‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 46 sur 263 · BEAUCAIRE — BEAUREGARD · texte numérisé non relu

BEAUCAIRE — BEAUREGARD

tend Tavoir composée « sans esprit de faveur et de haine ». 11 n'en a pas moins oublié souvent envers les calvinistes la modération qui ne l'abandonne jamais quand il s'agit des Guise (voy. Bèze, Hist. étiolés., liv. XYI; Paîlavicinus , lib. XIX, 6; Fra Paolo, Hist. du Conc. de Trente). P. Rouffet.

BEAUMONT (François de), baron des Adrets. Voyez Adrets. BEAUMONT (Christophe de) [1703-1781], né au château de la Roque, dans le diocèse de Sarlat, évêque de Bayonne en 1741, archevêque de Vienne en 1745 et de Paris en 1746. Il soutint avec énergie l'autorité de la bulle Unigenitus contre les jansénistes, ordonnant aux prêtres de son diocèse de refuser l'absolution et les funérailles ecclésiastiques à tous ceux qui ne pourraient pas prouver par des billets de confession qu'ils s'étaient habituellement confessés à des prêtres en règle vis-à-vis du saint-siége. C'est en vain que le parlement menaça l'archevêque de la mise sous séquestre de ses revenus (1752). Celui-ci tint bon, et la plupart des évêques de France se joignirent à lui pour soutenir contre les parlements le droit absolu de l'Eglise de disposer des sacrements. Le roi intima l'ordre au parlement de Paris de ne plus se mêler des affaires ecclésiastiques et, sur son refus, le suspendit. Toutefois, le parlement ayant été rappelé en 1754 et persistant dans son refus, l'archevêque, par un de ces revirements fréquents dans la politique de Louis XIV, fut à son tour exilé. Mgr de Beaumont déploya, pour combattre les progrès de la philosophie anti-chrétienne, je même zèle qu'il avait montré contre les jansénistes. Le mandement qu'il publia en 1762 contre Y Emile lui valut la Lettre à M. de Beaumont, qui est sans contredit l'une des œuvres les plus fortes et les plus éloquentes sorties de la plume de J.-J. Rousseau. L'illustre exilé établit qu'en demandant pour la religion la liberté d'examen et de discussion, il est plus respectueux pour elle, plus confiant dans sa puissance, et par conséquent plus croyant que ses adversaires qui s'appuient sur le bras temporel et les lois restrictives de l'Etat pour maintenir le prestige de l'Eglise. Mgr de Beaumont unissait à la fermeté et au courage qu'il lit voir dans plusieurs circonstances vis-à-vis de la cour une charité inépuisable qui le rendit populaire parmi les pauvres. On a de lui plusieurs volumes de Mandements et de Lettres pastorales qui présentent un grand intérêt (voy. Ferlet, Eloge funèbre de Mgr de Beaumont, P., 1784).

BEAUREGARD, jésuite, né en 1730, à Pont-à-Mousson. Ce fameux prédicateur n'a rien laissé d'imprimé, et peut-être sa renommée y a-t-elle gagné, car, comme celle du P. Bridaine dont elle rappelait la vigueur, son éloquence tenait plutôt du missionnaire que de l'orateurmais il s'imposait à l'auditoire le plus cultivé autant par son renom de sainteté que par sa rude franchise. Il fit sensation à la cour, en 1789, par ses sermons du carême. On se souvint à la Révolution des paroles prophétiques par lesquelles il avait annoncé, treize ans auparavant, dans la chaire de Notre-Dame, les profanations de ce sanctuaire et la substitution du culte de Vénus à celui du Très-Haut. Réfugié de bonne heure à Londres, Beauregard y continua ses prédications, mais il oublia

Page 1