‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 234 sur 263 · CASUISTIQUE (Î · texte numérisé non relu

CASUISTIQUE (Î

docteurs les plus autorisés; on (init par établir ce principe: Du moment qu'une opinion a été proposée par an auteur, elle est probable, et Ton peut j conformer sa conduite, fût-on (.railleurs convaincu en

son esprit que cette opinion es! fausse et mauvaise. C'était le prohabilisuie (voy. ce mot). — Les jésuites parurent. Préoccupés de s'emparer de la direction des àuies, ils voulurent se mettre en état d'offrir les directeurs spirituels Les plus capables de dénouer les questions délicates qui se posent au confessionnal, les plus habiles à tranquilliser les consciences inquiètes, les plus fertiles en ressources pour éviter toute gêne et (ont renoncement aux pécheurs. Ils trouvèrent dans la casuistique un instrument admirablement adapté à leur but. Ils s'en servirent avec tant de génie qu'elle devint en quelque sorte leur propriété exclusive; ils surent y faire un emploi si ingénieux et si hardi du probabilisme ; ils y ajoutèrent si heureusement leur théorie de l'intention et celle des réserves mentales qu'il n'y eut plus de difficulté qui put arrêter ni leurs directeurs ni leurs pénitents. 11 serait long de citer leurs auteurs, même en se bornant aux plus distingués (Mariana, Suarez, Sanchez, Molina, Escobar, Filliucci, Bauny, Perrin, ces deux derniers français, Busenbaum, etc.). Entre les mains des jésuites, la casuistique a produit tous les mauvais fruits dont elle est capable. Elle divise la vie morale et religieuse en une multitude de détails sans lien intime et profond : pas d'inspiration, pas d'amour pour, le bien et pour- Dieu; rien qui rappelle la liberté de l'enfant de Dieu, heureux de témoigner à son Père céleste sa gratitude par son obéissance; mais, en revanche, un esprit légal et processif, des prodiges de ruse et de linesse pour obéir le moins possible, et même pour ne pas obéir du tout, pour satisfaire toutes ses passions en pleine sécurité de conscience. Cette casuistique se comptait dans les cas exceptionnels, comme s'ils formaient la. plus grande partie de l'existence. Elle prend plaisir à supposer les situations les plus scabreuses, à discuter froidement les fautes les plus épouvantables; elle va jusqu'à en imaginer qui sont à la fois horribles et impossibles. Le triomphe de ces docteurs est de trouver pour ces cas-là des solutions qui autorisent tout. Ils y mettent une sorte d'amour de l'art, un étrange dileltantisme. La plupart étaient d'excellents hommes, mais leur doctrine était infâme. Jamais on n'avait vu un instrument pareil de scepticisme moral et de corruption. Les jésuites s'attirèrent la flétrissure retentissante que leur infligea Pascal (voy. Provinciales: Nicole, Essais de morale, Instiitctions théol. et morales; vingt écrits d'Arnauld ; Perrault. La morale des jésuites, Ti vol., etc.). — La Réformation s'était place»- dés le début sur un tout autre terrain. En proclamant le salut par la loi. en attribuant lo-uvre de la régénération morale à la grâce et au Saint-Esprit, en mettant l'accent sur l'amour de Dieu, les réformateurs avaient fait dépendre la fidélité chrétienne de la disposition des cœurs. Ils furent pourtant entraînés à résoudre des questions particulières d'une solution difficile. Luther fut consulté plus d'une fois. .Mélanchthon toucha à quelques-uns de ces sujets dans des écrits spéciaux (ChrùtUcfie Berathschlagvngen und Bedenken, édités

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