CASUEL — CASUISTIQUE
offrir Librement comme un témoignage de leur reconnaissance. On sait que Rome u'a jamais reconnu ni observé cette loi, à laquelle les Eglises protestantes se sont tout naturellement soumises. — Voyez : Tliomassin, Vêtus ac nova Ecries, discipl., III, 1. 1; Stelzer, De jurions stolae, Altorf, 17(H); Tittmann, Ueb. die Fixinmg der Stolgebûhren, Leipz., 1831; Bergier, Diction, théol., s. v. Casuel.
CASUISTIQUE. On entend par là cette partie de la morale qui étudie les »as de conscience et en donne la solution. En un sens, tout le monde fait de la casuistique : quel est en ce moment mon devoir, quel serait-il si telle situation se présentait? Ce sont, en vérité, des cas de conscience, et la vie de l'honnête homme, du chrétien se passe aies résoudre. Or, la solution n'apparaît pas toujours avec évidence et facilité; quelquefois le devoir se cache, ou semble se montrer dans des directions opposées. Dans un tel embarras (c'est pour ces problèmes délicats et complexes qu'on a réservé le nom de cas de conscience) on conçoit que les conseils des sages et des expérimentés soient recherchés. Aussi, partout où des hommes ont reçu ou se sont donné à eux-mêmes la charge d'enseigner aux autres la morale, ils ont été entraînés plus ou moins à étudier les cas difficiles et à en indiquer la solution. C'est ce que tirent, par exemple, les philosophes de l'antiquité classique (Havet, Le christianisme et ses origines, t. II, p. 102). Le Talmud présente un développement de casuistique qui a presque tous les v fâcheux caractères qui distinguèrent plus tard cette science: on y voit une multitude de cas imaginés et résolus; l'autorité des docteurs mise à la place de la loi divine et de la conscience, et les contradictions des rabbins servant à légitimer le relâchement moral (probabilisme). Les évangiles eux-mêmes ne sont pas sans nous offrir quelques exemples de casuistique. Ce sont bien des questions de ce genre qu'on pose à Jésus-Christ (Matth. XXII, 17), que Jésus-Christ pose aux pharisiens (Luc XIV, 3), qu'il discute avec Pierre (Matth. XVII, 25-27). —Des circonstances particulières amenèrent au sein du christianisme un développement considérable de casuistique. D'abord, sans doute, le caractère si profondément moral de cette religion : elle ne se contente pas de l'acceptation de certaines doctrines ou de la pratique de certains rites ; elle exige de ses fidèles une vie d'obéissance à la volonté de Dieu. Il importe donc au premier chef que le fidèle sache toujours quelle est cette volonté divine. Il est vrai que l'enfant de Dieu, « conduit par l'Esprit de Dieu », possède en lui-même une lumière qui dissipe les indécisions et une impulsion intérieure qui poj*te au vrai et au bien dans chaque cas particulier. Mais tant que le Saint-Esprit n'occupe pas lame tout entière, il y a place pour l'incertitude dans la conscience morale du croyant. Il y eut dès les commencements dans l'Eglise chrétienne des hommes ayant reçu le don et la charge de guider leurs frères. 11 était naturel qu'on demandât à ces chrétiens, choisis parmi les pins éclairés et les plus pieux, des conseils pour les cas embarrassante qui se produisaient souvent au sein (Tune société toute pénétrée des usages et des corruptions du paganisme. Nous voyons sainl Paul obligé de traiter de ces questions de détail et de pratique dans sa