CELSE — CÈNE
avait même été un des leurs, et que quelque blessure faite à sa vanité l'avait jeté dans le parti des philosophes platonisants de cette époque et lui avait nus la plumé à la main contre d'anciens coreligionnaires (Schoeil, Hiêtoire de la littérature grecque, "2" édit., t. V. (>. in:; et L04).
C'est là toutefois une hypothèse gratuite. Le a Discours de vérité ))
!ie contient pas un seul mot qui puisse le faire prendre pour un acte de vengeance. 11 faut chercher ailleurs les causes de l'antipathie de Gelse pour le christianisme. On ne peut, ce semble, les trouver que dans sa nature intellectuelle el morale, et surtout dans les préjugés qu'il devait à son éducation (voy. Neander, G esc h. der chrtitl. Kirche, t. [, p. 173-175). Les passades du « Discours de vérité » cités par Origènexmf été recueillis par C.-K. Jachmann dans son De Celso philosophe* , 1836, in-4°, et par M. Th. Keim (traduits en allemand et ordonnés de manière à rétablir autant que possible récrit de Gelse) dans Celsus, Wahrcs Wort, Zurich, 1871), in-8°. Pour la bibliographie, on peut renvoyer à ce dernier ouvrage, dans lequel sont discutées toutes les opinions précédemment émises sur la personne et le discours de Gelse.
M. Nicolas.
CELTES. Voyez Gaule (Religion de L'ancienne).
CENCHRÉE (Keyxpe^, Act. XVIII, 18). Gorinthe avait deux ports : l'un sur la mer Ionienne, Aé^atov, Léchée, par où se faisait le commerce avec T Italie; l'autre sur la mer Egée, Cenchrée, qui mettait Gorinthe en relation avec l'Orient. La distance entre Corinthe et Cenchrée, d'après Strabon, était de soixante-dix stades (sept kilomètres' environ). Avant de s'y embarquer pour son dernier voyage à Jérusalem, Paul, à cause d'un vœu, s'y fit raser la tète. A tort, on a trouvé étrange cet acte de Paul et, pour l'en décharger, quelques exégètes l'ont attribué à Aquilas qui l'accompagnait, ce qu'à la rigueur permet la construction de la phrase grecque, mais ce qui n'est pas vraisemblable (Act. XY11I, 18-19). Il y avait à ce moment-là déjà une petite communauté chrétienne à laquelle appartenait la diaconesse Phébée (Rom. XVI, 1).
CENDRES (Mercredi des). Les cendres sont le symbole de la pénitence. Dans les calamités publiques comme dans les deuils privés, les Hébreux mettaient de la cendre sur leurs têtes. Les pénitents, dans les premiers siècles du christianisme, devaient se présenter à la porte de l'église, revêtus de cilices et couverts de cendres. Le concile de Bénévent de l'an 1091 ordonne à tous les lidèles de recevoir les cendres le premier jour du carême, qu'il appelle dies cineris et cilicii. Après que les rameaux bénits de l'année précédente ont été brûlés, leurs cendres sont placées dans un vase sur l'autel; puis le prêtre officiant, après avoir récité les psaumes pénitentiaux et d'autres prières, les bénit, en impose sur la tète du clergé et du peuple agenouillé, en prononçant mto, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris (Gen. 111, 19). L'Eglise vent ainsi inspirer aux lidèles l'esprit de pénitence et d'humiliation dans lequel ils doivent passer le temps du carême (V0>*. cet article).
CÈNE (Sainte). — I. DOCTRINE BIBLIQUE. -Nous avons quatre relations de l'institution de la cène (Matth. XXVI, c2o>2(.); Marc XIV, 22-25; Luc
XXII, 14-20; 1 Cor. XI, 23-33); entre elles il n'y a que des différences de détail, pour le fond elles s'accordent entièrement. Celles des deux premiers évangiles sont presque identiques* et sont sans doute l'expression de la tradition générale de l'Eglise; celles de Luc et de Paul ont évidemment une origine commune, dont toute la certitude est indiquée par ces mots : « J'ai reçu du Seigneur ce que je vous ai aussi transmis, lyt») rtapsXaêov a.izb io'ù Kupfou o %oà Tuapécor/a Oj/tv (1 Cor. XI, 23). La préposition cko n'indique pas formellement un enseignement direct comme le ferait mieux rcapa ou utuo, et on pourrait admettre que l'apôtre ait en vue une instruction transmise par l'un des premiers témoins (cf. Luc I, 2). Mais il est plus naturel de comparer ce passage à Galates I, 11, 12, où Paul déclare que l'Evangile qu'il annonce il ne l'a reçu d'aucun homme cùoi yàp sytoTrapà àvOpw-o'j rcapéXaSov), mais « par révélation de Jésus-Christ ». S'il était donc absolument nécessaire de choisir, ce serait aux récits de Luc et de Paul que devrait être donnée la préférence. Mais les évangiles, ici comme partout, sont très-concis, et ne donnent que des résumés des paroles de Jésus-Christ; ils peuvent être également exacts sans être identiques, et le plus souvent il est facile de réunir les différents éléments qu'ils renferment. Le quatrième évangile ne contient pas l'institution de la cène, qui était bien connue lorsqu'il a été écrit ; mais il rapporte ce qui s'est passé le dernier soir que le Seigneur a passé avec ses disciples et renferme plusieurs discours qui sont en relation plus ou moins directe avec la cène (Jean VI, X1II-XVII). — Les synoptiques semblent indiquer que Jésus a institué la cène et célébré la pâque le jour même de la fête ; mais le récit de Jean montre que c'est la veille seulement. D'abord il commence par ces mots : « avant la fête de pàque » (XII, 1) ; puis il mentionne le dernier repas du Seigneur avec ses disciples, <m disant simplement : « un repas ayant eu lieu » (XII, 2). Il dit ensuite positivement que ce jour, qui, suivant la coutume des Juifs, avait déjà commencé la veille après le coucher du soleil, était celui de «la préparation de la pâque » (XIX, 14), et que les Juifs n'entraient point dans le prétoire de peur de se souiller et de ne pouvoir pas manger la pàque (XVIII, 28). De plus le jour de la fête de pàque toute activité devait être suspendue (Lévit. XXIII, 7) et on ne peut admettre que les Juifs aient i'aitce jour-là tout ce qui a eu lieu lors de la condamnation et de la mort de Jésus-Christ. Pour rétablir l'accord entre le quatrième évangile et les synoptiques, on a essayé de donner une autre portée aux passages que nous venons de citer, ce qui ne peut se faire sans s'éloigner de leur sens naturel. On a aussi supposé que les Juifs avaient, selon une coutume qui s'est établie depuis, retardé le jour de la fête, qui aurait été reporté du vendredi au samedi alin de n'avoir pas deux jours fériés de suite. On en verrait un indice dans ces mots : « le jour où il fallait (èv fj ëîei) sacrifier la pàque arriva » (Luc XXlï, 7). Cette hypothèse, qui lèverait toute difficulté, n'est pas suffisamment établie. Mais, en considérant de plus près les synoptiques, on. voit qu'ils ne sont pas nécessairement en contradiction avec Jean. Luc dit que « le jour où il fallait