‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 31 sur 263 · BASNAGE · texte numérisé non relu

BASNAGE

1614 à celui de Tonneins. En 1621 il fut nommé encore par elle représentant à rassemblée politique de La Rochelle, qui le choisit pour son vice-président. Plus tard il fut envoyé successivement, en 1631 au synode national de Gharenton, en 1637 à celui d'Alençon, et en 1644 à un autre synode de Charenton. Dans ces diverses assemblées il défendit les intérêts de ses coreligionnaires avec autant de prudence que de fermeté. Au synode d'Alençon, dont il avait été élu modérateur, il répondit à la harangue hautaine et menaçante du commissaire royal Saint-Marc par un discours plein de mesure et d'habileté, où il justifiait les réformés du reproche, sans cesse reproduit, de rébellion contre le pouvoir, et repoussait avec énergie les prétentions du gouvernement, qui voulait diminuer le nombre des églises annexes du culte réformé et interdire aux pasteurs la prédication hors du lieu de leur résidence. Au second synode de Gharenton, il fut chargé de commissions importantes « dont il s'acquitta fort bien », dit Aymon dans son Histoire des Synodes, et il contribua à mettre lin aux différends de plusieurs consistoires avec leurs pasteurs. La vie de Benjamin Basnage fut surtout une vie d'activité pratique. Il composa cependant quelques traités de controverse , parmi lesquels les bibliographes ne mentionnent spécialement que celui qui a pour titre : De testât visible et invi sible de V Eglise et de la parfaite satisfaction de Jésus-Christ contre la fable du Purgatoire sur l'occasion d'une conférence avec un moine recollé. La Rochelle, 1612, in-8°. Il mourut en 1652, après cinquante-et-un ans de ministère à Sainte-Mère-Eglise (département de la Manche) où il avait été appelé en 1601. Il laissait deux fils, Antoine et Henri, qui furent les chefs de deux branches illustres : la branche aînée et la branche cadette. N. Recolin.

BASNAGE (Jacques), fils aine de Henri Basnage, qui jouissait d'une grande réputation au barreau de Rouen. Né dans cette ville en 1653y Jacques Basnage fut envoyé au collège de Saumur pour y suivre les cours de Tannegui Lefèvre, qui conçut pour lui une vive affection et de grandes espérances. Fortement prévenu contre les pasteurs de Saumur, Tannegui chercha à détourner son élève de la carrière pastorale ; mais le jeune Basnage persévéra dans son dessein, et, après avoir fait de solides études classiques , il se rendit à Genève , où il étudia la théologie sous la direction de Mestrezat, Turretin et Tronchin ; puis il alla à Sedan, où il eut pour maîtres Jurieu et Le Blanc de Beaulieu. Nommé, en 1676, pasteur de l'Eglise de Rouen, | après le départ du célèbre Etienne Le Moine, qui venait d'être appelé à Leyde comme professeur de théologie, il fut désigné, en 1679, pour prêcher devant le synode provincial de Saint-Lô, « où il se fit admirer, » dit Bayle. En 1684, il se maria avec Suzanne du Moulin, petite-fille de l'illustre Pierre du Moulin. Malgré les travaux incessants de sa charge, il s'adonna dès lors avec ardeur aux études historiques, dans lesquelles il ne tarda pas à acquérir un grand renom. A la révocation de l'édit de Nantes, il obtint l'autorisation de se retirer en Hollande, où il desservit les postes de Rotterdam et de La Haye. C'est à Rotterdam qu'il rencontra son anien professeur , qui devint son beau-frere, le célèbre Jurieu. Leurs

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