‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 235 sur 263 · CASUISTIQUE — CATACOMBES · texte numérisé non relu

CASUISTIQUE — CATACOMBES

par Pezel en 1600), dans ses Lettres et dans ses Consilia. Ceux qui vinrent après lui dans l'Eglise luthérienne jusqu'au dix-huitième siècle, ne traitèrent guère de la morale qu'en examinant des cas de conscience, mais ils le firent dans un autre esprit, avec d'autres moyens que les casuistes catholiques et par réaction contre eux ; ils tiraient leurs solutions des enseignements de l'Ecriture et des leçons de l'expérience chrétienne (Balduin, Tractatus luculentus posthumus, édité en 1628 par la faculté de Wittenberg ; L. Dunte, Decisiones 1006 casuum conscientiœ, 1643, etc.). On réunit, en 1664, les solutions données par Luther et par la faculté de Wittenberg à des questions de morale, de doctrine et de droit ecclésiastique (Consilia theologica Witebergensia ; cf. Dedekenn, Thésaurus consiliorum et decisionum, 3, in-fol., 1623). Les Theologische Bedenken du dix-huitième siècle , en particulier ceux de Spenér et de Baumgarten, doivent être rangés, à bien des égards, parmi les ouvrages de casuistique (pour la bibliogr. voir Walch, Biblioth. Theoï., II, p. 1128 ss.). Les calvinistes eurent leurs traités ^de morale casuistique, avant même les luthériens; mais ils y furent moins féconds et plus sévères (Perkins, Analomia sacra humanœ conscientùe, casus cotiscien/iœ, 1603; Alsted, Amesius, etc.; voy. Walch, ibid., p. 1132 ss.). La casuistique n'était pas destinée à se développer sur le sol du protestantisme ; elle n'y eut qu'un moment une apparence de fécondité ; mais ce qu'elle produisit alors ne saurait être comparé, ni pour la quantité ni pour la qualité, à ce que nous a offert le catholicisme. De nos jours, la casuistique continue à constituer, dans cette dernière communion, une partie essentielle de la morale ecclésiastique, mais on assure que les jésuites eux-mêmes y apportent plus de mesure et de moralité. Chez les protestants, on est universellement d'accord que la tentative de décider à l'avance des cas de conscience ne saurait aboutir à des, résultats utiles, et repose d'ailleurs sur une conception inférieure de la moralité chrétienne. Il y a parfois sans doute des situations confuses où il est plus difficile, comme on l'a dit, de connaître son devoir que de le faire. Mais nul ne peut décider dans ces cas extraordinaires à la place et pour le compte de celui qui est personnellement engagé. Quant aux moralistes chrétiens, leur tâche n'est pas de munir leurs disciples de décisions toutes faites, mais de les mettre en état de décider eux-mêmes. — Voyez Sta?udlin, Gesch. d. Sittenlehre, p. 448, etc. ; de Wette, ibid., p. 207-208 ; H. Merz, Bas System der christl. Sittenlehre, p. 73, 77-79; Ad. Wuttke, Christl. Sittenlehre, I, passim ; J. Simon, Le devoir, IV, ch. I. Ch. Bois.

CATACOMBES, nom d'un cimetière souterrain des environs de Rome, appliqué à tous les autres, même à ceux de Chiusi, deNaples, de Sicile; par généralisation abusive, excavations qui n'ont rien de commun avec les sépultures. Les nécropoles de Rome sont les plus importantes. Confondues à tort avec des carrières de pierre ou de sable, elles se distinguent des arénaires par la netteté de leurs coupes, l'étroitesse de leurs galeries, la régularité de leurs plans. Taillées dans le tuf granulaire, elles évitent la pouzzolane trop friable et les roches trop dures. Leurs origines sont grecques ou orientales. Il y a des nécropoles souterraines en

Sicile. Les juifs ensevelissaient dans le roc. A Rome ils ont creusé de grandes catacombes presque identiques à celles des chrétiens. Ceux-ci

ont été leurs imitateurs. Les Etrusques se servaient aussi de grottes ; mais ils ne les reliaient point par des galeries illimitées. L'invention de ce mode ne provint pas de la nécessité de cacher les rites mortuaires, car il est

démontré : 1° que dans les deux premiers siècles les sépultures des chrétiens ne subirent aucune entrave légale, les familles riches prêtant aux. coreligionnaires leurs propres caveaux et les areœ attenantes; 2° qu'au troisième siècle, c'est l'abri des collèges funéraires qui fournit à l'Eglise sa seule existence légale. Le respect des anciens pour les sépultures favorisait ces associations. L'énorme travail des excavations n'aurait pu échapper à la police romaine. Le xoi(Jt.iQ?^piov ou dormitorium collectif devenait le depositorium des croyants, en attendant le réveil de la résurrection. 11 était bien l'image de la fraternité chrétienne. • Des rues souterraines, bordées de couchettes étroites (loci), taillées horizontalement dans le tuf, reliaient ces millions de sépultures étagées en plusieurs rangs, de chaque côté. Le riche y sommeillait auprès du pauvre, distinguant sa tombe seulement par quelques décorations, ou la creusant plus grande, en forme de caveau, d'arcosolium, niche voûtée. La tabula de marbre ou de tuile fermait l'ouverture ; elle était gravée ou peinte d'un titulus. Les cubicula ouverts aux côtés de Yambulacre étaient destinés soit aux familles nombreuses, soit* aux personnes illustres par leur rang ou leur foi. Clarissimi ou martyres avaient ainsi une place réservée, mais dans le requietorîum commun. On superposait les étages de galeries jusqu'à vingt-cinq mètres de profondeur, choisissant les plateaux secs, le long des routes, se limitant aux terrains concédés, observant les règlements relatifs à la distance de la ville. On estime leur étendue à un millier de kilomètres en plusieurs groupes. Une partie en reste obstruée de matériaux accumulés par les anciens. Voici les cimetières les plus accessibles: celui de Galliste, englobant ceux de Sotère, Balbine, Lucine, étudiés par M. de Rossi ; celui de Saint-Sébastien, dévasté ; ceux des juifs, de Mithra, de Prétextât, de Sainte-Agnès, de Saint-Cyriaque, de Domitilla ou Nérée et Achillée, décrit par Bosio, ainsi que ceux de Pierre etMarcellin,de Priscille, de Pontien ; ceux de Theason, de Generosa, etc. Il y a des traces d'une nécropole sur la Via Ostiensis, où dut être enseveli saint Paul, mais seulement des traditions en faveur d'un cimetière sous forme de catacombes au Vatican, où l'on prétend que saint Pierre repose. Sur une épitaphe de LINVS, qui y aurait été vue au dix-septième siècle, il reste des obscurités. Les tombes des papes, visibles encore, sont sur la Via Ippia, dans le cimetière auquel fut préposé Galliste. Creusées à l'usage de sépultures, les cryptes reçurent la visite des parents et amis qui célébraient, par des agapes et des réminiscences, L'anniversaire de leurs défunts, et celle des fidèles qui, surtout à partir de la persécution de Dioctétien, y cherchèrent le souvenirdes martyrs. Bientôt on bâtit au-dessus des memorix, petits oratoires qui furent l'origine des grandes basiliques. En temps de persécution, les catacombes ne servirent que momentanément de refuge à un petit nombre de fidèles, non d'habi-

tation prolongée. Quand on y célébra des services religieux, ce fut pour peu de personnes à la fois, vu Tétroitesse des lieux, leur éloignement et la difficulté d'y avoir accès incognito. La décomposition des cadavres, derrière de minces tuiles, e£t rendu malsaines des réunions nombreuses, fréquentes ou prolongées. Les lucemaires n1y amenèrent un peu d'air et de lumière que sous les empereurs chrétiens. Valérien enleva un instant aux chrétiens la propriété de leurs sépultures. Gallien leur en rendit l'usage. Sous Dioclétien, on dut se ménager des échappées sur les arénaires voisins, murer les tombes des martyrs, pour les sauver de la profanation. Il y eut confiscation partielle des nécropoles, de 303 à 306. Sous Miltiade, restitution définitive. A partir de Constantin, les papes se faisant ensevelir dans les basiliques extra muros, au-dessus des cryptes, beaucoup de fidèles se construisirent des tombes à fleur de terre. Après Julien l'Apostat, il se fit environ moitié des sépultures d'après chacun des deux usages. Le pape Damase , qui ramena le zèle vers les catacombes, enrichit les principales cryptes d'inscriptions en vers. Puis l'exploitation en fut abandonnée aux fossores qui y vendirent des places aux dévots désireux de reposer le plus près possible des saints, au risque de mutiler leurs tombes. Ainsi jusqu'en 410, où le sac de Rome et les invasions barbares rendirent dangereuse la sortie des murs. La cité dépeuplée put tolérer les inhumations inlra muros. Des restaurations furent faites du sixième au neuvième siècle. Au huitième , les dévastations lombardes décidèrent quelques papes à transporter dans les basiliques, à l'intérieur de la ville, les restes des saints les plus vénérés. Aussi ne retrouve-t-on plus aux catacombes, ni leurs tombes intactes, ni leurs épitaphes. Au moyen âge l'oubli se fait. A peine quelques itinéraires de pèlerins, qui aident à retrouver la trace des cimetières et des tombes célèbres. Au quinzième siècle quelques visites fortuites, avant les recherches de Jean Lheureux (Macarius) et de Bosio, leur grand explorateur (de 1593 à 1600), qui les a décrites dans sa Borna sotterranea. Au dix-huitième siècle les chercheurs de reliques et les antiquaires collectionneurs les pillèrent à loisir. Notre âge les étudie dans un intérêt artistique et historique, copiant les monuments et recueillant les épitaphes. M. J.-B. de Rossi en est le fouilleur le mieux qualifié, fervent catholique, mais critique sérieux. En s'aidant des anciens itinéraires, des études topographiques et de la confrontation des textes, on peut porter quelque lumière dans les catacombes. Essayons un aperçu sur les symboles et objets qu'on y a trouvés, sur les fresques, les sculptures, les inscriptions qu'elles ont contenues. — Symboles. Voici leur indication par ordre de dates. La colombe, image de l'esprit, ordinairement de celui du défunt. Avec un rameau d'olivier, c'est l'âme dans la paix. L'ancre d'espérance était souvent une allusion à la croix, par la disposition de ses barres, ainsi que le trident, les mâts de navire, la lettre T. Le poisson désigna le Christ, son nom grec I^ç contenant les initiales des mots "ItqjoîJç Xptc-cr. Beou uêôç, crtoTYjp. Le dauphin, poisson ami de l'homme, d'après les idées antiques, prit cette acception religieuse dès le troisième siècle. L'agneau fut l'image du chrétien, pendant sa vie surtout. Le paon

rappela r incorruptibilité, le renouvellement. Le cheval el Le lièvre,

coureurs dans la lice: la couronne ou la palme, prix de La course et de la victoire spirituelle. L'arche et le navire, allusion aux tempêtes morales et à L'Église où on les traverse sans périr. Au quatrième siècle, se montre, sur Le Labarum de Constantin, le monogramme du Christ, formé de la combinaison des deux premières lettres de son nom X (ch grec) et P (r). Les divers entre-croisements de ces lettres en faisaient souvent (les allusions à la croix. La confrontation de monuments datés prouve que, du quatrième au cinquième siècle, on est passé lentement de l'emploi des monogrammes à celui de la croix. Pas un seul crucifix dans l'iconographie de l'âge des sépultures souterraines, mais des façons d'y faire penser, par le rapprochement du poisson et de L'ancre, du dauphin et du trident. Le symbole; pas le fait brutal; encore moins le culte de l'instrument matériel. Parmi les symboles, il faut encore noter -l'amphore, cette image du corps fragile, dans lequel est contenu Le parfum de l'esprit ; le vase est la coupe des grâces spirituelles. H y a aussi des emblèmes de métier, entre autres la trousse d'un chirurgien. Les lampes de terre cuite avec sujets chrétiens sont presque toutes du quatrième au sixième siècle; un petit nombre du troisième. Les fioles de verre qu'on a prises pour des ampoules de sang n'étaient pas toutes du temps des persécutions; elles ont contenu probablement des parfums ou peut-être du vin eucharistique. Certaines tasses à ligures dorées, la plupart du quatrième siècle, étaient d'un usage privé, ou à destination des agapes. Quant aux instruments

ipplice,.ils sont pour la plupart des outils vulgaires, sans emploi certain à cette destination. — Peintures. Des fresques décorent beaucoup de cryptes, soit à la voûte, soit sur les parois. Les plus anciennes, du deuxième siècle probablement, sont des représentations symboliques, paraboliques ou typiques pour la plupart. Dans l'ambulacre de Domililla. une vigne dont les sarments partent d'un seul cep et couverte de fruits ; c'est l'Eglise où vendangent les anges de Dieu, où voltigent les âmes, ces colombes célestes ; un Daniel dans la fosse aux lions, type de l'Eglise persécutée, mais non dévorée; une agape dans la forme primitive, les convives y étant étendus à moitié sur un tricKiiiinn. devant une table où sont le pain et YV/h'jz symbolique, tandis qu'un personnage apporte la coupe eucharistique. Dans le cimetière de Priscilla, une orante arrivant au paradis mter sanctos, ou une Susanne type de L'Eglise calomniée, mais triomphante par la foi; une Marie, jeune mère, sans prétention hiératique, portant sur ses genoux

mi divin, et en face de laquelle Esaïe se tient debout, montrant I i toile prophétique, la lumière des nations réalisée dans le nouveau-né. meuere de Prétextai, comme à celui de Lucine, I" Bon Berger, jeûna et gracieux, portant sur ses épaules la brebis égarée (le défunt peut-être), et T introduisant an bercail du royaume des cieux. Là encore L'allégorie des quatre saisons, en guirlande de fleurs, d'épis moissonnés, de pampres fructueux, d'oliviers pacifiques. A Lucine surtout, Le symbolisme sacramentel, dans Levasedelait, cette nourriture des faibles, el dans le poisson mystique qui, vivant dans les ondes baptismales, porte

sur son dos une corbeille de pains, au milieu desquels se distingue un vase de vin. Un peu plus loin, un baptême du Christ, au Jourdain, avec la miraculeuse colombe. Au troisième siècle, le cimetière de Calliste nous fournit un déroulement plus complet du symbolisme des deux sacrements évangéliques. Le baptême a ses racines dans l'Ancien Testament; rélément en est Tonde jaillissante de la roche mystique, sous la verge de Moïse. Cette eau forme un fleuve où nage le chrétien, ce diminutif de l\Mç sacré, du Christ. Le pêcheur d'âmes jette sa ligne et le recueille. Le néophyte reçoit le baptême proprement dit, de la main d'un prêtre vêtu comme les philosophes du temps; celui-ci se tient sur la rive, tandis que le récipiendaire est immergé jusqu'à mijambes, recevant l'aspersion et l'imposition des mains. Désormais fortifié, le néophyte peut, comme le paralytique de Béthesda, emporter son lit et marcher. L'eau jaillissante du puits de Jacob où sera abreuvée la Samaritaine, c'est le livre de vie que déroule un docteur de l'Eglise. L'eucharistie, de même, part de l'ancienne alliance, par une allusion au sacrifice d'Abraham. Le prêtre se tient auprès du trépied où sont posés des pains et r/Ô^ç, tandis qu'une orante (l'âme croyante) , rend grâces à Dieu des biens reçus, offrant sa prière en oblation. A côté, les disciples s'installent, à la mode romaine, autour de la table ; ils s'appuient à l'aise sur les coussins du ùnclinium, pour se repaître des pains multipliés dans les corbeilles et du poisson mystique. C'est l'agape, et c'est aussi l'eucharistie. Voici enfin la conséquence de la participation aux deux sacrements : qui a été baptisé, qui a mangé la chair du Seigneur et bu son sang a la vie éternelle. Lazare sort de son tombeau ; il marche à la voix du Seigneur qui le touche de la verge de son pouvoir. Jonas passe par le monstre, comme le chrétien traverse la mort pour en sortir. Le croyant affronte la tempête sur la barque de l'Eglise; pourvu qu'il prie, le secours divin le saisira par les cheveux au moment critique. Nouveau Noé, il peut, de cette arche, voir passer le déluge : la colombe céleste lui apportera le rameau d'olivier. Du troisième siècle nous avons encore le jugement d'un chrétien, exemple unique; les trois jeunes gens traversant la fournaise, comme l'Eglise, sans être consumés. Aucune scène d'horreur ni de martyre. On emprunte au paganisme quelques sujets : Orphée, que les livres sibyllins présentent comme l'ancêtre de Moïse, devient le type du Christ ; Psyché, âme inspirée par l'amour divin, est, comme les fleurs dont elle est entourée, le type du renouvellement des saisons et de la vie. De même (en deux sculptures), Ulysse, attaché à son mât et bravant les sirènes est le type du chrétien résistant aux tentations, dans la barque de l'Eglise dont le mât symbolise la croix. Orantes, Bons Bergers, Moïse frappant la roche, Jonas jeté à l'eau et vomi par le dragon sous la tonnelle du repos éternel, sujets cent fois répétés dans les peintures du troisième siècle. Vers la fin, l'apocryphe Tobie fait son apparition. Au quatrième siècle la peinture nous fournit des représentations de l'ado ration des mages, où Marie occupe un siège d'honneur, et des groupes où le Christ enseigne les apôtres. Dès la lin, le Sauveur porte l'auréole simple. Le cinquième siècle nous montre cet attribut sur la têted

saints; pas une seule t'ois sur celle de .Marie (dans les catacombes proprement dites). Plus tard les tètes de Christ, avec auréole cruciforme

•me, se multiplient, sans qu un type permaiienl puisse faire croire à la tradition d'un portrait. Le byzantinisme, en envahissant l'art, amène L'imagerie hiératique, parfaitement visible du cinquième au neuvième

siècle, aux cimetières de Callisle, de f.enerosa, de Pontien. Pendant la période des inhumations souterraines, très-distincte de celle des décorations par ex-voto et par dévotion pieuse, la peinture chrétienne n'est qu'une continuation dégénérée «les traditions classiques. Ce n'est pas un art nouveau, ni même renouvelé. Mais des sujets en accord avec la religion chrétienne ont été exprimés par les moyens familiers à tous les décorateurs de l'antiquité, et dans le style propre à chaque époque Etant données les mœurs du monde ancien, qui comportaient l'application de l'art décoratif à tous les détails de la vie privée, et notamment aux sépultures, rien ne doit surprendre dans le fait que des idées religieuses ont été exprimées par le pinceau, puis par le ciseau. Qu'auraient pu représenter d'autre ces chrétiens qui avaient renoncé aux fables illustrées par les artistes païens? Au reste la déeoration devait glisser dans l'imagerie, et celle-ci dans l'idolâtrie, par des transitions lentes. — Sculptures. Souvent les riches étaient déposés dans des sarcophages, et non dans des niches. On sculptait ces cercueils de pierre La plus belle collection de ces monuments est au musée chrétien de Latran, à Rome. Beaucoup d'entre eux du reste proviennent des basiliques, mais ils sont la reproduction ou la continuation de ceux qu'on a exhumés des catacombes. En sculpture, le deuxième et le troisième siècle ne tirent guère que des emprunts à l'iconographie païenne dans Tordre des scènes maritimes et des allégories cosmiques. Le Bon Bercer est presque leur seule création originale. En effet la sculpture, art cou teux, ne dut guère être employée par l'Eglise qu'après son triomphe" alors qu'elle put afficher sa foi, et (pie les sculpteurs, dans leurs ateliers, purent impunément exposer des sujets chrétiens. Or, au quatrième siècle, l'art était en décadence. La composition des sujets est plus sou vent ingénieuse qu'aisée et naturelle. Les plus heureusement rendus sont : la résurrection de Lazare et Jouas, expression constante des espérances de vie, bien à sa place sur le tombeau descrovants- dis scènes pastorales et même quatre ou cinq statuettes du Bon Berger paraboles d'un caractère évangélique; les brebis suivent leur pasteur' .•Iles [«.ut signe de le connaître, elles entendent sa voix, recherchent ses caresses, broutent les branches de l'arbre de vie. s'abritent le toit de son bercail, donnent leur lait aux bergers, ou reposent s r l'épaule de celui qui les a sauvées; des scènes champêtres, comme la vendange dans la vigne du Seigneur, et le pressoir d'où s'exprime ||! vin. cet élément eucharistique; des orantes représentant des personnes ensevelies, ou types de la Susanne triomphante ; des agapes a peu nrès dans le même goût que celles des peintures. Puis viennent de grand >s compositions ou les sujets se multiplient et s'entremêlent sans res > • >t pour la loi de l'unité, faciles à relier néanmoins. Voici, [Kir exemple Jésus ressuscitant Lazare, tandis que Phémorrhoïsse bais,, ses mains ou

son vêtement. A côté il prédit son reniement à Pierre qui proteste de sa fidélité. Quelle est cette main venue du ciel? Elle tend les tables de la loi à Moïse, puis elle arrête Abraham qui va sacrifier Isaac. Celui-ci est devant un petit autel sur lequel est un vase dans lequel Pilate va se laver les mains. Isaac est donc le type du Christ, dans son sacrifice. Sur le même marbre encore, Moïse montre aux Israélites l'eau jaillissante ; Daniel prie dans la fosse aux lions, tandis qu'Habacuc lui présente le pain venu du ciel. Job lit et discute avec ses amis. Jésus guérit T aveugle-né, puis multiplie les poissons et les pains entre les mains de ses disciples. Tout cela accumulé en deux étages de bas-reliefs, sur un cercueil de six pieds de long. Le célèbre sarcophage de Junius Bassus (de Tan 359) représente un sacrifice d'Abraham, une captivité de Pierre et une autre de Paul, une comparution de Jésus devant Pilate, un Job en face de ses amis et de sa femme, une tentation d'Adam et d'Eve, une entrée de Jésus à Jérusalem, un Daniel dans la fosse, sans compter les miracles de l'agneau de Dieu. Au centre surtout il faut noter un Christ triomphant, dans le ciel, après son ascension, parlant à Paul et passant à Pierre le livre de la loi nouvelle. C'est un acheminement vers les anthropomorphismes du commencement du cinquième siècle, où Dieu le Père lui-même est représenté recevant les offrandes de Caïn et d'Abel, ou surprenant nos premiers parents après la chute, ou apparaissant à Moïse qui se déchausse par respect. Si, aux sujets déjà cités, on ajoute la guérison du paralytique, les trois jeunes gens dans la fournaise, des nativités avec adoration des bergers ou des mages, des baptêmes, le miracle de Cana, des résurrections diverses, le passage de la mer Rouge, le char d'Elie, on aura le cycle des sujets ordinairement exprimés, à Rome du moins, pendant le quatrième siècle. Au cinquième, outre les anthropomorphismes mentionnés plus haut, apparaît une représentation de la Trinité sous figure humaine, avec participation du Fils à la création. En même temps, voici poindre la primauté de Pierre. Plusieurs marbres de cette époque laissent deviner qu'un Moïse contre qui les Juifs sont révoltés, et qui, pour les apaiser, fait jaillir l'eau de la roche, pourrait bien n'être que le type de Pierre amené captif, et pourtant armé de la verge miraculeuse qui désaltère les âmes. Ainsi, à mesure que s'altère la spiritualité première, et que se complique la pensée dogmatique, grandissent les prétentions autoritaires : deux verres dorés indiquent Pierre, sous la ligure de Moïse. — Epitapkes. On les a rangées par catégories : rangs de dates; classifications sociales ou ecclésiastiques, évêques, prêtres, diacres, vierges, néophytes, fossoyeurs, parents, amis, etc. ; ordre de matières, dogmatiques, éloges de martyrs, etc. Notons ce qui a une portée religieuse, en suivant l'ordre chronologique. Une seule épitaphe du premier siècle (an 71) ; elle est sans importance. De même de celles de 107 et de 111. H en est d'autres sans date précise, mais que leur paléographie, leur provenance, la simplicité de leur texte font assigner au deuxième siècle : Telle à son époux tel; tel à son épouse très-douce ; des parents à leur fils très-cher. Un simple nom, parfois les trois noms classiques. Un terme d'affection à côté d'un symbole de foi. Au

troisième siècle, mention de deux affranchis, l'esclavage n'étant pas même indiqué. Les textes s'allongent; Page esl marqué, on note 'le moment de la déposition. Des prêtres sont indiqués par [es deux lettres II p. L'un d'eus esl en même .temps médecin, d'autres exorcistes. Les épitaphes des papes sont Laconiques : intéros évoque * Faèianus évêgue, martyr; Cornélius martgr, évêque; Lutins ; Eutychien èvêque; rien antre sur la tabula de leurs loci simplement maçonnés dans le roc. Leur éloge n'a été ajouté (pie par Damase, dans la seconde moitié du quatrième siècle. Leurs caveaux n'ont été transformés en chapelles

«pian cinquième siècle, ou décorés de peintures qu'au neuvième.

Relativement à l'état des âmes après la mort, on débute par l'affirmation sereine : Paix avec toi, en paix, il dort, vis en Dieu, sorti du

. entré en paix. On continue par le vœu : Que tu vives en Dieu, que tu vires en paix, que tu vives éternellement, l'esprit de tel du,, s le bien entre les saints, avec les saints, à l'esprit saint de tel, dans le Seigneur et en C krist Ja paix du Seigneur et de Christ avec tel,que tu vives dans V esprit saint rafraîchie avec les esprits saints, rafraîchis-toi bien. Que le Seiqneur prenne son esprit en rafraîchissement, Dieu Christ rafraîchisse ton esprit, que Dieu rafraîchisse vos esprits saints, sois rafraîchie dans le bien

On passe à la prière : 0 Dieu, rafraîchis l'âme de On termine par

un recours aux saints : Que saint Hipp'olyte te rafraîchisse, que Janvier Agapet, Félicissime rafraîchissent Ces dernières formules sont probablement du quatrième siècle. Au reste, pas de purgatoire, le refrigerium étant, d'après Tertullien, comme d'après ces formules, un lieu et un temps d'attente heureux (tn bono), entre la mort et la résurrection. Des graphites inscrits par des visiteurs sur les murs des cryptes de martyrs célèbres, ne montrent que trop cette transition du vœu à la prière et de la eoniiance en Dieu à celle en ses saints. C'est le chemin franchi du troisième au quatrième siècle. Au quatrième siècle on dit: Il repose il reposera, puis : qu il repose en paix, que ton esprit repose bien. Enfin arrive la double prière pour les morts et des morts pour les vivants : En paix et prie pour nous, prie pour tes parents, pour ta sœur; qu'en

/, on prie pour que ce saint et innocent esprit soit élevé auprès de Dieu. Pas de doute sur la divinité du Sauveur : Vis en notre Seigneur Jes/'s. vis en Christ Dieu, tel en Christ, son âme rendue à Christ Vie* torïa m paix et en Christ, dans la paix du Seigneur, toutes formules multipliées pendant les querelles de Tarianisme. Et encore :Le vrai Christ (reçoive) ton esprit en paix, et prie pour nous; dans tes prières, demande

nous, car nous te sneons en Christ (ce dernier mot indiqué par le monogramme constantinien). En paix au nom de Christ. Les épitaohes d'ecclésiastiques citent des diacres mariés, des prêtres pères de famille (notamment de :>Si), \\\)~, 172), quelques évêques mariés ou pères, dés vierges de Dieu, vierges -aérées, saintes. Surtout du quatrième au cinquième siècle, la chasteté est célébrée, quoique le mariage reste honoré Lu somme l'épigraphie, comme l'art des catacombes, confirment! en les précisant, l<-s données de l'histoire sur le' développement <! ■ dogme i-i des mœurs ecclésiastiques. — Bibliographie : Hagioylypta Macarii, édités par le P. Garrucci, i vol. in-8°, Paris, chefe

692 CATACOMBES — CATÉCHÉTIQUE

Toulouse, 1856; Bosio, Borna sotterranea, éditée par Severano, 1 vol. in-fol., Rome, 1634; réédité et grossi en latin par Aringhi, 2 vol., Rome, 1651, et Paris, 1 vol., 1659, in-4° ; commenté par Bottari, en italien, Rome, 1737 ; Fabretti, Lnscriptiones, chap. 8, Rome, 1700 ; Boldetti, Osservazioni sui sacri cemeteri, 1 vol. in-4°, Rome, 1720; Lupi, Epitaphia Severœ, Païenne, 1734; d'Agincourt, Bist.de l'art, peinture, Paris, 1823; Raoul Rochette, Mémoires à VAcad. des lnscript., t. XIII, et Tableau des Catac, Paris, 1831 ;Marchi, A?rhitectura délia Borna sotterranea cristiana, Roma, 1845; Perret, Catac. de Rome,Q vol. in-fol., Paris, 1852-56 ; J.-B. de Rossi, Inscriptiones christianx, Roma,l vol. in-4°, 1857; Roma sotterranea, 2 vol. in-4°, Roma, 1864-67; un 3e vol. en voie de publication; Bullettino di Arch. crist., 1863-77; Liverani, Le Catacombe di Chiusi, Siena, 1 vol., 1872; Home souterraine, résumé de Notlicote par Allard, Paris, 1872; Martigny, Dictionnaire des antiquités chrétiennes, Paris, 1865; Pitra, Spicileyium solesmense ; Marriott, The testimony of Catacombs; Garrucci, Vetri, Roma, 1838; Storia delVArte, en voie de publication à Prato; Edmond Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gaule. Le même publie en ce moment les Sarcophages d'Arles. Knlin l'ouvrage du signataire de cet article, en voie de publication : Les Catacombes de Rome, histoire de l'art et des croyances dans les premiers siècles de V Eglise, 2 vol. in-4°, avec 100 planches, Paris, chez Morel et Cie. Th. Kollee.

CATÉCHÉTIQUE ou science de la catéchisation. Cette branche de la théologie pratique s'occupe de tout ce qui a rapport à l'instruction des catéchumènes. — I. Histoire. Après avoir cherché quelle direction nous trouvons dans le Nouveau Testament sur l'instruction des catéchumènes, nous montrerons comment l'Eglise a compris et réalisé, aux diverses époques, cette tache et quelles sont les méthodes qui prévalent aujourd'hui. Il faut commencer par dire un mot de la méthode que suit Jésus-Christ dans son enseignement. Or on peut affirmer que si personne n'a parlé avec plus d'autorité que Jésus-Christ (Matth. VII, 29). personne n'a moins que lui employé la méthode d'autorité, c'est-à-dire celle qui consiste à imposer la vérité. Ce n'est pas que Jésus-Christ ait enseigné dans l'esprit de Socrate, comme le soutenait le rationalisme du siècle dernier. La méthode de Socrate consistait à tirer de l'homme ce qui est en l'homme, Jésus-Christ au contraire affirme des choses que nul ne peut savoir par lui-même, par la seule inspiration de la nature, et il les révèle comme Fils de Dieu, comme les ayant apprises de son Père, comme étant Celui qui est venu d'en haut. Mais ces vérités, tout en étant supérieures à l'homme et en le dominant toujours, doivent devenir en lui des convictions ; il faut donc qu'elles trouvent en lui un point d'appui, qu'elles entrent dans la substance même de sa vie spirituelle ; et c'est là le but que Jésus-Christ se propose dans l'éducation de ses apôtres, qu'il amène graduellement et sans les violenter jamais à une foi consciente et personnelle. C'est ainsi qu'au lieu de révéler dès le début de son ministère sa dignité divine et l'œuvre de rédemption qu'il devait accomplir par sa mort, il y prépare l'esprit de ses apôtres qui ne comprendront que plus tard, les uns après quelques

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mois, comme Pierre (Matth. XVI), les autres après sa résurrection, comme Thomas (Jean XX), les autres après la descente du Saint-Esprit,

la vraie nature de sa personne et dé sou œuvre. Il est clair que cette lente préparation des apôtres était un fait unique tendant à un but spécial. Cependant on peut affirmer qu'il y a là un exemple éternel de la manière dont les âmes doivent à toutes les époques être amenées à l'intelligence de la vérité. Le mot de catéchumène ne se trouve pas dans le Nouveau Testament avec le sens que nous lui donnons. Karr^/io) (de y.x~x et v/î<«>), retentir, résonner, désigne un enseignement de vive voix, mais s'étend aussi à une tradition plus éloignée (1 Cor. XI, 19; Rom. II, 18; Act. XVIII, 25; Galat. VI, 6; Act. XXI, 21, 24; Luc 1,4). Le Nouveau Testament nous fournit quelques exemples de l'enseignement sommaire qui était donné aux prosélytes avant qu'ils reçussent le baptême. Quelquefois il était très-court, comme dans l'histoire de l'eunuque Ethiopien (Act. VIII, 36) et du geôlier de Philippes (Act. XVJ, 33). Le passage Hébr. Y, 12 semble faire allusion aux premiers principes d'un enseignement catéchétique qui aurait porté sur « la repentance des œuvres mortes, la foi en Dieu, la doctrine des baptêmes, l'imposition des mains (?), la résurrection des morts et le jugement éternel. » Cependant il est difficile de voir là un plan systématique.— Dans les trois premiers siècles, nous rencontrons fort peu dp traces de la méthode usitée dans la catéchisation. Ce n'est qu'au quatrième siècle que nous trouvons sur ce point un ordre arrêté, mais qui pouvait être d'origine (bien antérieure, et que nous allons essayer d'exposer brièvement. Les prosélytes pouvaient naturellement être des juifs, des païens ou des hérétiques, et de culture et de situation bien différentes. Ils se présentaient à l'évêque ou simplement à un presbytre et étaient admis au rang de catéchumènes; l'évêque leur imposait les mains ou faisait sur eux le signe de la croix (Augustin, Conf., I, 11, De peccat. merù., II, 2(3; 1 Conc. Arelat., c. 6.; Conc. Elib., c. 3); les conciles prescrivaient souvent des conditions d'enquête morale avant l'admission au catéchuménat; cependant nous voyons (pie saint Martin, dans sa mission en Gaule, acceptait immédiatement comme catéchumènes ceux qui venaient à lui par grandes troupes, catervatim (Sulpicius, Vita, II, 5). A partir du moment de leur admission ai* catéchuménat, ils étaient reconnus comme chrétiens, mais non pas encore comme « fidèles » (1 Conc. Constant., c. 7; Cod. Théod., XVI, tit. vu, De apostat., leg. 2), et ils étaient soumis à une instruction spéciale. Les historiens ne sont pas d'accord sur la signification exacte des catégories entre lesquelles les catéchumènes étaient classés. Suicer et Basnage ne reconnaissent que deux grandes divisions, les audientes (les simples auditeurs) el les compétentes (ceux qui réclamaient le baptême, après avoir achevé leur préparation). Bingham admet : 1° une première classe, les s§o>0ou|icvot, ceux qui n'étaient pas encore admis dans l'enceinte des églises ; mais celte classe existait-elle vraiment? Cela est fort douteux. 2° Bingham admet ensuite les audientes OU y:/.zz<<>[j.z/z:, classe dont l'existence est incontestable. Il est déjà parlé des audientes dans Tertullien (De pamùentia, c. 6) et dans

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Cyprien (Epist. 13 à 34). Les audienles pouvaient assister à la lecture des Ecritures, aux prières, à la prédication, et une place leur était réservée dans les églises; c'était probablement le narthez ou portique. Ils devaient se retirer quand commençait la XewoupYfe proprement dite, c'est-à-dire le service dont la communion était le couronnement (missa catechumenorum) . Ils ne pouvaient par conséquent entendre réciter le Credo et Yoraison dominicale, lesquels étaient réservés pour les seuls fidèles (Chrysost., Hom. XIX in Matth.). La disciplina a?*cani le leur interdisait. Cette préoccupation de ne point livrer les symboles de la foi entre les mains de ceux qui n'étaient pas encore baptisés, si étrange qu'elle nous paraisse, était alors universelle ; on le voit chez l'historien Sozomène (Hist. eccl., I, 20), qui hésite à insérer dans son histoire le symbole de Nicée de peur qu'il ne tombe entre les mains de ceux qui étaient encore catéchumènes. C'est de là que provient sans doute l'habitude encore prévalente dans l'Eglise latine d'Occident de prononcer à voix basse l'oraison dominicale. On peut croire que les audientes correspondent aux rudes pour lesquels a écrit saint Augustin, dans son De catechizandis rudibus, ou aux dkeXéorepot des canonistes grecs» Quant à la durée de leur stage, elle n'était évidemment pas uniforme; certains conciles parlent de deux ans; les constitutions apostoliques (VIII, 32), de trois ans. Une grave chute morale pouvait prolonger ce temps quelquefois même jusqu'à l'heure de la mort. 3° Certains savants pensent que les genuflectentes ou prostraii (yovuvcXivovxeç) formaient une classe spéciale de catéchumènes, composée de ceux qui auraient été admis à assister à toutes les prières. On ne peut pas le prouver ; il est certain en tous cas que des fidèles, en état de chute, étaient replacés parmi les genuflectentes jusqu'au moment de leur réconciliation publique avec l'Eglise. 4° Ces diverses étapes parcourues, les catéchumènes déclaraient qu'ils voulaient recevoir le baptême, et devenaient des compétentes (auvai-couvTeç). Cette démarche était faite en général au commencement du jeûne du carême, et pendant le carême l'instruction était plus complète et plus précise (Cyril. Hieros., Calech., I, 5; Hieron., Epist. 61 ad Pammachum). On leur expliquait les grands articles de la foi, la nature des sacrements, la discipline pénitentielle de l'Eglise, comme nous le voyons dans les leçons catéchétiques de Cyrille de Jérusalem. Ces quarante jours étaient marqués par des jeûnes et des prières spéciales (Constit. Apost., VIII, 5; 4. Conc. Carthag., c. 85; Tertull., De bapt., c. 20); ceux qui étaient mariés devaient garder une stricte continence (August., De ficle et oper., V, 8). Ceux qui avaient achevé le cycle devenaient les perfectiores (TeAsiwxepcO- On leur apprenait le symbole et la prière dominicale; la date où cela avait lieu variait suivant les Eglises; à Jérusalem c'était le second dimanche de carême, en Afrique le quatrième (Cyril., Cateck., III; August., Serm., 213). C'était alors que le catéchumène pouvait, s'il le voulait, quitter son ancien nom et en prendre un nouveau (Socrat., H. E., VII, 21). lis étaient ainsi amenés au baptême (voir ce mot). S'ils étaient, par leur faute, morts sans avoir

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encore wvu le baptême, ils étaient enterrés sans que dea prières fussent prononcées ; mais Chrysostôme dit que leurs amis pouvaient offrir des

aumônes à leur intention (Chrysost., Hom. 3 i» Philipp,). Si le catéchumène mourait par accident OU comme martyr, on considérait sa bonne volonté ou son sacrifice comme équivalent au baptême. Rien ne

prouve que ceux <pii instruisaient les catéchumènes aient jamais formé un ordre à part: les catéchistes pouvaient être évêques, presbytres ou

diacres. Dans les constitutions apostoliques on leur donne aussi le nom de vouTéXo-pi (Il, 37), par une image bien naturelle et souvent usité* alors. Dans deux écrits surtout nous voyons exposée assez au loup; la méthode que Ton suivait dans l'instruction des catéchumènes, méthode qui devait du reste varier beaucoup selon leur degré d'instruction et leur capacité. Augustin, dans son De eatechizandis rudibus, expose d'abord l'histoire sainte, puis il parle de la résurrection et du jugement d'après les œuvres; il développe le sens allégorique de l'Ecriture, les types de la loi, et en vient aux évangiles et à la loi du Christ. Cyrille de Jérusalem, dans ses Catéchèses, suit un plan plus régulier, il parle de Dieu, de Jésus- Christ, de la naissance surnaturelle de Jésus, de la croix, de la sépulture, de la résurrection, <le l'ascension du Christ, du jugement à venir, du Saint-Esprit, de l'âme, du corps, des viandes, de la résurrection universelle, des saintes Ecritures. L'enseignement catéchétique le plus brillant de l'ancienne Eglise semble avoir été celui d'Origène à Alexandrie. L'usage toujours plus répandu du baptême des enfants devait modifier rapidement rancit1!) catéchuménat. Les parrains récitèrent pour eux le symbole et le notre Père. Les païens qui furent introduits dans l'Eglise en grandes niasses au moment de l'invasion des barbares ne semblent pas avoir été l'objet d'un enseignement sérieux. Le baptême leur était souvent imposé par. la force. Le confessionnal remplaça la catéchisatiou. Des manuels étaient employés pour préparer les âmes à la communion par la pénitence ; on y exposait le décalogue, le symbole, l'oraison dominicale (voir Gerson, De paradis ad Ckrùtum irahendis). La Réformation donna une très-grande impulsion à la catéchisation, dont l'Eglise catholique ne s'occupait presque plus : apud adversarzos nulla prorsus est xon^Yjfftç puerorum (Apol. Conf. Aug., Mil, 41). Les ordonnances ecclésiastiques de Wittenberg (1533), du Wurtemberg (1553), etc., insistent sur ce point avec beaucoup de force. On connaît les pages éloquentes et familières dans lesquelles Luther recommande l'étude du catéchisme. « Moi, dit-il, qui suis un docteur en théologie et un prédicateur, et qui n'ai pas honte de me croire avancé dans la science et dans l'expérience que tons ces esprits altiers et téméraires, je fais comme les petits enfants. Le matin et dans les moments libres de la journée je récite mot par mot mon catéchisme : tes dix commandements, le symbole, l'oraison, les psaumes... J'ai beau faire, je reste un petit enfant, un pauvre catéchumène, et je m'y résigne de grand cœur „ (ayant-propos du grand catéchisme). Le

catéchisme de Luther expose : 1" les dix commandements (sans le sommaire de la loi). On peut remarquer à ce sujet que la division

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luthérienne des dix commandements, conforme à celle de l'ancienne Eglise, n'est pas la môme que celle de l'Eglise réformée. Luther réunit les deux premiers commandements en un seul et dédouble le dixième, relatif à la convoitise. 2° Le symbole des apôtres ou articles de la foi chrétienne; cette exposition est très-brève et Luther en donne la raison à propos de ce qui est relatif à Jésus- Christ, « Nous ne développerons pas séparément chacune de ces parties, parce que nous prêchons à des enfants et que d'ailleurs ces choses doivent être traitées dans les sermons de toute Tannée... Tout l'Evangile que nous annonçons se rapporte à cet article, car c'est celui duquel dépendent notre salut et notre félicité, et il est si riche et si étendu qu'il ne sera jamais épuisé, etc. » 3° L'oraison dominicale considérée comme modèle et résumé de toutes les prières. 4° Le baptême. 5° La cène (à la suite de l'exposition du sacrement se trouve une exhortation à la confession). Le petit catéchisme de Luther suit le même plan que le grand, mais l'expose d'une manière très-abrégée. Le catéchisme de Calvin parut en lo45, en français et en latin (Le catéchisme de l'Eglise de Genève, c'est-à-dire le formulaire d'instruire les enfants en la chrestienté, faict en manière de dialogue ou le ministre interroge et l'enfant respond). Cette méthode d'enseigner par demandes et par réponses a été accusée de sécheresse. Cependant on ne peut étudier de près cette œuvre magistrale du grand réformateur sans reconnaître le génie qui s'y manifeste. Il est impossible de condenser la pensée en moins de mots , d'aller plus droit au cœur même des questions, de les exposer plus nettement. La distribution des matières est la suivante : 1° Après avoir demandé à l'enfant quelle est la principale fin de la vie humaine, et montré qu'elle gît en la connaissance de Dieu, et que cette connaissance n'est réelle qu'en Jésus-Christ, l'auteur passe au symbole de la foi qui vient ainsi en première ligne et non après le décalogue, comme chez Luther. Cette application du symbole est beaucoup plus développée que dans le catéchisme luthérien et elle est des plus remarquables. On est frappé du soin avec lequel Calvin, tout en touchant le vif des doctrines, y évite les questions trop théologiques et les controverses proprement dites. 2° Après le symbole vient la loi, qui est amenée ici logiquement, car « la foi est la racine d'où les œuvres sont produites » et la loi nous montre ce que doivent être ces œuvres. Le décalogue est exposé, et il est suivi du sommaire de la loi. 3° Tient ensuite la prière, dont l'homme sent d'autant ph;s le besoin qu'il ne peut par lui-même accomplir la loi ; cependant Calvin, mettant toujours Dieu à la première place, voit avant tout dans la prière la manière de l'honorer. Après avoir montré ce qu'est la prière, l'auteur expose l'oraison dominicale. 4° La partie qui suit a pour titre les sacrements, mais il vaudrait mieux l'appeler les moyens de grâce, car elle commence par montrer l'utilité de la parole de Dieu, du ministère, des saintes assemblées des fidèles, et c'est ainsi qu'elle arrive à parler des sacrements proprement dits, c'est-à-dire du baptême et de la cène. Le catéchisme de Calvin eut tout de suite une grande rotoriétée 11 devint en France celui des Eglises réformées. On

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le divisa en 52 ou 55 sections, dont chacune devait être expliquée l'un des dimanches de l'année. Dès le commencement du dix-septième

siècle, on le voit publié avec l'adjonction de commentaires assez étendus; nous citerons parmi les plus remarquables ceux de liai ha ni, de Bourgoing et de Abraham Du Pan. Notons aussi les sermons tort nombreux prêches sur le catéchisme, et souvent par les plus éminents des théologiens protestants de notre Eglise au dix-septième siècle. Lorsque la révocation de ledit de Nantes survint, ce fut naturellement à Yétranger que parurent les catéchismes réformés en langue française. Celui <pii supplanta bientôt tous les autres, fut le catéchisme d'Ostérvald, ((ni fut publié à Neuchàtel en 1702. Son plan ne diffère pas sensiblement de celui de Calvin : il traite d'abord des vérités, ensuite des devoirs du chrétien. On y sent déjà l'influence d une orthodoxie très-adoucie. Chez les réformés allemands, dans une partie de la Suisse, en Hollande, en Hongrie, c'est le catéchisme de Heidelberg qui obtint la plus grande vogue, et il la méritait parla richesse du fond, par Fonction et la beauté du langage. Sa première demande est célèbre: ((Quelle est ton unique consolation dans la vie et dans la mort? C'est la pensée que j'appartiens à Jésus-Christ, mon Sauveur et mon Maître, etc. » Le catéchisme de Heidelberg fut composé, à la demande du prince palatin Frédéric III, par les théologiens Gaspard Olevianus et Zacharie Ursinus. C'est par erreur qu'on l'a souvent attribué exclusivement à ce dernier. 11 parait bien que la rédaction dernière est due à Olevianus, dont on retrouve dans ce livre le style populaire, plein de largeur et d'onction. Il parut pour la première fois en lo()3sous le titre de : Catechismus oder christlicher Uiiderricht, mie er in d'en Kirehen und Schulen (1er Kwfùrst lichen Pfah getrieben wird. Il fit partie dès lors des livres symboliques de l'Eglise réformée allemande. L'Eglise anglicane, dans son Common Prayer Book, contient un catéchisme ou ((instruction que toute personne doit apprendre avant d'être présentée à l'évèque pour être confirmée. » Ce catéchisme est très-court. L'enfant, après avoir cité son nom, rappelle que ce nom lui a été donné par ses parrain et marraine, lesquels ont promis trois choses en son nom : i° qu'il renoncerait au diable, au monde, etc. ; 2° qu'il croirait tous les articles de la lui chrétienne; 3° qu'il garderait les commandements de Dieu. Suit l'exposition du symbole, des commandements, puis celle du sommaire delà loi, de l'oraison dominicale et des deux sacrements. Les presbytériens ont le célèbre catéchisme de Westminster, ainsi nommé parce qu'il fut rédigé par la fameuse assemblée de théologiens anglicans et presbytériens convoquée par le parlement anglais à Westminster en 1643 etqui siégea jusqu'en 1648. Après avoir publié la Westminster Confesiionoffaith, elle publia deux catéchismes, l'un pour les pasteurs, l'autre pour le peuple. Le grand catéchisme de Westminster a été évidemment rédigé d'après le remarquable Compendium theologiœ du théologien bàlois Johann Wolleb (1626). Le Shorter Catechism est l'un des livres les plus populaires de la chrétienté. 11 rappelle beaucoup le catéchisme de Calvin et débute à peu près de la même manière: Mans chief end /.s ta ylorify God ami lu enjoy him for ecer. La doctrine de la prédestination

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y est adoucie, et le decretum reprobationis si durement exposé dans la confession de foi n'y est pas même mentionné. Comme on le voit, dans les Eglises issues de la Réformation, le catéchisme était devenu une espèce de dogmatique populaire. On renseignait comme tel chaque dimanche, et dans l'Eglise réformée en particulier, cette instruction se faisait avec le plus grand soin. On n'a pour s'en convaincre qu'à lire les très-remarquables Sermons sur le Catéchisme des Eglises réformées prêches à Charenton par M. Daillé (Genève, 1701 ; quelques-uns manquant dans le manuscrit de Daillé, ont été remplacés par des sermons de Jean Mestrezàt).— L'Eglise catholique romaine sentit le besoin de résister au protestantisme sur le terrain de la catéchisation aussi bien que sur celui de la prédication . Ce qu'elle produisit en ce genre de plus remarquable au seizième siècle, ce sont les deux catéchismes du P. jésuite Pierre Canisius, qu'il avait rédigés sur la demande de l'empereur Ferdinand avec le dessein de les opposer à ceux de Luther. Le Catechismus major ou Summa doctrinx christianœ parut en 1554, et le Catechismus parvus en 1556. Ces deux ouvrages, le dernier surtout, ont eu une vogue extraordinaire et ont servi à l'instruction religieuse des écoles populaires de toute l'Allemagne catholique jusque dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, où ils furent remplacés par le catéchisme romain. C'est ce dernier ou Catechismus ex decreto Concilii Trident mi ad parochos PU Quinti Pont. Max. jussu editus (première édition, 1506) qui est le catéchisme officiel de l'Eglise catholique romaine. Chaque évêque demeure toutefois libre d'éditer un catéchisme pour son diocèse, sous réserve de sa conformité avec le catéchisme officiel. Le plan du catéchisme romain est le suivant : 1° la foi : explication des douze articles du symbole des apôtres ; 2° la grâce : la grâce sanctifiante, la grâce actuelle, les moyens de grâce, les sacrements et les choses sacramentelles; 3° les commandements de Dieu et l'observation de ces commandements: le décalogue, le sommaire de la loi, les cinq commandements de l'Eglise; 4° la prière : oraison dominicale, salutation angélique, cérémonie, etc., etc. Le grand mouvement catéchétique inspiré par la Réforme fut repris au dix-huitième siècle sous l'impulsion de Spener et de Francke. Ils contribuèrent à enlever à la catéchisation le caractère dogmatique que le dix-septième siècle surtout lui avait donné et firent une place plus grande à la méthode psychologique et à l'étude historique de la Bible. Malheureusement cette réforme salutaire fut compromise par le rationalisme du dix-huitième siècle, qui vit avant tout clans la catéchétique une méthode d'instruction morale et religieuse beaucoup plus qu'une communication de la vérité révélée. En Allemagne, dans les Pays-Bas, dans la Suisse française ces effets se firent sentir et l'on en voit l'influence dans les éditions posthumes et successives du catéchisme du pieux Ostervald. Le réveil qui s'est opéré au siècle actuel dans la plupart des pays protestants n'a guère profité jusqu'ici à la catéchisation. Le service du catéchisme a été de plus en plus remplacé par l'école du dimanche et les manuels catéphétiques par la Bible elle-même ou par des extraits des récits bibliques. Il en est résulté certainement dans la jeunesse une connaissance plus

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étendue des saintes Ecritures, el tes écoles du dimanche ont puissamment contribué à développer faction des laïques. Cependant on peut se demander si elles n'ont pas nui au développement du sentiment ecclésiastique et à la connaissance de la doctrine proprement dite. C'est dans l'instruction particulière des catéchumènes en vue de la préparation à la communion que s'est réfugiée aujourd'hui la catéchétique. Un très-grand nombre de catéchismes ont été édiles à notre époque pour ce bul spécial. Nous ne pouvons même songer à en indiquer les auteurs. Citons seulement pour la France et la Suisse française les noms de Cellérier, Nkmtandon, Fontanès, Archinard, Coulin, Tourmer, Oemole, Viguet, Heymond, Bernard, Bahut, etc., etc. Ce qui caractérise la plupart des catéchismes les plus récents, c'est un changement de méthode: au lieu d'exposer simplement, comme Calvin et ses successeurs, la foi, la loi et les moyens de grâce, ils insistent sur le côté historique de la révélation, et beaucoup d'entre eux développent un plan dans le genre du suivant : religion naturelle, nécessité d'une révélation, la révélation primitive, la révélation patriarcale, la révélation mosaïque, la loi et la prophétie, Jésus-Christ, sa personne, son oeuvre; le Saint-Esprit, la vie chrétienne, explication de la loi, devoirs du chrétien envers Dieu, envers le prochain, envers lui-même; l'Eglise, les moyens de grâce, les sacrements, etc.; le jugement dernier, etc. Ce plan, qui aspire à être plus rationnel et plus logique que celui des catéchismes de Luther et de Calvin, est en réalité celui d'une dogmatique populaire. Mais c'est précisément le caractère populaire qui lui manque trop souvent. -— L'Eglise d'Orient n'a pas donnéàlacatéchisation tout le développement nécessaire. Cependant nous ne comprenons pas l'assertion de Palmer qui prétend (Herzog, Real-Ennjklopxdie, art. Catechetik) qu'elle ne possède pas de catéchismes, Elle en a au contraire de nombreux, dont le plus connu est celui de Platon. Il a été traduit en français sous le titre de Catéchisme détaillé de l'Eglise catholique orthodoxe d'Orient, examiné et approuvé par le saint synode de Russie (Paris, Klincksieck). Voici l'indication du plan : 1° La Foi. De la religion, de la révélation divine, de la tradition sacrée et de la sainte Ecriture, exposition du symbole de Nicée (contenant, outre les vérités de la foi, toutcequi concerne l'Eglise et les sacrements. 2° L'Espérance. Sous ce chef, on range la prière, l'explication de l'oraison dominicale et celle des neuf béatitudes. 3P La Charité. Dans cette dernière section se trouve l'explication dudécalogue. — Pourtoutcc qui concerne la catéchétkjue et son histoire, nous recommanderons, outre les articles relatifs à ce sujet dans V Encyclopédie de Herzog, l'ouvrage de Palmer et surtout le beau et grand travail de Zezschwitz (System der ckristlich kirchKchen Katecketik, ."> vol.). Eu». Bbbsibb.

11. THÉORIE. — 1. But. Pour bien préciser la méthode à suivre dans

l'instruction des catéchumènes, il faut déterminer le but à atteindre. Ce bul est triple pour le catéchiste : 1" il doit enseigner aux enfants les grands faits et les doctrines capitales de la religion chrétienne; 2° les

attirer a Clirisl et par Christ les introduire dans la vie chrétienne : '■)" les préparer a entrer dans l'Eglise en connaissance de cause et à participer

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dignement à la sainte cène. Ce dernier but n'est que la résultante des deux autres. L'objet principal des efforts du pasteur dans l'instruction catéchétique est de donner à ses élèves une connaissance saine et précise des vérités chrétiennes, et surtout de les amener à connaître, à aimer et à suivre Jésus-Christ comme leur Sauveur et leur Maitre. « L'objet de l'instruction, dit Vmet (Théologie pastorale, p. 284), n'est pas seulement d'apprendre aux enfants leur religion, mais de fonder en eux une vie. C'est une instruction sans doute, mais c'est encore plus une initiation au mystère sacré de la vie chrétienne. » — 2. Eléments. Le but de l'instruction étant déterminé, les éléments qui doivent former cette instruction le seront aussi en même temps. Les instructions catéchétiques sont et doivent rester des leçons, mais des leçons qui ne sont pas seulement destinées à éclairer l'intelligence et enrichir la mémoire, mais qui s'adressent aussi à la conscience et au cœur et veulent mettre en mouvement la volonté. Plusieurs catéchètes ont proposé de donner à cet enseignement le caractère et la solennité d'un culte. Leur intention est bonne, mais leur dessein est irréalisable. Le lieu, les circonstances, le nombre souvent restreint des élèves, l'absence de certains éléments essentiels au culte, y mettraient obstacle; d'ailleurs, les enfants risqueraient d'apporter aux leçons ainsi organisées cette disposition à la somnolence qu'ils apportent si naturellement aux services religieux. Il ne faut pas oublier enfin que la mission du catéchiste est d'instruire, d'élever dans ces jeunes esprits l'édiiice des croyances chrétiennes. L'Eglise est bien à la fois une société et une école, mais c'est avant tout sous ce second aspect qu'elle se présente dans l'instruction des catéchumènes; ils sont là vraiment à l'école, à l'école de Jésus-Christ et de son Eglise. Il est évident d'ailleurs que le pasteur doit s'efforcer de rendre ses leçons aussi édifiantes, aussi vivantes que possible, et de les rapprocher ainsi d'un acte d'adoration. Ce qui n'importe pas moins, c'est d'en faire une action à laquelle les jeunes gens participent directement par leurs réponses aux interrogations. Rien n'est plus fastidieux et plus impuissant sur l'esprit des auditeurs de cet âge qu'une longue leçon dans laquelle le pasteur parle toujours comme ex cathedra, tandis que le catéchumène demeure silencieux. L'idéal serait d'unir la ferveur et le sérieux d'un culte à la clarté d'une leçon et à la vivacité d'un entretien. Voici dès lors quels sont les éléments qui doivent composer une bonne leçon catéchétique : a) la prière, précédant et terminant l'instruction; elle doit être très-courte et très-spéciale, ayant en vue la conversion des élèves et le sentiment de la présence de Dieu dans les leçons ; b)lalecture d'une portion de l'Ecriture sainte qui soitle plus appropriée au sujet qui sera traité; cette lecture sera faite avec profit tour à tour par le pRsteur et les catéchumènes; c) l'interrogation sur le sujet de la leçon précédente, ou sur les passages bibliques que l'on a donné à apprendre; d) la leçon proprement dite, soit qu'elle consiste dans l'explication du catéchisme, soit qu'elle réside dans une exposition personnelle et continue des vérités chrétiennes. Quelques pasteurs ajoutent à ces éléments essentiels le chant ou la lecture d'un cantique; d'autres terminent par un récit court et animé, emprunté à l'histoire de

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l'Eglise et surtout de la Réformation. — 3. Temps et durée de l'instruction. Ainsi conçu, renseignement catéchétique ne doit pas être fait d'une

manière hâtive: ici comme partout, le temps est la condition (Insuccès. Pour être sérieuses et efficaces, les instructions religieuses <lu pasteur devraient être longuement préparées par l'enseignement religieux de la famille et de l'école. Quand il se présente comme catéchumène, l'enfant devrait avoir une certaine connaissance historique et même doctrinale de la religion. Il faut que, dans nos écoles en particulier, l'enseignement religieux reprenne sa place et que les instituteurs ne se contentent pas de faire apprendre et réciter à leurs élèves l'histoire sainte ou les versets de l'Ancien et du Nouveau Testament donnés par l'Ecole du dimanche, mais qu'ils leur enseignent aussi le catéchisme, au moins le catéchisme élémentaire. Même avec cette indispensable préparation, il serait bon que les catéchumènes suivissent les instructions pendant deux, années au moins. Ces deux années en réalité n'en t'ont qu'une, puisque dans la plupart des Eglises réformées les leçons vont du mois d'octobre à Pâques ou tout au plus à la Pentecôte. Autant que possible, il faut donner deux leçons par semaine, dont la longueur doit être strictement limitée (d'une heure à une heure et demie au plus). Dans les grandes villes ces conditions d'un solide enseignement catéchétique rencontrent de fréquents obstacles, dont les deux principaux sont les nécessités de l'apprentissage ou des* études universitaires et la mauvaise volonté ou l'ignorance des parents. Il est permis de céder quelquefois, mais il faut lutter toujours avec douceur et énergie pour maintenir la règle établie; le pasteur ferme et zélé a presque toujours le dernier mot. Tel catéchumène qui au bout de la première année est resté ignorant ou insouciant, à la tin de la seconde se montre vivement intéressé aux instructions religieuses, quelquefois réveillé dans sa conscience et désireux de se donner à Dieu dans la foi en Jésus-Christ. — 4. Bases de l' enseignement. Quelle doit être la base de l'instruction catéchétique? A quelles sources faut-il puiser les leçons données aux élèves? Deux réponses ont été faites à cette question. Les uns ont dit : Mettez la Bible seule entre les mains de vos catéchumènes; lisez-la avec eux, faites-la-leur lire et apprendre par cœur, expliquez-en les parties centrales; n'est-ce pas là le meilleur cours de religion, le plus populaire, le plus chrétien, le plus biblique* Et ils ont ajouté : délaissez donc une fois pour toutes l'usage suranné du catéchisme. Le catéchisme présente la vérité divine analysée, disséquée, brisée, réduite en formules abstraites; il est comme un herbier savant, riche peut-être, où les fleurs sont couchées, classées, numérotées, mais mortes. La Bible au contraire, c'est la nature vivante, où les faits, les doctrines, les préceptes se présentent à nous dans nue divine contusion, et aussi dans une admirable unité. Ils ajoutent: Le catéchisme, c'est une œuvre faite en dehors de la personnalité du pasteur: c'est la pensée d'autrui, la pensée de l'Eglise qui devient ainsi une barrière et un frein pour la liberté pastorale. Dans la bible se rencontre le champ le plus vaste et le plus magnifique que le catéchète puisse parcourir sans entraves. Tout ce qu'il <!oii enseigner à sesélè-

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ves y est renfermé sous une forme vivante et variée. En prenant la Bible seule pour guide et pour règle, il entre dans le plan de Dieu et il carde toute son initiative et toute sa personnalité. 11 y a une grande part de vérité dans ce système d'instruction. Pour un pasteur évangélique, la Bible sera toujours à la fois la matière, le modèle et l'inspiration d'un bon cours de religion. C'est par elle qu'il faut commencer, c'est à elle qu'il faut sans cesse revenir. La faire connaître, la faire aimer est bien l'idéal du catéchiste. Un enseignement duquel on ne pourrait pas dire qu'il est biblique serait un enseignement impuissant et infidèle. Mais cela dit, il est permis de ne pas accepter la sentence d'excommunication prononcée par quelques-uns contre les catéchismes et les manuels de religion pénétrés de cet esprit biblique et évangélique. Voici les raisons qu'on peut invoquer en leur faveur : 1° L'usage des catéchismes remonte à une très-haute antiquité dans l'histoire de l'Eglise et il est devenu de bonne heure à peu près universel dans les Eglises issues de la Réformation. Sans être asservi à la tradition, il est juste d'en tenir compte. 2° L'emploi d'un bon catéchisme n'exclut pas l'usage simultané et constant de l'Ecriture sainte, mais le nécessite au contraire par les faits et les passages bibliques auxquels le catéchisme doit toujours renvoyer. 3° L'objection faite contre le catéchisme, à savoir qu'il est une barrière mise par l'Eglise à la liberté du pasteur, peut se changer en raison favorable. Le pasteur n'est-il pas le serviteur de l'Eglise? N'est-ce pas en son nom qu'il doit enseigner? Dès lors l'Eglise n'a-t-elle pas le droit de régler cet enseignement par ses représentants autorisés en lui assignant pour base un catéchisme déterminé? Dans ces limites la spontanéité du catéchiste, la variété de ses dons et la diversité de ses vues sur des points secondaires, trouveront largement à s'exercer. 4° Si le catéchisme risque d'enlever à la vérité évangélique sa fraîcheur et son unité, n'est-ce pas là aussi l'écueil permanent de tout enseignement religieux, quelle qu'en soit la forme, de la prédication elle-même? Il nous faut toujours traduire la pensée divine dans une langue humaine, c'est-à-dire la morceler, l'abaisser et plus ou moins l'altérer. 5° La raison décisive pour l'emploi du catéchisme, c'est qu'il correspond à la nécessité de renseignement, qui est de dégager de la Bible les faits les plus importants et les doctrines les plus fondamentales pour les faire connaître aux jeunes gens dans leur suite et dans leur enchainement naturel. L'esprit de l'homme ne se repose que daus la lumière et dans l'ordre, et l'esprit de l'enfant a les mêmes besoins. Cela est si vrai que les adversaires des catéchismes et des manuels de religion sont infai- iblement amenés à en faire un tôt ou tard. La conclusion est qu'il faut que le catéchiste combine les deux méthodes : lire, faire lire et apprendre la Bible à ses élèves; imprégner, pénétrer de son esprit toutes ses leçons, et en même temps mettre un catéchisme entre les mains l es enfants. — 5. Caractères d'un bon catéchisme. Voici les plus essentiels : 1° Un bon catéchisme doit être éminemment biblique par l'esprit et par la forme: par l'esprit, en mettant en relief les grands faits et les vérités fondamentales exprimées dans la Bible; par la forme, en appuyant toutes ses affirmations par des passages

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bibliques bien choisis. 2° Comme lu religion chrétienne a revêtu, par la

volonté de Dieu, une Corme historique, il faut que le catéchisme suive un plan historique el progressif correspondant. 3° Gomme il importe ( ependant, surtout à l'époque d'incertitude et d'indétermination dogmatique où nous vivons, de graver profondément les principes évangéliques dans l'esprit des catéchumènes, un bon catéchisme doit articuler nettement les doctrines vitales et les grands préceptes de la religion chrétienne. En restant historique par la division, il doit être doctrinal et. pratique dans L'exposition. V' Comme un catéchisme ne doit pas être une œuvre uniquement personnelle, mais aussi une œuvre collective et ecclésiastique, il nous parait convenable et même nécessaire qu'il soit adopté et recommandé par les corps constitués de l'Eglise (cônes, synodes); qu'il mette en relief les principes de la Réformation et de la communion protestante dont il relève, et enfin que, dans le cours de son exposition, il mentionne les documents principaux de la foi et de la liturgie de cette Eglise : décalogue, oraison dominicale, symbole dit des apôtres, confession des péchés, confession ou profession de foi, liturgie de la sainte cène et de la première communion. S Ajoutons enfin, seulement pour mémoire, que l'idéal du catéchisme évangélique, c'est d'unir la brièveté à la clarté, la précision à l'édification. On a souvent discuté la question de savoir si un catéchisme doit nécessairement suivre l'ancien usage de demandes et de réponses, ou supprimer les demandes et procéder par une exposition continue.' L'ancienne manière nous semble préférable pour les enfants peu lettrés : la seconde peut être appliquée aux catéchumènes qui ont reçu une culture plus étendue et qui peuvent faire des rédactions. Mais quelle que soit la forme adoptée, on ne saurait trop recommander remploi de la méthode dite socratique, qui a sans cesse recours aux interrogations. Evidemment, la principale tâche du pasteur qui instruit est d'exposer; mais, après avoir exposé et même en exposant il doit beaucoup interroger et s'efforcer de faire sortir la réponse de la conscience et de l'intelligence de ses jeunes auditeurs. Cette méthode force le catéchumène à prendre à la leçon une part active ; elle met i la réflexion et, par suite, contribue à fixer plus profondément dan- son esprit ce qu'il a concouru lui-même à trouver ou ce qu'il a reconnu vrai. Toutefois gardons-nous de l'excès et ne faisons pas ce qu'on lit à une certaine époque en Allemagne, où tout le monde se mit a 80cratiser; nous ne devons jamais oublier que le christianisme est une religion révélée, positive, iju'on n'invente pas, qu'il y a là de que l'œil n'a point vues, que I oreille n'a point entendues et qui ne sont pas montées au coeur de l'homme. » L'art de l'interrogation est d'ailleurs uw art délicat, et à certains égards difficile, qui réclame a la fois des dons spéciaux d'esprit et de parole : clarté, précision, vivacité, simplicité, et des dons du cœur : affection, douceur, patience et fermeté. Le catéchiste doit bannir soigneusement de ses interrogations et de ses leçons les termes d'école, les -locutions abstraite-, les phrases obscures et embarrassées; il doit recourir autant que possible aux images, aux comparaisons, aux récits empruntés à la

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aature, à la famille, à l'histoire; il doit ne perdre jamais de vue les réalîtés de la vie terrestre et de la vie chrétienne, auxquelles il doit initier ses élèves. 11 faut aussi qu'il use de bonté, de douceur et de support, surtout avec ceux qui sont lents et timides ; qu'il ne désespère de la conversion et du salut d'aucun d'eux, et qu'il se garde de l'esprit d'irritation ou de moquerie. Enfin, à l'exemple de son divin Maître, l'éducateur chrétien visera surtout la conscience et le cœur de ses enfants et, quand il aura déposé en eux la semence de la Parole en l'arrosant de ses prières, il attendra avec patience et confiance, sans se décourager ni s'enorgueillir, l'époque, quelquefois lointaine, où cette semence lèvera et fructifiera. Deux moyens supplémentaires peuvent être employés par le catéchiste, dont l'expérience a constaté ^'efficacité. Le premier consiste dans une série de méditations spéciales faites dans le temple ou dans une salle quelconque et destinées aux catéchumènes et à leurs parents. Ces méditations doivent rouler sur un sujet suivi et important qui peut intéresser la jeunesse (par exemple la vie du jeune chrétien dans le cercle de la famille, de la société, de l'Eglise ; la biographie des grands hommes de l'Eglise et des réformateurs, etc.). Elles serviront à compléter les leçons catéchétiques, et mettront en relief l'élément de rectification proprement dite ; elles donneront aussi au pasteur l'occasion d'intéresser les parents à l'éducation religieuse de leurs entants et de leur adresser de sérieux et pressants appels. Le second moyen, c'est de donner dans les dernières semaines à tous les catéchumènes réunis une série de leçons supplémentaires, dans lesquelles, laissant de côté le catéchisme et les rédactions, le pasteur les interroge et refait en quelque sorte le cours dans ce qu'il a d'essentiel, en employant la méthode régressive, c'est-à-dire en partant de l'idée de la premiers communion pour remonter à la doctrine de l'Eglise, puis à celle du péché et de la rédemption. — 6° Plan d'un cours d'instruction religieuse. D'après ce qui précède, nous ne croyons pas devoir adopter complètement le plan des anciens catéchismes. Nous écartons, sans en méconnaître futilité relative et la légitimité historique, la division du moyen âge et de la Réforme (la foi, la loi, îa prière et les sacrements) et celle du dix-huitième siècle dont le catéchisme d'Ostervald est le type (histoire, doctrine, morale). Nous ne pouvons adopter non plus le plan exclusivement historique qui se contente de suivre la marche et les destinées du royaume de Dieu sur la terre, il nous semble qu'il est conforme à l'essence de la religion chrétienne, qui est la religion de l'union de l'homme avec Dieu, la religion de la rédemption de l'homme par Dieu, de prendre pour bases d'un cours de religion la doctrine de Dieu et celle de l'homme et pour centre vivant le fait de la rédemption ou du salut par Jésus-Christ, en le considérant tour à tour dans sa préparation, dans son accomplissement, dans son application, dans sa propagation et dans son entier achèvement; et voici alors le plan général que l'on pourrait suivre. C'est à peu près le plan suivi par Tailleur de cet article dans son Manuel de religion chrétienne. Il va sans dire que ce programme peut et dans certains cas doit être raccourci pour des instructions moins

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étendues et des catéchumènes peu cultivés. Introduction : religion, révélation, Ecriture sainte. 1. Dieu et r homme : de l'existence et des perfections de Dieu, création, providence; nature et vocation de L'homme; liberté et loi morale; chute; existence, manifestation et conséquences du péché (emploi du décalogue et de la confession des péchés); besoins de l'homme pécheur. 11. La préparation du salut : première promesse et ses suites; choix d'Abraham et du peuple élu; Moïse et son œuvre; le décalogue; les lois cérémonielles;les prophètes; coup d'œil sur l'état du monde juif et païen à la naissance du Christ. 111. L'accomplissement du salut : naissance, enfance et jeunesse de Jésus ; prédication de Jean-Baptiste ; baptême et tentation de Jésus ; son enseignement (paraboles, entretiens, discours); ses miracles; ses souffrances et sa mort ; sa résurrection et son ascension ; nature de Jésus-Christ; divinité et étendue de son œuvre (relire le symbole dit des apôtres). 1Y (pouvant être retranché ou diminué). La propagation du salut: le Saint-Esprit et la première Pentecôte; autorité des apôtres; fondation de l'Eglise ; sa mission, ses grâces; l'Eglise au temps des apôtres ; l'Eglise sous la croix aux deuxième et troisième siècles; l'Eglise conquérante, de Constantin à Charlemagne ; l'Eglise au moyen âge; catholicisme, papauté; les réformateurs avant la Réforme; la Réformation au seizième siècle, ses héros, ses résultats, ses principes; l'Eglise depuis la Réformation; les grandes Eglises de lav chrétienté ; l'Eglise réformée de France, ses destinées, ses principes, son organisation. V. L 'appropriation du salut : la grâce divine et le Saint-Esprit; la conversion : a) repentance, foi, b) doctrine de la justification par la foi ; la sanctification ou la vie chrétienne, ses caractères, ses privilèges, son but; devoirs du chrétien (envers Dieu, envers les hommes, envers nous-mêmes) ; les moyens de grâce du chrétien : a) la Parole de Dieu, b») la prière (oraison dominicale), c) le culte, d) les sacrements (baptême, sainte cène, première communion, liturgie). VI. La consommation du salut : état des rachetés après la mort; retour du Christ, résurrection des morts, jugement dernier; la mort éternelle et la vie éternelle ; conclusion. N. Kecolin.

CATHARES. Il est constaté aujourd'hui que la secte dualiste des cathares (xaÔapot, les purs) est indépendante de celles des manichéens et des pauliciens, et qu'elle a eu son origine, au onzième siècle, parmi les Slaves, probablement parmi ceux de la Macédoine. Elle se répandit très-vite dans les autres pays de langue slave, et de là d'une part en Italie et dans le Midi de la France, et de l'autre en Allemagne, dans la France du Nord et en Flandre. Dans ces dernières contrées elle ne fonda pas des étabtissementsaussi considérables que dans celles du Sud. A l'époque de sa plus grande puissance, dans la seconde moitié du douzième siècle et au commencement du treizième, elle avait des évêchés en Macédoine, en Bulgarie, en Thrace, en Bosnie, en Dalmatie, en Italie, dans la France méridionale; elle avait des écoles, des docteurs, des versions de la bible des livres théologiques et liturgiques; des populations entières lui étaient dévouées, elle était protégée par des princes, grâce à la corruption qu'on reprochait au clergé catholique. Jusqu'à l'avènement

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