CATHARES — CATHÉDRALE
permission ne leur était accordée qu'à condition pour eux de se faire donner le consolamentum avant la mort ; mourir inconsolé, c'était mourir sans espoir de salut immédiat. Pour avoir une bonne fin, les croyants faisaient avec les parfaits un pacte, convenenza, par lequel ils s'engageaient à recevoir, en cas de danger de mort, le consolamentum et de suivre, s'ils ne mouraient pas, les règles sévères de la secte. Pour empêcher que l'ettet du baptême spirituel ne fût détruit par une rechute dans le péché, certains cathares se laissaient mourir de faim; on appelait cela se mettre in endura. Le culte cathare était extrêmement simple. Là où la secte, était puissante, elle avait des oratoires, mais sans croix, sans images, sans cloches, on n'y voyait qu'une table, couverte d'une nappe blanche, sur laquelle était posé un Nouveau Testament, ouvert au premier chapitre de l'évangile de saint Jean. Les services commençaient par la lecture d'un passage biblique, que le ministre expliquait ensuite dans le sens cathare. Cette prédication était suivie d'un acte que les auteurs catholiques ont appelé l1 adoration des hérétiques, mais qui doit porter à plus juste titre le nom de bénédiction. L'assistance se mettait à genoux, le ministre et les parfaits présents la bénissaient, elle ne les adorait pas. Le culte se terminait par l'oraison dominicale, récitée par toute l'assemblée ; c'était la seule prière que les cathares croyaient permise. La sainte cène était remplacée par une bénédiction du pain lors de chaque repas auquel assistait un parfait ; le pain était rompu en morceaux, que les croyants conservaient pour en manger journellement quelques miettes ; parfois aussi des messagers apportaient aux croyants de ce pain bénit qu'on appelait le pain de Dieu ou de la sainte oraison. On avait enfin la coutume de faire à de certaines époques une confession générale des péchés, à laquelle on donnait le nom Cl appareillamentum ; pour les parfaits cette confession pouvait entraîner la nécessité d'une reconsolatio , pour les croyants des jeûnes ou d'autres pénitences. On célébrait les fêtes de Noël, de Pâques et de Pentecôte ; un auteur allemand parle d'une fête dite Malilosa et observée en automne; on n'a pas encore pu découvrir le sens de ce mot. Chaque parfait pouvait remplir les fonctions de ministre ou de prêtre; en outre les cathares avaient des évêques et des diacres ; les évêques étaient assistés chacun d'un films majorai d'un filius minor, dont les attributions ne sont pas clairement définies. L'Eglise était divisée en diocèses; dans des circonstances importantes les évêques se réunissaient en synodes. Quelques écrivains parlent d'un pape cathare; mais aucun témoignage authentique ne constate l'existence d'un chef supérieur de la secte. — Voyez : C. Schmidt, Histoire et doctrine de la secte des Cathares ou Albigeois, 2 vol., Paris, 1848; et le curieux rituel cathare publié par Cunitz, d'après un manuscrit de Lyon, clans les Beitnvge zu den theologischen Wissenscliaften, herausgegeben von Reuss und Cunitz, Iéna, 1852.
Ck. Schmidt.
CATHÉDRALE (de cathedra, siège ou trône épiscopal) désigne l'église où est placé le trône de révoque ou archevêque du diocèse. Primitivement la cathedra était placée au fond de l'abside (cathédrale de Torcello, près Venise), comme le siège du juge dans la basilique antique.