‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 255 sur 263 · II. ,J · texte numérisé non relu

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ble de la fin du seizième siècle, et V Esquisse dune histoire abrégée de V Académie fondée par Calvin, qui, dans sa totalité dumoins,?nevitlejour qu'après samort en 1872, éditée par V auteur de cet article. Comme homme religieux, Cellérier se trouvait dans une position intermédiaire entre le réveil et 1' ancien libéralisme, rapproché de l'un par le caractère de sa piété, cle Vautre par ses idées théologiques. Humble autant que pacifique, il était préoccupé avant tout de se perfectionner soi-même et de croître dans la communion de Dieu. Une ligne de son testament le peint bien : « 11 s'est efforcé, dit-il, de vivre et de se préparer à mourir dans cette religion large, raisonnée, psychologique surtout, en même temps qu'évangélique et vivante, qui, ennemie des phrases et des formules se rattache à deux idées, misère de l'homme, vie par et en Christ, et se résume en deux sentiments, humilité de l'homme pécheur, amour du Sauveur et du monde invisible. » - Comme théologien, Cellérier eut deux visées: la première, faire connaître à son milieu de lan-ue française la science allemande, initier et pousser le jeune cierge à cette étude : c'est ce qu'il fit par de nombreuses recensions dans les Mélanges de religion, dans Religion et Christianisme de son ami b. Vincent dans le Protestant de Genève, etc., par ses cours et ses ouvrages; la seconde, combattre les idées théopneustiques, appuyées par le réveil tout en maintenant fermement la foi à l'inspiration et a l autorité des Ecritures. Voici la liste chronologique de ses ouvrages. En 1820, les Eléments de la grammaire hébraïque, suivis des principes de la syntaxe hébraïque, traduits librement de l'allemand, de W. besemus C'était la première grammaire hébraïque en français. 11 en empruntait la substance aux Allemands, mais la présentait revêtue de clarté et de simplicité. Cet ouvrage, depuis longtemps épuise, a fait place à la grammaire de Preiswerk. En 1823, Essai dune introduction critique au Nouveau Testament, ou analyse raisonnée de l ouvrage intitulé : Einleitung in die Schriften des Neuen Testaments, de J -L Hug, professeur à Fribourg en Brisgau (Genève, m-8°, 5^24 pages). C;est à un professeur catholique et par conséquent conservateur que Cellérier recourait, « n'osant, disait-il (ce qui peint l'époque autant que l'homme), faire de la critique qu'en se cachant à l'abri d un nom distingué. » 11 croit devoir justifier la critique sacrée, en montrer la légitimité et l'utilité, et faire voir qu'elle a gagné sa cause. Cet ouvrage n'étant pas original, nous nous dispensons de l'analyser. Laissons aussi deux opuscules ultérieurs : DeF origine authentique et divine de V ancien Testament (1826) , De V origine authentique et divine du Nouveau Testament (1829), sermons accompagnés de notes, ou la critique taite en chaire est mise au service et dans la dépendance de l'apologétique. En 1832, Cellérier publie un ouvrage étendu, qui fait le pendant du précédent : Introduction à la lecture des livres saints de l'Anaen Testament à l'usage des hommes religieux et éclairés (in-8°, 547 pages) Après avoir établi le droit et le caractère de la « critique pieuse », il -ilite dans la première partie, du Pentateuque, au sujet duquel il se pose ces quatre questions : authenticité, intégrité, crédibilité, divinité, qu'il résout affirmativement. Dans une seconde partie, il passe en îe-

vue un à un les hagiogvaphes et les prophètes, en les caractérisant au point de vue littéraire et édifiant plus encore qu'au point de vue historique et critique; il admet toutes les authenticités qui sont contestées. Dans une troisième partie, il présente sur l'Ancien Testament pris dans son ensemble (Us considérations de deux sortes, les unes apologétiques, tendant à montrer la beauté, l'harmonie et la divinité du livre, les autres herméneutiques, destinées à combattre diverses erreurs sur son explication el sou usage pratique. En 1837, VFsprttdela législation mosaïque (8 vol. in-8°). Cellérier suit encore ici un maître de la science allemande, Ifichaëlis, l'auteur du Droit mosaïque « L'ouvrage n'en est ni la traduction ni l'abrégé; c'est un produit de son école. » Il trace d'abord deux tableaux : dispositions du peuple hébreu, état de la Palestine; puis il envisage le gouvernement théocratique, les lois dans leur rapport et leur accommodation au caractère du peuple, au sol, à l'indépendance nationale, au bonheur public, au développement du monothéisme, de la moralité, de la civilisation des Hébreux, à la préparation du christianisme. La valeur historique de cet ouvrage, qui est d'ailleurs d'une lecture instructive et agréable, est compromise par les préoccupations apologétiques fia législation y est considérée moins comme le fruit lentement mûri de l'esprit religieux et national des Hébreux, que comme la conception savamment calculée d'un civilisateur inspiré, comme une œuvre artificielle et surnaturelle tout ensemble. L'idée religieuse et symbolique qui pénètre tout dans le mosaïsme n'est point mise assez fortement à la première place. C'est que Cellérier voulait recommander à un public plus curieux de civilisation que de religion, la législation de .Moïse comme un beau spécimen de ce que peut faire la sagesse d'un organe de la divinité pour l'éducation générale d'un peuple. On comprend qu'une telle conception de ce sujet n'est pas suffisamment historique et théologique. Treize ans s'écoulent pendant lesquels Cellérier ne publie rien d'important. Vers la fin de cette époque les esprits commençaient à fermenter; l'attention se dirigeait de plus en plus vers le grand mouvement de la théologie al lemande que suivait attentivement le journal La Réformation au dixneuvième siècle publié à Genève. Cellérier avait beaucoup attendu pour donner son premier et unique commentaire sur YEpître de saint Jacques (1850, in-8°, 200 pages). Dans l'avant-propos, il caractérise ce qu'il appelle l'exégèse pratique, « celle qui met en lumière la pensée de l'écrivain par ses rapports avec l'expérience et la vie. » Cette épitre était un des objets de prédilection de Cellérier; nul ne pouvait être un interprète plus sympathique d'un moraliste inspiré, profond, sage et pittoresque comme saint Jacques. Quant à la grosse question de l'opposition entre Paul et Jacques, Cellérier se tient à égale distance de ceux qui la nient et de ceux qui l'exagèrent, et il établit l'harmonie générale et supérieure des apôtres. Il avait, annoncé la publication de ses cours sur les deux épitres aux Corinthiens; nous regrettons qu'il ne l'ail faite, car c'est là surtout qu'il développait le plus abondamment a l'exégèse du sentiment », celle qui cherche le cœur de l'écrivain sons •a doctrir . lions et d< s « motions sous - elle

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idées. Nous regrettons aussi qu'il n'ait pas imprimé ses cours sur V Encyclopédie et V archéologie bibliques, qui ont été autographiés par ses élèves. Enfin, en 1852, paraissait le Manuel d'herméneutique (in-8°, 381 pages), le plus original et le plus important des ouvrages de Cellérier. Dans T introduction il traite successivement de la nature, de l'histoire, de la division de cette science qui iixe les principes de l'interprétation des livres saints. Puis viennent cinq parties dans lesquelles sont étudiées successivement les règles qui se rapportent aux diverses applications et espèces de la science: herméneutique psychologique (conditions que doit réaliser un bon interprète), historique (circonstances de l'auteur et del'écrit), scripturaire (analogie de la foi, esprit de laBible et de chaque auteur), dogmatique (preuves et nature de l'inspiration) ; le tout avec une foule de subdivisions. L'exposition est claire, sobre et judicieuse, mais un peu trop émiettée. La partie dogmatique est la plus considérable et la plus délicate. Pour en apprécier les idées, il faut se rappeler qu'au moment où Cellérier écrivait, la rupture du nouveau libéralisme avec l'orthodoxie se produisait. L'herméneutique antérieure de Cellérier, à la fois conservatrice quant aux résultats et libérale quant à la méthode, se voyait dépassée; après avoir longtemps paru hardie, elle se trouvait timide et Tétait; elle tenait à se défendre de toute connivence avec la guerre qui commençait à se livrer contre l'autorité. Cellérier sentait bien ce que sa position avait de particulier. D'un côté donc, il continue à repousser les idées théopneustiques, de l'autre, il défend l'inspiration divine des écrivains sacrés. Il reste ainsi jusqu'au bout un supranaturaliste libéral. En résumé, si les ouvrages de Cellérier ne sont pas fort originaux quant à la substance, ils le sont (juant à la manière, surtout quant à l'esprit. L'influence de sa personnalité et de ses cours fut assez grande. A une époque où faisaient grand bruit les querelles dogmatiques et les passions ecclésiastiques, il imprima aux études bibliques sérieuses et indépendantes une impulsion qui s'est prolongée chez ses nombreux élèves. Il se qualifiait lui-même « d'homme de transition » et il comparait son enseignement à « une pierre à aiguiser ». Il a eu à la vérité des disciples plus tranchants que lui, mais nous en connaissons peu chez lesquels on rencontre, avec une liberté d'esprit plus notable pour son temps, un plus sincère amour de la Bible et un mélange plus heureux de culture, de sagesse et de piété. — Outre ses ouvrages et ses articles dans divers journaux et revues, voir Notice sur le professeur J .-E . Cellérier. par Th. Heyer, secrétaire de la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, 1803, et Le. professeur Cellérier, deux articles du pasteur L. Choisy dans le Chrétien evangélique de 1863. A. Bouvier.

CELSE. Le premier ouvrage composé, dans le monde gréco-latin, contre la vérité de la religion chrétienne est d'un philosophe grec du nom de Celse. Origène, qui en a lait une réfutation étendue, en donne l'auteur pour un épicurien. C'est une erreur manifeste. Dans cet écrit, Celse parle toujours en platonicien, jamais en épicurien ; Origène en convient lui-même; il prétend, il est vrai, que ce platonisme n'est qu'une feinte imaginée pour couvrir ses intentions perfides et s'insi-

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nuer dans l'esprit du lecteur [Contra Cehum, 1. Si: mais cette explication De s'appuie sur rien (Redepenning, $, t. II. n. 132-138 . Cel ouvrage fui composé à un moment où les chréti< coup d'une violei Maro-Àurèle, 163-183), en 17S,

ne des i >rt plausibles en faveur de

cette date Ceisus ' Wakres Wort, p. . .11 ne faudrait pas en

dure que Cels ilu s'en rendre complice et provoquer contre

eux de nouvelles rigueurs.il nous apprend lui-même dans quel d< il entreprit de combattre le christianisme. Ce ne fut que pour guérir de leurs illusions de pauvres et malheureux ignorants, et ouvrir leurs yeux à la vérité (Contra Celsum, I. 9; V. 65; VI, 37; VII, II). I vérité à laquelle il se propose de les ramener, c'est, non le paganisme vulgaire et officiel, mais cette doctrine de Dieu et des êtres divins intermédiaires entre lui et les hommes, que les platoniciens des premiers siècles de notre ère en donnent pour le sens caché, et qui fut la religion de toutes celles des écoles philosophiques de cette époque qui prétendaient se rattacher à Platon. Celse en patrie fort souvent dans son ouvrage contre le christianism .. I. 6 et (.) : II. 17; Y, 6

et 2.v">. . . ■[ la représente à plusieurs reprises comme bien supérieure aux doctrines chrétiennes (Ml., VII, 68; VIII, 2,9-15). Il n'a pas d'autre but que de convertir les chrétiens à cette espèce de religion philosophique. S'il commence par une réfutation du christianism qu'il fallait d'abord ébranler la confiance des chrétiens

en leurs propres croyances, et c'est ce qu'il voulut l'aire dans l'écrit' auquel Origène repondit, et auquel Celse avait donné pour titre: « Discours de vérité, s 'AXr/rr,: Xcyoç, indiquant par là qu'il se proposait d'y montrer ce que valent en réalité les documents sacrés et les doctrines de l'Eglise chrétienne. Ce « Discours de vérité » devait être suivi d'un autre, dans lequel il aurait exposé à ceux des chrétiens qui, ébranlés dans leur foi, lui auraient témoigné quelque confiance, les principes qui doivent diriger la conduite des hommes (ibid., VIII, 76). Il ne parait pas que le second « Discours de vérité» ait été jamais composé; du moins Origène ne le connaissait pas, et aucun écrivain de l'antiquité stique n'en parle. Probablement le premier, s'il se répandit parmi les chrétiens (et il ne l'avait écrit que pour eux), les révolta plus qu'il ne les convainquit, et Celse dut renoncer a l'espoir de les convertir à sa religion platonicienne. — On ne s'explique pas i quel aveuglement le philosophe platonicien ne comprit pas que - ours de vérité • ne pouvait que lui aliéner ceux dont il comptait gagner la confiance. Le ton en gant, moqueur, ironique, blessant au suprême degré pour les chrétiens qui y sont presque partout tr ignorants et de pauvres gens sans intelli- . Muant au fond, rincipalement dans la première partie qui est a la fois la plus importante et la plus étendue, nu acte d'accusation vans merci, pour ne pas dire un libelle diffamatoire contre le fondateur du christianisme. Celse y a recueilli tous les contes injurieux et tout tplications malveillantes que Les juifs avaient imaginés ur la pers I renseignement de Jésus. C'est, il es vr?i, I

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