‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 244 sur 263 · CAUMONT LA FOECE — CAUS · texte numérisé non relu

CAUMONT LA FOECE — CAUS

d'armes de 1629, qu'il avait blâmée. Mis bientôt par Richelieu à la tête de l'armée destinée à couvrir les frontières de la Bresse, il entra en Piémont en 1630, força Pignerol et Saluées, enleva divers châteaux et débloqua Casai, en battant les Espagnols au pont de Carignan, le 6 août. A peine de retour à Paris, il recevait ordre de rassembler une armée en Champagne et de mettre à la raison Gaston d'Orléans et le duc de Lorraine. Ces nouveaux et signalés services lui valurent la charge de grand-maître de la garde-robe. Une nouvelle campagne fut nécessaire contre le duc de Lorraine et le força à marcher de victoire en victoire jusqu'au Luxembourg et à Heidelberg. Tant de fatigues, et le chagrin que causa au vieux soldat la mort d'un petit-fils, tué sous ses yeux par trahison, lui rendaient quelque repos nécessaire; il n'en obtint pas la permission sans peine. L'année d'après (1036) on avait de nouveau recours à lui pour assister le duc d'Orléans de ses conseils. En 1637, il fut créé duc et pair. En 1638, opposé à Piccolomini, il le battit à Zonafques. Ce fut sa dernière campagne. Après soixante ans de guerre, il alla définitivement se reposer dans son château de La Force, et s'y occupa à écrire ses Mémoires, publiés en 1843 par le marquis de La Grange (Paris, 4 vol. in-8°). 11 mourut, le 10 mai 1652, au milieu des troubles de la Fronde. 11 avait été marié. trois fois : 1° en 1577, à Charlotte de Gontaut, tille du maréchal de Biron ;2° à une fille de Duplessis-Mornay, veuve de Jacques desNouhesde laTabarière; 3° à Elisabeth de Clermont-Gallerande, veuve de Gédéon de Botzlaër. Il n'eut d'enfants que de sa première femme, dix iils et deux filles : son fils aine, Armand, eut une lille, Charlotte, qui épousa en 1553 l'illustre Turenne, et mourut sans enfants en 1666. Son second fils, Henri-Nompar, marquis de Caste! naut, épousa en 1602 Marguerite- Escodéca de Boisse, et eut neuf enfants, dont l'aîné supporta héroïquement, ainsi que sa femme (Suzanne de Béringhen), les persécutions auxquelles ils furent en butte lors de la révocation de l'édit de Nantes; Jean, marquis de Montpouillan ; François, marquis de Castelmoron, marié à Marguerite de Vicose. Charles Kead.

CAUS (Salomon de). Lorsqu'ils rédigeaient, en 1852, le tome III de leur grand et précieux ouvrage, les frères Haag se décidèrent, d'après de simples conjectures, mais logiquement déduites, à compter Salomon de Caus comme un des noms de la France protestante. On n'avait alors aucune notion quelconque sur la date et le lieu de sa naissance ou de sa mort. Son nom de Salomon, les livres publiés par lui, étaient les seuls indices acquis à l'histoire; il leur fallut prendre la peine de réfuter une historiette faisant de notre ingénieur un fou, dont la présence à Bicêtre en 1641 était bien et dûment établie... par un document, fabriqué en 1834, qui a partout popularisé ce mensonge fait à plaisir. La découverte que nous avons faite et annoncée, en 1856, des registres de Charenton (Bull, de la Soc. cVHist. du Protest, franc., IV, 629; cf. XI, 301, 406) donna pleinement raison à la sagacité de MM. Haag. Dans le môme registre où nous avions trouvé l'acte d'inhumation de Salomon de Brosse (voir ci-dessus) nous devions rencontrer celui de Salomon de Caus; nous y avons, en effet, non sans peine, déchifïré une minute ainsi

Page 1