‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 248 sur 263 · CAUSE — CAVALIER · texte numérisé non relu

CAUSE — CAVALIER

sa bonté. La méthode causale étendit ce oro° '<lé à tout renseignement chrétien; chaque dogme fut découpé et rangé sous quatre rubriques; par exemple Baier (Compend. theoL fomL^i%Wl) : Juslificationis causa: 1° efficiens principalis, subdivisée en impulsiva interna et externa; puis impulsiva minus principalis ; t°formalis, 'ic. La pesanteur formaliste de ce procédé obscurcissait les dogmes plutôt qu'elle ne les élucidait. Mais si l'exécution était maladroite, il y avait au fond une pensée légitime, la recherche des causes et la démonstration de leur enchaînement, pensée dont la science religieuse doit plus que jamais s'inspirer pour remplir sa mission. — Voyez, pour la question générale, les traités de métaphysique; J.-H. Fichte, Ontologie , 1836, p. 413-466; et pour les applications, les articles Dieu, Providence. A. Matter.

CAUSES MAJEURES, appelées ainsi à cause de la gravité de la matière ou de l'importance des personnes qui y sont intéressées. Les causes majeures sont réservées au pape. Barbosa {In tract, de offic. et potest. episcop., Alieg., 50) les définit ainsi : Causse omnes majores ad sedem apostolicam referuntur : porro causœ majores censëntur quœstiones quœ spectant ad articulos fidei intellig endos, ad canonicos libros discernendos, ad sensum sacrarum litterarum declarandum approbandurnque, ad interpretanda quœ dubia sunt vel obscura in controversiis fidei, in jure canonico vel divino; item ad declarandum quœ ad sacramenta pertinent, videlicet ad materiam, formam et ministrum. Autrefois, en France, on entendait par causes majeures les actions criminelles intentées contre les évêques, et on prétendait que ces causes devaient être jugées en première instance par le concile provincial, prétention que la curie romaine n'a jamais reconnue (voy. Glaire, Diction, univ. des sciences ecclés.).

CAVAILLON [Cabellio] (Vaucluse), évêché sufïragant d'Avignon, et d'Arles avant 1475, supprimé en 1801. En 1250, Innocent IV en dédia la cathédrale à Notre-Dame ; néanmoins cette église a conservé comme deuxième patron saint Urain (Veranus : sa vie dans Labbe, Bibl., II), qui fut évéque en 585 et qui est révéré le 11 novembre. Il faut encore nommer Philippe de Gabassole, célèbre cardinal, originaire de Cavaillon, ami de Pétrarque et administrateur éclairé (1334-72). — Voyez Gallia, I ; Courtet, Dictionn. de Vaucluse, 1877.

CAVALIER. Cet homme extraordinaire, «un des plus rares caractères que l'histoire nous ait transmis, » au jugement de Malesherbes, fut le principal chef de l'insurrection camisarde. Il naquit à Ribaute, près d'Anduze, en 1680, et mourut à Chelsea en 1740. Il avait été d'abord valet de ferme, puis boulanger, et devint bientôt, à la tête de sa bande, le capitaine le plus audacieux et le plus habile qui fût jamais. Réfugié à Genève en 1701 à la suite de deux procès, l'un civil, l'autre criminel, qui lui furent intentés pour cause de religion, il rentra au bout d'un an dans les Cévennes, qui étaient désolées par les persécutions de l'abbé du Chaila. Peu après, vingt jeunes gens de Ribaute, gagnés par ses exhortations, l'élisent pour leur chef, et il entreprend avec eux cette lutte héroïque, qui a immortalisé son nom et dont voici les principaux faits : défaite du capitaine Viial dans les bois d'Alais, destruc-

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