‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 27 sur 263 · BASEDOW · texte numérisé non relu

BASEDOW

<1li dix-huitième siècle. Sa vie est celle d'un aventurier vulgaire, et son

caractère ne mérite ni sympathie ni estime. Né à Hambourg, il chercha à se soustraire par la fuite à la discipline sévère qui régnait dans la maison paternelle. De bonne heure , au milieu d'une vie besogneuse et d'études irrégulières, il avait contracté de détestables habitudes dont il ne put jamais se défaire. Ce prince des éducateurs avait la passion des liqueurs fortes et ne cessait de brutaliser sa femme. Tour à tour laquais, candidat en théologie et instituteur, d'une humeur joviale et abusant de sa facilité au travail, il amassa par ses lectures et son commerce avec les hommes des connaissances assez superficielles qu'il sut faire valoir avec une grande habileté. C'est comme précepteur dans une famille noble du HolsteinqueBasedow révéla son talent pour l'instruction de la jeunesse. Il avait l'art d'enseigner en jouant et, suivant les préceptes de Y Emile, rattachait son enseignement à tout ce qu'il voyait, sans s'astreindre à une méthode régulière. Nommé professeur de morale et de belles-lettres à l'académie danoise de Soroë, il publia, à partir de 1760, une série de traités de philosophie pratique, destinés aux hommes des conditions sociales les plus diverses, dans lesquels, à côté d'un charlatanisme insipide, il se livre à une polémique passionnée contre les théologiens (voyez entre autres : Philalethie, od. Neue Aussichten in die Wahrh. u. Relig. der Vernunft, bis an die Grenzen der glaubwùrd. Offenbarung, Altona, 1704,2 vol.; Theoretisches System iltr gesunden Verntmft, 1765: Melhodiscker Unterricht in Relig. u. Sitteniehre, 1765). Le ton hardi et cynique de ces écrits, les luttes que l'auteur eut à soutenir avec le pasteur Gœtze au sujet de ses attaques contre l'instruction religieuse, les persécutions dont il fut l'objet de la part des magistrats de Hambourg et de Lubeck, lui firent promptement une bruyante célébrité. Etabli à Altona d'où il entretenait une vaste correspondance sur toutes les questions relatives à la pédagogie, Basedow intéressait le public à la réforme qu'il méditait par l'annonce, faite avec grand fracas, d'un ouvrage complet sur les Connaissances élémentaires nécessaires à l'instruction de la jeunesse, qui parut en 1774, illustré de cent gravures dues à l'habile burin de Chodowiecki. Notre auteur avait réuni une somme de 15,000 thalers en vue de cette publication qui est une sorte d'encyclopédie des sciences pédagogiques. L'impératrice de Russie, la plupart des princes allemands et l'élite de la noblesse s'étaient intéressés à cette œuvre qui obtint un succès considérable, moins par le plan complet d'éducation qu'elle contenait, et qui se réduit à une vulgarisation assez plate des idées de Rousseau, que par la dénonciation véhémente et la description pathétique des vices que présentaient les systèmes pédagogiques en vigueur. Basedow, de même que l'auteur de la Profession de foi du vicaire savoyard, veut que le nom de Dieu ne soit pas prononcé en présence de l'enfant avant l'âge de dix ans, et il fixe à quatorze ans le moment où il doit être initié aux mystères, passablement décolorés et affadis du reste, de la religion chrétienne. Il de manquail pins à l'auteur de cette encyclopédie que la consécration de ses idées par la pratique. L'année même où son ouvrage parut, Basedow ouvrit, sons les auspices (\w prince de

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