CAYET — CÉCILE
compte rendu. Il eut plus de profit à quitter la théologie pour l'histoire, et il est surtout connu aujourd'hui par sa Chronologie novenaire contenant l'histoire de la guerre, de 1589 jusqu'à la paix de Vei^vins (Paris, 1608, 3 vol. in-8°), et par sa Chronologie septénaire de V Histoire de la paix entre les rois de France et d'Espagne, de 1598 à 1004 (Paris, 1609, in-8°). Ces deux ouvrages, auxquels fait suite \e Mercure François d'Eusèbe Renaudot, ont été reproduits dans la Collection des Mémoires relatifs à l'Histoire de France. Cayet a traduit de l'allemand V Histoire prodigieuse et lamentable du docteur Faust, avec sa mort épouvantable (Paris, 1603, in-12; Rouen, 1604, in-12, 4e édition), livre aussi rare que curieux, malgré ses nombreuses réimpressions. — Voyez d' Aubigné, Hist. univ., ann. 1595 ; Maimbourg, préf. deYHist. de la Ligue; Nicéron,
t. XXXV. P. ÈOUFFET.
CÉCILE (Sainte), vierge et martyre romaine. Ses Actes nous disent qu'elle appartenait à une famille sénatoriale (on veut aujourd'hui qu'elle ait été des Caecilii). Son père la donna en mariage à un jeune patricien, nommé Valérien. Le jour de son mariage, elle conduisit son mari au pape Urbain, qui le baptisa ainsi que son frère Tiburtius ; les nouveaux chrétiens subirent aussitôt le martyre. Quant à Cécile, le préfet de Rome tenta d'abord de l'étouffer dans le calclarium de sa maison; puis il la livra au bourreau qui, l'ayant frappée de trois coups, la laissa mourante sur le sol. Elle expira le matin du troisième jour, après avoir recommandé ses pauvres au pape, et lui avoir fait don de sa maison (c'est aujourd'hui Sainte-Cécile de domo). Urbain l'ensevelit « parmi les évêques ses collègues et les martyrs, au lieu où Ton a déposé les saints confesseurs. » En 817, nous dit un document confirmé par le Livre des Papes, Pascal Ier, guidé par un songe, découvrit le corps de sainte Cécile au cimetière de Saint-Sixte, et le transporta dans l'église élevée à son nom, et en 1599, Sfondrati, cardinal de Sainte- Cécile, retrouva le corps de la sainte tel qu'il était au moment de sa mort, et dans la position gracieuse où l'a sculptée Maderno. Baronius et Bosio ont décrit l'invention de cette dépouille en témoins oculaires. Néanmoins, l'histoire de sainte Cécile n'avait trouvé qu'incrédulité auprès de la critique. Un mot de Fortunat, qui la fait vivre en Sicile, le silence des anciens documents, les contradictions de ses Actes, dont les auteurs, comme dit Tillemont, « n'ont pas reçu l'amour de la vérité, » avaient mal disposé les historiens. Mais voici qu'en 1854, tandis qu'il fouillait le cimetière de Saint-Calliste, M. de Rossi découvrit auprès d'un portrait de saint Urbain, datant du dixième siècle, l'image d'une vierge orante, remontant au septième siècle, placée près d'un tombeau ouvert, et paraissant représenter sainte Cécile. Une inscription presque effacée semble avoir conservé son nom, et M. de Rossi croit avoir trouvé dans les graffiti mêmes de la chapelle le souvenir de la translation de ses restes que fit le pape Pascal. Cette importante découverte ramena l'attention sur les Actes de sainte Cécile, que Ton veut aujourd'hui sauver en quelque mesure, en distinguant du pape Urbain, dont la date ne concorde pas avec l'an 178 où l'on met le martyre de la sainte, un évêque suburbain du même nom. On
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s'est aussi convaincu que remplacement du cimetière de Calliste appartenait aux CaeciiH. Ce serait donc à vrai dire la sainte <|ui aurai! reçu les évêques de Rome dans son tombeau. .Mais d'où vient que sainte Cécile, à la renommée de laquelle nous devons la peinture admirable de Raphaël et tant d'oeuvres célèbres, soit devenue la patronne des musiciens? Le t'ait s'explique par un mot mal compris de sa Légende: ( antièîts erganis, C&ctiia Domino decccntabat : mais ici les o?y/<7tt<7 sont la musique profane du jour de s,>s noces. — Voyez les Actes publiés d'après Métaphraste par Surins <±2 nov.i et. d'après les mss. par l>o>io . Pass, S. C;>'<\, Home, 1600, in-'i°> et Laderehi (S. Cm. Acta, Rome, 17:2:2); Tillemont, III ;deRossi,Za limita sêtterranea, II; Spencer Northcote et Brownlow, Rome souten-aine, traé. parP. Allard. ^° édit., Paris, 187'i. in-8°. p. 224; dom Gttéranger, Sainte Cécile et in Société romaine aux (leur premiers siècles, Paris, 1874, gr. in-S°.
S. Bebq.be.
CÉDARÉNIENS rKëdàr. BénëKédàr\ peuple nomade d'Arabie (Jér. II, 10; XLIX, 28; Ps. CXX), que la Geoèse (XXV, 13; cl'. Ezéch. XXVII. 21) lait descendre de Cédar, lils d'ismaël. Ils taisaient le commerce avec les produits de leurs troupeaux (Es. XLII, 11; LX, 7; Cant. !. 5) et étaient célèbres par l'habileté de leurs archers (Es. XXI, 16 ss.)« Eusèbe, Jérôme, d'accord avec Pline (5, 12:), les placent dans l'Arabie Déserte, dans le voisinage des Xabathéens, tandis que Théodoret, au contraire, les fait voyager du côté de Babylone.
CÉDRÉNUS 1v£ccy;v:çj (Georges), auteur d'une sorte de chronique ou d'histoire universelle, qui s'étend depuis le commencement du monde jusqu'à l'an 1059 de Jésus-Christ \zriyb\z foropiôv). On n'a aucun détail sur la vie de cet auteur, car il n'est cité nulle part. Xylander a mis une préface à la tête de la belle édition qu'il a publiée de cette chronique et de l'histoire de Jean Scylitza, avec des notes de J. Goar et un glossaire de Ch.-A. Fabrot, en 1647 (2 vol. in-fol.). Dans cette préface il conjecture d'après plusieurs passages de son livre que Cédrénus a été, au onzième siècle, prêtre ou même moine grec; mais il n'a à cet égard aucune donnée certaine. L'ouvrage de Cédrénus, copié surtout sur celui de Georges Syncelle jusqu'à Dioctétien, puis sur celui de Tbéophaneet JeanTzetzis, complète Zonaras en beaucoup de points; mais ce n'est qu'une compilation sans critique et sans jugement. Il ne laisse pas cependant d'avoir quelque importance pour l'histoire du Bas-Empire.
CÉDRON (Kidron, obscur, trouble ; Ksâpwv, Jean XYIII, 1 ;yi;.[izo'zz; Kedpcwoç, Joseph. •. Àrttiq., VIII, 1, o), torrent près de Jérusalem, qui coule dans un lit étroit et profond entre la ville et la montagne des Oliviers par la vallée du même nom. Aptes un cours très-sinueux de six à sept tieties, il se jette dans la niiT Morte par un ravin escarpé. H n'a de Tean qu'après de tories ou de kongnes pluies; en hiver, il déborde parfois. 11 est question du (iédron dans l'histoire du roi David (-1 Sa,,,. XV. 33; 1 Mois XV, *3; 2 hois XXIII, |, (i, 12). Plus tard il servit d'écoalemenl au van-- i\c> victimes sacrifiées dans le temple, peut-être même d'égoul collecteur des immondices de la ville.
TCO CEILLIER — CELESTIN III
CEILLIER (Rémi) [1688-1761], de Bar-le-Buc, confrère de D. Calmet dans la congrégation de Saint- Vannes, où il entra à l'âge de dix-sept ans, et dont il devint président; il se livra à l'étude des Pères tandis que Calmet se consacrait à celle de l'Ecriture. Son premier livre fut Y Apologie de la Morale des Pères (Paris, 1718, in-4°). L'érudition un peu difiuse, mais pleine d'exactitude, dont il y lit preuve se retrouve dans son grand ouvrage : Histoire générale, des auteurs sacrés et ecclésiastiques (Paris, 1729-1763, 23 vol. in-4°). Le dernier volume, publié après sa mort, va de Pierre Lombard à Guillaume d'Auvergne. Un 24e tome de tables facilite les recherches clans cette œuvre immense, comparable à Y Histoire littéraire de la France pour le développement des appréciations raisonnées sur chaque écrivain. L'abbé Dupin, son contemporain, publia de son côté un ouvrage semblable, sa Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques. Mais la vitesse avec laquelle il composait,, en même temps qu'une foule d'autres écrits, un travail où les erreurs sont si difficiles à éviter, lui fait perdre en exactitude ce qu'il gagne en rapidité et même en intérêt; et, pour être moins lourd que Calmet, il n'en reste pas moins inférieur au bénédictin qui avait fait de son histoire l'œuvre presque unique de sa vie.
CELESTIN Ier (Saint), pape de 422 à 432, consacra tous ses efforts à la lutte contre le nestorianisme, et bien que le promoteur de cette hérésie n'eût rien négligé pour gagner le pape à sa cause, il réunit à Rome, en 430, un synode qui déclara Nestorius hérétique, et il approuva le terme de Ôsotoxoç. Il prépara avec sagesse la réunion du concile d'Ephèse, auquel il députa, comme légats, les évêques Arcadius et Projectus et le prêtre Philippe, leur recommandant de ne pas se mêler aux débats, mais de les juger. Célestin est l'auteur delà mission de Saint-Germain l'Auxerrois en Grande-Bretagne, il désigna Palladius comme premier évêque des Scots. — Voyez Hefele, 2e édit., II; Mansi, IV et V; les lettres du pape dans Coustant.
CÉLESTIN II (1143-44) fut un pape impuissant. Il régna au milieu des querelles delà papauté avec la ville de Rome. Son nom était Guido de Castello, il était originaire de l'Ombrie. — Voyez Watterich, II, 276 ; Certini, Vita di Cel. JI, Foligno, 1716, in-4°.
CÉLESTIN III (1191-1198) était romain ; il se nommait Giacinto di Bobone et était des Orsini. Aussitôt monté sur le trône, il accomplit la promesse de Clément III, son prédécesseur, en couronnant Henri VI (15 avril 1191) ; mais, au jour et à l'heure, l'empereur dut acquitter le prix du service rendu, en prêtant la main à une trahison. Clément III s'était lié envers les Romains par un traité formel : « Vous nous livrerez les murs de Tusculum pour être détruits, et vous ne les relèverez jamais ; vous en garderez pour vous et pour l'Eglise romaine tous les biens. Si jusqu'au 1er janvier Tusculum n'est point entre nos mains, vous en excommunierez les habitants... » Le 16 avril, la garnison allemande qui protégeait Tusculum le livra aux Romains, et la malheureuse ville, patrie de cette triste famille dont le gouvernement s'appela la pornocratie, fut détruite jusqu'au sol. Les échappés du massacre s'établirent sur le penchant de la montagne, au lieu dit Frascata (les