BAUDOUIN — BAUMGARTEN
rait le concile de Nicée et tendait à reconstituer l'Eglise des premiers siècles. Le séjour d'Heidelberg fortifia cette tendance irénique, que Ton retrouve dans toute sa correspondance avec Cassander, Martyr et Mêla nchthon. On peut donc lui appliquer le fameux vers :
Soyez donc modéré... pour ne plaire à personne !
et il doit y avoir des circonstances atténuantes pour celui qui aimait à répéter : Suie historia cœcam esse jurisprudentiam, et qui a dit aussi : Jurisprudentiam, si tota profana sit, vix nomen suum tueri satis posse. — Voir : 1° Chronique d'Artois, ms.posth. et inédit de Baudouin, publ. par l'Acad. d'Arras, 1858, in-8°, avec un Advis sur le faict de la ré formation de l'Eglise et un Discours enseignant le moyen pour remédier aux troubles ; 2° De Fr. Bald. j. c. ejusque studiis irenicis Disert, historica, par J. Heveling, Bonn, 1871. Charles Eead.
BAUER (Georges-Laurent) [1756-1806], orientaliste et archéologue célèbre. 11 professa à Heidelberg et à Altorf,et se livra particulièrement à l'étude des antiquités bibliques. Bauer appartenait à la tendance rationaliste et, l'un des premiers, appliquaà l'Ancien Testament l'interprétation mythique. 11 trouve dans la Bible des mythes philosophiques, historiques, historico-philosophiques et poétiques, distinction dont la subtilité cache mal le point de vue assez superficiel de son auteur. Nous citerons parmi ses ouvrages son Histoire de la nation hébraïque (1800, 2 vol.), sa Mythologie hébraïque (1802, 2 vol.)» sa Théologie biblique et sa Morale de l'A. et du N. T. (1796-1804). C'est à Bauer que l'on doit l'expression significative d' « introduction historique et critique », que l'on appliqua, depuis la lin du dernier siècle, à la science isagogique(£Vita,\ einer Itist. krit. Einl. in die Schriften des A. T., Nùrnb., 1794; 3° édit., 1806). BAUME (chez les Hébreux). Voyez Histoire naturelle de la Bible. BAUMGARTEN (Sigismond-Jacques) [1697-1757], théologien estimable du milieu du dernier siècle. Il fut élevé à la maison des orphelins de Halle dont son père était l'un des directeurs, étudia et professa la théologie dans la même ville et attira un grand nombre d'auditeurs. Nourri dans les idées philosophiques du temps, bien que fidèle à ses sympathies pour le piétisme, Baumgarten forme la transition entre l'école de Spener et de Francke et le rationalisme. Il appliqua la méthode de Wolf à la théologie, et sut unir un esprit clair et pénétrant à une piété vraie et à des connaissances historiques étendues et solides. Son point de vue, tel que le révèle sûDGctrine évangélique (1758,3 vol.), est encore celui de l'ancienne orthodoxie, bien qu'il ne cite pas les livres symboliques; il s'appuie sur la Bible et ajoute à chaque doctrine les devoirs et les règles morales qui en découlent. Dans sa Théologie morale ou Instruction sur la conduite du chrétien (1738), il unit de la manière la plus heureuse l'esprit philosophique et l'esprit chrétien. Son Abrégé de l'Histoire ecclésiastique depuis J.-C. (1742-45, 3 vol.) est plus faible. Baumgarten se distinguait par son esprit modéré et bien veillant; il défendit les déistes et prêcha la tolérance. Semler est son plus illustre disciple (voy. sa biographie, avec le catalogue de ses écrits, par Semler, Halle, 1 758; Nieraeyer, Die Universitdt Halle, p. 70 ss. ) .