius et Jean Heim, tous deux calvinistes décidés. Le but du colloque était de rétablir une entente entre luthériens et réformés, pour que « utraque pars aller/ us mentent, et in quibus inter se convertirent vel dissentirent, plane pleneque perciperet, inde controversiœ status rite formaretur, et cujus momenH qusestip sit, an fundamentum fidei concernât neene dispiceretur. denique de re ipso, placida collatio in timoré Dei imiitueretur, ac si convenire in omnibus non possent, saltem fraterna ipsos pax et concordia mutuaque tolerantia sanciretur. » Des deux parts, on apporta au colloque un esprit modéré et conciliant. On traita de la cène, du baptême, de la prédestination, des deux natures du Christ. Les luthériens concédèrent l'usage du pain à la communion, le changement de l'exorcisme en prière contre Satan ; dans les quatre points, on reconnut qu'on s'accordait sur le fond est ntiel de La doctrine, et que les divergences n'étaient qu'à la surface sans entamer le fond. Mais dans ce temps de surexcitation des esprits et de passion théologique, cet essai de conciliation ne pouvait qu'augmenter L'irritation et envenimer encore les disputes.
CASSIEN (Jean), le premier organisateur du monachisme en Occident. Son origine est inconnue, mais son nom et sa manière d'écrire font supposer qu'il était occidental. Il fut admis de bonne heure dans un ;ouveni près de Betbléhem. Kn 390 il entrepritavec l'abbé de cette maison, Germanus, un voyage en Egypte, pour visiter les cénobites et les anachorètes du désert. Après y avoir passé sept ans, ils y revinreni une seconde fois jusqu'en i00. In peu plus tard on lés rencontre à Constantinople, Cassien comme diacre [de Chrysostome. En i05, après le ban-