CATHARES
a été un esprit céleste; Jésus étant le Verbe, elle l'a conçu par rouie. Le retour des âmes au ciel étant nécessaire, mais ce retour n'étant possible que par Jésus, les cathares admettent que les âmes de ceux qui
sont morts avant la venue du Sauveur ont traversé une série de corps d'hommes et même d'animaux ; cette transmigration continue jusqu'au
moment OÙ Ton se t'ait admettre dans la secte, car elle seule garantit le saint. Après la mort les initiés remontent dans le domaine du Dieu bon; ceux qui ue le sont pas reprennent un nouveau corps jusqu'à ce qu'ils aient achevé leur pénitence. D'après les cathares, qui professaient le dualisme mitigé, l'antagonisme entre le bien et le mal n'est paséternel; le principe mauvais, créature de Dieu, a commencé par être bon et ne s'est séparé de Dieu que par orgueil. Il est le diable, il a formé le monde et les premiers hommes; ceux-ci toutefois reçoivent des âmes (•('lestes, et transmettent cette nature meilleure aux âmes de leurs descendants. Pour empêcher les hommes de revenir à Dieu, le diable leur donne la loi par Moïse ; Jésus vient comme Sauveur de ceux qui acceptent sa doctrine, mais ce Jésus n'a pas non plus de corps matériel. Le retour des âmes n'est pas une nécessité, car elles jouissent du libre arbitre; il y aura donc un jugement final. Ce système se retrouve, avec quelques modifications dans la doctrine des bogomiles de la Thrace. Malgré ces différences, les deux branches de la secte étaient d'accord dans leurs principes moraux et dans ceux sur le culte et sur l'organisation. Leur morale était rigoureusement ascétique; les péchés, tous considérés comme mortels, étaient les suivants : l'amour des biens terrestres; le commerce avec des hommes mondains dans toute autre intention que de les convertir à la secte ; le mensonge ; l'homicide, la guerre et l'exercice du droit du glaive ; l'usage de tuer un animal autre qu'un reptile (on ignore si cette opinion était commune aux deux branches, chez les dualistes absolus elle se fondait sur la doctrine de la métempsychose) ; l'usage de toute nourriture animale ; le commerce charnel d'un sexe avec l'autre, même le mariage ; l'union des deux premiers hommes a été le vrai péché originel. Le pardon des péchés et la délivrance du pouvoir du principe mauvais s'obtiennent par l'entrée dans l'Eglise cathare, hors laquelle le salut n'est pas possible. L'admission se faisait par un acte symbolique, qui devait représenter le baptême de l'esprit et qui s'appelait consolamentum ; par cet acte, accompli par l'imposition des mains, l'esprit consolateur était censé descendre sur l'homme et s'unir avec lui pour le préserver du mal. Après avoir reçu le consolamentum on devenait pur ou parfait; en France le peuple appelait les parfaits les bonshommes; les adversaires leur réservaient spécialement lenomd'hérétiques. Les parfaits étaient les docteurs et ministres de la secte; ils avaient seuls le droit de conférer le consolamentum, étaient tenus de s'abstenir de toute souillure par la matière, de ne posséder aucun bien et de vivre dans le célibat. Ils parcouraient les pays, toujours au nombre de deux, et présidaient les réunions religieuses. .Les femmes pariait. lient de l'éducation des jeunes filles. Ceuxqui n'étaient
pas parfaits formaient la classe nombreuse des croyants, auxquels étaient permis le mariage, le commerce, le métier des armes, etc. Mais celte