‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 249 sur 263 · CAVALIER - CAVOUR · texte numérisé non relu

CAVALIER - CAVOUR

tion presque complète des troupes du Lieutenant Montarnaud et du capitaine Bernard dans les bois de Vaquières (S décembre 1702), d'un détachement de milices à€endims et d'une compagnie de fusiliers a Saint-Cosme ; prise du château de Servas, défaite de la garnison

d'Alais aux portes de cette ville (Noël 1702), désarmement de la garnison et des habitants de Sauve (27 décembre), expédition malheureuse

ea Vivarais, suivie coup sur coup d'une victoire et d'une défaite complète à Vagnas (200 camisards périrent dans cette dernière, 10 février 1703), défense héroïque de la tour de Belot près Alais (300 camisards y furent brûlés), représailles terribles exercées dans la plaine (incendie de plusieurs bourgs et d'un grand nombre d'églises, égorgemeai de catholiques), à la suite de la complète dévastation des hautes Cévennes par le maréchal de Montrevel (septembre et octobre 1703), défaite de la garnison de Nîmes à Nages (13 novembre 1703), destruction de plusieurs bandes de soldats florentins convertis en pillards, victoire éclatante aux Devoirs de Martignargues, combat héroïque durant sept heures dans les environs de Nîmes, où les camisards luttent cinq contre un et laissent 400 des leurs sur le carreau. Au dire du maréchal de Villars, Cavalier, dans cette sanglante journée, « se comporta comme l'aurait pu faire un grand général » (16 avril 1704). Ce fut le dernier fait d'armes du chef camisard. Découragé par ce désastre, il traita avec Villars (16 mai), moyennant un brevet de colonel et une pension de 1,200 livres, et la formation d'un régiment de camisards à destination de l'Espagne. Mais quarante seulement de ses anciens com-' pagnonsse rendirent à son appel. Surveillé de près, Cavalier fut envoyé successivement à Lyon (21 juin 1704), à Mâcon et en dernier lieu à Neuf-Brisac, d'où il gagna prudemment la Suisse (1er septembre). Il servit ensuite le duc de Savoie comme colonel d'un régiment de réfugiés. Passant après cela sous les drapeaux de l'Angleterre, il fut battu en Espagne avec l'armée anglaise (1706), puis il rejoignit à Nice le prince Eugène qui échoua dans sa tentative sur la Provence. Retiré en Angleterre, il se maria avec la fille aînée de madame du Noyer, et mourut major général et gouverneur de Jersey. Il a laissé des Mémoires peu exacts parce qu'ils furent dictés de souvenir. — Pour les sources, voyez Camisards. E. Aknaud.

CAVE (Guillaume), théologien anglais, né à Pickwell dans le comté de Leicester, le 30 décembre 1637, mort à Windsor, le 13 août 1713. Il entra en 1653 au collège Saint-Jean de Cambridge, et après avoir exercé les fonctions de vicaire dans différentes cures, fut nommé chanoine d'Oxford. On a de lui divers ouvrages concernant surtout l'histoire ecclésiastique : Primitive christianity, or the religion of the ancient ckrùtians in the f/'rs/ âges of the (ïos/jel (Londres, 1672, in-8°) ; Talmlie ccclesiasticie (Londres, 167']-. in-8°), et Scriptorum ecclesiasticorum historia literarta (Londres, 1688 et 1689, 2 vol. in-fol.), oeuvre importante à laquelle surtout Cave doit sa réputation.

CAVOUR (Camillo Beuso di) [1810-1861]. Les différentes phases de sa vie politique n'eurent qu'une influence très-légère sur ses idées politico-religieuses. Malgré la rapide succession de laits capitaux pour le

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petit royaume de Sardaigne (1849-1861), malgré les changements rapides survenus dans la situation politique de la presqu'ile et dans ses rapports avec le saint-siége, Cavour demeura l'inébranlable et ardent défenseur de toutes les libertés civiles et religieuses. Croyant à une idée iixe, celle de Roger Williams : « l'Eglise libre dans l'Etat libre, » il veut la liberté pour tous, même pour les jésuites; car il est convaincu qu'ils seraient moins nuisibles s'ils étaient plus libres. Ennemi naturel de tout privilège, il s'élève (en 1850) contre le for ecclésiastique et le droit d'asile dont l'abolition était réclamée par le comte Siccardi, interprète de l'opinion publique; et il invite le parlement à adopter la loi sans s'occuper de la désapprobation du «pape. En 1851, dans le même esprit de liberté, il soutient que l'instruction théologique dans les séminaires doit être abandonnée au clergé sans l'ingérence du gouvernement, qui n'a pas plus le droit d'être théologien que les évêques n'ont celui d'être gouverneurs. 11 croit que lorsque le clergé aura joui de la liberté, il aimera la constitution libérale et qu'il cherchera son avantage propre dans la pratique delà liberté. En 1852, il retourna ses armes contre le clergé dans la question du mariage civil, qu'il considérait comme le premier pas vers la séparation des deux pouvoirs. En 1855, malgré les anathèmesde Rome et les attaques virulentes du parti clérical, la loi sur V incarner at ion des biens ecclésiastiques fut adoptée par le parlement et par le sénat. Cette loi, qui mit en péril le ministère de Cavour, demandait à l'Eglise de pourvoir à l'entretien des paroisses pauvres et diminuait le passif du budget de la somme d'un million ; elle exigeait en outre la suppression de tous les établissements religieux qui ne s'occupaient ni de prédication, ni d'éducation, ni des œuvres de charité. Le but de la loi n'était pas de confisquer les biens de l'Eglise au proiit de l'Etat, mais de fonder une caisse ecclésiastique pour la juste distribution des revenus de l'Eglise parmi les membres du clergé les plus pauvres. Pour Cavour, les corporations religieuses, généralement hostiles au mouvement libéral moderne, sont des entraves au libre développement économique des nations, car elles empêchent la circulation et l'exploitation rationnelles de richesses immenses, infructueuses à cause de leur immobilité. Les nations les plus prospères sont celles qui ont aboli le monachisme, et la religion qui le soutient avec un glaive spirituel est une mauvaise religion. Les mesures libérales doiventêtre appliquées même àl'Eglise. En 1861, le royaume d'Italie est fondé et la question de Rome s'impose tout naturellement à l'esprit de Cavour. Voici ses idées sur la question : le pouvoir temporel ne garantit plus le pape, qui ne vit politiquement qu'à force de concordats qui compromettent son autorité spirituelle. Rome doit être la capitale civile du royaume d'Italie et la capitale spirituelle du catholicisme, grâce à une renonciation, tacite même, du pouvoir temporel, de la part du pape ; du côté de l'Etat, par une liberté illimitée accordée au pape et au clergé : ainsi le pouvoir politique et l'autorité religieuse concourront au progrès de la civilisation. Point de coercition, ni morale ni matérielle; la liberté rayonnera de Rome sur l'univers, et les peuples ne la considérant plus comme leur ennemie,

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