BAUDIN — BAUDOUIN
Révolution française. Voué depuis l'âge dequinzeans à la marine, Baudin se distingua dans une série de campagnes sous l'Empire et sous le gouvernement de Juillet. 11 commanda en 1838 l'expédition du Mexique, et se couvrit de gloire à la prise de la forteresse de Saint-Jean-d'Ulloa. Successivement appelé à la préfecture maritime de Toulon et à la présidence du conseil de l'Amirauté, Baudin déploya dans ces fonctions les qualités éminentes qui l'avaient porté aux honneurs suprêmes de la carrière navale. L'obéissance au devoir était le ressort caché de culte vie, dépensée tout entière au service de la pairie et de l'humanité. L'amiral Baudin avait une âme humble, sincèrement pieuse et proton dément aimante. Il portait un vif intérêt à toutes les œuvres d'instruction, d'évangélisation, de prévoyance et de secours, fondées, depuis le commencement de ce siècle, par ses coreligionnaires; la liberté de conscience trouva en lui un zélé défenseur. Dans les affaires ecclésiastiques, il lit preuve, comme membre du consistoire réformé de Paris et, depuis 1852, comme président du conseil central, d'un esprit à la fois ferme et conciliant. Il a eu le rare privilège de mourir, estimé et regretté de tous les partis (voy. la notice insérée dans les Protestants illustres, et publiée à part en 1863).
BAUDOUIN (François), Bauduin ou Balduin, Balduinus, né à Arras le 1er janvier 1520, « l'un des plus jurisconsultes, théologiens et historiens de ce temps, » écrivait, dès 1584, son contemporain La Croix du Maine, en lui donnant place dans sa Bibliothèque. Il était fils d'un conseiller et avocat du roi. Après de remarquables études faites à Arras, à Louvain et à Paris, il se lia avec le grand juriste Charles Dumoulin dont il était l'hôte, puis avec Cujas, Guillaume Budé, Baïf, etc. Charles Dumoulin lui avait peut-être donné du penchant pour la Réforme ; déjà suspect d'hérésie, il lit un premier voyage en 1545 à Genève, où il connut Calvin ; puis en Allemagne, où il vit Buceret Mélanchthon.A Genève, il avait abjuré ; il continua néanmoins à assister à des cérémonies catholiques. De retour en,Suisseenl547,ilse lia plus étroitement avec Calvin, chez qui il logea même, luiservantde secrétaire et lui donnant le nom de père. En 1547, Michel de l'Hôpital l'aida à obtenir à Bourges une chaire de droit, à laquelle ses publications des Justiniani leges, etc. (1552) et des Jnstitutes annotées (1545) lui donnaient déjà de justes titres. Il se lit recevoir docteur le 12 mars 1549. Les démêlés que lui suscita bientôt la jalousie de Duaren, son prédécesseur dans la chaire qu'il occupait, le rebutèrent, et il y renonça en 1555 pour se rendre à Strasbourg, où il ouvrit un cours de droit. Là ce furent de nouvelles querelles avec un autre rival, l'illustre François Hotman ; il se retira en 1558àHeidelberg, où il professa l'histoire et le droit dans l'université de cette ville. C'est là qu'il publia, en 1560, YOctavius, en le restituant à Minutius Félix, tandis qu'on l'avait jusque-là imprimé comme un huitième livre d'Arnobe contre les Gentils (adoersus Gentes). Fut-il envoyé par l'électeur Casimir et le duc de Wurtemberg pour assister au colloque de Poissy, ou bien est-ce le chancelier de l'Hôpital, est-ce Antoine de Bourbon, qui l'appelèrent alors en France ? Toujours est-il qu'il y revint, désireux « de moyenner la paix et la tranquillité » et apportant avec lui, pour