‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 4 sur 263 · BACH · texte numérisé non relu

BACH

par nature, ne s'esi jamais maintenu d'une manière aussi persistante et aussi caractérisée de père en fils. Pendant plus de deux cents ans, du seizième au dix-huitième siècle, cette famille îfa cessé de produire des artistes hors ligne. Son ancêtre Veit Bach, boulanger à Presbourg et chassé de sa ville natale comme protestant, se retira dans le duché de Saxe-Gotha. Dans ses loisirs il ne faisait que chanter en s'accompagnant de la guitare. Il transmit ce goût à ses deux lils dont les descendants inondèrent la Saxe et la Thuringe de musique et d'enfants musiciens. Un fait intéressant est que l'entente patriarcale qui unissait cette famille subsista pendant près de deux siècles, et que la musique fut son lien constant. Très-nombreux et dispersés, les Bach convinrent de se réunir une fois par an à jour fixe. Cet usage se perpétua jusque vers le milieu du dix-huitième siècle, et plusieurs fois Ton vit jusqu'à cent vingt personnes du nom de Bach réunies au même endroit. Leurs divertissements consistaient en exercices de musique: Ils débutaient par un hymme religieux chanté en chœur et prenaient ensuite pour thèmes des chansons populaires à quatre, cinq et six parties. Cette famille est la plus remarquable incarnation de la musique protestante proprement dite. Elle représente assez bien le peuple improvisant, musiquant et chantant de son propre élan. — Son membre le plus distingué devait cependant dépasser de beaucoup cette sphère, et devint le plus grand des compositeurs religieux de l'Alle- :. Jean-Sébastien Bach naquit le 21 mars 1685, à Eisenach, où son père Jean-Ambroise était musicien de cour et de ville {Hof-und Siadtmu&iker). Orphelin à dix ans et sans ressources, il dut se réfugier auprès de son frère aine, Jean-Christophe Bach, organiste à îOrdruff, qui lui donna les premières leçons de clavecin. Bientôt l'élève surpassa le maitre. Dévoré du désir de posséder certaines partitions que son frère lui refusait obstinément, et ne pouvant se les procurer autrement, il se mit à les copier de nuit au clair de lune; car il n'avait même point de chandelle à sa disposition. Ce travail dura six mois et affaiblit tellement sa vue, qu'il en resta myope pour la vie. A la mort de son frère en 1701, il devint d'abord choriste d'église, puis violoniste à la cour de Weimar, puis organiste à l'église d'Arnstedt. Dès lors il fut reconnu

: ne le premier organiste de l'Allemagne; nombre de villes et de princes se le disputaient. Après avoir été successivement maître de

erts du duc de Weimar (1717), maitre de chapelle du prince Léopold d'Anhalt-Koethen (1721), il fut enfin nommé directeur de musique à L'école de Saint-Thomas, à Leipzig (1733), et garda cette place

i'à sa mort. En 1730, il reçut le titre honorifique de compositeur du roi de Pologne. A cette époque son deuxième fils Charles-Philippe- Emmanuel entra au service de Frédéric II de Prusse, qui voulut voir le

\ Bach et le lit venir ù Potsdam pour essayer ses pianos

ii- lesquels il lit merveille. Ce fut son dernier voyage. Dans

tières années de sa vie, il perdit la vue; l'opération qu'il subit

ne lit qu'aggraver son état et hâter sa fin. Il mourut le 30 juillet 1750,

» l'âge de 66 ans. Marié deus l'ois, il eut sept enfants de sa première

.i,' et tr i/.e de la second", dont dix lils tous plus ou moins niiisi-

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