‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 30 sur 263 · BASILIDES · texte numérisé non relu

BASILIDES

brillant du paon dans un petit œuf (Phil., VII, 21). La création des êtres successifs n'est que leur séparation de ce tout informe, séparation qui est opérée par un principe de distinction (Glem. Alex., S bornât., II, 20, 112). Ce principe de distinction, pour Basilides comme pour Aristote, est Pattraction que le parfait exerce sur l'imparfait, tout ce qui est en bas tendant vers ce qui est en haut (iizzûcv. Tuàvia y.aiwôsv avw ; PAU., VII, 22). Dans le germe primitif sont trois essences ou trois modes de l'être que Basilides appelle des filiations. La première essence, la plus pure, vole de suite vers l'absolu ineffable « comme la plume ou la pensée ». La seconde essence ne peut l'atteindre ; elle retombe dans le règne inférieur, emportant comme un parfum de la région supérieure (jj-tipou ocr^v). Le firmament la sépare du monde supérieur et elle forme trois régions superposées : l°la région supralunaire qui s'appelle Yogdoade; 2° la région intermédiaire ou Yhebdomade ; 3° la basse région où domine la matière désordonnée. C'est dans la deuxième région que s'échelonnent les mondes en nombre égal aux jours de l'année, ils forment Yabraxas, bizarre assemblage de lettres chiffrées qui expriment le nombre 366. Les deux premières régions ont chacune un roi ou un archon qui la domine. Il se distingue du démiurge des autres systèmes gnostiques en ce qu'il ne représente pas le mal et ne hait pas le premier principe, puisqu'il y tend. La troisième essence ne constitue pas une région à part ; elle est engagée dans la seconde, et comprend les fils de la lumière qui doivent s'en séparer par l'illumination supérieure et définitive. Celle-ci a été préparée par deux révélations antérieures : 1° la révélation patriarcale qui vient de Yarchon de l'ogdoade ou plutôt de son fils ; 2° la révélation mosaïque qui vient du fils de Ya?'chon de i'hebdomade. Nous avons là deux Christ préliminaires, qui frayent la voie au troisième Christ, le Jésus de l'Evangile. C'est lui qui éclaire nos ténèbres et unit au premier principe la troisième filiation, les élus de la gnose, les pneumatiques : « C'est nous, dit Basilides de lui et de ses disciples, c'est nous qui sommes les hommes spirituels» (ecjjiÉv r^xv.ç ol Trvsj'xaxiy.ct, Phi'L, VII, 25). En mourant Jésus a rendu son corps à la basse région; son esprit seul est ressuscité, et a ainsi réalisé le principe de distinction, grâce auquel l'homme sort de la confusion première où il s'était trouvé mêlé à l'animalité (Philosopha, VIII, 27). La foi, dans ce système, perd son caractère moral ; le salut, comme dans toutes les, formes du gnosticisme, procède non du repentir et de la conversion, mais de l'illumination de l'esprit et de l'orgueil du savoir. Basilides se distingue de la gnose de Valentin et de Marcionen ne statuant pas, comme ces grands gnostiques, une opposition tranchée et absolue entre la création naturelle et le divin, et par conséquent entre le Dieu de l'Evangile et le Dieu de l'ancienne alliance, que ses successeurs ont méprisé en tant que démiurge créateur. Aussi ne conclut-il pas à un farouche ascétisme ; son fils Isidore, qui fut son Mêle disciple, reconnaît dans son Ethique la légitimité du mariage ([renée, cont?*a Hœr es., I, 23). Basilides citait nos évangiles et la plupart des épîtres de Paul. — Voir, à part les textes cités, Baur, Die christliche Gnosis, Tub., 1831; Jakobi, Basilidis philosophi (jnostici sententia ex Hippolyti libro, Berlin, 1852 ; de Près-

BAS1LIDES — BASNAGE Io7

sensé, Histoire des irais premiers siècles de V Eglise chrétienne^ t. V,

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BASILIENS. On a vu dans l'article sur Basile le Grand que ce Père fonda près de Césarée, en Gappadooe, un grand monastère, le premier qui lie fût pas établi dans le désert. Basile devint, en Orient, le régulateur du rnonachisme. Ses Ascetica, composés de trois traités écrits à des . poques différentes, forment dans leur ensemble une règle complète ; ils donnent des conseils sur la vie en commun des religieux sous un supérieur, sur le régime uniforme qu'ils doivent suivre, sur leurs devoirs spirituels et leurs obligations. Cette règle, moins minutieuse et moins sévère que celle que plus tard Benoit de Nursie imposa aux couvents de l'Occident, fut adoptée par presque toutes les communautés monastiques orientales ; les moines qui s'y conformèrent reçurent le nom de basiliens. Cependant on a tort d'appeler ainsi tous les religieux de l'Eglise grecque; il y en a qui suivent des coutumes différentes. C'est surtout en Arménie que l'ancienne règle de Basile est encore observée. En 1307 des basiliens arméniens, réfugiés à Gènes, y obtinrent l'église de Saint-Barthélémy ; on les nomma dès lors barthélémites. Clément V les ayant autorisés à suivre leurs rites nationaux, ils fondèrent des couvents dans plusieurs villes italiennes et se rapprochèrent peu à peu des Usages romains. En lo(50 l'ordre, tombé en décadence, fut supprimé; treize ans plus tard, Grégoire XIII en réunit les restes en une congrégation de Saint-Basile. D'autres couvents basiliens ont existé en Sicile. Parmi les basiliens orientaux les plus célèbres on doit citer le canoniste grec Blastarès ivers 1335), et Bessarion, qui au quinzième siècle se fit catholique romain et devint cardinal. Ch. Schmidt.

BASILIQUE. Voyez Architecture chrétienne.

BASIN (Thomas), évèque de Lisieux. Louis XI, le soupçonnant de favoriser les Anglais et les Bourguignons, lui lit sentir avec sa vigueur habituelle la souveraineté de la couronne sur l'épiscopat gallican; il le destitua, confisqua ses biens et l'exila. Basin, retiré avec son frère en terre bourguignonne, à Louvain, où il professa le droit, éprouva les effets de la politique du pape qui, comme il le faisait pour le cardinal Balue, le favorisa d'autant plus que le roi lui était plus contraire. Il reçut de Sixte IV le titre d'archevêque de Césarée et les fonctions de vicaire de l'évêque d'Utrecht. Il mourut en cette ville en 1491. On cite • le lui un traité contre Paul de Middelbourg, une histoire de son temps et un manuscrit sur la Pucelle d'Orléans, de Puellâ Aurelianensz <\oy. d'Achéry, Spicilegium, t. IV; Mathaeus, Analectes, t. II).

BASNAGE (Benjamin). La famille Basnage est une ancienne et noble famille de la Normandie , où la science, le talent et la fidélité aux doctrines réformées semblent avoir été également héréditaires. Le premier chef marquant de cette famille est Benjamin Basnage, né en l'an IS80. Fils d'un père déjà pasteur à Norwtcb (Angleterre) &> à Carentan (Normandie), Basriàge se consacra au saint ministère (t se concilia bientôt l'estime de ses collègues et de ses coreligionnaires par l'énergie de son caractère et rétendue dé ses connaissances. En 1609 la province de Normandie le députa au synode de Saint*Maixent, et en

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